COPIE
il reste celle de riiomme : a-l-elle été contemporaine à celle des animaux? Des raisons particulières semblait forcer à dire qa*eUe s*est faite postérieurement à toutes nos époques; néan* moins Tanalogie, les monuments et m Ame la tradition nou;;
démontreiil, au coiUraire, que Tespèct' liuiiiame a suivi la nièine marclie et date du m»^ni(* temps quf k's autres espèces, qu elle s'est uièuie plus universtileuieul répandue, et que, si l'époque de sa cnéàTioN est postérieure à celle des animaux, Thomme n*a pas moins subi les mêmes lois de nature, les mêmes altérations» les mêmes changements, et que la seule différence réelle qu'ail y ait entre son espèce et les autres ne consiste point dans les facultés corporelles, mais provient uniquement de ce rayon divin qu il a plu au Souverain Être de lui départir; en sorte que la matière se trouvant dans riiouime conduite par Tesprit, U a souvent moditié les effets de la nature et trouvé le Âioyen de résister aux intempéries des climats; il a créé de la chaleur» lorsque le froid Feut détruit. L*élément du feu, qu'il a su tirer artificiellement en choquant les matières les plus dures, Ta rendu plus fort et plus robuste qu'aucun dos animaux, puisque cette découverte, due à sa seule iritelligence, Ta mis en étal de braver les tristes effets du refroidissement. D autres arts, c'est-à-dire d'autres traits de son intelligence, lui ont fourni des vêtements et des armes, et bientôt il s'est trouvé le maître du domaine de la terre; ces mêmes arts, quoique encore très-simples, lui ont donné les moyens d*en parcourir toute la surface et de s'habituer partout, parce qu'avec plus ou nîoius de précautions, lou.^ les climats lui sont devenus pour auisi dire éi^aux. Il n'est donc pas étomiant que, quoiqu'on ne trouve aucun des aiîimaux des parties méridionales de notre continent dans l'autre, et que, réciproquement, il ne se trouve aucun des animaux des parties méridionales du nouveau continent dans le nôtre.
fcPOQUËS DF. LA NATURE
11 reste celle de rbomme : a-Mle été contemporaine à celle
des aiiiinaiix? Des motifs mijours et des raisons très-solides se joignent ici pour prouver (|irt'llo s'o>l laite iMJxtcricuremeut à toutes nos époques, et que riiouiiiie est en edet le ^Tand et dernier œuvre de la création. On ne manquera pas de nous dire que raaalogte semble démontrer que Tespéce humaine a suivi la même marche et qu'elle date du même temps que les autres espèces; qu'dle s^est même plus universellement répandue, et que si Fépoque de sa création est postérieure à celle des animaux, rien ne prouve (jue riiuimne ii ail |»,is au moins subi les mêmes lois de la nature, les mômes altérations, les mômes changements. Nous conviendrons que Tespèce humaine ne diflëre pas essentiellement des autres espèces par ses f;H ultés corporelles, et qu'à cet égard son sort eût été le même à peu prés que celui des autres espèces ; mais pouTOns-nous douter que nous ne différions prodigieusement des animaux par le rayon divin qu'il a plu au Souverain Être de nous départir ; ne voyons-nous pas que dans 1 lioiuuie la matière e>t t umlmle par
I esprit ? il a donc pu motlilier les elïets de la nature; il a trouvé le moyen de résister aux intempéries des climats; il a cnv de la chaleur lorsque le froid l'eut détruit : la découverte et les usages de l'élément du feu, dus à sa seule intelligence, l'ont rendu plus fort et plus robuste qu'aucun des animaux, et l'ont mis en état de braver les tristes effets du refroidissement. D'autres arts, c'est-à-dire d'autres traits de son intelhgence, lui ont fourni des véteiueiits, des armes, et bientôt il sVst trouvé le maître du domaine de la terre : cei» niémes arts hii ont donné les moyens d'eii parcourir toute la surface et de s'habituer partout, parce qu'avec plus ou moins de précautions tous les climats lui sont devenus pour ainsi dire égaux*
II n'est donc pas étonnant que, quoiqu'il n'existe aucun des animaux du midi de notre continent dans l'autre, l'homme
XANUSCHITS i>£ BUPFON
riiomme seul, c'est-à-dire son espèce, se trouve également, non-seulement dans ces parties du ' globe qui paraissent avoir été totalement séparées relativement à la formation dos animaux, mais encore dans toutes les parties froides ou chaudes de la surface de la terre; car, quelque part et quelque loin que Ton ait pénétré dc^piiis la perfection de Part do la uavi2ration, rhonimc a trouvé partout des hommes: le?; terres les plus disgraciées, les îles les plus isolées, les plus éloignées des continents se sont trouvées peuplées, et r m ne peut pas dire que ces hommes y tels que ceux des iles Mariannes ou ceux d'Otahiti et des autres petites iles situées dans le milieu des mers, à de si grandes distances de toutes terres habitées, ne soient néanmoins des hommes de notre même espèce, puisqu'ils peuvent produire avec nous, et que les petites diflérences qu'on peut remarquer dans leur natur e no vont que de légères variétés causées par Tinflueiice du chinai et de la nourriture.
