MANIISCIIITS DE DU F E ON
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I liomme .“îeul, c’esl-â-dire son cspôco, se trouve égiilemeni, iion-soiilement dans ces parties du globe qui paraissent avoir été totalement séparées relativement à la formation des animaux, mais encore dans toutes les parties froides ou chaudes de la surface de la terre; car, quelque part et quelque loin que l'on ait pénétré depuis la perfection de l’art de la navigation, l’homme a trouvé partout des hommes; les terres les plus disgraciées, les îles les plus isolées, les plus éloignées dos continents se sont trouvées peuplées, et l’on ne peut pas dire que ces hommes, tels que ceux des îles Mariannes ou ceux d’Otahiti et des autres petites îles situées dans le milieu des mers, à de si grandes distances de toutes terres habitées, ne soient néanmoins des hommes de notre même espèce, puisqu’ils peuvent produire avec nous, et que les petites différences qu’on peut remarquer dans leur nature ne sont que de légères variétés causées par l’influence du climat et de la nourriture..
Sans vouloir l’affirmer, nous présumons donc, d’après notre hypothèse, que l’espèce humaine est aussi ancienne que celle des éléphants, que pouvant supporter le môme degré de chaleur, et peut-être même un degré encore plus fort, l’homme aura pénétré avant les animaux vers les contrées méridiona- ^ les, mais que son premier séjour a été tixe et constant dans les terres du Nord, que c’est dans ces mêmes terres où sont d’abord nés les arts de première nécessité, et, bientôt après, les sciences également nécessaires à l’exercice de la puissance de l’homme et sans lesquelles il n’aurait pu former de sociétés, ni compter sa vie, ni commander aux animaux, ni se servir autrement des végétaux que pour les hrouter. C’est surtout dans le haut pays des terres de la Sibérie, du Thibet et des autres pai'ties élevées de l’Asie que me paraît avoir été formée la première société d'hommes, déjà assez instruits, assez multipliés, pour en avoir senti la nécessité. Nous donnerons dans
liPOQUES DE EA N AT U UE
(IMI'IIIMÉ.)
seul, c’osl-îwlirt" son csihho, so Iroiivc é^!il(’nienl dans celle U'crc isolée de rAmériciiie méridionale, qui paraît n avoir en aucune part aux premières formations des animaux, et aussi dans tontes les parties froides on chaudes de la surface de la terre; car quelque part et ciuelque loin que l'on ait pénétré • depuis la perfection de l'art de la navigation, riiomme a trouvé partout des hommes : les terres les plus disgraciées, les îles les plus isolées, les plus éloignées des continents, se sont presque toutes trouvées peuplées ; et l'on ne peut pas dire que ces hommes, tels que ceux des îles Mariannes ou ceux d Otahiti et des autres petites îles situées dans le milieu des mers à de si grandes distances de toutes terres habitées, ne soient néanmoins des hommes de notre espèce puisqu'ils peuvent produire avec nous, et que les petites différences qu'on remarque dans leur nature ne sont que de légères variétés causées par 1 influence du climat et de la nourriture.
Néanmoins, si l'on considère que l'homme, qui peut se munir aisément contre le froid, ne peut au contraire se défendre par aucun moyen contre la chaleur trop grande; que même il souffre beaucoup dans les climats que les animaux du Midi cherchent de préférence, on aura une raison de plus pour croire que la création de l'homme a été postérieure à celle de ces grands animaux. Le Souverain Être n’a pas répandu le souffle de vie dans le même instant sur toute la surface de la terre ; il a commencé par féconder les mers et ensuite les terres les plus élevées, et il a voulu donner tout le temps nécessaire à la terre pour se consolider, se figurer, se refroidir, se décoiuTir, se sécher et arriver enfin à l'état de repos et de tranquillité où l’homme pouvait être le témoin intelligent, l’admirateur paisible du grand spectacle de la nature et des merveilles de la création. Ainsi, nous sommes persuadés, indépendamment de l’autorité des livres sacrés, que l’homme a été créé le derni(‘r, et ((u’il n’esi veuu prendre le sceptre de la lerre c(ue
