‹ Des manuscrits de Buffon (volume 2)Chapitre 27 sur 39 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

REPRODUCTION DR QUELQUES FRAGMENTS DtS MANUSCRITS DE BUFFON

ÉPOQUES DE LA NiTURE

Moire NAMscRiT des Époques de la nature contient, comme je Vai déjà dit ^, deux copies de la seconde époque, une de la troisième^ une de la quatrième^ devenue la dnquième de l'imprimé, et deux de la

sixième dont la première porte encore le titre de cinquième.

Ce que s'est proposé Buffon dans ses Époques de la nature (je l'ai d(Vjà dil aussi c'est de marquer par durées déterminées, par époques successives, par âges distincts, les différents changements du globe.

Deux points surtout roccupaient : le premier, de bien démêler les grands faits de la nature et d'en marquer Vordre successif; et le second, de donner à chaque fait sa juste étendue, « J'ai taché d'après mes a hypothèses, dit-il, de tracer Tordre successif des c( grandes révolutions de la nature...; j'ai fait, dit-il tt encore, ce que j ai pu pour proporiioiitier, dans « chacune de ces périodes, la durée du temps à la « grandeur des ouvrages^. »

* Page ti.").

* Page 64.

^ Œuvres de Bufp>n, t. IX, p. 570.

Il y a deux agents : le feu et l'eau; et, des deux, c'est évidemment le feu qui a le premier fait sentir

son action. La j)i i inièro éj)oque a donc été celle de la fusion; la seconde celle de la consolidation^ la troisième, celle de la chute des eaux; la quatrième, celle de la retraite des eaux et de l'apparition des premiers animaux terrestres ; la cinquième, celle de la «^ara^ lion des deux conihients, et la sixième celle de ïhomme. Voilà les six épocjucs de nos copies *.

Bufîon s'aperçut bientôt qu'il n'avait pas fait à l'action du feu une part assez grande. Cette action ne s'est pas immédiatement é|)uisée: après la fusion gé" nnale^ après la consolidation même du globe, elle a longtemps persisté, témoin les vokans éteints; elle persiste encore aujourd'hui, témoin les volcans actuels. Buffon revint donc sur son plan; il l'ouvrit pour l'élargir, et, entre l'époque des eaux cojwrant la terre et celle des fn'emiers animaux terrestres^ il en

' Les sept t'poqnrs du lîvre sont :

La |)icmièrc, lorsque la terre et les planètes ont priî^ leur forme;

La deuxiùne, lorsque la matière, s'étant coa-olidée, a formé la roche intérieure du globe, ainsi que les grandes masses vitrcsciblcs qui sont ù su ^ul'ldce;

Ia troisième, lorsque les eaux onL couvert nos continents;

ta quatrième, lorsque les eaux se sont retirées, et que les volcans ont commencé «l'agir (c'est celle-ci qui manquait encore au lemps dos copies);

cinquième, lorsque les éléplianls et les autres animaux du midi

ont habité les terres t\n nord;

La sivièmc, lorsque s'est faite l.i «réparation des eonlineuls;

La septième, lorsque la puissance do l'homme a secoodé celle de Is nature.

ÉPOQUES DE LA NATURE

plaça une nouvelle, qui fui l'époque des premiers

volcans et de leurs grands effets.

Buiion trailait son sujet comme nos auteurs dranuiliques ont coutume de traiter le leur. Us ajoutent ou relrancheut un acte ou deux à la moindre dilficullé; ils déplacent méiue des scènes, et Buffon en faisait autant* Nous avons vu, en comparant les copies au livre, qu'il avait transporté l'apparition des premiers animaux de la seconde époque à la troisième, et l'apparition de l'homme de la cinquième à la septième.

El, sous ce rapport du remaniement successif de ses idées, rien n'est plus curieux que la première des deux copies que nous avons de la seconde époque.

Bufifon réunissait alors sous une même et seule époque ce dont il a fait ensuite trois époques distinctes : répoque de la consoUdationy restée la seconde; l'époque de la chute des eaux et des premiet's êtres vivanlSj devenue la troisième, et Tépoque des volcans, devenue la quatrième.

Je reproduis cette première copie tout entière, et je la reproduis telle que Buffon l'a primitivement ('crile. Je mets en notes ce qu'il y a marqué plus tard de corrections et de changements. Je place enfin, en regard de la premu'} e copie, la rédaction dernière et détiuilive, c'est-à-dire celle que nous offre Tim-

89 MANUSCRITS DE BUFFOK

(1« copie}.