Sans vouloir Talfirmer, nous présumons donc, d'après notre hypotlièse, que Tespéce humaine est aussi ancienne que celle des éléphants, que pouvant supporter le même degré de chaleur, et peut-être même un degré encore plus fort, Thomme aura pénétré avant les arumanx vers les contrées méridionales, mais que son premier séjour a été fixe et constant dans les terres du Nord, que c'est dans ces mêmes terres où sont d'abord nés les arts de première nécessité, et, bientôt après, les sciences également nécessaires à l'exercice de la puissance de riiomme et sans lesquelles il n^aurait pu former de sociétés, ni compter sa vie, ni commander aux animaux, ni se servir autrement des végétaux que pour les brouter. C'est surtout dans le haut pays des terres de la Sil»érie, du Thibet et <les autres parties élevées de l Asie que nie p:n ail avoir été formée la première société d hommes, déjà assez instruits, assez mullipliésy pour en avoir senti la nécessité. Nous donnerons dans
EPUUliES DE LA iNATL'UK 121 (imprimé.)
sail, c'est-à-dire sou e$pê( o. se trouve également dans cetic , lerre isolée de rAmérique iiit ridionale, qui [Kiraît n'avoir eu aucune part aux pivniirn's foniiations des ;iiiiiii;uix, et aussi dans (oulos les parties froi(it's ou chaudes de la surlac e de la terre; tar quelcpie part et quelque loin que Ton ait jiénétré depuis la perfection de Tart de la navigation, Thomme a Irouvé pûiout des hommes : les terres les plus disgraciées, les îles les plus Isolées, les plus éloîguées des continents, se sont presque toutes trouvées peuplées ; et Ton ne peut pas dire que ces hommes, tels que ( eux des iles Mariainies ou ceux d'Otahiti et des autres petites iles situées dans le milieu des mers à de si grandes distances de toutes terres habitées, ne soient néainnoins des hommes de notre espèce puisqu'ils peuvent produire avec nous, et que les petites différences qu'on remarque dans leur nature ne sont que de légères variétés causées par Tinfluence du cliroat et de la nourriture.
Néanmoins, si Ton considère que Thomme, qui peut se munir aisément contre le froid, ne peut au contraire se défeiidi-e par aucun moyeu contre la chaleur trop grande; que même il souffre beaucoup dans les climats que les animaux du Midi cherchent de préférence, on aura une raison de plus pour croire que la création de Thomme a été postérieure à celle de ces grands animaux. Le Souverain Être n^a pas répandu le souflle de vie dans le même instant sur toute la surface de la terre; il a commencé par féconder les mers et ensuite les terres les plus élevées, et il a voulu donner tout le temps nécessaii-e à la terre pour se consolider, se figurer, se refroidir, se décou^Tir , se sécher et arriver enfin à 1 état de repos et de tranquillité où Thomme pouvait être le témoin intelligent, Tadmirateur paisible du grand spectacle de la nature et des m^eilles de la création. Ainsi^ nous sommes persuadés, indépendamment de rautorité de.s li^Tes sacrés, que rhommc a été créé 1(3 dernier, et qu'il n'est venu prendre le sceptre de la terre que
MANUSCRITS DE DUFFOK
(COPIK.)
Ja suite un grand nombre de fails qui concourent à prouver que toutes les connaissances humaines, qui supposent de Tétude» sont venues de ce dimat et se sont répandues à la ronde, c^est>à<-dire à TOrtent, à FOcoîdent et au Ntdi ; car le
derrière du Ntiid est toujours demeuré sans culture, par la raison particulière qu'il était couvert par les mers pendant tout Tospaci» de temps où la chaleur douce faisait lleurir la nature dans les continents voisins, et que les terres qui abou-* tissent aujourd'hui aux mers boréales ii*ont été abandonnées par les eaux que trés-kmgtemps après celles de la Sibérie, qui sont beaucoup plus élevées* Les sdences et les arts avaient donc d^à fui de leur prenrière patrie et s'étaient répandues presque en même temps du Tliibet à la Chine et aux Indes, (lo ];\ Sibérie en Perse et eu Furope, et jusipi en Élluopie, et même chez les Atlantes eu Maunlanie; mais elles ne se sont point établies dans les terres plus septentrionales, parce que la met* ne les a quittées que pour les laisser exposées à Tinclémence de Tair et à la trop grande rigueur du froid. Les hommes, à la vérité, s'y sont hsriiïitués, mais postérieurement à leur niif^ration dans tous les climats plus heureux, et Ion voit coinl)i( 11 ils oiàt dégénéré dans ces tei res nouvelles et trop froides, (juelle dilTérence du Samoyède, du Lapon, du Croeniandais, de i'Esquimaux, aux houunes des terres méridionales ou tempérées, et si Ton doit souvent dans Tliistoire naturelle se laisser conduire par les analogies et par les inductions, n*aurons-fious pas raison de présumer que dans ces pi^miers temps voisins de Torigine de la nature vivante , et dans ces mêmes terres qu'ont habitées les premiers éléphants et les hippopotames, dont les défenses et les dents sont d'une si prodigieuse grandeur, les hommes n'aient aussi, comme ces anônaux, reçu de la nature plus de fon e de corps et plus d'étendue dans ses dimensions? La mémoire des racea des géants paraît s'être conservée jusqu'à nos premières traditions écri-
Digitizeo Ly vjOOgle
ÉPOQUES DE LA iSÂTUUE 125
(WFMKi.)
quand f^\ë s'^est trouvée digne de son empire. Il ferait néan-
iiioiiis son premier séjour ;i d abord été, louime celui des auiniaux tei i f^tres, dans les hautes terres de TAsie, que c*est dans ces mêmes terres où sont nés les arts de première nécessité, et bientôt après les sciences, également nécessaires à rexercice de la puissance de l'homme, et sans lesquelles il n*aurait pu former de sodété, ni compter sa vie, ni commander aux animaux, ni se serrir autrement des végétaux que pour les brouter. Mais nous nous réservons d'exposer dans notre dernière éjKu|ue les pniicipaux faits qui ont rapport à riustoire des premiers hommes.
