‹ Des Manuscrits de Buffon avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateursChapitre 22 sur 46 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DE BEXOM CORRIOEAMT BUFFOM

Nous avons vu, dans les chapitres précédents, BufTon corrigeant Bexon ; voyons, à son tour, Bexon corrigeant BufTon.

BufTon ne demandait pas seulement à Bexon des essais, des ébauches, des rédactions premières, qu’il s’appliquait ensuite à corriger et perfectionner; il lui demandait encore, et avec non moins d’instance, des observations, des réflexions, des remarques sur ce que lui-même avait composé, sur ce qui était de sa rédaction propre. En un mot, il savait corriger Bexon ; et, ce qui forme ici comme un dernier trait de caractère qui ne doit pas être omis, il savait solliciter les corrections de son jeune et fervent collaborateur; il savait s’v soumettre.

I»K BKXON

Jp lis, dans la lellro iv de Biiflon à Bexon :

« Je vous remercie de la bonne note (|ue vous m’avez envoyée sur le joli louraco; au reste, vous verrez, par l’ébauclie de ce Iravail, qu’il y a encore beaucoup à retoucher, et j'attendrai vos observations et réflexions pour l’achever. »

Dans la lettre ix :

« Je vous envoie ci-joint... l’explication de la carte ^Géographique;... je vous prie de lire cette explication avec atteniion, et d'y faire telles additions et corrections que vous jugerez à propos. »

Dans la lettre xv:

« Vous verrez mes minéraux; j’en ai raainlenant deux volumes et demi, dont je suis assez content, mais sur lesquels vous pourrez me faire quelques bonnes observafions. ))

Et dans la lettre xx :

« J’ai reçu les quatre cahiers du fer, et je remercie mon très-cher abbé des courtes remarquer qu'il a cru devoir y joindre, et que je n’ai pas encore eu le temps d'examiner, mais que je crois très-bonnes, comme tout ce qui vient de lui. ))

Nous avons justement ces remarques sur le fer, et l’on peut voir tout de suite quel était le ton net et franc de notre honnête et savant abbé.

Buffon avait écrit :

« On trouve rarernent les métaux sous leur forme métal-

nORRIGE\>T nrFFON

lique dans le sein de la terre; ils y sont ordinairement snns une forme minéralisée, c’est-à-dire altérée par le mélange de plusieurs matières étrangères. »

Bexon répond : '

K lia minéralisation est plus qu'un mélange, ou du moins c’est un mélange bien intime; j'ai mis mélange intime. »

Et c’est, en effet, mélangé intime que l'imprimé nous offre.

Suivait, après cela, une phrase de Buffon assez embarrassée; Bexon la refait tout entièi*c, et il ajoute :

« Il serait long de rendre toute raison du remaniement de cette phrase; il sera jugé et senti : dans le premier membre je mets plus de suite ; dans le second, une opposition plus marquée entre les deux chefs de division ; dans le tout, plus de justesse. »

Dans l’article du soufre^ Buffon avait écrit :

« Son mouve ment (le mouvement de la nature), son mouvement plus que perpétuel, aidé de la perpétuité du temps... » — « Idée répétée, dit Bexon; plus qtie ]h’Vpéluel ne s’entend pas. »

Buffon corrige perpétuité par éternité : Véternité (lu temps, au lieu de la perpétuité du temps; mais il laisse plus (jue perpétuel, malgré l’ohservalion de Bexon*.

’ Voy w. c-i -ilcvaiÉt , p. V7.

fu ' DE BEXON

Quelques lignes plus loin, Buffon avait mis :

«... L’imitation par notre art Sun des procédés secondaires de la nature... » — « D’un des... dit Bexon, est fort peu liarmonieux, et même fait cacophonie. » Buffon corrige : « L’imitation par notre art d’un procédé secondaire de la nature... »

Le disciple ne se gêne point, comme on voit, pour dire au maître toute sa pensée. Quelquefois même, à la remontrance s’ajoute une plaisanterie. Dans un de ces élans d'emphase laudative auxquels il ne so laissait que trop aller quand il parlait aux souverains ou des souverains, Buffon avait écrit :

« Le grand Pierre I" et une impératrice encore plus grande... » — « Sganarelle dit, reprend Bexon, plu.s grand que moi de tout cela. »

Ici Buffon est doucement averti pour une louange qui touche à l’adulation; il l’est ailleurs pour une critique injuste. Il disait, du grand observateur de Saussure :

fl Si M. de Saussure n’avait point la vue offusquée par son .«yslème... » — « M. de Saussure, reprend Bexon, n’a point la vue olfnsquée par son système ; il reconnaît clairement que des couches, qui essentiellement sont toujours plus ou moins horizontales, ne peuvent être devenues perpendiculaires que par quelque chute violente... »

Après avoir repoussé une critique injuste, Bexon en écarte une autre oit le désir de critiquer le chimiste

CORRIGEANT ÜÜFFON

Sage faisait tomber Buübn dans une contradiction expresse.

