CORRECTIONS FAITES PAR UUFFON SUR LA COPIE
(l.re à des espèces doni la mer ne nous offre pas les analogues vivants .
plas ou moins grande de ces espèces rclativcmenl aux
autres. Tout ce que
° de ces coquillages.
MANUSCRITS DE RUFFON
(copie.)
corne.s d’Ammon de sept el Imil pied.s de diamètre sur un pied d’épaisseur, dont on trouve les moules pétrifiés; des bélemnilcs de neuf et dix pouces de longueur sur un pouce de diamélre à la base, sont certainement des êtres gigantesques dans ce genre des coquilles et dans celui des oursins. La nature était alors dans sa première vigueur * * et travaillait la matière organique et vivante avec une force * plus active dans un élément plus ebaud mais elle n’opérait encore que dans le sein de la mer. La surface de la terre était encore trop chaude pour qu’on pi'it la toucher. Elle ne pouvait donc être peuplée ipie de plantes et d’animaux capables de supporter une chaleur'* bien plus grande que celle qui nous convient^. Mais nous avouons que cette idée, quoique vraisemblable, n’est qu’une supposition qui n’est pas fondée, comme celle de la population
(COHIlECTIO.\S FAITES PAU lUIFFO.N SUE EA COPIE.)
* force.
- puissance.
3 clcmenl plus cliaud. Celte cause est suffisanle pour remtre
raison de toutes tes productions gigantesques si communes et si frequentes dans tes premicr.s âges du inonde. Celle cause puissante opérait également dans le sein de ta mer et sur tes hautes terres que tes eaux n’avaient pu surmonter; ces terres ne pouvaient être peuplées que de plantes
* clialeur plus grande
5 nous convient; et nous avons des monuments dans les
mines, surtout dans celtes de charbon et d’ardoise qui nous démontrent par les poissons et les végétaux qu elles contiennent que ce ne sont pas des espèces qui existent actuellement. On peut donc croire que la population de la mer n’est pas plus ancienne que celle de la terre; les monuments elles témoins sont plus nombreux et plus évidents’pour la mer, mais ceux qui déposent pour la terre sont aussi certains, el nous démontrent que ces espèces anciennes dans les animaux el dans les végétaux marins bu terrestres se sont anéanties ou plutôt ont cessé de se multiplier dès que la terre et la mer ont perdu ta chaleur nécessaire à leur existence.
Les coquillages ainsi que les végétaux de ce premier temps s’etant prodigieusement multipliés pendant ce long espace de quatre
KI'OQUES DE L.V NATURE
* (iMPnisiiî.)
boni à deux mille (oises d’élévation, la niera successivement baissé jusqu’au niveau où nous 1a voyons aujourd’hui.
On (loil présumer c[ue les coquilles et les autres productions marines que l’on trouve à de grandes hauteurs au-dessus du niveau acliiel des mers, sont les espèces les plus anciennes de la nature; et il serait important pour l’iiistoire naturelle de recueillir un assez grand nombre de ces productions de la mer qui se trouvent à cette plus grande hauteur, et de les comparer avec celles qui sont dans les terrains plus bas. Nous sommes assurés que les coquilles dont nos collines sont composées appartiennent en partie à des espèces- inconnues, c’està-dire à des espèces dont aucune mer fi-équentée ne nous offre les analogues vivants. Si jamais on fait un recueil de ces pétrifications prises à la plus grande élévation dans les montagnes, on sera peut-être en état de prononcer sur l’ancienneté plus ou moins grande de ces espèces , relativement aux autres. Tout ce que nous pouvons en dire aujourd’hui, c’est que quelques-uns des monuments qui nous démontrent l’existence de certains animaux terrestres et marins, dont nous ne connaissons pas les analogues vivants, nous montrent en même temps que ces animaux étaient beaucoup plus grands qu’aucune espèce du même genre actuellement subsistante : ces grosses dents molaires à pointes mousses, du poids de onze ou douze livres; ces cornes d’Ammon, de sept à huit pieds de diamètre sur un pied d’épaisseur, dont on trouve les moules pétrifiés, sont certainement des êtres gigantesques dans le
(connECTioxs faites pau duffon son la copie.) ou cinq mille ans, et la durée de leur vie n’étant que de quelque; années, les animaux à coquille et Ions ceux qui convertissent l’eau de la mer en pierre ont, à mesure qu’ils périssaient, abandonné leurs dépouilles aux caprices des eaux : elles les auront Iransporlées, hrisees et déposées en mille et mille endroits, car c’est dans ce même temps que le mouvement du
' (copie.)