)iA.NUSClllTS DK BUl'FOX
(GOPia )
tes, puisqu'elles en font mention. Le grand âge qu'elles don* nent aux premiers hommes s*accorde assez aveo la i)lns ^ande taille que nous leur supposons; mais nous discuterons et exposerons plus au lon^^ tout vo qui a rapport à rhisloire andcimo del lioiume dans notre dernière époque, et nuus terminerons celle-ci par nue seule rétlexion, c'est que son corps ayant été soumis par le Créateur aux mêmes lois, aux mêmes effets de nature que ceux des animaux» il a dû, dans les commencements, avoir avec eux les mômes rapports de naissance, de développement et de durée, c'est-à-dire être comme eux beaucoup plus fort, plus grand et plus vivace qu'il ne Test aujourd'hui.
J'arrive à nos deux copies de la sixième époque^ — lorsque s'est faite la séparation des continents. —
De ces deux copies, la première, sons le litre, qui ne devait pas rester, de cinquième \ n'a que huit pages; la seconde, sous son vrai titre de sixième^ en a vingtsix.
Les huit pages de la première de ees deux copies sont presque tout entières de la main de Buffon, et
évidemment de premier jet. Du reste, presque tout ce qui est de la main de Buffon a passé dans la seconde, et de la seconde dans rimprimé.
Les vingt-six pages de la seconde copie ont subi bien des modifications, bien des additions, bien des suppressions de détail; mais le fond en est essentiel- Icnieut le même que dans Timprimé; et c'est par cette raison que j'ai cru inutile de la reproduire.
* Voyei ce ipie j'ai dit, p. 85 et 79.
HISTOIRE DES OISEAUX
Je fais, pour le manuscrit de l'IRstoire des ai"
seanXy ce que j'ai fait pour celui des Époques de la nature,
1^ Je reproduis la rédaction première de Bcxon;
2 Je mets en .notks les corrections de BiilTon ; Va je place, en regard de la rédaclion première de Bi!xon, la rMaciion définitive et dernière de
Buffon, ou \ imimmé.
MANUSCRITS DE BUFPON
KM GOBE.lllOUCIIiùli, aiO(;CMF.RaiJLKS KT TYMAtm.
Au-dessous du doniior (»riii de la faraude danse des oiseaux carnassiers, la nature a établi un petit gonrc d'oiseaux dias^ seurs, plus innocents et plus utiles^ et qu elle a rendus trèsnombreux. Ce sont tous ces oiseaux qui vivent ^ de mouches, de moucherons et d'autres insectes volants, sans toucher * aux tViiiis ni aux graines.
us vccvtmns.
(■non.)
(]et oisp,«ii, j;imt'ux par sa délicatesse, n'est point remarquable par ses couleurs.
Dans le genre volatile, c'est au dernier degré de Téchelle de grandeur que la nature a placé son chef-d'œuvre. Le plus petit des oiseaux en est encore le plus merveilleux ; il réunit tous les dons partagés aux habitants de Tair : légèreté, rajudité, prestesse, '^rMv, hoauté, brillanfo paniro do plus riches couleurs, tout appartient au cliariiianl oiscaii-niouche. I/émoraudt% le rubis, la topaze éclatent sur son plumage; dans sa vie tout aérienne, on le voit à peine toucher quelques instants à la terre; il vole de fleurs en fleurs; il a leur fraîcheur, comme il a leur éclat ; il vit de leur nectar; on a dit qu'il mourait avec elles : plus heureux, il habite des climats où elles ne s*^ fléd issciit cpio pour renaître, et parent tour à tour le cercle eiilur de 1 année.
* Ce 8ont toas ce» oiseiux qni ne vivent pas de ébiir, mais
qui M noarrissent de mouches...
* BoFroN.,, Sans toucher ni aui fruits» ni aux graineg.
I118T0IRB DBS OISEAUX
N. B. BuffoH n'a l'ait à pass.i^(^ les deux tivs-pelits chîinf(pmpnls iiidi(|ué.s en iiolc, (H je no le place ici (jiie comme preuve de ce que j*ai dit dam le chapitre sur Bexon, que la collabortlion de Bexon a commencé dès les moucheroiies, et dés le quatrième volume de V Histoire des Oiseaux par consé* quenl.
uï; iii!:€FiGi;is;.
Cet oiseau qui, comme Tortolau l'ait les délices de nos tables, n'est pas aussi beau qu'il est boa.
(sorrox.)
De tous les êtres animés, voict le plus élégant pour la forme
et le plus brillant pour les couleurs. Les pierres et les mét^iux poils par notre art ne sont i»as comparables à ce bijou de la nalun'; elle Ta placé dans Tordre des oiseaux, au dernier gré de l'échelle de grandeur, maximè miranda in mitiimis; son chef-d'œuvre est le petit oiseau-mouche; elle l'a comblé de tous les dons qu'elle n*a fait que partager aux autres oiseaux : légèreté, rapidité, prestesse, grÂce et riche parure, tout appartient à ce petit favori. L'émeraude, le rubis, la topaze, brillent sur ses habits; il ne les souille jamais de la poussière de la terre, et dans sa vie tout aérienne on le voit à peine loucher le gazon par instants; il est toujours en Talr, volant de fleurs eu fleurs ; il a leur fraklieur comme il a leur éclat : il vil de leur nectar et n'habite que les climats où sans cesse elles se renouvellent.
* Voyci ce quÊ j'ai dit, p. 23, savoir, quo lo manuscrit de Bexon sur \ vueau-mQUciie ne porte aucune correction «ic ItoUon.