LOU!>gie U MATIÈHE a iTAUr CO?i>OLinf:E a PORMé les GIUX0E6 MiS»£$ DES

.H USTANCES VITniFUULKS

Il a fallu, comme nous l'avons dit , près de trois mille ans ^ pour que le globe terrestre ait pris toute sa consistance et que les matières en fusion se soient consolidées jusqu'à son centre. Comparons les effets de cette consolidation du globe terrestre' en liquéfaction par le feu, à ce que nous voyons arriver à une masse de métal ou de verre fondu lorsqu'elle commence à se refroidir*. Nous voyons qu'il sp forme à la surface de ces masses des aspérités ', et dans l'inléneur « des cavités qui représenlenl parfaitement les premières inégalités qui se sont trouvées sur la suj'face de la terre\ et ce grand nombre de montagnes, d'abimes» de trous et de cavernes* qui occupaient alors rintérieur des couches les plus voisines de la superficie. Notre comparaison est d'autant plus exacte que les pins hautes montagnes ^ que je suppose de 5,000 toises de iiauteur, ne sont par rapport .m diamètre de la terre que ce qu*uii huitième de iiiL;iie est par rapport au diamètre d'un j^lobede deux pieds. Ces masses de i ochers et ces chaines de montagnes qui nous paraissent si prodigieuses tant par le volume que par la

cOHRicTJoxs Vàiné Mit Kwmt srn la copik.

* Lorsque la matière, t*étant consolidée, a formé la ix)cbc intérieure

du globe ainsi que les p^randcs masses vitrifiublcs qui sont à sa surfîtct'.

* Kn jf'tntît les yeux sur notro «leinier tableta, l'on reoMinaitra qu'il s est écoulé 117,440 ans avant que le globe

* consolidivlioa de la lt*rn' li(|uéfiée par le feu...*.

* à se refroidir. 11 se lonuc à la

• ^ i la surface de ces masses des iuégalilé;^, des ondes, des

aspérités

GP0QU6S DE U NATUUE 83 (imprimé).

AtXSI QOK u» QIUWDBS VASAIS milE8CIM.B» qvi SORT A M SOKrAGB.

Ou vioiit (\o voir dans noiro hypulli*'^t' , il a dû s'rcou- 1er deux luiUi^ nenro«Mit tréiilc-six au.s avaiil (jiie I»' ^dobc lerrcslre ait pu prendre toule sa consistance, et que sa masse entière se soit consolidée jusqu'au centre. (Comparons les effelâ de cette consolidation du globe de la terre en fusion à ce que nous voyons arriver à une masse de métal ou de verre fondu, lorsqu'elle commence à se refroidir : il se forme à la surface de ces masses des trous , des ondes, des aspérités; et au-dessous de la surface il se fait des vides , des cavités, des boursouflures, lesquelles ikuveul nous représenter ici les pn-juiêres illégalités qui se sont trouvées sur la surface de la terre et les cavités de sou intérieur; nous aurons dés lors une idé<î du grand nombre de montagnes, de vallées, de cavernes et d an» fractuosités qui se sont formées dés ce premier temps dans les couches extérieures de. la terre. Notre comparaison est d'autant plus exacte que les montagnes les plus élevées , que je suppose de trois mille ou troi-^ mille cinq cents tuises de hauteur, ne sont, par rappuil au diamètre de la terre, qu * ce

(connECTinx^. faite»" pat: iuffon s>nri la copie.) El dans rintéricur il se l'nt Ao< vi(î<^>; (\t'< Itoursoiinuros, des cavil<^s qui doivent nous rcprésealer ici les jueiitiries iiiégalilcs «jui — ^ Ainsi que les ( ivilés de &on iulérieui- cl nous douucr une idée

du grand nombre de

* et de cavernes qui composaient les premières oouclici^ de la

supciiicie du globe.

' eiacte que les montagnes les plus élevées que je suppose

de 3,000oa3,S00 toises

U MANUSCRITS DE BUFFÛiN

<GOPIB,)

hauteur, ces profondeurs de la mer qui nous priraisFent si

considérables ne sont thnis la réalité que des inégalités* propoi liuiHU'es à la grosseur du j.'lùbe, ol dos «'lït^ls naturellement produits par le premier i efroidiîjîseuient des matières en fusion, lorsque la terre a commence à prendre de la consistance^.

