I.I-: Si:CRKXAIRE
(hüffon.)
Cet oiseau, considérable par sa grandeur autant que remarquable par sa figure, est non-seulement d’une espèce nouvelle, mais d’un genre isolé et singulier au point d’éluder et même de confondre tout arrangement de méthodes et de nomenclature; en même temps que ses longs pieds désignent un oiseau de rivage, son bec crochu indiquerait un oiseau de proie ; il a, (lour ainsi dire, une tête d’aigle sur un corps de cigogne ou de grue ; à quelle classe peut donc appartenir un être dans lequel se réunissent des caractères aussi opposés? Autre preuve que la nature, libre au milieu des limites que nous pensons lui prescrire, est plus riche que nos idées et plus vaste que nos systèmes.
LES RAnGES.
(BDFFON.)
Ile tous ces êtres légers sur lesquels la nature a répandu tant de vie et de grâces, et qu’elle paraît avoir jetés à travers la grande scène de ses ouvrages, pour animer le vide de l’espace
(COIIRECTIONS DE BUFFON.)
peut donc appartenir
' se réunissent
^ . . . caractères aussi opposés?
* De tous ces êtres légers sur lesquels
- et qu’elle parait avoir jeté
" et la parure, les, oiseaux de marais sont ceux qui ont eu . . .
MANl’SCR ITS DE flEFFON
pour l’amour et pour la liberté, ceux qui ont le moins de part à ces dons, les moins doués de cet instinct exquis donné aux volatiles, ceux enfin dont le naturel parait le plus borné, le sens le plus obtus, sont tous ces oiseaux qui vivent à l’entour des marécages*, qui cherchent leur jiàture sur la vase ou dans la terre fangeuse; comme si“, attachées au premier limon, ces espèces n’avaient pu prendre part au progi'ès plus heureux et plus développé qu’ont fait successivement Imites les autres parties® de la nature, développemenis étendus et embellis encore dans la nature cultivée, et auxquels ces habitants des marais sont restés nécessairement étrangers.
En effet, aucun d’eux n’a la gaieté ’ des oiseaux de nos champs; ils ne savent point, comme ceux-ci, s’égayer, se réjouir ensemble, on ne voit point entre eux® de doux ébats sur terre ni dans les airs; leur vol n’est qu’une fuite, une traite rapide d’un froid marécage à un autre.