‹ Des Manuscrits de Buffon avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateursChapitre 37 sur 46 · BE10H · texte numérisé non relu

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suivre scs amours , distribuer ses caresses et multiplier ses liaisei’s. ^

Cet amant léger des fleurs lii’e sa substance de leur miel. C'est à te recueillir que sa langue parait uniquement destinée : composée de deux fibres creuses, jointes en un petit canal, et divisée au t)Out en deux filets, elle a la forme d'une trom|>e, dont elle fait les fonctions. L'oiseau la darde hors de son bec, apparemment par un mécanisme de l'os hyoïde, semblable en petit à celui que nous avons remarqué dans la langue des pics, et la plonge jusqu'au fond du calice des fleurs pour en tirer les sucs. Telle est sa manière de vivre, d'après tous les auteurs qui ont écrit sur rAniérique, et suivant les meilleurs obsc'rvateurs : Marcgrave, Sloanc, Catesby, Feuillée, Labat, Dutertre; M. Browne joint son témoignage ù celui de ces naturatislcs. Ils n’ont eu qu'un cintradicteur : c'est M. Badier, qui , pour avoir trouvé dans l’œsopbage d'un oiseau-mouche quelques débris de petits insectes, en concbit qu'il vit dt* ces animaux et non du suc des fleurs , comme tout le monde l’a pensé ; mais nous ne croyons pas devoir faire céder une multitude de témoignages authentiques et respectables à une seule assertion, qui encore paraît prématurée : que l'oiseaumouche, en effet, avale quelques insectes , s’ensuit-il qu'il en vive et s’en nourrisse toujours? et ne sembU'-t-il j»as ûiévilable qu'en pompan! le mi(d des fleurs, en recueillant leur poussière, il entraîne en même temps quelques-uns des insectes (|ui s’y trouvent toujours engagés ? Que, s’il était besoin d'ajouter à l'autorité des témoignages qui nous atlaclient à l'ancienne opinion, une raison, prise dans la natime même, contribuerait à nous y fixer. Ce n'est pas trop, en effet, de la nourriture la plus orgiuiiquc et la plus spiritueuse, telle qu'on sait être le miel, pour suffire à la prodigieuse vivacité de l'o;seau-mouche, comparée avec son extrême petites'se; pour soutenir tant de forces dans de si faibles organes, et fournir à la

UISTOIIIE DES OISEAUX

(llOFFO.'».)

vit à leui’s dépens sans les flétrir : il ne fait (jne pomper leur miel, et c'est à cet nsaj^e tpie sa langue parait uniquement destinée; elle est composée de deux libres creuses, i'ormaul un petit canal, divisé au 1m>uI en deux lilcts; elle a la forme d'uui' trompe, dont elle fait les fonctions. L'oiseau la darde hors de .son Ihh-, apparemment par un métuinisme de l'os hyoïde, semblable à celui delà langue »les pics; il la plonge jusqu'au fond du calice des fleurs pour en tirer les sucs. Telle est sa manière de vivre d'après tous les auteurs qui en otil écrit. Ils n'o it eu qu'un contradicteur : c'est M. Badier, qui, pour avoii- trouvé dans l'uîsopliage d un oiseau-mouebe quelqu&s débris de petits insectes, en conclut qu'd vil do ces animaux et non du suc des fli’ui-s. Mais nous ne (Toyons pas devoir faire céder une multitude de témoignages autlientiques à une seide assertion, qui même parait prématurée. En effet, (pie roiseau-mouebe avale quelques insectes, s'ensuit-il qu'il en vive et s'en nourrisse toujours? El ne sembk'-l-il pas inévitable qu'en pompant le miel di's fleurs, ou recueillant leui’s poussières, il entraîne en même temps quelques-uns des ivetits iiisc(;tes qui s'y trouvent engagés? Au reste, la nourriture la plus substantielle est nccessaiia; pour suflire à la prodigieuse vivacité de l'oiseauluoncbe, comparée avec son extrême petitesse ; il faut bien des mobnniles organiques |>our soutenir tant de forces dans de si faibles organes, et fournir à la dépense d'esprits que fait un mouvement perpétuel et rapide. Un aliment d'aussi peu de substance que (pielques menus insectes y parait bien peu proportionné; et Sloane, dont les observations sont ici du plus grand poids, dit expressiMuenl (pi'il a trouvé rcîslomac de l'oiseaiimou. lie tout rempli des poussières et du miellat des fleurs.

Rien n'égale, en effet, la vivacité de ces petits oiseaux, si ce n'est leur courage, ou plutôt leur audace. Uu les voitiioursuivre avec furie des oiseaux vingt fois plus gros rpi'eux, s'attacher à Jeiu' corps, et, se laissant emporter par leur vol, les becijueter

MANUSCUITS DE BDKFOX

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