‹ Des manuscrits de Buffon: avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateurs (volume 2)Chapitre 9 sur 60 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

« pertuis, je ne crois pas qu'il lui donnât cette place, « mais il y a d'autres gens à TAcadémie; marquez-moi « si vous entendez nommer quelqu'un; en un mot, « dites-moi tout ce que vous saurez

« Le comte de Caylus^ vous pourra bien lâcher « quelques mots des vues de M. de Maurepas. Il y a « des choses pour moi, mais il y en a contre, et sur- « tout mon âge ; et cependant, si on y faisait réflexion, « on sentirait que l'intendance du Jardin du Roi « demande un jeune homme actif, qui puisse braver « le soleil, qui se connaisse en plantes et qui sache la « manière de les multiplier, qui soit un peu con- « naisseur dans tous les genres qu'on y démontre, « et, par-dessus tout, qui entende les bâtiments. De « sorte qu'en moi-même il me parait que je serais « bien leur fait ; mais je n'ai pas encore grande espé- « rance »

A la nouvelle de la nomination de Buffon, De Brosses, qui en ce moment était en Italie, écrivait à un ami commun : « Que dites-vous de l'aventure de Buffon? Je ne sache pas avoir eu de plus grande joie que celle que m'a causée sa bonne fortune. Quand je songe au plaisir que lui fait le Jardin du Roi I Combien nous en avions parlé ensemble I Combien il le souhai-

• Caylus (Anne-Claude- Philippe de Tubiùres, etc.. comte de), né à Paris en 1692, mort en 1765. Ayant quitté le service où il était entré fort jeune et s'était distingué, il se livra à son goût pour les sciences, les lettres et les arts. Il fut membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et membre honoraire de celle de peinture.

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tait, et combien il était peu probable qu'il l'eût jamais à l'âge qu'avait Dufay ! »

On s'explique maintenant pourquoi Buffon avait quitté la classe de mécanique pour celle de botanique. Il aimait très-peu la botanique, « qu'il avait apprise « et oubliée trois fois, » disait-il ; mais la botanique le rapprochait du Jardin du Roi.

Mis en possession de cette intendance qu'il avait tant souhaitée^ les projets déjeune homme qu'il avait confiés à son ami De Brosses lui apparurent dépouillés des prestiges de l'illusion. 11 ne s'agissait pas de braver

le soleil de se connaître en plantes, un peu dans

tous les genres qu'on y démontre, et d'entendre, pardessus tout, les bâtiments. Rien n'existait qu'à l'état d'ébauche; tout était à faire, la science elle-même n'était pas constituée ; mais, en Buffon, se trouvait le germe heureux des grandes pensées et l'énergie qui les féconde. L'avenir de gloire, qu'il entrevit, le transforma ; et, durant un demi-siècle, il imposa à la science, et à l'établissement dont la direction lui était confiée, la marche ascendante du génie qui, devant une noble tâche, se révéla en lui.

Par un appel fait à tous les hommes instruits et sensibles à l'attrait du progrès et de la louange, Buffon sembla les associer à son œuvre; il obtint des envois; les collections s'accrurent; dès que le nombre des objets nouveaux le permit, des galeries furent

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