CONTINENTS
En effet, la tromème époque commence dans l'imprimé par celte plirase : « A la dale de trente ou K trente-cinq mille ans delà formation des planètes, d la terre se trouvait assez attiédie pour recevoir les
« eaux sans les rejeter en vajx iirs. » phrase qui est la même que celle par laquelle nous allons continuer
VANUSGRITS DE BUFFON
■VITE liS nmTmn coi^is
SIUTE QUI SE TROUVB TRARFFORM£B EN TiiOiâlâMC KTUgUË DA!«â
i.*iifpi»iie.
Au bout (le vincjt-ciiKj nu do vinp:t-si\ nniW ans* delà formalion du globe, li lommenraiL à t ire assez refroidi pour cevoir les eaux à sa surface Le chaos de ratmosphère a commencé' à se débrouiller* alors» les eaux et toutes les matières volatiles que la trop grande chaleur y tenait reléguées et suspendues, tombant ^ de toutes parts» produisirent un vrai déluge universel, ou du moins elles remplirent toutes les profondeurs, toutes les plaines, tous les intervalles qui se trouvaient entre les parties les plus élevées de la surface du globe*. On a des preuves évidentes c[ue les eaux ont couvert toute l'Europe jusqu'à 8 ou 900 toises ' au-dessus du niveau de la mer actuelle , puisqu^on trouve des coquilles et d^autres productions marines dans les Alpes , dans les Pyrénées» etc., jusqu'à cette même hauteur. On a les mêmes preuves pour les continents de l'Asie et de TAfrique*; et même, dans celui de rAmérique, où les montagnes sont une fois plus élevées qu'en Europe, on a trouvé des crquilles et des productions marines à plus de deux nulle toises de hauteur au-dessus du niveau actuel de la mer du 2Sud. Il est donc évident^ que» dans ces premiers temps, la surface de la terre était en gé« ral plus élevée qu^elle ne Test aujourd'hui» et que pendant
Cni!l!i:cTl()\> FAITV.S 1V\H ULFFOi^ MU l.A COPIE.
* A la ddtc d'un million d'années de la formation des f*lanètea, lu Icrrc commenraiL à
' ...é. à bu surracc sans les rejeter en vapeurs
' commengait à
* alors, noo-settlement les eaux, mais toutes
* ..4.. tombèrent de toutes parts et produisirent
ÉPOQUES DE LA NATURE
VMOtSIlkMB éPOQVB
(imprimé).
UftRSQQB LES EAOX ORT COtfVBRT VOS COSTINSHTS.
A la date de trente ou trente-cinq mille ans de la formation
des planètes, la terre se trouvait assez attiédie pour recevoir les eaux sans les rejeter vn vapeurs. Le cliaos de ratniospliére avait commeiia^ de se débrouiller : non-seuiemeiit les eaux, mais toutes les matières volatiles ({ue la trop grande chaleur y tenait reléguées et suspendues tombèrent successivemeut ; elles remplirent toutesles profondeurs, couvrirent toutes les plaines, tous les intervalles qui se trouvaient entre les éminences de la surface du globe, et même elles surmontèrent toutes celles (jiii irétaieiit pas excessivement élevées. On a des preuves évidniles que les mers oui couvert le coiilinciit de l'Europe jus- ({ni\ quinze centh loises au-doNjîUs du niveau de la nier actueile» puisqu un trouve des coquilles et d autres productions marines dans les Alpes et dans les Pyrénées jusqu'à cette môme hauteur. On a les mêmes preuves pour les continents de TAsie et de l'Afrique; et même dans celui de rAmérique, où les montapfnes sont plus élevées qu'en Europe, on a tromié » des cotju»llc.-> marines à jdus de deux mille toises de hauleur an-dessus du niveau de la mer du Sud. H est doue certain que dans ces premiers temps le diamètre du globe avait deux lieues de plus, puisqu'il était enveloppéd'eau jusqu'à deux mille f oises
* ..*.» entre les aspérilés de la surface itti globe, et même elles surmontèrent toutes celles qui n'étaient pas excetsivemcnt élevées. On a des preuves 4..
mille
^ .... de l'Aliiquecl de l'Amérique ^ il csl donc. a *
• cci'lain.
du i^lobe.
MANUSCRITS DE Blil KOlS
(coriE.)
une assez ^ longue suite de siècles, la mer Ta recouverte ea entier, à Texception de tous les sommets et des crêtes de moutîigiies qui seuls surmontaient alors cette mer universelle ^.
dont lY'Iôvalion était au moins à ces mille toises do hauteur^, ou Ton cvssr de trouver des nujnillcs ou d'autres débris des productions niarinos. Les afiiniaux ;iux(inels ces dépouilles appartiennent ont donc été les premiers habitants du globe, et leur nmkitude était innombrable, car c'est de leurs détriments qu'ont été formes toutes les pierres calcaires, tous les marbres» les craies, les marnes etc.
Et *, dans les commencements de ce séjour des eaux surJa surface de la terre, n'avaienl-elles pas un def,Té de chaleur que nos poissons et nos coquillages actuels iTauraient pu supporter? et ne devons-nous pas présumer que les preniiéres productions de la mer^ encore bouillante étaient difTérentes de celles qu'elle nous offre aujourd'hui? Cette grande chaleur ne pouvait convenir qu'à d'autres natures de coquillages et de poissons; et par conséquent c'est à cette époque intermédiaire' que Ton doit rapporter l'existence de ces espèces perdues*, dont on ne retrouve nulle pari les analojrnes vivants; telles que les énormes volutes, dont nous avons parlé, toutes les cornes d'Ammon , les grands oursins armés de grosses bélemnttes, etc. Ces événements se sont passés d^uis Tannée vingt<»nq mille de la formation des planètes jusqu'à l'année trente-cinq mille, à laquelle environ nous avons fixé le com-
(COARECTKHIS fAITES FiR MJFFOX SUR LA COPIR.)
