I..A FRÉCATE
(bexon.)
Le plus vite des navires qui cinglent sur les mers’ a donné son nom au plus rapide des oiseaux qui planent sur leurs flots * . La frégate est® de tous ces navigateurs ailés celui dont le vol est le plus fier, le plus puissant et le plus étendu ; balancée sur des ailes d’une prodigieuse longueur,, sans presque leur donner de mouvement sensible, elle* semble nager paisible-
(connEciioNs de buffon.)
“ ensemble, ce qui les met à portée de connaître mieux les
grandes
’ qui, dans toute espèce, supposent un plan
® concertées.
® l’affection, la confiance et les douces habitudes de l’imion,
de la paix et de tous les biens qu’elles procurent.
’® En effet, si nous considérons les sociétés libres on forcées des animaux quadrupèdes, soit qu’ils se réunissent furtivement et à l’écart dans l’état sauvage, soit qu’ils se trouvent rassemblés avec indifférence ou à regret sous la verge de l’homme, et attroupés en domestiques ou en esclaves.
” affection
pleine
histoire RES OISE.VI X
qu'ils ont plus (le moyens et de facilités de se rapprochér, de se rejoindre, de demeurer et voyager ensemble, ce qui les met k portée de s’entendre et de se communiquer assez d’intelligence pour connaître les pr(îmières lois de la société, qui. dans tonie espèce d’èlres, ne peut s établir que sur un plan dirigé par des vues concertées. C’est cette intelligence qûiproduir entre les individus l’affection, la confiance et les douces habitudes de l’union, de la paix et de tous les biens qu’elle procure. En effet, si nous considérons les sociétés libres on forcées des animaux quadrupèdes, soit qn ils se réunissent furtivement et à l’écart dans l’état sauvage, soit qu’ils se trouvent rassemblés avec indifférence ou regret sous l’empire de l’homme, et attroupés en domestiques ou en esclaves, nous ne pouiTons les comparer aux graiides sociétés des oiseaux, formées par pur instinct, entretenues par goût, par affection sous les auspices de la pleine liberté.
FRÉGATC.
(duffon.)
Le meilleur voilier, le plus vite de nos vaisseaux, la frégate, adonné son nom à l'oiseau qui vole le plus rapidement elle plus constamment sur les mers; la frégate est, en effet, de tous ces navigateurs ailés, celui dont le vol est le plus fier, le plus puissant et le plus étendu : balancé sur des ailes d’une prodigieuse longueur, se soutenant sans mouvement sensible, cet oiseau semble nager paisiblement dans l’air tranquille pour attendre l’instant de fondre sur sa proie avec la rapidité d’un
(connECTioNs de uiteon.)
' Le ineiltciir voilier de nos vaisseaux , la frégate, a donné son nom
- sur les mers.
■ L’oiseau frégate est en effet de tous ces navigateurs ailés
se soutenant sans mouvement sensible, ta frégate semble...
JIAMtjCRlTS DI' BUl'I'O.X
meiiL dans l'air», fond sur sa proie avec la rapidité d’un trait ou, légère comme les vents «, s’élève jusqu’aux nues, et va chercher le calme en s’élançant au-dessus des orages.
L'ANHIIVGA.
(liEXON.)
Si la régularité des formes, la justesse des proportions, l’ac- ( 01 d et 1 ensemble des parties * donnent aux animaux ce qui fait à nos yeux la grâce et la beauté, si leur rang* est marqué auprès de nous à proportion qu’ils savent plaire; pour qu’ils soient chers à la nature, il lui suffit qu’ils puissent vivre : elle nourrit également au désert la jolie et svelte» gazelle et le difforme chameau* ou la gigantesque girafe; elle lance à la fois (lans les airs l’aigle superbe et le bideux vautour, cache» sous l’herbe mille générations d’insectes sous les formes les plus bizarres, et en dérobe encore dans l’abîme des eaux de plus eti anges; elle admet les composés les plus disparates en apparence pourvu que par une secréte correspondance de parties, ils puissent subsister et se reproduire ; c’est ainsi que, sous la foi me de feuilles, elle lait vivre les mantes, que sous une coque sphérique, pareille a celle d’un fruit, elle emprisonne les oursins, qu elle filtre la vie et la ramifie, pour ainsi dire, dans les branches de l’étoile et de la méduse ®, qu’elle aplatit en marteau la tète de la zygène et arrondit en boule épineuse le corps entier de l’orbis^.
