‹ Des manuscrits de BuffonChapitre 14 sur 141 · LXXX1I · texte numérisé non relu

LXXX1I

[NTRODUCTION.

« la renommée de son illustre père et de reslirao « très-distinguée que je lui porte. »

Quelques mois auparavant, Buffon écrivait à Montbeillard ‘ ; « Demain mon fils part pour son grand « voyage, avec M. de Lamarck, de l’Académie des « sciences ; j’ai été fort heureux de lui trouver un tel « compagnon. » Le jeune Buffon n’allait alors qu’en Hollande.

Après la lettre de l’impératrice, l’hésitation n’est plus possible ; ce fils tant aimé part, et part seul pour la Russie.

« Voilà le buste avec mon fils, » écrit Buffon à sa grande impératrice « et peu s'en est fallu que je ne « sois parti avec M. Necker, qui a, comme moi, la plus « haute admiration et le plus profond respect pour la « personne de Votre Majesté Impériale. Mes soixante « et quatorze ans et ses travaux, même dans son « loisir, ne le permettent pas, et ne nous laissent que « des regrets. Mon fils n’est encore qu’un enfant de « dix-huit ans : avec toute la candeur de son âge, il « en a la légèreté et le peu de tenue. J’ose supplier « ma généreuse Impératrice de le faire avertir, et « même de le frapper de quelque disgrâce, s’il ne se « conduit pas bien. Sa bonté me pardonnera cette

* .îardin du Roi, 11 mai 1780.

* 22 avril 1782.

DE ÜUI’EON.

t.XXXIII

« in({uiétucle paternelle, causée par la crainte que ce « trop jeune envoyé ne fasse quelque faute. »

Dans les lettres adressées à ce trop jeune envoyé, la tendre affection du père et la vanité naïve d’une âme grandie par le labeur de la pensée apparaissent tour à tour. A l’enfant privé de mère, qu’il a réchauffé sur son cœur, il dit : « Vous me faites grand plaisir en « m’apprenant que vos couleurs reviennent. Ménagez- « vous sur le grand mouvement que vous aimez à

« vous donner Garantissez-vous surtout du froid

« et des fluxions.... Ayez soin, je vous en prie, de « vivre en paix avec vos gens et de les payer toutes

« les semaines L’abbé de Rivet ^ est obligé, »

dit-il ailleurs®, « de plaider contre l’évêque d’Autun : « son premier moyen est de dire que le Roi ne lui « avait pas donné une abbaye pour le faire mourir de « faim. Vous devriez écrire à ce bon oncle; ce « serait une consolation pour lui. »

Le voyageur s’est arrêté à Postdam ; son père lui écrit ® :

« Vous avez très-bien répondu à Sa Majesté Prus- « sienne (le grand Frédéric), et vous ne pouviez guère « en dire plus au sujet de mes ouvrages. Mais, mon « cher ami, vous avez oublié une chose qui était es-

* Frère de Bnffon. Voyez ci-devant, page vin.

Montbard, 27 mai 1782.

^ Montbard, 10. juin 1782.

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