plus ancienne de la mer, sur les monumenls de la nature, puisqu’ils nous démontrent un grand nombre d'espèces perdues dans les animaux marins, au lieu qu'à peine pouvonsnous citer quelques exemples d’animaux terrestres dont on puisse croire que l’espèce est perdue.
C’est dans ce même temps que le mouvement du flux et du reflux a produit les courants qui ont donné à toutes les collines et à toutes les montagnes de médiocre hauteur des directions correspondantes, en sorte que les angles saillants correspondent toujours à des ' angles rentrants. Nous ne répéterons pas à ce sujet ce que nous avons dit dans notre Théorie de la terre, et nous nous contenterons d’assurer que cette disposition générale de la surface de la terre ® par angles saillants et rentrants, ainsi que sa composition par couches horizontales, démontrent évidemment que la structure entière de la terre, jusqu’à de grandes profondeurs, a été disposée par les eaux et produite par leurs sédiments. Il n’y a eu que les crêtes, les pics et les sommets des plus hautes montagnes qui se sont trouvés hors d’atteinte et contre * * lesquels la mer, par son mouvement, n’a pu agir directement ■*, puisqu’ils lui étaient supérieurs par l’élévation; mais, ne pouvant les attaquer par leur sommet, elle les a pris par leur base, elle a miné les terres, percé les cavernes et les voûtes qui soutiennent ces vastes et hautes montagnes, et ayant rempli ces cavités elle a produit, dans presque toutes, les volcans, dont quelques-uns subsistent encore aujourd’hui.
(connECTioNs faites tau duffon Sun la copie.)
* . ... à leurs.
- du globe.
sur.
la mer n’a point laissé d’empreintes, parce qu’ils
5 ayant trouvé ces cavités remplies en partie de minéraux,
de pyrites et d’autres substances capables d’effervescence
ÉPOQUES DE LA NATURE (iiipniMÉ.)
"ciii e des animaux quadrupèdes et dans celui des coquillages. La iialure était alors dans sa première force, et travaillait la matière organicpie et vivante avec une puissance i)lus active dans une tenqiératurc plus cliaude : cette, matière organique pétait plus divisée, moins combinée avec d’autres matières, et pouvait se réunir et se combiner avec elle-même en plus grandes masses, pour se développer en plus grandes dimensions : cette cause est suffisante pour rendre raison de toutes les produclions gigante.sques qui paraissent avoir été fréquentes dans ces premiers âges du monde.
En fécondant les mers, la nature répandait aussi les principes de vie sur toutes les terres que l’eau n’avait pu surmonter ou qu’elle avait promptement abandonnées; et ces terres, comme les mers, ne pouvaient être peuplées que d’animaux et de végétaux capables de supporter une chaleur plus grande que celle qui convient aujourd’hui à la nature vivante. Nous avons des monuments tirés du sein de la terre, et particulièrement du fond des minières de charbon et d’ardoise, qui nous démontrent que quelques-uns des poissons et des végétaux que ces matières contiennent ne sont pas des espèces actuellement existantes. On peut donc croire que la population de la mer en animaux n’est pas plus ancienne que celle de la terre en végétaux : les monuments et les témoins sont plus nombreux, plus évidents pour la mer; mais ceux qui déposent pour la teri’e sont aussi certains, et semblent nous démontrer que ces espèces anciennes dans les animaux marins et dans les végétaux terrestres se sont anéanties, ou plutôt bntcessé de se multiplier dès que la terre et la mer ont perdu la grande chaleur nécessaire à l’effet de leur propagation.