* très'longue
^ à Texceptioti peut-être des plu5 hauts sommets et des pics
de monUgncs qui seuls surmontaient cette mer universelle
^ dont rélcvntion était au moins à ceUo liauteur de mille
luises, où l'on rcs.^c (le
* des produclioué utarincs, d'où l'on doit inférer que les ani*
maux auxquels ces Hépouilles ont appartenu doivent être rcgardéi» comme les premiers UubitanU du glube ; et celle population était im*
EPOQUES DE LA NATUUE
(IMPRIIIÉ.)
de hauteur. La surface de la terre eu général était doue beaucoup plus élevée qu'elle ne Fesl aujourd'hui; et pendant une lo!)gue suite de temps les mers Tout recouverte en entier, à Fexception peut-èlre de quelques terres trés-^levées et des
sommets des hautes iiiontagues, qui seuls surmontaient ceLle intM universelle, iluiil i élév;»ti(ni était au moins à cette hauteur où l*on cesse de trouver des coquilles ; d'où l'on doit inférer que les animaux auxquels ces dépouilles ont appartenu peuvent être regardés comme les praniers habitants du globe» et cette population était innombrable, à en juger par Fimmense quantité de leurs dépouilles et de leurs détriments, puisque c'est de ces mônies dépouilles et de leurs détriments qu'ont été luniiées toutes les couches de.^ ])ierres calc.iircs, des marbres, des craies et des tu^^ qui coniiHiscîît nos collines et qui s'étendent sur de grandes couliées dans toutes les parties delà terre.
Or, dans les commencements de ce séjour des eaux sur la surCace du globe, n*avaîent-eUes pas un degré de chaleur que nos poissons et nos coquillages actuellement existants n^au-
raient pu supporter? et ne devons-nous pas présumer (pu* les premières productions d'une mer encore bouillante étaient différentes de celles qu'elle nous offre aujourd'hui? Cette grande chaleur ne pouvait convenir qu'ci d'autres natures de coquillages et de poissons; et par conséquent c'est aux premiers
(COKHECTtONtf FAIT»» PAR BOFrOR SOU LA COFIE.)
m cnse, car la multitude de leurs dépouilles est innombrable, puisque c'est de ces mêmes dépouilles et de leurs détriments qu'ont été formes louk'S les pierres calcaires , tous les marbres, les craies, les tiKinies, elc. , (pii coînjjoscnt collines et s'éteadeuisur de grandes cujilrées daus toutes les parties de la terre
» Or
d une nici. ...
c'est aux premiers temps de ceUe époque des ospèces perdues
MANUSCUliS DE BUFFON
(cotti.)
menoement de la nature vivante * sur la surface sèche du globe, c*eslrà-dire an temps où elle s'est trouvée assez refroidie pour permettre aux êtres sensibles comme nous de la toucher sans se brûler.
Et Ton ne doit point Hn^ »Honne de re que j^avance ici, qu'il y a eu des poissons * et d autres animaux aquatiques capables de supporter un degré de chaleur beaucoup plus fort que celui de la température actuelle de nos mers méridionales, puisque, encore aujourd'hui, nous connaissons des espèces de poissons et de plantes qui rivent et végètent dans des eaux presque bouillantes, ou du luuiii^ chaudes jusqu au cinquantième et soixaiilieme dei^ré.
Reprenons donc ce second temps où les eaux ^, jusqu'alors réduites en vapeurs, se sont condensées et ont commencé de tomber sur la terre aride et desséchée tâchons de nous représenter les prodig'eux effets qui en ont résulté : la sépai ation de l'élément de Tair et de Télément de Peau, la production des vents, la purilication de Tatmosphère par Tahandon et la chute de toutes les matières aqueuses huileuses, bilumiii('iis<'s et (le toutes les substam os volalilos; telles (|iic lo mercure, les acides, les alcalis, etc., qui toutes descendirent et tombèrent avec plus ou moins deprédpilaiion. Quels orages ont dû précéder, accompagner et suivre rétablissement local decliacune de ces substances^ et ne devons^us pas rap« porter à ces premiers moments et aux temps immédiatement
(CORnECTIONS rAlTES fAn BtFKON i.Ua I.A COiMK.)
' Tes premières espèces, maintenant anéanties, ont subsisU* i>eiiflanl Ils qualro, ou cinq cent mille ans qui ont inimediatenieiil siiix i le lcmj)s auquel les eaux vcnaienl de s'établir, el c'o>l à rotle secouilc date (le quntorze ou quinze cent mille ans de la luruiaiiuii des |»liinètes que nous avons fixé le conimcuccnient de la nature vi-^ VMile
* I.,., ici, qu'il y q eU| ovaut ce second teinpv^, des poisiroiiSi....
ÉPOQUES BB LA NATURE W
(iVPftiMÉ.)
loni]»^ ilt' cell(îép(Kiue, c>st-;wlire deimis Ironte jusqirà quarante mille ans de la formai ion d»» la terre, que l'on doit rapporter Texistence des espères perdues dont on ne trouve nulle part les analogues vivants. Ces premières espèces, maintenant anéanties, ont subsisté pendant les dix ou quinte mille ans qui ont suivi le temps auquel les eaux venaient de s*établir.
Et Ton ne doit point être étonné de ce que j*avanceici qu^il y a eu dt*s poissons et d'autres animaux aquatiques capables (le suppui li'i' un (letiir dê chaleur beaucoup plus grand que celui de In tempéraluie aclufllc de iin^ mers méridionales, puisque encore aujourd'hui, nous comiaissons des espèces de pois-< sons et de plantes qui vivent et végètent dans des eaux presque bouillantes, ou du moins chaudes jusqu'à 50 ou 60 degrés du thermomètre.