« Pour contredire le pauvre Sage, ce n’est pas la peine, lui dit Bexon, de se contredire soi-raême. »

Voici le fait. Après avoir parlé, dans le texte, de la dissémination universelle de l’or par la nature, BulTon se moquait, dans une note, d'un chimiste récent, tout fier d’en avoir trouvé quelques grains dans la terre de son jardin.

« La note dément le texte, lui dit Bexon, et quoique M. Sage ait en effet prêté au ridicule, en faisant une découverte de l’or trouvé dans la terre de son jardin, il n’en est pas moins vrai, et l’on vient de l’établir, que l’or est en effet disséminé partout*, non par cas fortuit, mais par une action de la nature ; ce fait est connu dès longtemps, et Boerhaave parle d’un programme présenté aux Etats généraux sous ce titre ; De arte extrahendi aurnm è qualihet terra arvensi. »

Averti par Bexon, Buffon modifie sa note, ou plutôt il la renverse :

« L’or trouvé par nos chimistes récents dans la terre végétale est une preuve, dit-il, de la dissémination universelle de ce métal. »

Et, à l’appui de cette preuve, qu’il niait d’abord,

* Partout, c'est trop dire, mais dans une foule de lieux : « il a existe de l’or en paillettes dans toutes les contrées où les roches « anciennes dominent... » (Dufrénoy. I. III, p. 208.'

DE BEXON

il reproduit la citation tirée, par Bexon, de BoeHiaave.

Je n’en tinirais pas, si je voulais rassembler ici tout ce que hous oITrent de curieux les Notes que j’étudie, mais il faut se borner ; il sulfit de dire que jajnais la sincérité du bon jeune homme ne se dément, ni jamais, non plus, la docilité du vieillard illustre, du vieillard comblé de gloire ; car Buffou voulait, pardessus tout, deux choses ; dans le style, la perfection, et dans les faits, ce qui est la perfection des faits, l’exactitude.

Or, cette exactitude des faits, ce fondement de tout dans nos sciences, il n’était pas très-propre à l'acquérir par lui-même. 11 n’avait pas de l)ons yeux, et n’avait, de patience, que la patience intellectuelle, celle qu’il a tant vantée, et dont il a dit qu’elle était |)resque le génie.

11 empruntait donc des yeux et l’autre patience, celle que je pourrais appeler physique, à tous ceux qui renfouraient : à üaubenton, à Gueneau de 3iontheillard, à Bexon. Il leur demandait de voir et d’observer pour lui ; quant à lui, il n’observait pas, même ce qui était le plus à sa portée. Par exemple, il nous dit du bœuf, du bœuf qui labourait ses terres : « que les cornes du bœuf tombent à trois ans. » II s’étend même sur cela : « La castration ni le sexe ne changent rien, dit-il, à la chute des cornes, car elles tombent également à trois ans au taureau, au bœuf et à la vache, et elles sont remplacées par d’autres

CORUIGEANT BUFFON

cornes qui, connue les secondes dents, ne lombenl plus. » Ce n’est que vingt-neuf ans pins tard, dans le VI*, dans l’avant-dernier volume de ses Sujiplémenls, qu’il corrige cette erreur étrange, et il la corrige (cjui le croirait? mais c’est lui-même qui nous le'dit)- sur deux notes qui lui sont communicpiées, et l’une d’elles ]>ar un aiwnyme.

J’ai sous les yeux les remarques de llexon, relatives à l’article de Yéléiihant, de ce même VI* volume des Supplémenls. Riiffon avait dit, dans sa première histoire de l’éléphant : « que le petit ne lelte que par la trompe. » Il corrige cette erreur dans l’article des Supplémenls; il y représente même un petit éléphant qui tette par sa houche, mais c’est Bexon qui lui indique tout cela ; « 11 faudrait |>lacer dans cet article, dit-il, le dessin du petit éléphant teltant sa mère, fait à Fondicliéry par M. d’ühsonville. »

Dans le nouvel article sur le tapir (toujours même VI® volume des Suppléments), BuiTon, après avoir commencé par dire que ; « ces animaux sont d’un naturel doux, timide, » dit plus loin ; « qu’il est à craindre de traverser leschenfins (ju’ils battent. » — ‘ « Il faut nuance!’ cela, lui fait remarquer Bexon, en

disant que, tranquilles dans la paix du désert, ils ne sont à craindre que pour ceux (|ui la troublent. » BulTon corrige ainsi •. « Quoiqu’ils (les tapirs) soient d’nn naturel tranquille et doux, ‘ils deviennent dangereux quand on les blesse. »

DE BEXON

Un |)eu plus loin, el toujours dans ce même article des Suppléments sur le tapir, BulTon cite Allamand, qui dit : « que le tapir a huit incisives à chaque mâchoire. » Buffon cite, et ne fait aucune remarque.