Les coquillages ainsi que les végétaux de ce premier temps s étant prodigieusement multipliés pendant ce long espace de vingt mille ans, et la durée de leur vie n’étant que de peu d années, les animaux à coquilles, les polypes des coraux, des
(suite de lTmpuimé.)
madrépores, des aslroïles et tous les petits animaux qui convertissent l’eau de la mer en pieri e, ont, à mesure qu’ils périssaient, abandonné leurs dépouilles et leurs ouvi'ages aux caprices des eaux; elles auront transporté, brisé, et déposé ces ^dépouilles en mille et mille endroits; car c’est dans ce même temps que le mouvement des marées et des vents réglés a commencé de former les couclies horizontales de la surface de la terre jiar les sédiments et le dépôt des eaux ; ensuite les courants ont donné à toutes les collines et à toutes les montagnes de médiocre hauteur des directions correspondantes, en sorte que leurs angles saillants sont toujours opposés à des angles rentrants. Nous ne répéterons (Xis ici ce que nous avons dit à ce sujet dans notre théorie de la terre, et nous nous contenterons d’assurer que celte disposition générale de la surface du globe par angles correspondants, ainsi que sa composition jiar couches horizontales, ou également et parallèlement inclinées, démontrent évidemment que la structure et la forme de la surface actuelle de la terre ont été disposées par les eaux et produites par leurs sédiments. 11 n’y a eu que les crêtes et les pics des plus hautes montagnes qui, peut-être, se sont trouvés hors d’atteinte aux eaux, ou n’en ont été surmontés que pendant un petit temps, et sur lesquels par conséquent la mer n’a point laissé d’empreintes : mais, ne pouvant les attaquer par leur sommet, elle les a prises par la base ; elle a recouvert ou miné les (larties inférieures de ces montagnes primitives; elle les a environnées de nouvelles matières, ou bien elle a percé les voûtes qui les soutenaient ; souvent elle les a fait pencher : enfin elle a transpoiTé dans leurs cavités intérieures les matières comhustibles provenant du délriment des végétaux, ainsi que les matir res pyriteuses, bitumineuses et minérales, pm’esou mêlées de terres et de sédiments de toute espèce.
KPÜUUES DK K.V xN'ATURK
(]’esl ici que Bulîon passe de l’aclion des eaux à celle du feu secondaire ou des volcans. U réunissait donc ainsi, cunnne je l’ai dil, p. 81, dans une seule ei)0<iue (la seconde), le sujet de trois époques distinctes (la seconde, la troisième et la quatrième).
Nous venons de voir comment il en a détaché la troisième, en retirant de la seconde tout ce qui était relatif à Yaction des eanx. Il fit de même pour la finalrième. Il sépai’a de la seconde tout ce qui se rapportait à Yaction des volcans.
Au reste, ce sujet des volcans, dont le développement fait, dans l’imprimé, une époque tout entière, était ici à peine indiqué. Biiffon n’y avait consacré que trois ou quatre pages que je crois devoir reproduire.
Je continue donc.
tls étaient autrefois (les volcans) en bien plus grand nombre, et leur action dépend de celle de l'eau contre le leu *. Comme ces hautes montagnes contiennent dans ieurs téiites perpendiculaires des pyrites et d’autres matières qui peuvent s’enllammer par la seule elTervcscence ; il est nécessaire (|iic le feu, produit par cette cause, s’entretienne et dure tant qu'il trouve des matières® qui peuvent lui servir d’aliment
(coniiEcnoNs faites i>aii euffo.n sun la coriF.)
‘ contre le feu. Ce.'^ volcans ont pu brûler dus le conimoncc-
inenl, niais sans explosion, car les matières qui leur servent d’ali-
incnl pouvant s’cnüainincr
- substances.
^ le nouirir.
llü
MANUSCRITS DE RUEEUN
mais s'il arrive que ce feu se choque coiilre l'eau qui est au pied et dans l'inlêrieur de la nionlagne, il eu résulte* les explosions, les cruplions cl tous les effets qui accompagueiit le travail et l'action des volcans. Nulle puissance, à rexci'i)tion de l'eau choquée par le feu , ne peut produire des niouveincnls aussi prodigieux.
