‹ Des manuscrits de Buffon (volume 2)Chapitre 24 sur 39 · DES ÉPOQUES · texte numérisé non relu

DES ÉPOQUES

grande partie de son temps à faire ou à faire Ciire le plus d'expériences qu'il avait pu sur les progrès de la clialeur dans les corps et sur la durée de leur incandeseenee*

Il faisait fondre des masses de fer; li Taisait chauffer au blanc, au rouge, des boulets de fer, de zinc, d etain, d'antimoine, de grès, de marbre, etc.; il observait eonibien ces lualières ineitaient de temps à se consolider, à se refroidir, à se refroidir plus ou moins, jusqu'au point de pouvoir être touchées sans brûler, jusqu'au point de la température actuelle, etc.; puis il appliquait de son mieux tous ces résultats à la consolidation et au refroidissement du globe*.

J'ai comuieiicé, dit-il, par la partie expérimentale de mon

' (( J'ai fait quelques expériences pour ivcunnaître coiiibiei) il faul « de temps aux matières qui sont en fasion pour prendre leur con- € sistance el passer de l'état de fluidité à celui de solidité ; combien « de temps il fant pour que la surface prenne sa eonsistance, combien « il en faut de plus pour produire celte môme consistance à l'inté- € rieur, et saToirpar conséquent combien le centre d'un globe, ilont « la (urface serait consistante et même refroidie à un certain point, « pourrnit néanmoins être de Icmps dans l'élat de liquéfaction. » (T. IX, p. 300.) — <* ^ous avons démontré, par les expériciK os du <t premier mémoiro, qu'un globe de fer, pros i-omnic la terre, péné- « Iré de feu srtiîemcnt jusqu'au rouge, serait [)lus du 90.070 ans à « se refroidir, auxquels ajoutant 2 ou 3,000 ans pour le leuips de si «( Gonsofidation jusqu'au centre , il résulte qi^en tout il faudrait «r environ 100,000 ans pour refroidir au point de la température a actuelle un globe de fer gros comme la terre, sans compter la durée «( du premier état de liquéfaction, ce qui recule encore les limites du « temps quisenihin fuir rt «^'étendre à mesure que nous chcrcbons à « l<* saisir. T. IX. p. 50H.)

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U avail, pai'ce que c'est sur les résultats de mes expérieuces que j'ai foodé tous mes raisonnements

Sans doute que le fondement n était pas très-sûr,

car, inflépondammeiit des variations que j'iruliquais il n y a qu'un instant, J'en pourrais citer beaucoup d'autres.

A la pafîe 5 de notre première copie de la secoiult^ époque, Bution pose d'abord : 74,832 auê pour la formation des planètes, et 34,270 pour le refroidissement de la terre, au point de pouvoir être touchée, sans brûler. Cela écrit, il Tefface : au-dessus de 74,833, il met 2,993,280, et au-dessus de 34,270, il met 1,370,800. Un peu plus loin, au lieu de plm de vingt mUlej il met six ou sept cent nulle.

Venons à ses nombres définitifs.

Eu supposant, dit-il, comme tous les phénomènes paraissent 1 indiquer, que la (erre ait aulrefois été dans un état de liquéfaelion causée par le feu» il est démontré par nos eipériences que, si le globe était entièrement composé de fer ou de matière ferrugineuse, il ne se serait consolidé jusqu'au centre qu'en 4,026 ans, refroidi au point de pouvoir le toucher sans se brûler en 46»991 ans, et qu'il ne se serait refroidi an point de la température actudie qu'en 100,690 ans; mais comme la terre, dans tout ce qui iious u:>t connu, nous parait être composée de matières vitrescibles etcalcaires qui se refroidissent en moinsdc temps que

les matières ieri iigiiieuscs, il faut, pour approcher de la vérité autant qull est possible, prendre les temps respecliiî} du refroidissement de ces difi'érenles matières, tels que nous les avons trouvés par nos expériences du second mèmcnre, et en établir le rapport avec celui du refroidissement du fer. IDn n'employant dans cette dOUime que le verre, le grès, la pierre calcaire dure, les marbres et les matières ferrugineuses, on trouvera qne le globe terrestre s*est consolidé jus<iu'au centre en 2,905 ans environ, qu'il s'est refroidi au point de pouvoir le loucher en o5,91i ans euvirou^ et à la température actuelle en 74,047 ans environ^.

A la bonne heure ! Mais combien de milliers d'an* nées Buffon n'eut-il pas ajoutés à tous ces milliers-là,

s'il eût prévu ce que penseraient les géologues uu siècle après lui, savoir : que le globe, loin d être consolidé encore jusqu'au centre, Test à peine dans une très* mince partie de sa âuriace?

Ce qui fait le grand côté du tableau tracé par

lUiffon, c'est l'art admirable avec lequel il nous présente ce globe, « depuis le sommet de l'échelle du « temps (pour parler comme lui) jusqu'à des temps « assez voisins du notre, » passant du chaos à la lumièie, de l'incandescence au refroidissement, du refroidissement à rétablissement de la mer universelle, àla proiiucliou des premiers coquillages et des premiers végétaux, à la conatruclion de la surface de

« T. IX, p. 348.

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la terre par liU horizonlaux, à la retraite des eaux, au feu des volcans, à ce temps enfin où la Nalure, fc dans son premier moment de repos, a donné ses « productions les plus nobles, » c'est-à-dire les grands animaux terrestres-, les grands animaux du midi habitant les terres du nord, et l'homtnc lui-même (pie BulTun définit si bien : « le témoin intelligent et « ladmirateur paisible du grand spectacle de la na^ ^ lure et des merveilles de la création. »

Et à propos de l'homme, je vois encore ici (copie de. Ja quatrième époque') un changement curieux et digne d'être noté.

RufTon dit, dans l'imprimé : « Nous sommes persuaa dés, indépendammentderautorité des livres sacrés, « (jue rhomme a été créé le dernier, et qu'il n'est n venu prendre le sceptre de la terre que quand elle a s'est trouvée digne de son empire; » mais il avait écrit dans notre copie*: « il reste celle (la création) de « l'homme; a*t-elle été contemporaine à celle des a animaux? Des raisons particulières semblent forcer « à direqu'elle s'est faite postérieurement à toutes nos (t époques ; néanmoins l'analogie, les monuments et « même les traditions nous démontrent, au contraire, tt que l'espèce humaine a suivi la même marche et * « date du même temps que les autres espèces.... » Ainsi, dans nos copies, « quoique des raisons p^rti-

^ Cinquième de l'im|irmié. (Voyes, d-devanl, p. 63.)

« P. la.

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