(I M. Allamaud, reprend Bexoïi, dit sur les dents des choses beaucoup moins précises que celles que l’on sait et que vous avez dites : faute dans un Supplément qui ne doit 4tre fait que pour étendre et fortifier les connaissances, et ne rien admettre qui semble les atténuer... Celte réflexion peut porter sur plusieurs endroits de ce morceau. »

Réflexion très-sage, mais qui malheureusement ne trouve pas ici une application bien juste. Sur le nombre des dents incisives du tapir, Buffon, gourmandé par Bexon, ne se trompe pas moins qu’Allamand. Allamand en compte huit, Buffon dix; la vérité est qu’il n’y en a que six à chaque mâchoire. La dentition du tapir n’a été bien connue que de nos jours, par les deux Cuvier et par M. de Blainville.

Mais je laisse enfin les détails, et je viens à quelque chose d’assez général, d’assez vaste, pour nous mieux révéler encore et mettre dans tout son jour l’indépendance d’esprit de l’abbé Bexon. 11 admirait Buffon; il l’admirait pleinement, grandement, mais il le jugeait.

Dans un ouvrage d’un beau dessein, resté malheusement à l’état d’ébauche ; De la religion par rapport à l’univers, Bexon consacre un chapitre à la

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CÜKIUGEANT «UFFON

compaiaisoii des deux fameux systèmes de l.eibniU et de Buffon.

« Leibnitz, dit-il, ce grand honiine dont toutes les peu-séüs et les erreurs même portèrent l’empreinte du génie, a écrit, le premier entre les modernes, que la terre a été autrefois plongée dans l’élément du feu,' qui la mit en fusion et qui a donné aux corps vitrifiés qui la composent leur forme et leur nature. Telle est la révolution qu l’origine de la première terre : Protogaea, titre que porte le petit traité où Leibnitz expose son hypothèse. »

De Yhypothèse de Leibnitz, Bexoïi passe au système (le Buffon, évidemment tiré de la même liypu- Ihèse. 11 expose rapidement ce système, et puis il ajoute ;

« Telle est l’exposition abrégée de ce système, fait pour séduire par sa fécondité brillante, fortifié par sa liaison avec les théories ‘neutoniennes, propre à s’accommoder à une physique où l’on s’est plu à regarder les comètes connue un des plus puissants instruments des révolutions de l’univers, et auquel enfin Whiston, par ses idées hardies, avait semblé préluder. »

On ne pouvait mieux juger Bulfon et son système. Buffon atout emprunté; son système est une mosaïque; il a pris, de Leibnitz, la grande idée du globe primitivement fondu par le feu ; il a pris, de Whislon, l’idée chimérique des planètes détachées du soleil par le choc obli(|iie d’une comète.

DE BEXUN

Itexun cunlinue :

'I Si oa le regarde (le système de üulfou) comme une liypotlièsc ingénieuse et savante, nous ne lui contesterons pas ces qualités; mais si l’oa voulait prétendre qu’il est le vrai système de la nature, que telle est la suite des causes des révolutibris qu’elle a éprouvées, nous croyons pouvoir montrer, par les pliénonièncs mêmes qn’on croit le mieux prouver ces vues, que la nature les dément. »

V^oilà pourtant ce que pensait et écrivait Bexun du système de Buffon, et tout à côté de Buffon, et au moment où ce système avait le plus de vogue. Il n’y aurait aucun mérite à penser et à écrire cela aujourd’hui, mais il y en avait alors.

Bulïbn ne se bornait pas à inteiToger sur ses écrits son nouveau collalaorateur; il interrogeait aussi l’ancien. Nous avons, de Montbeillard, un petit cahier de noies, semblables à celles de Bexon, et nous y retrouvons la même franchise; le ton seuf diffère. I..a franchise de Montbeillard est plus calme, plus réfléchie; celle de Bexon a plus d'animation, plus d’élan, et, si je puis dire ainsi, ])lus de verve.

On sait que Buffon admettait les (jénérations spontanées. Et pourquoi pas? il admettait bien les molécules organiques. Que dis-je, il les admettait, c’est lui qui les avait imaginées. Il avait imaginé les molécules organiques, comme Leibnitz avait imaginé les monades. Et l’on sent bien que, soit molécules organiques, soit monades, une fois qu’un germe est donné, le pas le

CORRIGEANT BLKKON (H

plus difTiciie est fait; le nouvel être ne sera plus que le développement de ce germe. BulTon admet donc les générations spontanées^ mais sur quoi? spr des preuves, toutes reconnues fausses aujourd'hui, et dont la plupart même l’étaient déjà de son temps ; et c'est ce que Montbeillard luWait très-bien remarquer.