Les observations confirment parfaitement ce que je dis ici de l'action des volcans; tous ceux qui sont maintenant en travail ou en action sont situés près des mers ; tous ceux - qui .sont éteints, et dont le nombre estbeancoup plus grand, sont placés dans le milieu des terres ou tout au moins à quelque distance de la mer, et quoique ceux ^ qui subsistent paraissent tous appartenir aux plus hautes montagnes, il en a existé beaucoup d'autres dans les collines et même dans les plaines'*, comme nous le démontrerons dans nos suppléments à la ^ Théorie de la terre. Mais la date de l'àge des volcans n’est pas pour tous la même; les premiers n’ont certainement agi qu’après l'établissement des eaux sur la terre, et peut-être même longtemps après; et à mesure ^ que les eaux se sont retirées de leur voisinage, ils se sont éteints , et il s'en est formé d’autres dans les terres dont la mer s’est approchée.
On pourra me demander quel est le temps où je 'suppose que les pyrites ® et les autres matières capables de s’enflammer par la seule effervescence ont été déposées dans le sein des montagnes. La réponse serait moins difficile, si l’on con-
(COnnECTIONS faites tau DUFFOiN Stn LA COPIE.)
' contre l'eau, il en résulte...
- .... la plus grande partie de ceux quii....
® ces volcans
^ les plaines. Mais la date... .
^ mais à mesure que
® Nous venons de supposer que le temps où les pyrites
Kl'ÜQUES DE LA NATUllE
naissait’ la composition intérieure d’un seul volcan; mais, jusqu'à présent, nous n’avons sur cela que de légers indices qui semblent seulement nous avertir qu’il y a des communications souterraines entre quelques-unes de ces bouches à feu, et que, quoique le foyer de leur embrasement ne soit qu’à une profondeur médiocre® au-dessous de leur sommet, il y a néanmoins des cavités qui descendent beaucoup plus bas, et que ces cavités, dont la profondeur et l’étendue nous sont inconnues, peuvent être en tout ou en partie remplies des mêmes matières que celles qui sont actuellement embrasées. On pourrait® donc rapporter à peu près au même temps la production des filons métalliques et celle des amas de tous les minéraux qui contribuent à l’embrasement des volcans. Mais il se pourrait aussi que plusieurs de ces matières, ayant besoin de l’intermède de l’eau pour se former , elles n’eussent été produites qu’aprês la chute des eaux sur la surface de la terre et qu’elles aient été entraînées avec elles dans les fentes et dans les cavités qu’elles occupent aujourd’hui. L’eau les y aura déposées et ensuite se sera retirée dans le temps de l’abaissement général des mers ; en sorte que ces matières n’auront commencé à entrer en effervescence que successivement et postérieurement à l’établissement des mers; ceci paraît assez clairement indiqué parles volcans éteints qui tous sont éloignés des mers, et par les volcans allumés qui tous en sont voisins.
Quoi qu’il ensoit,nous ne devons pas perdre de vue la division générale que nous avons donnée des matières terrestres, dont
(connECTioNs faite.s tau dcffon sur la coriE.)
^ ont été produites dans les cavernes cl dans le sein des
inonlagnes est a peu près le même que celui de la sublimation des métaux : nous en serions plus assuré si l’on connaissait....;
** ne soit peul-clre pas à une grande profondeur..;..
“ On peut donc
MANlISUmS l)E ÜUI'l’OiN
la piciiiiùre classe iTiilernie tontes celles qui ’ ont été produites par le fen primitif, c'est-à-dire tontes les substances solides et vilrescibles ('csqnelles l'établissement local a peu cbangé et forme le fond du filobe, ainsi que les noyaux et les pics de tontes les liantes montagnes. La seconde classe (onfent tontes les matières calcaires, c'est-à-elire toutes les substances produites par les coqn'llages et antres animaux de la mer; elles recouvrent d'assez grands espaces sur la surface de la terre-; elles .'■e trouvent aussi à d'assez grandes profondeurs; elles couvrent^ les bases des montagnes les plus élevées jusqu'à mille toises de liantenr^; et la t:oisième classe est celle des matières soulevées et rejetées par les volcans, dont quelquesunes paraissent être mêlées des deux premières, et d'autres ont subi sans mélange une seconde action du feu, qui leur a donné un nouveau caractère. On doit rapporter à ces trois classes toutes les substances minérales, et l'on peut, en les examinant reconnaître leur origine •*, ce qui suffit pour nous indiquer à peu prés le temps de leur formation; c;jr. comme nous venons de l'exposer, il parait clairement que
(cOlinECTIOXS FAITES TAI! IIEFFOX SUII LA COPIE.)