118 XANUSGRITS DE BUFFOH
Cosl fin nouveau monde que la nnliiro, plus variée ci plus fécoiido dans toutes les productions des règaes de l'eau et de Fair, a placé ces rares oiseaux. Tous les oiseauxHnouches sont naturels aux régions de TÂmérique comprises entre les tropiques. Si quelques-uns s*avancent en été plus au nord, on les voit disparaître de ces contrées avant les frimas ; ils suivent le soleil, se retirent avec lui et volent à la suite des zéphyrs sur les pas d'un jiriiittMiips éternel.
(Test dans ces idées et 1 œil Ijappé tl«» féchit el du feu que rendent les couleurs de ces brillants oiseaux (pie les Indiens leur ont donné les noms de rayons du soleil^ de ehtmtx du folcil; celui de tominejos, que leur donnent les Espagnols, est relatif à leur excessive petitesse : le tomUie est nn poids de doute grains. « J'ai vu, dît Nieremberg, essayer au trébncliet « un de fes oiseaux , lequel, avec son nid, ne pesa pas plus •i tic deux loniiiies. »
Efreclivemenl, la plus petite espèce d'oiseau-mouche csi n.oins grosse qu'un bourdon, et plusieurs so.it plus petites que le taon , ou la grande mouche^sile. Leur bec est une aiguille fine et leur langue un fil déUé. Leurs petits yeux noirs sont deux points brillants. Les plumes de Taile sont si délicates qu'elles en paraissent transparentes; il peine a] u n oit-on leurs pieds, tant ils sont courts et menus. I/oiseau-mouche en fait peu d'usage ; il n'est guère pos<» que la nuit : le reste du temps, il est emporté dans les airs. Son vol est continu, bourdonnant et rapide; Marcgrave compare le bourdonnement de ses ailes au bruit d'un rouet, et l'exprime par les syllabes : hur, hur,hur; leur battement est si vif que, suspendu en l'air, il parait immobile. On le voit s'arrêter ainsi fpielques ^instants devant une fleur et partir couinu^ un trait pour aller à une autre ; il ic> \iMie toule^», plongeant sa langue dans leur sein, les flattant de ses ailes; sans jamais s'y lixer, .sans les quitter jamais; il ne presse ses inconstances que pour mieux
iilSÏOiUE D£b OISEAUX 129
(WJFFOK.)
r/eslcUiii8 les contrées les plus chaudes du nouveau monde que se trouvent toutes les espèces d'oiseaux-mouclies; elles sont assez nombreuses et paraissent confinées entre les deux
tropiques, car ceux qui s'avaiiceiil eu été dans les zoues tcuipérées n'y font qu uu court séjoui", ils seiul)!* ut suivre le soleil, s'avancer, se retirer avee lui, et voler sur Taiie des zéphyrs à la suite d'un printemps éternel.
Les Indiens, Traiipés de l éelat et du feu que reiuleulles couleurs de ces briilauts oiseaux» leur avaient donné les noms de r^mu ou eheueux du soleil. Les Espagnols les ont appelés UminejaSf mot relatif à leur excessive petitesse; le tontine est un poids de douze grains. « J'ai vu, dit Niereniberg, peser au « trébuclïct un de ces oiseaux, h'tjuel, avec son nid, ne pesait « que deux toîiwies, »> cl, pour le volume, les [K'tiles espèces de ces oiseaux sont au-dessous de la grande mouche asile (le luon) pour la candeur, et du bourdon pour la grosseur. Leur bec est une aiguille tine et leur langue un lil délié ; leurs pe* tîis yeux noirs ne paraissent que deux points brillants ; les plumes de leurs ailes sont si délicates qu'elles en paraissent transparentes; à peine apeixoit-on leurs pieds, tant ils sont courts el menus : ils vu font peu d'usage, ils ne se posent que pour passer la nuiL, el se iaisscul pendant le joui- enqmrlcr dans les airs; leur vol est continu» bourdonnant et rapide. Maixgrave compare le bruit de leurs ailes à celui d'un rouel et Texprime par les syllabes /iour, hmr^ haur; leur battement est si vif que Toiseau» s'arrétant dans les airs, parait non-seulanenl immobile, mais tout à fait sans actiou; on le voit s*arréler ainsi quelques iiL-laiils devant une Heur et [larlir connue un trait pour aller à une autre; il les visite toutes, plon^jeaut SI petite langue dans leur sein, les tliiltanl de ses ailes, >ans jamais s'y iixei , mais aussi sans les quitter jamais ; il ne presse ses iiiconslances que pour mieux suivre ses amours et nmltiplier ses jouissances innocentes» car cet amant léger des fleurs
tôO MANUSCRITS DE HUl'l^ON
(riov.)
suivre se.^ amours, distribuer ses caresses et mulliplier ses baisers .