A cette époque, et même longtemps après, tant que la chaleur excessive a duré, il s^est fait une séparation de toutes les parties rolatiles, telles que Feau, Fair, les huiles, le mercure et les autres substances que la grande chaleur enlève et qui ne peuvent exister que dans une région pins tompén'-p que ne Tétait alors la surlaco d(' la terre. Toutes c<\s ni.Uiéi es volatiles s étendaient donc autour du globe en forme d atmosphère à une très-grande distance^ où la chaleur était moins grande et en même temps la matière fixe du globe, qui n'était que du verre fondu par Faction du feu, s^étant consolidée, forma les pics et les grandes montagnes, dont les sommets, les noyaux et les bases intérieures sont composés de matières vitrescibles. Ainsi, le premier établissement local des grandes chaînes de montagnes appartient à celte seconde épo([ue qui a précédé de plusieurs miUiers d'années ^ la formation des mers et celle de toutes les substances ^ qu'elles produisent et nourrissent. Car, tant que la sur£acedu globe n'a pas été refroidie au pointde permettre à Feau d'y s^oumer sans se réduire en vapeurs, il est certain que toutes les mors étaient alors dans Fatmosphère et

(corrections faites par liL'FFO.H SIR LA COME.)

* par la hauteur. Ces vallées de la mer, qui semblent être des

abîmes Ue prolondcur, ne sont dans

^ réalité que de légfères inégalilcs propoi lionnées

^ à la grosseur du j^lobe et qui ne pouvaient manquer de se

formefi lorsqu'il a pris s« consistance: ce sont des effels natnreU et qui ont été produits par le premier refroidissement des malièrcis en fusion lorsqu'elles se sont consolidées à la surface de la terre.

* » . . . i une grande dislance où la chaleur était moins fortOi tandis

ÉPOQUES DE LA SATURE 85

qu'un liuiliéme de ligne est par rapport au diamètre d'un globe de deux pieds. Ainsi ces ebaines de montagnes qui nous» paraissent si prodigieuses, tant par le volume que par la hauteur, ces vallées de la mer, qui semblent éire des abîmes de profondeur, ne sont dans la réalité que de légères inégalités proportionnées à la grosseur du globe, et ({iii ne pouvaient manquer de se former lor^qu il prenait sa coiisistauc4î : ce sont des elTets naturels produits par une cause tout aussi naturelle et fort simple, c'est-à-dire par Taction du refroidissement sur les matières en fusion, lorsqu'elles se consolident à la sur» face.

G*est alors que se sont formés les éléments par le refroidissement et pendant ses progrès. Car à celte époque, et même longtemps aprrjî, tant que la chaleur excessive a duré, il s'est fiuL uut' -(''paratiou et mémo une projection tle toutes les parties volatiles, telles que l'eau, Tair et les autres substances que la grande cbaleur chasse au dehors et qui ne peuvent exister que dans une région plus tempérée que ne Tétait alors la surfilée de la terre. Toutes ces matières volatiles s*étendaient donc autour du globe en forme d^atmospliére à une grande distance où la cJialeur était moins forte, tandis que les matières fixes, fondues et Vilniif'os, s'étant coii^dlKlcfs, rormèreni la roche intérieure du globe et le noyau des grandes inontagiies, dont les sommets, les masses intérieures et les bases, sont en effet composées de matières vitrescibles. Ainsi le premier éta-

(CORRECTIONS FAITES fAR BlFKO?» SOK U COPIK.)

que les matières fixe?, fondues et vilrifK'cs, s'étant consolitU'es, formèrent la roche intérieure du •j'Iolic H le novrni drs pios cl des s:ran<lcs montagnes, dont les bouuneb, les iims&et» mlcrieures et les bases sont composes de

^ de plusieurs milliers de i^ièdes.

* la fortnaUon des montagnes et des collines calcaires

n'ont eiisté qu'aprèt FétaMissement des men et In production de tottiM le» ittlMUiMiii .lit

se

XAVnSCRITS BUPFOlf

(copie.)

