I.ES PEE-VIEHS
(UE.XO.V.)
De tous les animaux qui se plaisent rassemblés Mes oiseaux sont ceux en qui cet instinct social parait dominer davantage®, qui forment de plus grands attroupements, qui vivent plus léunis, entre lesquels semble mieux établie cette communauté de goûts, de projets, de plaisirs * sur laquelle se fondent l’amour'* mutuel et la liaison générale®, ceux enfin qui, avec le
(COnRECTIO.N.S DE IILFI'0.\.)
“* Et dès lors la superstition
où ce culte, plus vil qu’aucun autre, a fait partie des religions absurdes, l’Égypte paraît être celle
® ce fait, attesté par tous les monuments
' prouve.
® où l’homme fut le plus longtemps
*' nuisibles.
' De tous les animaux qui aiment à se rassembler et se plaisent à
demeurer en troupes, les oiseaux
® Non-seulement leurs attroupements sont plus nombreux et leur réunion plus constante que celle des quadrupèdes, mais il semble que ce n’est qu’aux oiseaux seuls qu’appartient cette communauté. . .
IIISTOIHE DES OISEAUX
où les espèces nuisibles, trop puissantes et trop nombreuses, entouraient l'homme solitaire, isolé, dénué d'armes et des arts nécessaires à l’exercice de ses forces ? Ces mêmes animaux, devenus depuis ses esclaves, étaient alors ses maîtres, ou du moins des rivaux redoutables ; la crainte et l’intérêt firent donc, naître des sentiments abjects et des pensées absurdes, et bientôt la superstition, recueillant les uns et les autres, fit également des dieux de tout être utile ou nuisible.
L’Égypte est l’une des contrées où ce culte des animaux s’est établi le plus anciennement et s’est conservé, observé le plus scrupuleusement pendant un grand nombre de siècles ; et ce respect religieux, qui nous est attesté par tous les monuments, semble nous indiquer que, dans cette terre, les hommes ont lutté très-longtemps contre les espèces malfaisantes.
PLXJVlbRS.
(üüFFON.)
L’instinct social n’est pas donné à toutes les espèces d’oiseaux ; mais, dans celles où il se manifeste, il est plus gi’and, plus décidé que dans les autres animaux; non-seulement leurs attroupements sont plus nombreux et leur réunion plus constante que celle des quadrupèdes, mais il semble que ce n’est qu’aux oiseaux seuls qu’appartient cette communauté dégoûts, de projets, de plaisirs et cette union des volontés qui fait le lien de l’attachement mutuel, etle motif de la liaison générale ; cette supériorité d’instinct social dans les oiseaux suppose d’abord une nombreuse multiplication, et vient ensuite de ce
(connECTioNs de hoffon.)
’■ lie plaisirs, et celle union de volonlés qui fait le lien de . .
■* l’allachemenl.
■’ générale : celle supériorilé d’inslincl social dans les oiseaux
vient de re qu’ils onl plus de moyens
yiANlJSClUTS DE liliFFUN
plus de moyens et de facilités de se rapprocher, de se i-ejoiridre, de demeurer, de voyager ensemble®, paraissent connaître le plus de ces grandes lois de société qui’ supposent dans l’espèce un plan dirigé et des vues réunies®, et produisent, entre les individus, la connaissance, l’affection® et les douces habitudes.
En effet, si nous considérons *® le peu de sociétés établies entre les quadrupèdes, ou réunis à l’écart dans l’état sauvage, ou rassemblés avec indifférence sous la verge de l'homme et attroupés en esclaves, nous ne pourrons les comparer aux grandes sociétés des oiseaux, formées par goût, continuées par amour établies sous les auspices de la haute liberté.