Cet amaiit léper des fleurs lire sa sul)slance de leur luiel. C'esl à le recueillir ({ue sa langue parait yniquement destinée: composée de deux fibres creuses, jointes en un petit canal, et divisre an bout en deux filets, elte a la forme d^une trompe, dont elle fait les fonctions. L'oiseau la darde hors de son bec, appureiiiiiiout par un niécaiiisiiie de Tos hyoïde, semblable en petit ù celui que nous nvons remarqué dans la langue des pies, et la plonge jnsqu au fond du calice des fleurs pour en tirer les sucs. Telle est sa niauiére de vivre, d'après tous les auteurs qui ont écrit sur rAinérique, et suivant les meilleurs obsen-ateurs : Mmgrave, Sloane, Gatesby, FeuiUée, Labat, Dntertre; M. Browne joint son témoignage h celui de ces nar turalistes. Ils n^ont eu qu\m contradtctem* : c*est M. Badier, qui, pour avoir trouvv dans Tœsopliage d'un oiseau-inourlie quelques di Ims de petits insectes, en conclut qu il vil de ces animaux et non du suc des fleurs, comme lout le moude fa pensé ; mais nous ne croyons pas devoir laire céder une multitude de témoignages authentiques et respectables à une seule assertion, qui encore, parait prématurée : que folseaumouche, en effet, avale quelques insectes , s'ensuiNl qa'll en vive et s'en nourrisse toujours? et ne semble-t-il pas inévitable qu'en pompan' le miel des fleurs, en recueillant leur poussière, il entraîne en même temps quelques-uns «les ins«'ctes qui s'y trouvent toiijours engagés ? Que, s'il était besoin d'ajouter à f autorité des témoignages qui nous attachent à l'ancienne opmion, une raison, prise dans la nature même, contribuerait à nous y fixer. Ce n'est pas trop, en effet, de In nourriture la plus organique et la plus spiritueuse, telle qu'oti Fail ètri» le miel, pour suffire à lu prodigieuse vivacilé de l'o:s''au-muuclie. comparée avec son extrême pelilcNse; pnnr soutenir tant de forces dans de si faibles orgaues, et louiw a la
HISTOIRE DES OISEAUX
IM
vit à it'iu s dépens sans les flétrir : il lie iaiLquii poniper leur miel, et c'est 4 cet usage que sa Inn^te parait uniquement de»* linée; elle est oomp<»9ée de deux fibres creuses» fonnant un petit canal, divisé au bout en deux filets; elle a la forme d'une trompe, dont elle fait les fonctions. L'oiseau la darde bors de son h*\\ apparemment par un mécanisme de Tos hyoïde, sem« bl;il»lt' à celui delà lan^^uedi's pics; il la plonge jusqu'au fond du t ain e des (leurs pour en liivr les sucs. Telle est sa manière de vKred après tous les auteurs qui en ont mit. Us uout eu qu'un contradicteur : c'est M. fiadier, qui, pour avoir trouvé dans rœsepliage d'un oiseau-mouche quelques débris de petits insectes» en conclut qu'il vit de ces animaux et non du suc des fleurs. Nais nous ne croyons pas devoir faire céder une multitude de témoignages authentiques à une seule assertion, qui même paraît prématurée. En effet, que roiseau-inouclie avale quelques insectes, s'ensuit-il qu li eu vive et s'en nom l isse toujoui*s? Et ne sembie-t-il pas inévitable qu'en pompant le miel des fleurs, ou recueillant leurs poussières» il entraîne en même temps quelques-uns des petits insectes qui s'y trouvent engagés? Au reste» la nourriture la plus substantielle est necessairo pour suffire h la prodigieuse vivacité de FoiseauiMouelie, comparée avec son extrême petitesse; il faut bien des jn(»lécules organiqiKs pmw soutenir tant de forces dans de si faillies organes, et lounur a la dépense d'esprits (jue fait un mouvement perpétuel et rapide. Un aliment d'aussi peu de substance que quelques menus Insectes y parait bien peu propor» tionné; et Sloane» dont les observations sont ici du plus grand poids, dit expressément qu'il a trouvé Testomae de Toiseau* mou. lie tout rempli des iH)Ussièi'es et du miellat des fleurs.
Rien n'<'i;ale, eu «'tîel, la vivacité de ces petits oiseaux, si ce nVsl jeun ourage, ou plutôt leur audace, (lu les vuilpoui's-uiu'e aveclurie desoiseatix vingt fuis plus ^os qu'eux, s'uttadier à leur corps» et, se laissant emporter par leur vol» les becqueter
(HKSON.l
dépense (i'osprils (jiu' fnit im iiioiivemiMil por[MHiiel et rapide ; un alimeDt d'aussi peu de substance que quel(pies menus iii' sei-tes y parait bien peu proportionné, et Sloane, dont les observations sont sans doute du plus grand poids, dit expresséjne.tt quil a trouvé Testomac de roiseau-mouche tout rempli dos |)0ussiéres et du miellat des fleurs.
Kieii n'égale la vivacité des oiseaux-monches. si cenVsl leur touratre, on plutôt ]rui audace : on les voit nivre avec furie des oiseaux iniiuinieiit plus gros qu'eux, s'altadier à leur corps, et, se laissant omporter par leur vol, les becqueter à coups redoublés, jusqua ce qu'ils aient assouvi leur petite colère. Quelquefois même ils se livrent entre eux de ces combats très-\ifs; Timpatienoe parait être leur âme: s'ils s^appro- « hent d'une fleur et qu'ils la trouvent fanée, ils lui arnM*hent loules ses feuilles, ave.* une piécipilalioii qm niaupic leur dépit. On voit, dit-on. sur la lin do l'été des milliers de fleurs ainsi dépouillées par la ra^e des oiseaux-mouubes. lU u ont pas d'autre voix , outre leur bourdonnement, qu^un petit cri de xerep, screp, fréquent et répété. Ils le font beaucoup entendre dans les bois dès Taurore, jusqu'à ce qu'aux premiers rayons du soleil tons prennent Tessor et se dispersent.
L'oiseaii-niouehe est solitaire, suivant la remarque du docteur (ire\\: il estdiHicile, en effet, que des oiseaux. >cms cesse emportés dans les airs, se reconnaissent et sr joignent; niais i'auiour sait les réunir : on les voit deux à deux dans le temps des nichées. Le nid qu'ils construisent répond à la délicatesse et à rélégance de l'ouvrier; il est fait d'une espèce de coton ou de bourre soyeuse, recueillie sur des fleurs ; ce duvet est fortement tissu et de la consistance d'une peau douce et épaisse. La lemi'lle se chai>;e de rouvi a*;e ; elle laisse an niàle le .^oin d'aiiporler les maléi iaux; on la voit empressée à sa l>ebogiie chérie, chercher, clioisii*, employer brin ù brin le.s libres de ce doux berceau de sa progéniture, eu polii* les bordâ avec
UlbTOiUi: Dlib OISEAUX 135
(BL'FFON.)