(jumelles n'ont pu tomber et s'établir sur la terre que quand * sa surface s^est trou^ assez refroidie pour ne pas rejeter Teau par une trop forte ébullition, et ce temps de rétablisse^ ment des eaux sur la surface de la terre n'a précédé que de peu de milliers d aiinôos* lo îiiutnonl où Ton aurait pu tonchor cottfi surface sans se bi iih r; en sorte qu'en admettant, comme nous lavons annoncé, 74,832' ans à dater en arriére do re jour pour Fépoque de la formation des planètes, et 54,â70^ ans pour le temps nécessaire à son refroidissement * au point de pouvoir la toucher» il s^est peut-être passé plus de vingtcinq mille* de ces premières années avant que Teau, toujours re jetée dans l'atmosphère, ait pu tomber et sï't4'ïblir^ sur la terre : cai", quoit{u ii y «lit une as>i'z <litTéreiice entre le

(le^i é auquel 1 eau chaude cesse de nous ulVenser et celui où elle entre en ébuUition, et qu'il y ait encore une distance considérable entre ce premier degré d'ébuUition et celui où elle se disperse subitement en vapeurs, on peut néanmoins assurer que cette différenoede temps n*esl pas plus grande^ quejeTadmets ici.

Ainsi, pendant les pj-emières vingt-( in(| miUe^ années, le globe terrestre, d'abord lununeux et cliaud comme le soleil, a consené son état d' incandescence et de lumière pendant environ trois mille ans, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il ait été consolidé ensuite les matières fixes de la terre** sont devenues encore plus fixes par leur refroidissement, et ont pris leur nature et leur consistance telles que nous les reconnais-

(conrtECTioxs faites pah mjfpon sur la coi'IE.)

* ..... qu'au moiiK^iit uù ....

* que de quelques centaines de siècles..

^ . ... nécessaire au refroidUsement de la terre. ... * iiz ou sept cent mille de ces premières ....

ÉPOQUES DE LA NAtURE S7 .

blissement local des grandes chaînes de montagnes appartient

à cette seconde épofjiie, qui a précédé de plusieurs siècles celle de la formation des montagnes calcaires, lesquelles n'ont existé qu'après rétal)li.ssement des eaux, puisque leur composition suppose la production des coquillages et des autres substances que la mer fomente et nomrit. Tant que la surfaœ du globe n*a pas été refroidie au point da permettre à reau d'y séjourner sans s*exhaler en Tapeurs, toutes nos mers étaient dans Tatmosphére : elles n^ont pu tomber et s^établîr sur la toiTe qu'au moment où sa surface s>si trouvée assez attiédie pour ne pins rejeter T eau par une trop luric iMillition; et ce temps de rétahlissemenl des eaux sur la surface du globe n'a précédé que de peu de siècles le moment où Ton aurait pu toucher cette surface sans se brûler ; de sorte qu'en comptant soixante^uinse mille ans depuis la formation de la terre, et la moitié de ce temps pour son refroidissement au point de pouvoir la toucher, il s'est peut-être passé vingt-cinq mille des premières années avant que l'ean. toujours rejetée dans ratmosphère, ait pu s t liiblir à demeure sur la surface du globe; car, quoiqu'il y ait une asseï grande différence entre le degré auquel l'eau chaude cesse de nous offenser et celui où elle entre en ébuUition, et qu^il y ait encore une distance considérable entre ce premier degré d'ébuUition et celui où elle se disperse subitement en vapeurs, on peut néanmoins assurer que c^tte différence de temps ne peut pas être plus grande que je 1 admets ici.

(corrections faites par ultpon sir la coimk.)

et s'établir à demeure sur In «surface du globe.

8 lie peut pas être plus grande que...

• dans les ju umières sept ceiil mille années

*® .. .. environ cmL dix-sept mille ans

enlièreineni consolidé

du globe.....

HARilSCBlTâ DE UUFFON

(copie.)

sons aujourd'hui dans 'les pics et sur les sommets de toutes les hautes montagnes^ dont Torigine date de cette époque» et qui^ ne sont en effet composées dans leur intérieur ' que de matières vitrescibles, telles que le granit, le roc vif, la

pien e coi'iiée, etc.

