XI.IV
INTRODUCTION
« qu’ils ont donnée à l’abbé Trublet. Je voudrais,
« mon cher ami, que vous eussiez un peu-de cette « tranquillité ; les choses changeront de face, et peut- « être à l’heure que nous y penserons le moins.
« Donnez-moi des nouvelles de la seconde élection ;
« car, quelque dégoûté que je sois de l’Académie, j’y « prendrai toujours intérêt à cause de vous »
La santé de madame de Ihiffon s’affaiblissait de jour en jour. En 1707, Gueneau reçoit ce billet :
« Quoique notre pauvre petite malade soit mieux,
« venez la voir, mon cher monsieur je suis sûr
« du plaisir que vous lui ferez. Je ne vous parle pas « du mien : j’aurais besoin de vous voir tous les « jours pour être parfaitement heureux. »
A quelque temps de là, indispensablement obligé de s’absenter, Buffon adresse encore à Monlbeillard deux billets qui nous ont conservé la trace d’une confiance sans bornes ; « Le service, mon cher mon- « sieur, que vous et madame de Montbeillard voulez « nous rendre est si grand, que je n’ose vous y en- « gager un peu et ne puis vous en remercier assez. « Je suis sûr que notre pauvre malade en sera eom- « blée; elle n’aime personne autant que sa bonne
« amie : elle me l’a dit mille fois »
Et, dans le billet suivant : « C’est le service le plus
de l’Académie française en 1761; mort en 1781. Auteur de Spartacus, etc.
« touchant et le plus essentiel que vous puissiez me « rendre..... que de recevoir, dans mon absence, « notre pauvre malade pendant douze ou quinze
« jours Ce sera un surcroît de reconnaissance.
« Vous en multipliez chez moi les motifs à chaque « instant. »
Quelques mois plus tard, la pauvre malade succombait *.
Gueneau s’était attaché à Buiîon; il s’occupait de sciences; il était écrivain, homme de goût et ami : comment aurait-il refusé sa plume ? Longtemps il se défendit, comme d’une témérité, de placer des pages écrites par lui à côté de celles de Buffon. Celui-ci sut vaincre sa résistance. Mais à cette collaboration, d’abord voilée, il serait difficile d’assigner une date précise.
Toujours dominé par la vue d’ensemble, par le désir de remplir le cadre qu’il s’était tracé, Buffon trouvait en lui-même une activité infatigable. Montbeillard, moins enthousiaste, moins énergique, moins constant, et d’ailleurs d’une santé délicate, était, dès 1769, en quête d’un adjoint laborieux. Le 17 mai, Buffon lui écrit : « Faites-moi part de la réponse du « cher abhé. Je me tiens toujours prêt pour lundi, à «( moins qu’il ne veuille autrement. »
Cet abbé se présente, c’est Bexon; il n’a que vingt
* Au commencement de 1769.