à coups redoublés jusqu^à ce qu'ils aient assouvi leur' petite co- If^re. Quelquefois même ils se livrent entre eux de Irès-vif^»
fonibats; rimpalioncr p;ii';iîl (Mro leur Àmo: s'ils s'appi'oi lnMil d^iiie (leur et qu'ils la liouvciil fnn:N\ ils lui arrachent les pétales avec une prccipitolion (jui marque leur dv'pil. Ils u'out poiul d'autre voix qu*un petit cri, '^crcp, screp, fréquent et répété; ils le fout entendre dans les bois d .' s Faurore, jusqu'à ce qu aux premiers rayons du soleil tous prennent Tessor et se dispersent dans les canipag[nes.
Us sont solitaires, et il serail (lii!i<Mlequ'(''tanl sans cesse emportés datis los airs, ils pussiMil se reconnaître et se juiinlre. Ncaiiniouis l'aïuuur, dont la puissance s'étend au delà de celle des éléments, sait rapprocher et réunir tous les êtres dispersés : on voit les oiseaux-mouches deux à deux dans le temps des nichées ; le nid qu'ils construisent répond à la délicatesse de leur corps ; il est fait d'un coton fin ou d'une bourre soyeuse recueillie sur des fleurs; ce nid est fortement tissu et de la consistance d'une peau douce et épaisse; la femelle se charge de lOuvi âge et laisse au mâle le soin (rapporter les matériaux. On la voit empi'cssée à ce travail clici i, chercher, choisir, enipliiyer brin à brin les libres propres à Ibrmer le tissu de ce doux berceau de sa progéniture; elle en polit les bords ascc sa gorge, le dedans avec sa queue; elle le revêt à. Textérieur de petits morceaux d'éoorce de gommier qu elle colle alentour pour le défendre des injures de Fair autant (pie pour le rendre plus solide ; le tout est attaché à deux feuilles ou à un seul brin d'oranjxer, de citronnier, ou quehiuefois à uu l'étu qui i)end de la (Ouverture de qiie!(|ut' case. Ce nid ii Csl [uis [dus gros que la moitié d'uu abricdl et lail de niènie en demi-ioupe ; on y trouve deux œufs tout l»larics et pas plus gros que des petits pois. Le mâle et la femelle les couvent totu* à toui^ pendant douze jours; les petits éclusent au treizième jour, et ne sont alors [>as plus gros que des mouches. « Je n'ai jamais pu re-
154 MANUSGlilTS DË BliFFON
(bexon.)
sa gor^e, dedaiih avec sa quout\ revêtir Tex teneur de petits morceaux d écorcc de goniinier, qu'elle coUç alentour pour le défendre des injures de Tair, autant que pour le rendre' plus solide. Tout Fouvrage est attaché à deux feuilles, ou à un brin d'oranger ou de citronnier : quelquefois à un fétu pendant de la couverture de qiiel(|ne case. Ce nid n'est pas plus gros que la nioili*' <l'iin alu ii ot ou d'un très-pelil œuf, et l'ail en demi-i'oupe. Ou y trouve deux œul's tout blancs et pas plus gros (pie de petits pois. Le mâle et la femelle les couvent tour à tour l'espace de douze jours. Les petits éclos ne paraissent que comme des mouches. « Je n'ai pu remarquer, dit le € P. Dutertre, quelle sorte de becquée la mére leur apporte, « sinon (ju'elle leur donne à sucer sa langue encore tout « ennuicllre du suc tiré des fleurs. »
On conçoil aisément i[\\ û est conuîie iui|»osbible d'élever ces petits volatiles; ceux qu on a essayé de nourrir avec des sirops ont dépéri dans quelques semaines : cette nourriture est trop différente de la manne délicate qu^ils recueillent en liberté. Il eût été peut-«tre mieux de leur ofTrir du miel. La manière de les prendre est de les tirer au sable ou à la sarbacane : ils sont si peu déliants qu'on jxmiI les approrher jusqu'à < in(} ou six pas. Unepelile cIkissi^ enroie qui leur list projiic, consisle à se niciier au milieu d'un arbre ileuri, une verge enduite d'une gomme gluante à la main : on en touclic aisément le petit oiseau, tandis que, suspeudu, il bourdonne devant une fleur; il meurt aussitôt qu1l est pris. Privé de la vie, sa destinée est encort^ belle ; il sert à décorer la beauté ! la parure d'une Iiidionne n'est pus complète qu'elle n'ait en pendants d'oreilles deux de ces charmants oiseaux. Les Péruviens avaient i arl de coniposeï' avec leurs plumes des dessins émaillés et de petit:? tableaux, dont les audenues relations ne cessent de vanter lu beauté. Marcgrave, qui avait vu de ces ouvrages, eu admire l'éclat et la délicatesse.
UISTOIUE DES OISEAUX
(INTPFAN.)
<r marquer, dit le P. Diitcrtre, quelle tiorie de hocqnée la m(* rc « leur apporte, sinon quVIle leur donne à sucer sa langue
« cncon» lou( cmiiiidlée du suc lirédps f1t»urs. »
On < ()iiç,(»i( ai^iMiient qu'il »^st cuiiiinc impossible d'élever (Vs pelils volatiles; ceux qu'on a essayé de nourrir avec des sirops ont dépéri dans quelques semaines. Ces aliments, quoique légers, sont encore bien dirféi'eiils du nectar délicat qu'ils recueillent en liberté sur les fleurs, et peut-4^tre aurait-on mieux réussi en leur offrant du miel.