(^est dans ce long espace de temps de vin^4-i iiiii ou vingtsix mille ans^ que se sont aussi formées par la sublimation toutes les grandes veines et les gros filons des mines où se trouvent les métaux; ces substances métalliques ont été séparées de la matière vitrée' par la chaleur longue et constante qui les a sublimées, et poussées de rintérieur du globe dans toutes les montagnes où le resserrement des matières, aiusé par le reiVoidissement', laissait dos fentes et des cavités qui ont été remplies** par ces substances métalliques que nous y trouvons aujourd'hui, car il faut, à l'égard de i origine des mines, faire la même distinction que nous avons indiquée pour l'origine des matières vitrescibles et des matières calcaires, dont les premières ont été produites par Taction du feu, et les autres par Tintermède de Feau. Il en est de même des mines métalliques ; les principaux filons, ou, si Ton veut, les mines primordiales, ont été produites, comme je viens de le dire, par la lusion et par la bubliin;ilion, cest-à-dirc par faction du feu, et les autres mines, qu ou peut appeler secondaires, ne se sont formées qu aux dépens des premières et ont été produites ^ par le moyen de Teau. Ces filons prin-

(CORHECTIONS FAITES CAR BOFFON SL'lt LA COPIE.)

* aujourd'hui dans la roche du globe et dans le noyau de

toutes

* ■...^ car elles ne sont

' «laii> leur ialérieur ûljusi^u à leur somiuet

* lie î^ept cent mille ans.....

*^ de la masse vitrcscible du globe

* de rintérieur de la niasse dans toutes les aspérilés el les

pointât avancées da tatuperfideeù te reiserrementi.M.

ÉPOQUES DE LA NATURE 89 (imprimé.)

Ainsi dans ces pivnnièros vingt-cinq millo annéos, le globe ti'rresire, d'abord lumineux et diaud comme le soleil, n'a perdu que peu à peu sa lumière et son feu : son état d'iucandesc encea duré pendant deux mille neuf cent lrent<ysix ans, puisqu'il a fallu ce temps pour qu'il ait été consolidé jusqu'au cenlre; ensuite les matières lixes dont il est composé sont devenues encore plus lixes en se resserrant de plus en plus ])ar le rt'froidissi'mcnl ; flics oui pris peu à peu leur nature et leur consistance telle que nous la reconnaissons aujourd'hui dans la roche du globe et dans les hautes nionUignes, ipii ne sont en effet composées, dans leur intÎTieur et jusqu'à leur sommet, que de matières de la même nature : ainsi ItMir origine date de cette même époque.

t^est aussi dans les pi cmiers trente-sept mille ans que se sont formées par la siililiiiialion toutes les grandes veines et les gros fdons de miîies où se trouvent les niélaux; les substances mélalli(pn's ont été séparées des aulres nialièrcs vilrescibh»s par la chaleur longue et conslanle (pii les a sublimées et poussées de rinlérieur de la masse du globe dans toutes les éminences de sa surface, où le resserrement des matières, causé par un plus pronq>t refroidissement, laissait des fentes et des cavités, (jui ont été incrustées et quelquefois remplies par ces substances métalliques que nous y trouvons aujourd'hui; car il faul , à Tégard de l'origine des mines, faire la même distinction que nous avons indiquée pour l'origine des matières vitrescibles et des matières cali aires, dont les premières ont été produites par l'action du feu, et les aulres par l'intermède de l'eau. Dans les mines métalliques, les principaux liions ou, si Ton veut, les masses primordiales, ont été

(coniiF.r.Tiox>< faite»; pa» ihffon sun i.a copif..)

.. pnr un plus proiiqit refroidissement

,. incrustées et quelrpielois rcnqtlies

. produites lrcs-[«oslérieurcmcnt...,.

(ropiE.)

cipaiix, qu'on peut rej^^nider comme les troncs des arbres métalliques, ayant tous été produits, soit par la fusion dans le temps da feu primitif, soit par la sublimation dans les temps subséquents* , ils se sont trouvés et se trouvent encore aujourd'hui dans les fentes j)erptnid!culaires des plus hautes monta.unos t;indis qup Ton trouve, au contraire, au pied do ces niênies iiuuitaiiiies des petits filons que l'on prendrait d'abord pour les rameaux de ces arbres métalliques, mais qui ne leur tiennent néanmoins ni par la conUnuité ni même par lorigine, car ces mines secondaires se sont formées par Tinterméde de Peau qui, par la succession des temps, a détaché des particules riei; anciens filons et les a déposée-s sous différentes formes ^ à des distances assez cunsidérables et toujours audessous du lieu de letu" première origine*.