Buffon cite, comme exemples de génération spontanée, les vers de terre, les champignons, les vers des intestins, etc.

« Mais, lui dit Montbeillard, les vers de terre et les chainprjjnoiis sont-ils bien certainement produits par la génération spontanée? On croit communément qne les vers <le terre sont hermaphrodites, et qu’ils s’accouplent peiulaiil la uuit^ D'autre côté, ou prétend avoir vu la granje* de plusieui's espèces de champignons , . agarics , vesses-deloups, etc. Je suis bien convaincu de la certitude, de la nécessité meme de la génération spontanée, mais il ne faut la prouver aux autres que par des faits inconlest blés. »

Je vais plus loin que Montbeillard ; il ne faut se la prouver à soi-même que par des faits incontestables ; et de tels, certainement personne n’en a jamais eu.

* a II est certnin qu’ils sont horniaplirodiles, mais il sc pourrait K que leur rapprochement ne servit qu’à les exciter l'un l’autre à O se féconder eux-mémes. » (Cuvier, Hègne animal, l. III, p. 210.)

* On l'u vue en effet, du moins de nos jours. On a vu les parties qui constituent les organes reproducteurs des végétaux cryptogames, et qu’on nomme les spores.

«2 DE DEXON COllKlGEANT BUFFON

Un côlé curieux des 7iotes de Montbeiliard est celui qui nous montre jusqu’à quel point allait, et si je puis ainsi dire, descendait son attention en fait de .style.

Buffon avait écrit : « immense masse; » — « l’oreille demande immeme, » lui dit Montbeiliard.

Buffon avait écrit : « et^ d'autres matières » — « Je dirais : « ou d’autres matières, à cause du second el qui vient après, » lui dit Montbeiliard.

Il refait ailleurs une phrase entière de Buffon, et puis il ajoute ; « La phrase à laquelle je substitue celle-ci me semble un peu peinée. »

Je m’arrête ici. Je renvoie au chapitre suivant l’examen de la partie de nos manuscrits qui se rapporte aux Époques de la nature. Nous trouverons encore là des corrections, et beaucoup ; mais ce ne seront plus seulement des corrections de mots; ce seront des corrections d’idées, et des plus magniliques idées.

CllAlMTRi: VI

DES ÉPOQUES DE LA MATURE

Le manuscrit des Epoques de la nature, que possède le Muséum, contient deux copies plus ou moins incomplètes de la seconde époque; une, plus complète, de la troisième ; une de la quatrième, devenue la cinquième de l’imprimé ; et, sous les titres de cinquième et sixième époque, deux copies,, toutes deux très-incomplètes, de Vépoque restée définitivement la sixième.

M. Cuvier nous dit, de Buffon, qu’il fut obligé de faire recopier jusqu’à onze fois le manuscrit des f'poquesde la nature*; Hérault de Séchelles dit jusqu’à dix-huit*; et l’on a l’air de croire que tout ce travail, tout ce l&ng, tout ce grand travail, n’avait d’autre objet que le style.

' biographie universelle, arlitle Borrox.

- Vogageà Montbard, p. iS (nn IX).

fii

DES EPOODES

Nos copies nous en donnent une idée fort différente. J’y vois, sans doute, beaucoup de modifications pour le style; j’y en vois encore plus pour les idées, pour les choses, pour le fond des choses, j’entends pour la durée, pour le nombre des périodes nommées époques^ et pour la détermination, pour le choix des caractères, c’est-à-dire des faits que l’auteur assigne à chacune.

Buffon avait publié, en 1749, sa Théorie de la terre et son Système sur la formation des planètes; mais, ni dans l'un ni dans l’i.ulre de ces deux écrits, il n’avait marqué des époques : c’est pourtant là qu’il voulait en venir.

Comme, nous dit-il lui-même dans son beau langage, comme dans l’hisloire civile on consulte les litres, on recherche les médailles, on déchiffre les inscriptions antiques |)our déterminer les époques des révolutions humaines et constater les dates des événements moraux; de même, dans l'histoire naturelle, il faut fouiller les archives du monde, tirer des entrailles de la terre les vieux monuments, recueillir leurs débris, et rassembler en un corps de preuves tous les indices des changements physiques qui peuvent nous faire remonter aux différents âges de la nature. C'est le seul moyen de fixer quelques points dans l’immensité de l'espace, et de placer un certain nombre de pierres numéraires sur la route éternelle du temps*.

Tel était donc le problème : il fallait fixer quelques

' T. IX. p. i.M.. ' •

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