Mais, pour ne pas perdre le fil des grands et nombreux phénomènes que nous avons à expuser, rciireimns ces temps antérieurs, où les eaux, ju>< }iralors réduites en vapeurs, se sont condensées et ont commence de tomber sur la tei re brûlante, aride, desséchée, crevassée par le feu : tâchons de nous représenter les pnxiigieux effets qui ont accompagné et suivi cette chute précipitée des matières volatiles, toutes séparées, combinées,' sublimées dans le temps de la consolidation et pendant le progrès du premier refroidissement. Li séparation de Félé^ ment de Pair el de Télément de l'eau, leclioc des vents et des ilolsqui tombaieid en tourt)illons sur une terre fumante; la dépuration de i'aUnosplière, qu'auparavant les rayons du so-
(COBliCTlOllA rAITI» PAS BOPFOX UTK U COPIE.)
> Mail pour ne pas perdre le fil des grtnde et nombreux phénomènes qoe nous avons À exposer, reprenons ces temps antérieurs où
faut
* el (less/'citr)"' par le fou
».... et l;i (les matières aqiictues....
• ..... de cliacuii île ces éléaieuts....
160 MANUSCRITS DE BtIFFOK
(COPIK.)
subséquents les grands Iwuleversf^menls, les alTaissemeufs, les irnipfioiisel tous les chaiigenK iit.s qui ont donné nne seconde l'oi ine à la surlace du globe? 11 est aisé de sentir ([ue les eaux qui en couvrirent alors presque toute la surface élant continuellement agitées par l'action du flux et du reflux S ont commencé par sillonner la terre, et que, par leur long séjour* elles se sont ouvert des routes souterraines, ont rempli les cavernes, et se sont abaissées d'autant plus, que ces mêmes cavernes se stuil affaissées en plus gi and nuinhre : elles étaient Touvrage du feu ; Teau les a détruites et coutiuue de ie:> d«> truife encore.
Les eaux ont en même temps saisi toutes les matières qu^elles pouvaient délayer ou dissoudre ; elles ont fondu les sels, séparé les huiles et les bitumes et transporté de place en place tout ce qui se trouvait réduit en poudre ' ou en petits
volumes. Il s*est donc lait dans ces dix mille années, c'est-àdire depuis vin^l-ri{!(( jiîs(|u"à trente-cinq nnlle ans de la f»irmation des planètes, tnt si f;rand cbangemcnt * à la surlace du globe, que la mer, alori» ^ élevée ed mille toises, comme Tindiquent ses productions qu'on trouve >^ à cette hauteur, s'est successivement abaissée pour remplir les profondeurs occasionnées par ralTaissement des cavernes dont les voûtes naturelles, sapées par le mouvement des eaux^, ne pouvaient plus
(i:0«lii;Ci"IO.N> FAITES f'Alt ULI-i-ON hlR LA CO.'IK.)
* .. .. Par Tuction de leur chute, par celle du flux ei du rtiilux, par les vents impétueux, elles auront obéi â toutes ces impulsions, et que dans leurs mouTements elles auront commencé par sillomier la
terrn, en renverser les pointes les moins solides, rabaisser et poroer les chaînes les plus faibles des montagnes primitives et ensuite par leur \onç séjour, elle.«i se sont ouvert des routes souterraines, ont
rempli les cavernes, rt rf>llc mer presque universelle s'est abaissée successivement et (i':iut-iiil plus que ces iiicuies cavernes se sont aflaisséos f»n plus grantl nond)re: elles t'inient l'ouvrage du feu, l'eau les a «iéli'uiles et continue de les drirune encore. Nous sonimis
ÉPOQUES DE LA NATURE
leil ne pouvaient pénétrer; celle môme ;ilnios[)hérp obscurcie de nouveau par les nuages d'une épaisse fumée; la oohobation mille fois népélée et le bouillonnement continuel des eaux ^omhèesei rejetées aUernativeDient; enfin la lessive do Tair par rabandon des matière volalUes précédemment sublimées» qui toutes s*en séparèrent et descendirent avec plus ou moins de pi-écipilalion : quels nioiut nu iils , quelles tempêtes ont dû préct'diM', ai ( nfiip;i^ii(U' «*t suivie retablissemenl local <ie cliacun de ces ék nieuls! El ne devons-uous pas rapporter à ces premiers moments de choc d fragitalion les houleversemenls, les premières dégradations, les irruptions et les changements qui ont donné une seconde forme à la plus grande partie de la sur&ce de la terre? 11 est aisé de sentir que les eaux qui la couvraient alors presque tout entière, étant continuellement agitées \y,u la i .ipidilé de leur chute, par l'action de la lime swv Tatmosphète et sur les eau\ déjà tombées, par la violence des vents, etc.» auront obéi à toutes ces impulsions, el que dans leurs mouvements elles auront commencé par sillonner plus à fond les vallées de la terre» par renverser les éminences les moins solides, rabaisser les crêtes des montagnes, percer leurs chaînes dans les points les plus faibles; et qu'après leur établissement, ces mêmes eaux se seront ouvert des roules souteriMiih's. qu'elles culminé les voûtes des cavernes, les oui l'ait ecroulei , el que par cousequenl ces mêmes eaux se sont
(CORHECTlOMit FAITES PAB Bt FFON i^UH La COl'IL.)
donc bien fondés à attribuer I dioissemcnl successir des mcfi àccUc première cause qui nous est dcmuutrce pnr les faits.
* De place en place toutes les scories de verre et toutes les
matières qui se trouvaient réduites eu poudre
* U s'est doaelaitiiaiis ces quatre ou cinq cent miUo années un si grand changenieiit.....
