L.E BEcrictae
(UOKFO^.)
Cet oiseau qui, comme l’ortolan fait les délices de nos tables, n’est pas aussi beau qu’il est bon.
L'OISE AC-atOECHE ^ '
(boffo.v.)
De tous les êtres animés, voici le plus élégant pour la forme et le plus brillant pour les coideurs, Les pierres et les métaux polis par notre art ne sont pas comparables à ce Injou de la nature; elle l'a placé dans l’ordre des oiseaux, au dernier degré de l’échelle de grandeur, maxime miranda in minimis; son chef-d’œuvre est le petit oiseau-mouclie ; elle l'a comblé de tous les dons quelle n’a fait que partager aux autres oiseaux ; légèreté, rapidité, prestesse, grâce et riche parure, tout appartient à ce petit favori. L’émeraude, le rubis, la topaze, hrilleait sur ses habits ; il ne les souille jamais de la poussière de la terre, et dans sa vie tout aérienne on le voit à peine toucher le gazon par instants; il est toujours en l’air, volant de Heurs ' en fleurs ; il a leur fraîcheur comme il a leur éclat : il vit de leur nectar et n’habite que les climats où sans cesse elles se renouvellent.
* Voyez ce que j’ai dit, p. 25, savoir, que le manuscrit de Bexon sur V oiseau-moudie ne porte aucune correebon de Biilton.
MANUSCRITS OR lîI'FKON
‘ IIKXOX.I
r/»'sl au nomoan nioiulo qu»‘ la iialiiri', plus varuV* ol plus ftVnndi' dans loulcs It's |)rodudious des règnes de l’eau el de l'air, a plaeé ces rares oiseaux. Tous les oiseaux-inoudii's son! naturels aux régions de rAinèrkjue comprises entre les tropitjues. Si qiu'iques-uns s'avancent eu été plus nu noid, oh les voit disparaître de ce.s contrées avant les frimas; ils suivent le soleil, se retirent avec lui et volent à la suite des z»'*-
pliyrs sur les pas d’un printemps éternel.
(l’est dans ces idées et l’œil frappé de l’éclat el du feu «pie rendent les couleurs de ces brillants oiseaux que les Indiens leur ont donné les itonis de rayons du soleil, Ac cheveux du soleil-, celui de tominejos, que leur donnent les Espagnols, est relatif à leur excessive petitesse : le tomme est un poids d«‘ ilouze grains. « J’ai vu, dit Niereniberg, essajmrau trébucliel « un de ces oiseaux, lecpiel, avec son nid, ne pesa pas jiliis i de deux tomincs. »
Effectivemeut, la plus petite «'sinVe d’oiseau-mouclie est n oins grosse qu’un bourdon, et plusieurs so.it plus petites que le taon, ou la grande mou lie-asile. Leur liée «*st une aiguille line et leur langue un fil délié. Leurs petits yeux noirs sont deux points brillants. Les plumes de l’aile sont si dtMicali's qu'elles en paraissent transparentes; à jieüie aperçoit-ou leurs pieds, tant ils sont courts, et menus. L'oiseau-mom lie en fait jieu d’usage ; il n’est guère j>os«* que' la nuit : le reste du temps, il est emporté dans It's airs. Son vol est continu, liourdonuanl cl rapide; Maregrave compare le hrmrdonn.’meni «le ses ailes au bruit d’un rouet, et l’exprime parles syllab«*s : hur, Inir, hur-, leur battement est si vif que, susjx* du en l’air, il paraît immobile. On le voit s’arrêter ainsi «pielques instants devant un«‘ fleur et partir comme un Irait pourall«*r à nue autre; il l«xs visite toutes, plongeant sa langue dans leur sein, les flattant de ses ailes; s;uis jamais s'y tix«'r, sans les quitter jamais; il ne prt'sse ses ineoustancfs «pie pour mieux
IIISTOIKE UES UlSEALX
(l'esl (iai>s les coiil êes les plus chaudes du nouveau iiioudc (|ue SC ti’ouvoiit toutes les es|)èces d'oiseaux-iiiouches; elles soûl assez uoiid)ieuscs et paraissent eonliiaVs entre les deux lropi(iues, cai' ceux qui s'avancent en été dans les zones lenipérées n'y font qu'un court séjour; ils seinhlent suivre le soleil, s'avancer, se retirer avec lui, et voler sur l'aile des zéphyrs à la suite d'un printemps éternel.
Les Indiens, frappés de l'éclat et du feu (pie rendent les conleurs de ces brillants oiseaux, leur avaient donné K‘s noins de rayons ou cheveux du soleil. L(*s Espagnols les ont appelé-s lominejos, mol relatif à leur excessive petitesse; le toiniue est un poids de douze grains. * J'ai vu, dit Nien-inherg, |M*ser au « tréhuchel un de ces oiseaux, le<|uel, avec .son nid, ne pesait « que deux tomines, » et, pour le volume, les petites espèces de ces oisi*aux soûl au-dessous de la giande mouche a.sile (le iaon) pour la grandeur, et du bourdon pour la grosseur. Leur bec est une aiguille fine et leur langue un 1:1 délié; leurs petits yeux noirs ne paraissent tpie (h-ux points brillants ; les plumes de leurs ailes sont si délicates qu'elles en paraissent transparentes; à jieiue aperçoit-on leurs jiieds, tant ils sont courts et menus; ils en font peu d’usage, ils ne st- posent que pour passer la nuit, et se laissent pendant le jour i-iiniorter dans les airs; leur vol est continu, bourdonnant et rapide. Maregrave compare le bruit de h-nrs ailes à celui d'un louel et l'exprime par les syllabes hoiir, hour, hour; leur batlt-nu'iil est si vif que l'oiseau, s'an élant dans les airs, paraît non-seulement'immobile, mais tout à fait sans action; on le voit s'arrêter ainsi quelques instants devant une fleur et partir comme un trait pour aller à une autre; il les visite toutes, plongi-ant sa petite langue dans leur sein, les flattant de scs aili-s, sans jamais s’y tixer, mais aussi sans les quitter jamais ; il ne jiressc ses inconstances que pour mieux suivre ses amours cl multiplier ses jouissances innocentes, car cet amant léger des tleui s
MANUSCRITS DE BUEFüN