DES MINÉRAUX
primitives, les plus fusibles sont le leldspolli cl le schoil . ces verres de nature se fondent sans addition an même degré de feu que nos verres factices, tandis que le quartz résiste au ])lus grand feu de nos fourneaux ; le feldspath et le schorl sont aussi beaucoup plus fusibles que le mica, auquel il faut appliquer le feu le plus violent pour le réduire en verre ou plutôt en scories spumeuses. Enfin, le feldspath et le schorl communiquent la fusibilité aux matières dans lesquelles ils se trouvent mélangés, telles que les porphyres, les ophites et les granits, qui tous peuvent se fondre sans addition ni fondant étranger ; or ces différents degrés de fusibilité respective dans les matières qui composent le granit, et particulièrement la grande fusibilité du l'eldspath et du schorl, me semblent suffire pour expliquer d’une manière satisfaisante la formation du granit.
Je n’examine pas ici le fond des choses. Voyez, pour cela, mon édition Annoter des œuvres de Buffon‘. Buffon compose le granit' de quartz, de feldspath et de schorl, ou de quartz, de feldspath, de schoi'l et de mica.
Le granit se compose de quartz, de feldspath (orthose) et de mica. Le nom de schorl est un nom vague qui a été donné à différents minéraux.
Buffon nous dit encore que « le quartz, en s’égrenant, formait les micas. » iBais le quartz et le mica n’ont pas la même composition. Le quartz est V acide silicique, la sil'ice pure; et le mica se compose de silice, d’edumine, de peroxyde de fer, etc.
* C’est celle que je cite constamment dans ce volume.
r.O HISTOIRE DES MINÉRAUX
Laissons donc ces erreurs sur les laits, qui tiennent anx erreurs d’un temps qui n’avait pas encore la chimie. Je remarque ici, dans Buffon, cette belle et pittoresque expression : les verres de nature. Elle définit clairement ce que Buffon entendait par le > mot verre, appliqué au globe : les verres de nature, c’est-à-dire les roches du globe fondues par le feu primitif.
Et je remarque, dans Bexon, une expression trèsvive aussi, et négligée à tort par Buffon ; d’une manière mécanique . Elle peint nettement la vue la plus particulière et la plus intime de Buffon sur la formation du globe.
En effet, puisque tout, selon Buffon (suivant en cela Leibnitz), a été primitivement liquéfié, gazéifié, fondu, la formation du globe (de la croûte du globe) n’a donc été qu’une suite de consolidations, de dégagements mécaniques: les diverses substances, mêlées ensemble à l’état de gaz, se sont dégagées successivement les unes des autres à mesure qu’elles se sont consolidées; la consolidation a été le ressort mécanique qui les a dégagées, séparées les unes des autres, et cbacime à son temps, selon son degré de fusibilité. • Le degré de fusibilité donne donc la date de la consolidation, c’est-à-dire de l'ancienneté relative de chaque substance, ce qui est toute la théorie de Buffon . Tout se passe donc dans cette théorie, comme le dit Bexon, elle dit très-bien ; d’une manière mécanique.