4 D'abord.
* Ses producliont trouvées I
* sapéM ou pereées ptrraction et refiortdcs eaux
(copie.)
souleuir les terres dont elles étaient chargées. A mesure qu^il se faisait quelques grands aCEaiissements par la rupture d'uii« ou plusieurs x^vemes, Feau arrivait de tous c6tés pour remplir cette nouvelle profondeur, et, par conséquent, la hauteur
^(''iirralc dos mers diminuait (rautaul, vu soiie (jifétant d'abord à inilie toises d élévation, elle a successivement baissé jusqu'à son niveau actuels
On doit done présumer que ces coquilles et les autres productions marines que Ton trouve aujourd'hui * à mille toises de hauteur*, sont les espèces les plus anciennes de la nature; et il serait bien important poiu* l'histoire naturelle de recueillir un asstv, iii aiid nombre de ces premières productions de la mormiisi^ li oiiveiil sur nos montagnes à la plus grande hauteur, et de les comparer avec celles qui sont dans les couches inférieures de ces mêmes monti^^nes ou dans les plaines voisines. Nous sommes assurés que dans nos collines et sur nos petites montagnes la plus grande partie des coquilles qu'on y rencontre^ ne se trouvent actuellement existantes que dans les mers méridionales. Nous trouvons dans les mêmes endroits plusieurs autres coquilles dont on ne connaît point les analogues vivants. Si jamais ou fait un recueil de ces pétrificatioas, prises à ia plus grande élévation dans les montagnes, ou sera peut-être en état de prononcer sur ranûenneté plus ou moins grande des espèces relativement aux autres espèces de ce genre ^. Tout ce que nous pouvons en dire aujourd'hui, c'est que la plupart de ces espèces^, dont nous ne connaissons pas les analogues vivants, étaient beaucoup plus grandes qu'aucune espère du nh im i^enre actuellement existante : des
(C0IlRECT10.\> FAITES PAR BUFFON SLR LA COPIE.)
jnsqu'iui niveau où nous la voyons aujourd'hui.
l'on liouve a imilc loises.....
..... de huulcur au-dessus de ce niveau
f«iM»iitre appartiennent à des eapèaes inconnues, c'osl-l-
ÉPOQUES DE Lit NATURE
abaissées successivement pour remplir les nouvelles pi olondfiurs qu'elles venaient de Sormer : les cavernes étaient 1 ouvrage du feu; Teau dès son arrivée a commencé par les atta* quer; elle les a détruites, et continue de les détruire encore; nous devons donc attribuer rabaissement des eaui à ra£bissementdes cavernes, comme à la seule cause qui nous soit démontrée par les faits.
Voilà les i»r eiiiiers effeti? produits par la masse, par le poids et parle volume de Tenu; mais elle in a produit d'autres par sa seule qualité : elle a saisi toutes les matières qu'elle pouvait délayer et dissoudre; elle s'est combinée avec Tair, la terre et le feu poor former les acides, les sels, etc.; elle a converti les scories et les poudres du verre primitif en argiles ; ensuite elle a, par son mouvement, transporté de place en place ces mêmes scories, et toutes les matières qui se trouvaient réduites en petits volumes. 11 s'est donc fait ilaus cette secuinlf ]»t l iode, depuis li ('ute-( inq jusqu'à cinquante mille ans, uu si and changement à la surface du globe, que la mer universelle, d'abord trés-élevée, s'est successivement abaissée pour remplir les profondeurs occasionnées par l'affaissement des cavernes, dont les voûtes naturelles, sapées ou percées par Faction et reffet de ce nouvel élément, ne pouvaient plus soutenir le poids cumulé des terres et des eaux dont elles étaient chargées. A nnv sure qu'il se faisait quelque grand aiïaissenient par la rupture d'une ou de plusieurs cavernes, la surface de la terre se dé}>riwant eu ces endroits, l'eau arrivait de toutes parts pour remplir cette nouvelle profondeur, et par conséquent la hauteur générale des mers diminuait d'autant; en sorte qu'étant d'a-
(CORMtCnOMi f AITII» PAR BOFTON Min U COPIB.)
dire 1 det etipècei doal la ner ne nous offre pas k» analogues vivants.
plus ou moins grande de ces espèces relativement aux
autres. Tout ce que
* de ces eo^llages.
m MANUSCRITS DE BUFFON
(copie.)
cornes d'Ammon de sept et huit pieds de diamètre sur un pied d\''paisseur, dont on trouve les moules pétrifiés; des bélemnites de neuf et dix pouces de longueur sur un pouce de diamètre à ia base, sont certainement des êtres gigantesques dans ce ^'enre des coquilles et dans celui des oursins. La nature ^lait alors (lîins sa première vi^^iieur « el travaillait la matière ori^aniqnr et vivante avec un*' lurce * plus active dans un clénuMil plus diand mais elle n'opcrait cucoiv que dans le sein de la uier. La surface de la terre était encore trop chaude pour qu'on pût la toucher. Elle ne pouvait donc ôtre peuplée que de plantes et d'animaux capables de supporter une chaleur* bien plus grande que celle qui nous convient Mais nous avouons que cette idée, quoique vraisemblable, n^est qu^une supposition qui n'est pas fondée, comme celle delà population
(COlUtSCTKMS PAIfES PAS JWPfOX SOR LA COPII.)
* force.
• puissance.
^ élément plus cîiaml. Celte cause est suffisanlc pour rendre
raison de toutes les productions gigantesques si commtnies et fî fréquentes «lans les premiers âges du monde. Cette cause piii>sanle opérait t'i^îilemenl dnns le s(»rn de la mer et sur les hautes terres que les eaux n'av:iienl pu surur>nter; ces terres ne pouvaient être peuplées que de plantes
* chaleur plus grande
^ nous convient; et nous avons des monuments dans les
mines, surtout dans celles de charbon et d'ardoi&e qui nous démontrent par les poissons et les végétaux qu'elles contiennent que ce ne sont pas des espèces qui existent acluelleuient. On peut donc croire que la poptilaiion de la mer n esl pas plus ancienne que celle de la terre; 1'"^ nH iiiiMicnls et l 'moins sont plus nombreux et évidents pour la nier, mais ceux qui déposent pour la terre soiil aussi certains, et nous démontrent que ces espèces anciennes dans les animaux et dans les végétaux marins ou terrestres se sont anéanties ou plutôt ont cessé de se multiplier dès que la terre et la mer ont penbi la cbaleur nécessaire à leur existence.
