D£ LA NATURE
lois du mouyement, il avait du moins deviné le premier qu'il devait y en avoir. Si Buffuu s'e^t trompe sur la durée des âges du globe, s'il n'a pu indiquer , . qu'en gros^ et de loin, leurs vrais caractères, du moins a-t-il deviné le premier qu il dt vait y avoir des âges. Les rév olutiom de Cuvier ne sont que les âges de BufTon, sous une autre forme et sous la plume d'un génie ditlérent; et tout ce que tant d'efforts nos géologues actuels, tout ce qu'en feront jamais les géologues futurs, pour le classement, demieux en mieux démêlé, de leurs formations, de leurs couches, de leurs terrains, nesera januiis qu'un remaniement incessant, et' sans cesse perfectionné, des Époques de la nature. Ce thème sera toujours refait et ne sera jamais fini. Voici comment Bufifon a jugé lui-même son œuvre :
J'ai fait ce que j'ai pu pour proporfioauer, dans chacune de ces périodes, la durée du temps à la grandeur des ouvrages; j*ai tâché, d'après mes hypothèses, de tracer le lalileau successif des grandes révolutions delà uatuie, sans néanmoins avoir prétendu la saisir à sou origine et encore moins Tavoir embrassée dans tonte son étendue. Et nies hypothèses fussent-elles contestées, et mon tableau ne fût-îl qu'une esquisse très- imparfaite de celui de la nalurc, je suis convaincu que tous ceux qui, de bonne foi, voudront examiner cette esquisse et la comparer avec le modèle, trouveront assez de ressemblance pour pouvoir au moins satisfaire leurs yeux et fixer leurs idées sur les plus grands objets de la philosophie naturelle