< îles volcans ; et ce temps a |, recède celui de faction de ces
mêmes volcans, et par consèipicnl ( elni de la formalion des laves et des autres matières qu’ils ont rejetées.
Nous devons rappeler ici la division générale que nous avons lailc de toutes les matières terrestres en trois classes: la première rciifcrnie celles qui
- .... elles s'étendent sur des provinces entières cl rormcnl même
d’asicz grandes contrées
^ environnent
•* jusqu'à une très-grande hauteur.
^ Nous rap[)orlonsà ces trois classes toutes les substances mine-
raies, [larcc qu’eu les examinaut
.. .. ou peut toujour^'reconuaîLre à laquelle de ces trois classe i elles apparlicnneul et par conséquent prononcer sur leur origine
Kl'OyUKS DK l,A N A TU U K HT)
loulos los niMtitVe.^ vilivsc.ibli's oui ôU' ^ prodiiiles par le feu priniilir, et (pie. par roitS('(pieiil leur Ibrinalioii apparlieiil au temps de notre sc'conde ('poque, tandis que la formation des matières calcaires n appartient qu'à des temps postérieurs^. Et comme dans les matières rejeU-es par les volcans on trouve tpielcjuelbis des substances calcaires, on ne peid •;u('*re douter que la Ibrmaliou de ces mêmes matières rejetées par les volcans ne soit aussi postérieure à la formation des matières calcaires.
Je prie que l’on reiiiarque la correclioii indiquée dans ravaul-deruière noie, la note 9 : « La furmalion des matières calcaires s'est faite dans des temps subséquents et doit être rapportée au commencement de notre tiioisième éi'Oque; » je prie que l’on se rappelle en même temps ces mots sur lesquels (p. 9‘2) j’ai appelé l’attention : « page 22 de la troisième époque, » et l’on verra clairement indiqué par Rrffon lui-même tout ce qu’il voulait détacher de la seconde époque (c’est-à-dire tout ce qui appartient à l’action des eaux) pour en former la troisième.
11 en retranchera de môme plus tard tout ce qui se rapporte à V action des volcans. 11 fera de ceci sa quatrième époque, — lorsque les eaux se sont reti-
(COIIIUCTIOXS FAITES PAU llUFFON SCP, LA COPIE.)
‘ matières vilrcscibles solides et ([ui ri'onl pas changé de naliiie ni de situation ont été produites
■'* . ... et que leur lormalion... .
“ .... la formation des matières calcaires s’est faite dans des temp.s sid)sé(|ucnls et doit èlro rapportée au commencemcnl do notre thoisième époque.
encore
MANUSCRITS DE BUFEON
rées et que les volcans ont commencé d’agir; — et dès lors il aura tiré d’une seule époque, la seconde, trois époques distinctes : la seconde, la troisième, et la quatrième.
Et de plus (ce qui était surtout l’objet qu’il avait en vue), chaque époque ne contiendra plus que des phénomènes de même ordre : la seconde que des phénomènes dus au feu primitif, la troisième que des phénomènes dus hV action des eaux, la quatrième que des phénomènes dus au feu secondaire, au feu des volcans.
Ces trois époques, tirées d’une seule, sont, à ne considérer ici que nos copies, le grand changement ou, pour mieux en parler, le grand progrès des idées de Buffon. J’ai reproduit ce grand changement dans toute son étendue; et, comme je l’ai déjà dit, il est tout entier renfermé dans notre première copie de la seconde époque. Les autres copies ne nous offrent que des modifications de détail.
