‹ Des manuscrits de Buffon (volume 2)Chapitre 32 sur 39 · DAUBENTON · texte numérisé non relu

DAUBENTON

longtemps d'autre méthode que celle de ses connais-

A défaut d'un plan général qu'il n'a pu se donner, Daubcnton s en l'ait un particulier, et qui est complet, pour ses descriptions; il les fait toutes comparables entre elles, c'est-A-dire que chaque point de chacune se retrouve dans toutes : chaque vertèbre, chaque os du crâne, chaque os des membrer, etc., chaque partie des inleslins, du cœur, du foie, eic; rien n'est omis, en sorte que la comparaison est non-seulement générale et complète, mais encore particulière, détaillée, intime, de partie à partie.

Et Daubenton ne se borne pas à ce pr emier soin de comparer, d*opposer chaque chose a la chose correspondante et de n'en omettre aucune; il en a un autre, celui de nommer chaque chose semblable d'un même nom : par exemple, si voi^s lisez la description du pied du cheval dans un aualomisfe vétérinaire, vous y trouvez les mots d'o« du canon, A*oi du paturon, d'os de la couronne^ i*os du petit pied ; et vous vous croyez dans un [)ays perdu. Point du tout, ces mots désignent tout simplement ce qu on appelle, en anatomie humaine, les os du métatarse*e% les trois pkalanyes,

* Voyei, sur cela, nwm BUiaire 4eê tmmx et des idées de Buffim, p. 2 et tmv, (seconde édition).

* Ou du m/tecarpet selon qu'il s*agit du pied de derrière ou de celui de devant

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Daubenton, rhoimne qui a ooai|Hvé le |iliw de détails en anatomie, est, de tous les aiiatomistes, celui qui a le moins généralisé ; il ne s'est permis, dans toute sa y\c, qu'une seule généralisation.

Après quiuze années d Observations exactes, durant lesquelles il avait vu passer sous ses yeux près de deux c nls quadrupèdes, qui tons avaient sept vertèbres au cou, il osa poser celte règle : « Les vertèbres a cervicales sont toujours au nombre de sept dans « les quadrupèdes. »

Mais à peine avait- il posé la règle, qu'une exception s*o£rrif ; l'aï lui parut avoir neuf vertèbres cerviraies. Je i!is pamt, car, en réalité, il n'en a que sept. John Bell, irèrede l'illustre Charles Bell, l'auteur des belles découvertes faites eu Angleterre sur les racines des :iorfs, a reconnu que les deux vertèbres de trop, comptées à tort dans V(n pour cervicales, ne sont que deux vertèbres dorsales, dont les appendices < ostaux, très-réduils, restent quelquefois perdus (l;uis les chairs. On regrette que Daubenton soit mort avant d*avoi7 été rassuré sur sa généralisation. Averti à temps, cela Yvùi prul-êlre engagé à quelques autres, toutes aussi visibles, au reste, que celle-là, dans ses descriptions rapprochées. Camper disait, avec esprit, que Daubenton ne savait pas de combien de découvertes U était l'auteur.

DÀUBENTOK m

La grande histoire des quadrui^èdes étant terminée, BufFon permit au libraire Panckoueke d'en faire

une petite édition, d'où toute la partie anatoiniqiie l'ut retranchée. Cette exclusion blessa Danbenton. Il refusa son concours à Yhistoire des oiseaux; et cette liisfoirey perdit son point d'nppui le plus solide. Aussi ^ quelque bien écrite qu elle soit dans toute son étendue, quelle que .^oit même la variété d'un slylt* du à trois auteurs différents, n'a-t-elle jamais pris dans la science le rang qu*y occupe, et ne cessera jamais d*y occuper, [ histoire des quadrupèdes : c'est que, eu effet, elle ne donne que la superficie de l'être et n'en donne pas la structure.

Devenu maître de son temps, Daubentou multiplia ses propres travaux. En 1762, il lut un Mémoire à

l'Académie sur des os et des dents remarquables par leur grandeur. C'est le litre du Mémoire. Tout le monde sait que les grands os trouvés dans la terre ont longtemps passé pour des os de géants. Daubentou lit voir que ces prétendus os de géants ne sont que des os de grands quadrupèdes: A^éle'phantSj de rhinocéros^ d'hippopotames^ etc. 11 ne distinguait pas encore, il est vrai, ces espèces perdues d'avec les espèces vivantes; il ne distinguait pas encore ces espèces-là de celles qui en ont été plus tard séparées, comme le nmtoiontej comme le dinotheriuin^ etc. ;

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il coiauieu^'ail; mais ce qui prouve a quel point allaiti en ce genre, sa sagacité, c'est qu'il reconnut dans un os conservé au garde-meuble de la couronne comme une curiosité singulière, comme ïos de la jambe d un géafU, un radius de girafe, bien qu'il n'eût jamais vu (le girafe. M. Cuvier appelle cela un lour de force en anatomie.

En 1764, il lut un autre Mémoire, et non moins

important, sur la situation du trou occipital dans ï homme et les animaux. Personne n'avait remarqué encore que la cause principale qui détermine l'attitude verticale de Thomme et horizontale des animaux tient a la situation du trou ocdpitaly ou, ce qui re* vient au morne, car l'une de ces choses se donne par l'autre, à la manière dont se fait rarticulation du tronc avec la tète. Dans Thomme, le oti occipital est placé an milieu de la ba^e du crâne ; il est place tout à fait en arrière du crâne dans les quadrupèdes; il occupe une position moyenne entre ces deux-là dans l'orang-outang.

11 suit de là que Thomme seul peut se tenir debout, parce qu il a seul alors la tête en équilibre sur le tronc ; dans les quadrupèdes elle pencherait trop en avant; elle y pencherait trop encore dans Torangoiitang. L'homme seul est donc iait pour la station verticale; le quadrupède est fait pour l'attitude horizontale, et Torang-outang pour une attitude mi-partie de ces deux-ià : il ne peut marcher sur ses deux pieds

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