(oonnECTio.NS de duffon.)
..... quand, à l’instant, elle fond sur sa proie avec la rapidité d’un trait, et lorsque les airs sont agites par la tempête, légère. . .
® le vent.
' de toutes les parties
■ si leur rang près de nous n’est marqué que par ces carac-
tères, si nous ne les distinguons qu’autant qu’ils nous plaisent, la nature ignore ces distinctions, et il suffit pour qu’elle les chérisse qu’ils puissent exister et se multiplier.
HISTOIRE DES OISEAUX
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Intil, et lorsque les airs sont agités par la tempête, légère romnie le vent, la frégate s’élève jusqu’aux nues, et va chercher le calme en s’élançant au-dessus des orages.
1,’AIVHIKGA..
(duffon.)
Si la régularité des formes, l’accord des proportions et les rapports de l’ensemble de toutes les parties donnent aux animaux ce qui fait à nos yeux la grâce et la beauté ; si leur rang près de nous n’est marqué que par ces caractères ; si nous ne les distinguons qu’autant qu’ils nous plaisent, la nature ignore ces distinctions, et il suffit pour qu’ils lui soient chers qu’elle leur ait donné l’existence et la faculté de se multiplier; elle nourrit également au désert l’élégante gazelle et le difforme chameau, le joli chevrotain et la gigantescpie girafe; elle lance à la fois dans les airs l’aigle superbe et le hideux vautour ; elle cache sous terre et dans l’eau mille générations d’insectes de formes bizarres et disproportionnées ; enfin elle admet les composés les plus disparates, pourvu que par les rapports résultants de leur organisation ils puissent subsister et se reproduire ; c’est ainsi que sous la forme d’une feuille, elle fait vivre les manies, que, sous une coque sphérique, pareille à celle d un fruit, elle emprisonne les oursins, qu’elle filtre la vie et la ramifie, pour ainsi dire, dans les branches de l’étoile de mer, qu’elle aplatit en marteau la tête de la zygène et arrondit en globe épineux le corps entier du poisson-lune.
(COKnKCTIONS DE DIFFOX.)
■’ au désert l’élégante gazelle
* le joli chevrotain et
Z elle cache, sous terre et dans l’eau, mille générations
il insectes de formes bizarres; enfin elle admet les composés les plus disparates, pourvu que, par les rapports résultant de leur organisation, ils puissent
“ de l’étoile de mer, qu’elle aplatit
' . ... du poisson-lune.
MANUSCRITS DE CÜFFON
IhS
LE COEHEIS.
(dexox.'
Dans rhisloire des animaux, les noms romposés de sons imilalifs qui rendeni les voix, les chanis, les cris, sont, toujours reconnaissables; ce sont',. pour ainsi dire, les noms de la nature : aussi sont-cc ceux que l’homme a imposés les ju’emiers; les langues sauvages sont pleines ^ de ces noms donnés par instinci ; et le goût, qui n'est qiùun instinct plus exquis, les conserve pins ou moins aux langues polies®, dont la plus belle, comme la plus ancienne, la grecque, est la plus riche de ces mots d’harmonie qui la rendeni si pittoresque, qui parlent sans cesse à l’imagination et peignent en nommant. Tel est celui d'élorios dans lequel nous reconnaissons le courlis, que la courte phrase d’Aristote n’aurait pas suffi pour distinguer, et que caractérise indubitablement ce nom imitatif de son cri, que notre nom de courlis veut imiter aussi....