La manière de les abattre est de les tirer avec du sable ou à la s;n l>a(:;nie; ils sont si peu délianl.s qu'ils se laissent appro- ( Iht jiis(prà cinq ou six pas. On peut eurore les prendre en se plaçant dans un buisson fleuri, une verj^e enduite d'une gomme gluante à la raaiu; on en touche aisément le petit oiseau lorsqu'il bourdonne devant une fleur. Il meurt aussitôt qu'il est pris, et sert après sa mort à parer les jeunes Indiennes, qui |)ortent en pendants d'oreilles deux de ces charmants oiseaux. Les Péruviens avaient Tai t de composer avec leurs pluiiK's (Ij's tableaux doiil les aiu iciiiies i^ehilions ne cessent de vanter la beauté. Marc;.,4 ave, qui avait vu de ces ouvrajjes, en admire l'éclat et la délicatesse.
Avec le lustre et le velouté des fleurs, on a voulu encore en trouver le parfum à ces jolis oiseaux. Plusieurs auteurs ont écrit qu^ils sentaient le musc; c'est une erreur dont Torigine est apparemment dans le nom que leur donne Oviedo, de passer mosquituSf aisément changé en œlui ^\v passer iiioscaïus. Ce n'est pas la seule petite merveille que l'iniaginaliou ail voulu ajouter à leur histoire : on a dit qu'ils étaient moitié oiseaux et moitié mouches, qu'ils se produisaient d'une mouche, et un priivincîal des jésuites afiûrme gravement, dans Clusius, avoir été témoin de la métamorphose. On a dit quib mouraient avec les fleurs pour renaître avec elles ; ({u'ils passiiient dans un sommeil et un enfoui dissement total toute la mau-
iW MANUSCRITS DE BIFFON
Avec le lustre et le velouté des fleurs, on a encore voulu eu trouver le parfum à ces jolis oisetiux; plusieurs auteurs ont ^crit quils avaient Todeur du musc. Cest une erreur dont rori-
giueosl apparemment dans le nom, que leur donne Oviedo, do passer mo.^fjuitiis, Misrinciil i liaiii;/' en celui di^ passer vwscntus. Ce ii'csl i>;îs la seule petife merveille que riinagination ;iit voulu ajouter à leur histoire : on a dit qu'ils étaient moitié oiseaux et moitié inouciies, qu'ils se produisaient d'une mouche, et un provincial des jésuites affirme gravement, dansClusius, avoir été témoin de la métamorphose. On a dit qu'ails mouraient avec les fleurs pour renaître avec elles, qu'ils passaient dans un -otimieil et un engourdissement total toute la mauvaise saisun, suspendus et le bec fiché à l'écorce tl im arbre, jusqu'à ce que le rv veil du printemps vint les ramener sur les fleurs nouvelles : flernandes fait ce conte et s'efforc e d'y faire croire; et c'est apparemment là-dessus qu'on les appelle aux lies renés ou ressuscités. Mais Gatesby serit de cette fiction, adoptée par une foule d'auteurs et rejetée par les naturalistes les plus sensés : il assure avoir vu, durant toute Tannée, ces oiseaux à Saint-Domingue et au Mexique, où il n'y a pas de saison entièrement dépouillée de fleurs. Sloane dit la même chose de la Jamaïque, en observant seulement qu'ils y paraissent en plus grand nombre après la saison des pluies ; et Marc^ave avait déjà écrit qu'on les trouve toute Tannée en grand nombre dans les bois. Quant à ceux de ces oiseaux qui ' s'avancent jusque dans it'> pays où l'on conutieni e à sentir des hivers, ils en parlent dés la lin de l'été, comme Gatesby l'a ol>servé de ceux de la Caroline, et se retirent sous des ci mais plus doux.
Digiiizca by Liu^.' .
HISTOntE DES OISEAUX
(BIFFOX.) •
vaise saison, suspendus par le bec à lecorce d'un arbre; mais ces fictions ont été rejetées par les naturalistes sensés, et Catesby assure avoir vu, durant toute Tannée, ces oiseaux à Saint- Domingue et au Mexique, où il n*y a pas de saison entièrenient dépouillée de fleurs. Sloane dit la m^me chose de la Janiaïqui', on observant hciilt'iiicnl ([iTils y paraissent en plus ;.rand nombre après la saison des iiluies, e( M;u r!jrave avait déjà écrit qu'on les trouve toute Tannée en grand nombre dans les ix>is du Brésil.
Nous connaissons vingt-<iuatre espèces dans le genre des oiseaux-mottcbes, et il est plus que probable que nous ne les connaissons pas toutes. Nous les désignerons chacune piir des dénominations différentes, tirées de leurs caractères les pins apparents, cl qui boni suffisants pour ne les pas confondre.
MANUSCRITS DE liUFFON
(nioR.)
La Jinlure, prodigue de beautés, a produit dans h ^ unîmes climats Koiioau-monrhe el le wilibri*. Presque aussi délicat, aussi i>nllant, aussi lé«jjcr, vivant connue lui sur les fleiu^s, le colibri est paré de même de tout ce que les plus riches couleurs ont d eclatanti de moelleux, de suave*. Tout ce que nous avons dit de Télégance' de roiseau-mouche, de sa vivacité, de son voi bourdonnant et rapide, de sa constance à aller de tleurs eu llt urs*, de sa manière de nicber et de vivre, doit s'appliquer égaleiia iil lu colibri : un même instinct auiuie ces deux cbarmanls oiseaux*; la nature les produisit sur un même dessin, souvent aussi on les a confondus sous un même nom
On a vu le père et la mère, rendus audacieux par Tamour venir jusque dans les mains du l avi^bcur nourrir leur progéniture'
C'est sans doute la constance de ce climat (le climat de Quito) qtt*ils aiment G*cst là que, dans une suite non interrompue de jouissances et de délices, ils volent de la fleur épanouie à la {]cuv naissante, cl que Tannée, coin [)osée d'un cercle ciiiiei- do beaux jours'', ne connaît qu'une seule saison: celle de la iécondilé et de rameur.
