X INTRODUCTION
auteur des Lettres sur l'Italie; le président Ruffey*, Tim des fondateurs de l'Académie de Dijon; Jean Nadault% dont la famille a' allia deux fois à celle du naturaliste; iiti abhé Le Blanc/*, éternel candidat à l'Académie française; un capucin Ignace*, éternel commensal du seigneur de Hontbard.
Le Clerc terminait ses études lorsque le jeune duc de Kingston % quittant les cours de ce même collège, pour Tisiter, sous la conduite d'un gouverneur, le midi de la France, lui proposa de 1 associer à son voyage.
* Ruffey (Germain-Gilles- Richard), né à Dijon, 17 octobre 1700, président de la Cour des comptes de DjjoD, fut un philologue instruit, cultivant les belles-tettres, l'histoire el U science des antiquités. Il mounit i Dijon, I0 iO septembre i7M. Ruffey eut, pour béUe*iiièi^
In baronne de Ia Forêt, qui habitait Tancien cbiteau de Montfort,
voisin de celui Je Montbard; elle en faisait les honneurs avec beauronp (rnmabilité, et eut longtemps le privilège d'y réunir l'élite de la noblesse (!e Roturgogne.
* Nadault ^Jcun/, né à Moulbard le 25 octobre 1700, avocat frénéral à la chambre des comptes de Dijon, 1730. Nomme correspnuiant de l'académie des sciences de Paris en 1749 ; vec^ la même époque, il Alt élu membre de l'académie de Dgon. Mort en 1T79.
' Le Blanc (Jean-Bernard), né é Dijon, le 3 décembre 1707, poUia plusieurs oumges en prose et en vers, donna, en 1736, sa tragédie d'Abensaïd, et fut trente ans candidat à l'académie française. Madame (le Pompadour fit n'taMIr pour lui la place d'historiographe des bllimenls du roi. Mort à Paris, en 1781.
* l'iriace lîougol, n*' à Dijon. îl passa sa vie sous le {tatrotiai:!' de liulJoii, f|iii le cite dans les noies de i iiij^iotre ttatureile |)our îles ()l)s< i valiuus laites sur les oiseaux, et qui en parle aus^i dans sa correspondance.
* Évelyn Pierrepont, doc de Kingston, pair d'Angleterre et Ton des plus riches sdgnmirs de ce pays, marié, en 1760, à une femme originaire du Devonshire, devenue célébra par ses biiarreriesi Mort
en 1775.
DE BUFFOK. XI
L excursiou s éieudii jusqu'en Italie et dura plu sieurs années. Pédant cette période, rien, ni dans les écrits ni dans la correspondance du voyageur, ne décèle son avenir*. L'homme jeune et vigoureux, eu qui le physique l'emporte, paraît avoir dominé. Cependant, ce voyageur, arrivé à Tà^e où c'est l'expérience qui inspire, disait : ce 11 iaut iaire voyager « les jeunes gras, eda leur fmi de Pe$prit. a
De retour en France, Buffon se rendit à Angers, pour y faire ce qu'on appelait son académie. Ce qu'il y fit réellement fut de se lier avec un savant oratorien, le P. Landreville, très-babile mathématicien, prés duquel il retrouva l'aptitude au travail, et sur l'autorité duquel il aima, plus tard, à s'appuyer.
A l'occasion d'une querelle au jeu avec un Anglais, il se battit, blessa son adversaire, quitta Angers et vint à Tarib (1 731 j. 1! avait \mgL-quatre an:».
Au mois d'août de cette même année, sa mére mourut. Femme d'une raison supérieure, elle lui avait inspiré l'amour le plus tendre; il aimait à parler d'elle, n'en parlait que sur le ton de l'admiration; et, comme pour justifier cette admiration, il ne manquait pas d ajouter avec une naïve coniplai-
' K( .l ai vu lies leUres de Button qui daU iit lie ( elle période de sa « vie, lUeii n y iait pressentir encore, même de loin, l'observateur ou « le peintre de la nalure, ni, à aucun égard, récrivain ou le penseur, a (Voyez le très-savant et très-intére^aant ouvrage de M. Foisset, intitulé : U Fréiidma De Brastat.]
lit INTRODUCTION.
sance, « que c est la mère qui transmet aux fils les «t qaalké» de Tesprit et du cœur. »
Dès l'année suivante, le conseiller Benjamin Le Clerc se remaria tvec une demoiselle Nadault, sœur de Tancien condisciple de son fils. A cette occasion le président Bouhier * écrivait à Rufey * : « Nous « avons depuis peu, ici, M. Le Clerc de Boffon, voire
« ami, qui se trouve irislement engagé à entrer en « procès avec M. son père, par le sot mariage qu^ f( vient de faire ce dernier »
En effet, liLiiïon se vit contraint de se faire rendre judiciairement compte, par son père, de la gestion de sa fortune. Le pins grand désordre y régnait* La terre de Buffon avait été vendue : il la racheta, garda chez lui son père, et les deux enfants, que celui-ci eut de son nouveau mariage, naquirent an château de Buitbn.
L'ainé, Pierre Le Clerc, devint maréchal de camp des armées du roi. Désigné sons le titre de chevalier de Buiion, il te montra, par son attachement res-
* Jean Bouhier, né i Dijoo, en 1673, magistral intègre et juriscon» suite profond, eut une grande réputation de sdenee et d'érudition sa I iche fatbliothèque fut toujours ouverte anx gens studieux, li était alors nssc/ heureux pour protéger BuiÎMi; plus tard, il eut l'honneur
d'èlre loué par Voltaire, qui le remplaça à rAï adcmie française, où il ôiiïil cnlrc à runanimilé des sutïmges en 1751. Mort en 1746.
* Dijon, 20 janvier 1753.
* (iirnuli, lettres inédites de Buffon, Voltaire, lioum^au, Piton, elc. (Dijon, Paris.)
DE BUFFON. im
pectueux et tendre, digne de porter le nom de son frère. Ké eu 1734, il vécut jusqu'à quatre-vingt-neuf ans, et mourut en 1835«
La seule branche qui survive anjourd'hiii de la famille Le Clerc descend d'une Me, née en 1746 et sœur consanguine du naturaliste : Catherine-Antoinette Le Clerc, mancc à son cousin germain, Eduie Nadault, conseiller au parlement de Bourgogne, et morte en 1832, à quatre-vingt-six ans*
BuCIbn ne yii^ dans la fortune qui lui avait été léguée, qu'un secours pour sa jeune ambition. Il habitait Paris une partie de l'année, s'y créait des relations aTee les hommes influents, s'y montrait dans le monde entouié du prestige que donnent la richesse, un beau physique et un grand aplomb. Occupé de son avenir, et toujours maître de lui-mtme, ni les soirées prolongées, ni les soupers élégants ne Fempéchaient de se mettre, dès cinq heures du matin, à son bureau de travail.
C'est de géométrie qu'il s'occupait alors. 11 présenta à TÂcadémie des sciences, en 1 753, un mémoire sur le jeu du frmie carreau. « Ce travail, » disent les deux commissaires, Ciairaut et Maupertuis, « fait « voir, outre beaucoup de savoir en géométrie, « beaucoup d'invention dans l'auteur. »
Cette même année, il lut nommé adjoint dans la classe de mécanique. Il avait à peine vingt-six ans.
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