La formation^ de ces mines parasites est, comme on le voit, bien postérieure^ à celle des mines primitives; elle doit se rapporter, comme la formation des pierres calcaires, à une époque subséquente, c est-i-dire au temps où la température de la terre a permis aux eaux de se rassembler dans les profondem^s de sa sui face pour y Ibrmei' Je> niei ^, et ensuite au lenips où les vapeurs ont conmiencé à se condenser contre les montagnes pour y produire les sources des ruisseaux et des fleuves. Mais avant ces temps il s'est passé ^ de grands elfets préliminaires dont nous devons rendre compte^.

(COftnECTIOMS FAITES PAR BUFFON SUR LA COPIE.)

^ dans les temps subséquents delà grande chaleur....

* ..... <los hautes nionlap'iips.. ..

* \n\T 1 action successive de l'eau, qui, dans des temps bien

postérieurs aux premiers, a détacln' des anciens filons )es particules métalliques qu'elle a charriées, et déposées i^ous dilïércnles lormes

^ première formation. «...

La production

' moins ancienne que.,...

EPOQUES DE LA NATURE

(mpniHé.)

produites par la fusion et par la sublimation, cVst-â-dire par Taction du feu; et les autres mines » qu^on doit regarder comme des filons secondaires et parasites, n^ont été produites que posté riowcm ent par le moyen de Teau. Ces filons principaux, qui semblent présenter les troncs des arbres métalliqiu's, ayant tous été formés, soil p.tr la fasioii dans le temps du feu primitif, soit par la sublimation dans les temps subséquents, * ils se sout trouvés et se trouvent encore aujourd'hui dans les fentes perpendiculaires des hautes montagnes, tandis que c^est au pied de ces mêmes montagnes que gisent les petits filons, que Ton prendrait d^ahord pour les rameaux de ces arbres métalliques, mais dont Torigine est néanmoins bien différente; car ces mines secondaires n'ont pas été formées par le feu, elles ont été produites par l'action successive de Teau, qui, dans des temps postérieurs aux premiers, a détaché de ces anciens filons des particules minérales qu'elle a eharriées et déposées sous diffèrtntes formes, et toujours au-dessous des filons primitifs.

Ainsi la production de ces mines secondaires étant bien plus récente que celle des mines primordiales, et supposant le concours et r intermède de Teau, leur formation doit, comme celle des matières calcaires, se rapporter à des époques subséqueutes, c'estrà-dire au temps où la chaleur brûlante s*étaui attiédie, la tenqiérature de la surlace de Ja terre a permis aux eaux de s^établir, et ensuite aux temps où ces mêmes eaux • ayant laissé nos continents à découvert, les vapeurs ont commencé à se C4)ndenser contre les montagnes pour y produire des sources d'eau couraiile. Mais, avant ce skH.oiid et ce troisième temps, il y a eu d'autres grands eilets que nous devons indiquer.

(connFrT)ON<i faites PAR BirrPOH wn LA COPIE.)

' il s'est cm oie passé

^ préhnnaaircs que nous devons indiquer.

MANUSCRITS DE BUFFÛN

Arrive n celle page-ci du manuscrit, je vois en marge, el de la mam de Builon, comme le sonl d'ailleurs toutes les corrections (le texte seul est de la main du secrélaire), ces mots ; i âge 5® époque.

En effet, tout ce qui suit, jusqu'à un certain point que je marquerai, appartient à la troisième époque» C'est do celle partie détachée de la seconde époque^ que Buffon a fait la troisième.

Buffon se réglait par les phénomènes : après la fusion^ la comolidatwn ; après la consolidation^ la chute des eaux. Or, avec l'alinéa qui suit, commence, dans noire copiey le phénomène de la chute des eaux.

Ym y jàensant davantage, Buffon s'aperçut que c'était arriver trop tôt à ce second phénomène, que le tableau de la consolidation du globe n'était pas complet, que ce temps singulier, ce moment qui a été unique dans Thistoire du globe, où ce globe ne se composait que des produils du feu, que des produits ignéSy que des substances vitrescibles^ n était ni suffisamment décrit, ni assez fortement caractérisé.

Il s'arrêta donc, et s'attacliant avec énergie à l'étude de ce globe primitif, si différent de tout ce que le globe a été par la suite, il fit de cette étude le sujet unique de sa seconde époque tout entière.

Et, cette grande intercalation opérée, il fit, de tout ce (jui, dans la copie qui nous occupe, suit les parties de cette même copie que j'ai déjà transcrites, sa

ÉPOQUES DË LA NATURE 05

troisième époque — lousque les eaux ont louvlui ms

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