Les coquillages ainsi que les végétaux de ce premier temps s'étant prodigieusement muliipliés pendant ce long^ espace de quatre
ÉPOQUES DE LA NATURS 105
(iupniii£.)
bord à deux mille toises d'élévation, la niera successivement baissé jusqu'au nÎTeauoù nous la voyons aujourd'hui.
Oq doit présumer que les coquilles et les autres productions marines que Ton trouve à de grandes hauteurs au-dessus du niveau actuel des mers, sont les espèces les plus anciennes de la nature ; et il serait important pour Thistoire naturelle de recupillirun assez grand nombre de ces productions de la mer qui se U uuvenl à celte plus grande hauteur, et de les comparer avec celles qui sont dans les terrains plus bas. Nous sommes assurés que les coquilles dont nos collines sont composées appartiennent en partie à des espèces inconnues, c'est-* à-du*e à des espèces dont aucune mer fréquentée ne nous offre les analogues vivants. Si jamais on fait un recueil de ces pétrifications prises h la plus grande élévation dans les montn^rnos, on sera peut-être en étal iU\ pionoucer sur Tancienuelé plus ou moin^ grande de ces espèces, relativement aux autres. Tout ce que nous pouvons eu dire aujourd liui, c^est que quelques-uns des monuments qui nous démontrent Texis* tence de certains animaux terrestres et marins, dont nous ne connaissons pas les analogues vivants, nous montrent en même temps que ces animaux étaient beaucoup plus grands qn aucune espèce du même genre actuellement sul>sistante : ces grosses dents molaires à point* mousses, du [iunU de uuze ou douze livres; ces cornes d' A uàmon, de sept à huit pieds de diamètre sur un pied d'épaisseur, dont on trouve les moules pétrifiés, sont certainement des êtres gigantesques dans le
(CORIIKCTlOTtS PAires PAU BOPFOJr SUR LA COPIB.)
on cinq mille ans, et la diin'c de leur vie n'étant que de quelunc années, les animaux ù coquille el lous ceux qui converlissciU Teau de la imsr en pierre ont, à mesaro qnUls périssaient, alundonné leurs dépouilles aux caprices des eaux : elles les auront transportées, brisées et déposées en mille et mille endroit*, car c'est dans môme temps que le mouvement du
phis andenne de la mer» sur les monuments de la nature, puisqu'ils nous démontrent un grand nombre d'espèces perdues dans les animaux marins, au lieu ([uh peine pouvonsnous citer quelques exemples d^animaux terrestres dont on puisse croire que l'espèce est perdue.
C'est dans ce me^me tenips que le mouvement du flux et du reflux a produit les courants qui ont donné à toutes les collines et à toutes les montagnes de médiocre hauteur des directions correspondantes, en sorte que les angles saillants correspond dent toujours à des * angles rentrants. Nous ne répéterons pas à ce sujet ce que nous avons dit dans notre Théorie delà terre, et nous nous contenterons d'assurer (|iie celte disposition générale de la surface de la terre * par angles saillants et rentrants, ainsi que sa composition par couches horizontales, démontrent évidemment que la structure entière de la len^e, jusqu'à de grandes profondeurs, a été disposée par les eaux et produite par leurs sédiments. Il n'y a eu que les crêtes, les pics et les sommets des plus hautes montagnes qui se sont trou-;vés hors d'atteinte et contre * lesquels la mer, par son mouvement, n'a pu agir direLtemeut*, puisqu'ils lui étaient supérieurs par rélévatiou; mais, ne pouvant les attaquer par leur sommet, elle les a pris par leur base, elle a miné les terres, percé les cavernes et les voûtes qui soutiennent ces vastes et hautes montagnes, et ayant rempli ces cavités elle a pfbduit, dans presque toutes, les volcans, dont quelques-uns subsistent encore aujourd'hui.
(C0nil£CTI0»â FAITES PAft WFFOM SDA LA COPIB.)
à leurs.
* du globe.
* sur.
* la mer n'a point laissé d'empreintes, parce qu'ils
^ ayant trouvé ces cavités remplies en partie de minéraux,
do pyrites et d'autres substances capables d'effervescence
ÉPOQUES DB LA NATURE 107
(iMi'lilWÊ.)
^eiue des aniinnux quadrupèdes etdaiiscp!ui des coquillages. La nature ('tait alui s dans sa premièi e foire, et travaillait la matière organique et vivante avec une puissance plus active dans une températui'e plus chaude : celte matière organique était plus divisée, moins combinée avec d'autres matières, et pouvait se réunir et se combiner avec elle-même en plus faraudes masses, pour se développer en plus grandes dimen^ sions : cotte cause est suftisanLe pour rendre raison de toutes les productions ^Myanle.Nques (|ui i)araissent avoii' été fréquentes dans ces premiers âges du monde.
£n fécondant les mers, la nature répandait aussi les principes de vie sur toutes les terres que Teau n'avait pu surmonter ou qu'elle avait promptement abandonnées; et ces terre», comme les mers, ne i^ouvaient être peuplées que d'animaux cl de vé«^é(aux capables de supporter une chaleur plus grande (pie celle qui convient auimiifHiui à la nature vivante. iNou^ avons des momnnents lues du sein de la terre, et parliculièi'enient du fond des minières de charbon et d ardoise, qui nous démontrent que quelques-uns des poissons et des végétaux que ces matières contieiment ne sont pas des espèces actuelle-ment existantes. On peut donc croire que la population de la mer en animaux n'est pas plus ancienne que celle de la tei re en véf»étaux : les monuments et les témoins :>uuL plus nomlirenx, pins évidenls pour la mer; mais ceux ipii déposent pour la terre sont aussi certains, et semblent nous démontrer que ces espèces anciennes dans les animaux marins et dans les végétaux terrestres se sont anéanties, ou plutôt ont cessé de se multiplier dès que la terre et la mer ont perdu la grande chaleur nécessaire à Teffet de leur propagation.