(coRhECTioifs VK tcfwon).
*La naliirc, on niodi'^uniil laiiL de beautés à l'oiseaii-inouclic, n'a |)ns oublié le colibri, son voisin el .-on jiruche parent; elle l'a produit dans le luèmc climnt el formé sur le même modèle ; aussi brillant, aussi léger, %iv.tul comme lui sur
* suave; et ce que nous nvons lUt
' (lit «le la beauté «le l oiseau-mouchc
• constance à visiter IcsÛcurs
lUSTOinE DES OISEAUX
EK OOUHU.
(Borros.)
La nalnro, en prodip^nniit tant de ))caulés à roUeaumouclic, !i'a pas oublié le colibri, son voisin et son proclie pareni; elle Ta produit dans ie même climat et formé sur le même modèle : aussi bnilant, aussi léger que Foiseau-mouche, et vivant comme lui sur les fleurs, le colibri est paré de même de tout ce que les plus riches couleurs ont d'éclatant» de moelleux, de suave, et ce que nuus avons dit de la heaiilé de rniseau-iiiouclie, de sa vivacité, de son vut boiii'doiuniit et rajucle, de sa constance à visiter les fleurs, de sa iiiniiièrc de uicher et de vivre, doit s'appliquer également au colibri : même instinct anime ces deux charmants oiseaux, et, comme ils se ressemblent presque en tout, souvent on les a confondus sous un même nom
On a vu le père et la mère, par aud;\i f de leudressc, venir jiis({iie dans uiains du ravisseur porter la nuuiTiturc à leui^ petits.
Ce$t à vingt ou vingtrdeux degrés de température quHUse ptaisent. C'est là que , dans une suite non interrompue de
jouissances et de délices, ils volent de la fleur épanouie à la fleur naissante, et qut^ l .uiiiée, euiiipu>t'«- d liii cenh,' enti«M* de beaux jours, ne faU quune saison constante d amour et de fécondité.
(gOUUCTIONS m BUFfOR.)
* Et, comme se ressemblent presque en toat, souveat on les s confondus
* On a vu le père et la mère par audaee de tendresse
^ leurs petits*
. * C'est donc à 90 ou M degrés de température qo'ik se plaisent.
* beaux jours, ne fait qu'une saison constante d'amour et de
fécondité.
UA.SrSCRITS DE BUFFÛN
(bexor.)
Li's nias s(m( les plus iiraiids rommo U^s plus magnifiqiies oisr.'uix (lu j^enre des perroquets*. Leur plumage est couvert avec profusion des plus rlciies couleurs. Le pourpre. For et razur composent leur vêtement. L'œil assuré , la contenance ferme, la démarche grave, Tara semble sentir son prix et coii* naître sa beauté; son naturel paisible le rend a'sémenl fami-^ lÙT, et la domesticité n>st point pour Im 1 1 ^clavai:»' : il a sa liherlé et n'cii ahiist^ pas; la douce habitude le rappeiie et 1 uUaclieiueat le ramène.
(besov.)
Entre les oiseaux, comme ))armi les quadrupèdes, U n'y a guère (|ue les frugivores qui eiili eut en société. Eux setiîs ont les mœurs douces et la vie facile et paisible que TinsliiK t sui ial suppose'^; ils goùleut sans soin et jouissent sans tuouble. Le riche fonds de leur subsistance les environne, et, dans ce grand banquet de la nature, Tabondance du lendemain est égale à la profusion de la veille. Les autres, an contraire', occupés à pourchasser sans cesse une proie qui les fuit toujours, pressés
(CUHI.KCTIO.NS HE ItLTFON.)
' ho. loiis les pcn (ipiols, l'ara est le \\\yi> <^\\iiu\ et le plus manjniii*|n('iuL'iil paré. I.i' |joiii)ii c, l'or cl l';iziir hrillcnt sur >on plumage; il a l'œil assuré, h cuiileuauce feriue, la (icuiaiciic grave, et même VniT â^sagréablemcnt dédaigneux , comme s'il sentait son prix et connaissait trop sa beauté; néanmoins son naturel paisible le rend aisément fomilier, et même susceptible de quelque allachement; on peut le faire domestique sans le rendre esclave; il n'abuse pas de la liberté qu'on lui donne. La douce habitude le rappelle auprès do* ceux qui le nourrissent, et il revient asses constamment an domicile qu'on lui lait adopter.
Digitizca b
HISTOIRE DES OISEAUX
Ut
(niTPPOif.)
De tous les perroquets, Tara est le plus gran<l et le plus magnifiquement paré; le pourpre, Tor et Tazur brillent sur son plumage; il a l'œil assuré, la contenance ferme, la démarche grave et même Fair désa^Téablement dédaigneux, comme
s'il sentait son prix et connaissait trop sa beauté ; néanmoins, son naturel paisible le rend aisément l'aniilier et même susceptible fin quelque atladicment ; on peut le reiidrtMloinestique sans en taire un esclave ; il n'abuse pas de la liberté qu'on lui donne ; la douce babitude le rappelle auprès de ceux qui le nourrissent, et il revient assez constamment au domicile qu'on lui fait adopter.