Cela est particulièrement vrai de notre seconde copie (car j’ai déjà dit que nous en avions deux‘) de la
* Page 63. J’ai déjà dit aussi (p. 63) que nos copies n’étaient pas complètes. Notre première copie de la seconde époque n’a que vingt-sept pages ; notre seconde copie de la même époque n’en a que vingt. Dans ces deux copies, ce sont les dernières pages qui manquent; la copie de la troisième époque manque des premières et des dernières. La copie de la quatrième [cinquième de l’imprimé) est à peu près complète; la première copie de la sixième (sous le titre Ae cinquième) n’a que huit pages; et la seconde copie de cette même sixième époque (cette fois-ci sous son vrai titre de sixième) en a
ÉPOQUES DE LA NATURE
sccoudô tpoQVë. Il y R sans doute ici, coiTimc il y a toujours dans BufTon, de très-nombreuses modifications de mots, de phrases, de développements d’idées, mais l’essentiel, mais le fond en est partout conforme à l’imprimé.
Je puis en dire presque autant de notre copie de la troisième époque. Le fond en est conforme à 1 imprimé, à deux différences près cependant, et toutes deux très-dignes d’être notées.
1° Buffon conserve encore dans cette copie de la troisième époque, c’est-à-dire dans une époque où ne doivent se trouver que des faits relatifs à Vaction des eaux, les trois ou quatre pages sur les volcans de la première copie de la seconde époque (pages qui viennent d’être reproduites); mais, après les avoir fait transcrire, il les efface. Et ce n’est qu’à ce moment-là, au moment où il les efface, qu’il songe à sa quatrième époque ; l’époque où les volcans ont commencé d’agir.
T C’est dans cette copie de la troisième époque que se trouve la digression^ sur la difficulté de notre esprit à concevoir d’immenses durées de temps, digression que Buffon, comme je l’ai dit (p. 67), transporta plus tard de la troisième époque dans la première, regardant comme plus prudent de préve-
’ Voyez les p. CT et 08.
lie
MANUSCIilTS DE RUI'’FON
nir l’cflVoi de son lecteur sur ces Immenses durees que d’avoir à le dissiper.
Je passe .à la quatrième époque de nos copies {cinquième de l'imprimé), — lorsque les élépliuuls et les autres animaux du Midi ont habité les terres du ISord.
tlelte époque est l’une des plus remarquables par le spectacle nouveau qu’elle nous offre, celui des grands animaux du globe passant des terres du Nord dans celles dn l\lidi.
• On n’y voit qu’avec plus de regret le mélange des idées solides et des bjpothcses. C’est là,|)ar exemple, que Buffon se demande pourquoi les espèces du midi de l’un des deux continents sont tontes différentes de celles du midi de l’autre', et qu’il se fait cette singulière réponse, savoir, que les molécules orqaniques ont trouvé des moules dans le midi de l’ancien continent et qu’elles n’en ont pas trouvé dans le midi du . nouveau : « Les grands animaux sont arrivés du « Nord sur les terres du Midi; ils s’y sont nourris, « reproduits, multipliés, et ont par conséquent ab- « sorbé les molécules vivantes, en sorte qu’ils n’en « ont point laissé de superflues qui auraient pu forci mer des espèces nouvelles, tandis que, au con-
' Voyez, sur les animaux propres à cliacnn des deux coulinenl", l’une ciej plus belles vues de Üuiïou, mon Histoire de ses travanœ et de ses ide'es, )>. 153 (seconde Édition].
Kl'OQIIKS nii LA KATUP.E 1.7
« Irairc, dans les terres de l’Amérique niéridinnalo, « où les grands animaux du Nord n’ont pu pénéirer, « les molécules organiques vivantes, ne sc U'ouvaiiL « absorbées par ancnn moule animal déjà subsis- « tant, elles se seront réunies pour former des es- « pèces qui ne ressemblent point aux autres »
J’ai déjà dit que notre copie de cette époque est à peu près complèle'. Elle est aussi, pour le fond, très-semblable à l’imprimé.
Je n’ai guère vu qu’un point essentiel par où la copie diffère de l’imprimé. Ce point est celui qui concerne la création de l'homme.
Le lecteur peut se souvenir que j’ai cité (p. 75) quelques phrases de notre copie touchant cet objet. Je reproduis ici le passage entier qui s’y rapporte.