Les coquillages ainsi que les vé^^étanx de ce premier temps s'étant prodigieusement multiphés pendant ce lojii; espace de vingt mille ans, et b durée de leur vie n'étant que de peu d'années, les aiiimaux à coquilles, les polypes des coraux, des
108 HÀMbCiUTb DË BUFFON
(fUire DB L*IMPIMllft.)
madrépores, des astroftes et tous les petits animaux qui conrerlissent l'eau de la mer en pierre, ont, à mesure qu'ils [hérissaient, abandonné leurs dépouilles et leurs ouvrages aux ca-priées des eaux : elles auront tiausporlé, brisé et déposé ces dépouilles en mille et mille endroits: a\r c'est dans ce même temps que le niuuvemenl des marées et des vents r/ylés a commencé de former les couches horizontales de la surface de la terre par les sédiments et le dép6t des eaux ; ensuite les courants ont donné à toutes les collines et à toutes les montagnes de médioere hauteur des directions correspondantes, en sorte que leurs îiiii;les saillants sont toujours opposés à des nn^iles renlrajits. IVous ne r»'j>éleroiis |»fls ici ce que non- i\mm]> à ce sujet dans noire théorie de la terre, et nous nous cunteiilcroi;s d'assurer que cette disposition générale de la surface du giobe par angles correspondants, ainsi que sa composition par couches horizontales, ou également et parallèlement inclinées, démontrent évidemment que la stru(fture et la forme de la surface actuelle de la terre ont été disposées par les eaux et prodnites pnr leurs sédini(»nts. Il n ya eu que les crêtes et les pics des pins hautes montagnes qui, peut-être, se sont trouvés îiors d'atteinte aux eaux, on n'en ont été surmontés que pendant un petit temps, et sur lesquels par conséquent la mer n'a point laissé d'empreintes : mais, ne pouvant les attaquer par leur sommet, elle les a prises par la base; elle a recouvert ou miné les parties inférieures de ces montagnes primitives; elle les a environnées de nouvelles matières, ou bien elle a percé les voùles (jui les soutenaient ; sonvtMil elle les a lait pencher : enfin elle a trans|)orté dans leurs cavités intérieures les matières combustibles provenant du détriment des végétaux, ainsi que les matirres pyriteuses, bitumineuses et minérales, pures ou mêlées de terres et de sédiments de toute espèce*
ÉPOQUES DE LA NATURE
(. est ici que Butîon passe de l*aclion des eaux a c<ilie du feu secondaire ou des volcans. 11 réunissait dot)c ainsi, comme je Tai dit, p. 81, dans une seule époque (la secomle)^ le sujet de trois époques dislincles (la seconde, la troisième et la quatrième).
Nous venons de voir comment il en a dctaclic la troisième^ en rcliraiit de la seconde tout ce qui élail relatif à Vaction des eaux. Il iil de même pour la fjnalrième. il sépara de In seconde tout ce <iui se rapportait à iacliuii (les volains.
Au reste, ce sujet des volcam^ dont le dévelo|){)cment fait, dans l'imprimé, une époque tout entière, élail ici à peine indique. Buftbn n'y avait consacre que trois ou quatre pages que je crois devoir reprod:;ire.
Je continue donc.
Ils élnicii! autrefois volcans) en bien plus ^r.iiid iiombro, (M i(Mii' action dépciui d»' cclh* de l'eau ('(MiIi'(' le (Vu*. Coniuie ces hautes montagnes contiennent dans leurs lentes perpendiculaires des pyrites et d'autres matières qui peuvent s'enflammer par la seule effervescence ; il est nécessaire que le feu, produit par celle cause» s'entretienne ol dure tant qu'il Irou'^e des matières' qui pcuveiit lui servir d*aliment';
(<x»i.i;kciu>x>, faites I'au «uffon stn j.a copii*.)
• conlre le fou. Cc> volcans ont pu bràlfr tièslo cnnmiiMuu -
mcnl , mais sans explosion, car les mulicTCS qui leur servent <i iiiilucnt puuvaiit s'cntliiuinier
* subslunccs.
^ ... . le nourrir.
lie MANUSCRITS DE VUFFON
mais s'il îirrive que te fen se choque conlrt' i'eim qui est au pied et dans rintérieur de la montagne, il en résulte* les explosions» les éruptions et tous les rfîets qui acconipag;nent le travail et Taction des volcans. KuUe puissance» à i'exeepUou de Teau choquée par le feu, ne peut produire des mouvements aussi prodigieux.
Les obsiM valions confirment parfaitement ( e que je dis ici de raelion des volcans; tous ceux qui sont maiut»Miaiit en travail ou en action sont sittiés près des mers; tous ceux - qui sont ét(Miits, et dont le nombre est beaucoup plus grand, sont placés dans le milieu des terres ou tout au moins àcptelque distance de la mer» et quoique ceux > qui subsistent paraissent tous appartenir aux plus hautes montagnes» il en a existé beaucoup d^autres dans les collines et même dans les plaines^» comme nous le démontrerons dans nos suppléments à la Tiieorie de la terre. Mai^ la latr de Fàge des volcans n'est pas pour tous la même; les premiers n'ont certîunement agi qu'après rétablissement des eaux sur la terre» et peut-être même longtemps après; et à mesure^ que les eaux se sont retirées de leur voisinage» ik se sont étehits, et il s'en est formé d*autres dans les terres dont la mer s^est appro» chée.
Ou pourra uic demander quel est le temps où je suppose que les pyrites^ et le« nulres uialicies capables de s'enfl.immer par la seule eliervescence ont été déposées dans le sein des montagnes. La réponse serait moins diflicile» si Ton co»-
(CORIISCTIOIIS rAITES PAR BCrTOll «OR LA COPtB.)