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la suite un grand nombre de laits qui concourent à prouver que toutes les connaissances humaines, qui supposent de l’élude, sont venues de ce climat et se sont répandues à la ronde, c'est-à-dire à l'Orient, à l’Occident et au Midi; carie derrière du Nord est toujours demeuré sans culture, par laraison particulière qu’il était couvert par les mers pendant tout 1’e.space de temps où la chaleur douce faisait tleurir la nature dans les continents voisins, et que les terres qui aboutissent aujourd’hui aux mers boréales n’ont été abandonnées par les eaux que très-longtemps après celles de la Sibérie, qui sont beaucoup plus élevées. Les sciences et les ails avaient donc déjà fui de leur première patrie et s’étaient répandues presque en même temps du Thibet à la Chine et aux Indes, de la Sibérie en Perse et en Europe, et jusqu’en Éthiopie, et même chez les Atlantes en Mauritanie; mais elles ne se sont point établies dans les terres plus septentrionales', parce que la mer ne les a quittées que pour les laisser exposées à l’inclémence de l’air et à la trop grande rigueur du froid. Les hommes, à la vérité, s’y sont habitués, mais postérieurement à leur migration dans tous les climats plus heureux, et l’on voit combien ils ont dégénéré dans ces terres nouvelles et trop froides. Quelle différence du Samoyède, du Lapon, du Groenlandais, de l’Esquimaux, aux hommes des terres méridionales 'ou tempérées, et si l’on doit souvent dans l’histoire naturelle se laisser conduire par les analogies et par les inductions, n’aurons-nous pas raison de présumer que dans ces premiers temps voisins de l’origine de la nature vivante , et dans ces mêmes terres qu’ont habitées les premiers éléphants et les hippopotames, dont les défenses et les dents sont d’une si prodigieuse grandeur, les hommes n’aient ausS, comme ces animaux, reçu de la nature plus de force de corps et plus d’étendue dans ses dimensions? La mémoire des races des géants paraît s’être conservée jusqu’à nos premières traditions écri-
ÉPOQUES DE LA NATURE (imprimé.)
quand elle s’esl trouvée digne de son empire. 11 parait iiéannioins que son premier séjour a d’abord été, comme celui des animaux terrestres, dans les hautes terres de l’Asie, que c’est dans ces mêmes terres où sont nés les arts de première nécessité, et bientôt après les sciences, également nécessaires à l’exercice de la puissance de l’homme, et sans lesquelles il n’aurait pu former de société, ni compter sa vie, ni commander aux animaux, ni se servir autrement des végétaux que pour les brouter. Mais nous nous réservons d’exposer dans notre dernière époque les principaux faits qui ont rapport à l’histoire des premiers hommes.
'21 MANUSCRITS DK CUKI'ON
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les, puisqu'elles en font mention. Le grand âge qu'elles donnent aux premiers liommes s'accorde assez avec la plus grande taille que nous leur supposons; mais nous discuterons elexjjoserons plus au long tout ce qui a rapport à l’histoire ancienne del homme dans notre dernière époque, et nous terminerons celle-ci par nue seule rénexion, c est que son corps ayant été soumis par le Créateur aux mêmes lois, aux mêmes effets de nature que ceux des animaux, il a dû, dans les commencements, avoir avec eux les mêmes rapports de naissance, de développement et de durée, c’est-à-dire être comme eux beaucoup plus fort, plus grand et plus vivace qu’il ne l'est aujourd'hui.
J arrive à nos deux copies de la sixième époque, — lorsque s est faite lu séparation des continents. — De ees deux copies, la première, sous le litre, qui ne devait pas rester, de cinquième'^, n’a que huit pages; la seconde, sous son vrai titre de sixième, en a vingtsix.
Les huit pages de la première de ces deux copies sont presque tout entières delà main de Buffon, et évidemment de premier jet. Du reste, presque tout ce qui est de la main de Buffon a passé dans la seconde, et delà seconde dans l’imprimé.
Les vingt-six pages de la seconde copie ont suhi Bien des modifications, bien des additions, bien des suppressions de délail; mais le fond en est essentiellement le même que dans l’imprimé; et c’est par cette raison que j’ai cru inutile de la reproduire.
* Voyez cc. ((lie j’ai dit, p. 63 cl 70.
HISTOIRE DES OISEAUX
Je fais, pour le manuscrit de l’Histoire des oiseaux, ce que j’ai fait pour celui des Époques de la nature.
1“ Je reproduis la rédaction première de Bcxon;
‘i" Je mets en îsotes les corrections de Ruffon ;
Kt 3° je place, en regard de la rédaction première de Bcxon, la rédaction définitive et dernière de Biiffon, ou l'imprimé.