* Voyez la noie de la page 1 1 i.
(copie.)
11 reste celle de l’homme : a-t-elle été contemporaine à celle des animaux? Des raisons particulières semblent forcer à dire qu'elle s’est faite postérieurement à toutes nos époques; néanmoins l’analogie, les monuments et même la tradition nous démontrent, au contraire, que l’espèce humaine a suivi la même marche et date du même temps que les autres espèces, qu’elle s’est même plus universellement répandue, et que, si l’époque de sa création est postérieure à celle des animaux, l’homme n’a pas moins subi les mômes lois de nature, les mêmes altérations , les mêmes changements , et que la seule différence réelle qu’il y ait entre son espèce et les autres ne consiste point dans les facultés corporelles, mais provient uniquement de ce rayon divin qu’il a plu au Souverain Être de lui départir; en sorte que la matière se trouvant dans l’homme conduite par l’esprit. , il a souvent modifié les effets de la nature et trouvé le moyen de résister aux intempéries des climats; il a créé de la chaleur, lorsque le froid l’eut détruit. L’élément du feu, qu’il a su tirer artificiellement en choquant les matières les plus dures, l’a rendu plus fort et plus robuste qu’aucun des animaux, puisque cette découverte, due à sa seule intelligence, l’a mis en état de braver les tristes etfets du 1 efroidissement. D’autres arts, c’est-à-dire d'autres traits de son intelligence, lui ont fourni des vêtements et des armes, et bientôt il s’est trouvé le maître du domaine de la terre; ces mêmes arts, quoique encore très-simples, lui ont donné les moyens d’en parcourir toute la surface et de s’habituer partout, parce qu’avec plus ou moins de précautions, tous les climats lui sont devenus pour ainsi dire égaux. 11 n’est donc pas étonnant que, quoiqu’on ne trouve aucun des animaux des parties méridionales de notre continent dans l’autre, et que, réciproquement, il ne se trouve aucun des animaux des parlies méridionales du nouveau continent dans le nôtre.
ÉPOQUES UE LA NATUliE
(imprimé.)
Il reste celle de l'iiomme ; a-l-elle été contemporaine î\ celle (les animaux? Dtîs motils mijcurs et des raisons trc^s— solides se joignent ici pour prouver (pi’elle s’est laite postérieurement à tonies nos épocpics, et (pie l’homme est en effet le grand et dernier œuvre de la création. On nemanciuera pas de nous dire que l’analogie semble démontrer que 1 espèce humaine a suivi la même marche et qu’elle date du même temps que les autres espèces; quelle s’est même plus universellement répandue, et que si l’époque de sa création est postérieure à celle des animaux, rien ne prouve que l’homme n ait pas au moins subi les mêmes lois de la nature, les mêmes altérations, les mêmes cbangements. Nous conviendrons que l’espèce bumaine ne diffère pas essentiellement des autres espèces par ses facultés corporelles, et qu’à cet égard son sort eût été le même à peu prés que celui des autres espèces ; mais pouvons-nous douter que nous ne différions prodigieusement des animaux par le rayon divin qu’il a plu au Souverain Être de nous départir ; ne voyons-nous pas que dans l’homme la matière est conduite par l’esprit? il a donc pu modifier les effets de la nature; il a trouvé le moyen de résister aux intempéries des climats; il a créé de la chaleur lorsque le froid l’eut détruit : la découverte et les usages de l’élément du feu, dus à sa seule intelligence, l’ont rendu plus fort et plus robuste qu’aucun des animaux, et font mis en état de braver les tristes effets du refroidissement. D’autres arts, c’est-à-dire d’autres traits de son intelligence, lui ont fourni des vêtements, des armes, et bientôt il s’est trouvé le maître du domaine de la terre : ces mêmes arts lui ont donné les moyens d’en parcourir toute la surface et de s’habituer partout, parce qu’avec plus ou moins de précautions tous les climats lui sont devenus pour ainsi dire égaux. 11 n’est donc pas étonnant que, quoiqu’il n’existe aucun des animaux du midi de notre continent 'dans l’autre, l’homme