* contre l'eau, il eiircsullc...
* .... la plus grande partie de ceux quii....
tes volcans
* les plaines. Mnis la dite... .
'* mais à mosurequc
^ Nou:i venons de buppobcr (|uc le leuip> où lc.> pyiilci... .
ÉPOQUES DE LA NATURE fil
nai&sait^ la composition intérieure d'un seul volcan; mais, ji|sqtt*à présent, nous u^avons sur cela que de légers indices qui semblent seulement nous avertir qu'il y a des communications souterraines entre quelques-unes de ces boudies à feu, et qiie, quoique le foyer de leur embrasement ne soit qu'à une profondeur médiocre* au-dessous de leur sonuiiet, il y a néanmoins des cavités (jui descendent l)i';ui> oiip plus jjus, et que ces cavités, dont la profondeur el Tetendue nous sont inconnues, peuvent être en tout ou en partie remplies des mêmes matières que celles qui sont actuellement embrasées. On pounrait' donc rapporter à peu prés an même temps la production des fiions métalliques et celle 4les amas de tous les minéraux qui contribuent à Tembrasement des volcans. Mais il se pourrait aussi que plusieurs de ces matières, ayant besoin de Tiniermède de Peau pour se former, elles n'eussent été produites qu'après la dmte des eaux sur la surface de la terre et qu'elles aient été entraînées avec elles dans les fentes el dans les cavités qu'elles oocupeiit aujourd'hui. L'eau les y aura déposées et ensuite se sera retirée dans le temps de rabaissement général des mers ; en sorte (pie ces matières n^auront commencé à entrer en effervescen( c (jue successivement et postérieurement à rélahlispcnieni des mers; ceci paraît assez clairement indiqué ])nr les volcans éteints qui tous sont éloignés des mers, et par les volcans allumés qui tous en sont voisins.
QuoiquMI en soit, nous ne devons pas perdre de vue la division générale que nous avons donnée des matières terrestres, dont
(connECTio.N^ fauës i ak uuffon 9un la copie.)
^ ..... ont été produites 'lans los eavcmos el iliuis le sein des niootagne* est à peu près le même que celui de la sublimalion des iiiétNX: nous en scrîuu^ plus assure si l'un eunDaissail.....
^ ne Foit peut-être pas à une grande profondeur..!..
* On peut doue...*
NANUSCttlTS DE BUFFON
Ja preiiiièn» classe r<'îifernie toutes celles qui * oui élc produites par Je feu primitit', c'est-à-dire toutes les substances solides et vitreseibles desquelles rétablissement local a peu changé et forme le fond du globe» ainsi que les noyaux et les pics de toutes les hantes montagnes. La fseronde classe contient tontes les matières (';>lr;m es, cVst-îwlire loulcs les substances produit's |)nr les co(|uillages «M .uilirs animaux de la mer; elles revuuvreiit d'assez {grands esj>accs stir la surface de la terre'; elles jîC Irouveiil aussi à d'assez grandes profondeurs; elles couvrent ^ les bases des montagnes les plus élevées jusqu a mille (oisei de hauteur *; et la troisième classe est celle des matières soulevées et rejetées par les volcans, dont quelquesunes paraissent être mêlées des^ deux premières, et d*autres oui subi sans mélange uuc seconde action du feu, qui leur a douné un nouveau (aractère. Ou doit ra)>pofii^r à ces Irois classes toutes les substances minérales, et ion peut, en les examinant^, rtHonnailre leur origine^, ce qui suflit pour nous indiquer à peu pK's le temps de leur formation; car. comme nous venons de Texposer» il parait clairèmei^ que
(«(NIIIECTIOKS rAlTBS fAll MJPFOX SOi LA CONI.)
* (les Yolcanîî ; cl ce temps a i»r.'c''iit' celui tic l'artion de ces
mêmes vol nus, cl par roiiM'qiicni ccliiî de la ioriiialion des laves el des auli cs matières rpi'i!» ont rejelces.
Mous devons rajipelci ici la division générale que nous avons laile de toutes les matières Icr/cslres en troi^ classes: l« première rcnfenne celles qui
* .... elles s'étendent sur des provinces cnlières el forment même d'.r H>z grandes eontrccs
environnent
* jusqu'à une très-j^rande hauteur.
'* .Nous r:tp]M)i-lons à ces trois classes toutes les substances uiitiérales. parce qu en les exaiiiiiî.Htf
^ .. .. on poul toujoins recuuuaîtic à laquelle de ces Irois clasrc» elles apparlieimcnl et par cont»éi[uent prononcer sur leur origine
trOQUES DE Là NATVRE 413
toutes los matières vitrescibles ont été ^ produites par le feu primitif, et que, par conséquent^, leur formation appartient au temps de notre seconde époque, tandis que la for^ mation des matières cateaires n'appartient quà des temps
postérieurs^. Et comme dans les matières recelées par les vol- Cîiiis on trouve quekjiirfols des sulbt itK es raîcairos. on ne peut guère douter que la lunnalion ces mrnies matières rcjelées par les volcans ne soit aui>âi *° postérieure à la formation des matières calcaires.
Je prie que l'on remarque la correction indiquée dans l*avant-dernière note, la note 9 : ci Lu formatim
des matières calcaires s est faite dans des temps subséquents et doit être rapportée au commencement de notre troisième époque; » je prie que Ton se rappelle en même temps ces mots sur lesquels (p. 92) j'ai appelé l'attention : a page 22 dc la trûisièiie époque, » et l'on verra clairement indi(|ué par Biiffon lui-même tout ce qu'il Toulait détacher de la seconde époque (c est-à-dire tout ce qui appartient à Vaetion des eaux) pour en former la troisième.
11 en retranchera de même plus tard tout ce qui se rapporte à Yaction des volcans. Il fera de ceci sa quatrième époque^ — lorsque les eaux se sont reti-
(ConRtCTION'fi FAITES l'Ali UOFFON SUK U COIME.)
matières vitrcsciblcs solides et ^ui n'onl jMis changé dc
nature ni de silu.ihun ont été produites
• . ... et que leur formation... .
' la formation des matières calcaires s'est faite dans des temps subséquents et doit ôtre rapportée au commencement dc notre TROISIÈME iroQOB.
^ encore
m MANISCRITS DE BUFFO»
vées et que les volcans ont mnmetteé (Vagir ; — et dès iuis il aura tire d'une seule époque, la seconde^ trois époques distincies : la seconde^ la troisième^ et la quatrième.
Et de plus (ce qui élaii surtout 1 objet qu'il avait en ▼ue), chaque époque ne contiendra plus que des phénomènes de même ordre : la seconde que des phénomènes dus au feu priniilt/, la tromème que des plienomènes dus à V action des eauXj la quatrième que des phénomènes dus feu secondaire, au feii des volcans.
Ces trois époques j tirées d'une seule, sont, à ne considérer ici que nos copies, le grand changement ou, pour mieux en parler, le grand progrès des idées de Buffon. J'ai reproduit ce grand changement dans toute son étendue; et, comme je l'ai déjà dît, îl est tout entier renlermé dans notre première copie de la seconde époque. Les autres copies ne nous offrent que des modifications de détail.
Cela est par lieu lièremeiit vrai de notre seconde copie (car j'ai déjà dit que nous en avions deux^) de la
* Page 63. J*ai déjà dit aussi (p. C5) que nos copies n'étaient pas complètes, lîotre priimière copie de lu seconde époque n'a que vingt-sept pages ; notre seconde copie de la même époque n'en a que vingt. Dans ces deux copies, 00 <onl 1e<: (îenilères pages qui manquent; la copie de la irolsitme i'poque juanifiie des jireniières et des dernières. La copie de la quatrième [cinquième de l'imprimé) est à peu près complète; la premirro t opie de la sixième (sous lu litre de cinquième) n'a que huit pages et lu secou»le copie de cette mùme sixième époque (cette Ibis^ci sons son Trai titre de sixième) en a vingt-sii.
ÉPOQUES D£ LA NATURE li5
seconde époque. Il y a sans doute ici, comme il y a toujours dans Buiïon, de très-iioudjreuses modifications de mots, de phrases, de déireloppemenis d'idées, mais resseniiel| mais lu fond eu est partout conforme à l'iiaprimé.
Je puis en dire presque autant de nuii e copie de la iroifS^me époque. Le fond en est conforme à l'imprimé, à deux difTérences près cependant, et toutes
deux très-digues d être notées.
1* BufTon conserve encore dans cette copie de la troisième époque, c'est-à-dire dans une époque où ne doivent se trouver que des faits relatif» à Yaeiion des eaux^ les trois ou qualre pages sur les volcans de la première copie de la seconde époque (pages qui viennent d'être reproduites); mais, après les avoir fait transcrire, il les efface. Et ce n'est qu'à ce moment-ià, au moment où il les efface, qu'il songe à sa qtMfième époque : Tépoque où les vokane ont commencé d agir,
V C*est dans cette copie de la tromème époque que se trouve la digression^ sur la difRculté de notre esprit à concevoir d'immenses durées de temps, digression que BufTon, comme je l'ai dit (p. 67), transporta plus tard de la troisième époque dans la premUre^ regardant comme plus prudent de préve-
* Toyei les p. 07 et 08.
116 MAiNLSÛUlIS i)E BUfFON
nir l'effroi de son lecteur sur ces immenses durées
que d'avoir à le dissiper.
Je passe h la quatrième époque de nos co]>ies (rfnquiètne de l'imprimé), — lorsque les éiéphavis et les antres animaux du Midi ont habité les terres du Nord.
Utile époque est l'une des plus remarquai) les par in spectacle nouveau qu'elle nous offre, celui des grands aiiiniaiix du globe passant des lerres du Nord dans celles du Midi.
On n'y voit qu'avec plus de regret le mélange des idées solides et des hypothèses. C'est là, par exemple, que Buffon se demande pourquoi les espèces du midi de Tun des deux continents sont toutes différentes de celles du midi de l'autre', et qu'il se fait cette singulière réponse, savoir, que les molémies orgmiiques ont trouvé des mmles dans le midi de Tancien continent et qu'elles n'en ont pas trouvé dans le midi du nouveau : « Les grands animaux sont arrivés du « Nord sur les terres du Midi; ils s^y sont nourris, a reproduits, multiplies, et ont par conséquent aba sorbé les molécules vivantes, en sorte qu'ils n*en « ont point laissé de superflues qui auraient pu for- (c nier des espèces nouvelles, tandis que, au con-
' VoyeZf sur les animaux propres à chacun «les Houx conliocnt^» Tune (ics plus helli s vues de BulTon. num IlUtiùre de ies tftlvaHX et fie m Wen, p. 155 (itecoiule Édition]*
K!M)Ol i:S DR LA NATIînE 1i7
« traire, dans les terres de TAmérique méridionale, « où les grands animaux du Nord n'ont pu pénétrer, « les molécules organiques vivantes, ne se trouvant a absorbées par aucun moule animal déjà subsis- « tant, elles se seront réunies pour former des es- « |)èces qui ne ressemblent point aux autres »
J'iii déjà dit que noire copie de cette époque est a peu près complète ^ Elle est aussi, pour le fond, très-semblable à rimprimé.
Je n*ai guère vu qu'un point esseuliel par où la copie diffère de rimprimé. Ce point est celui qui concerne la eréaiiùn de Vhomme,
Le lecteur peut se souvenir que j'ai cité (p. 73) quelques phrases de notre copie touchant cet objet. Je reproduis ici le passage entier qui s'y rapporte.
* Voyet la noie île la puge iii.
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)I.OUSCiUXS DE BIFFO^