‹ Des manuscrits de BuffonChapitre 47 sur 141 · L.C PÉLICAIV · texte numérisé non relu

L.C PÉLICAIV

(DlFFON.)

Le pélican est plus remarquable, plus intéressant pour un naturaliste par la hauteur de sa taille et par le grand sac qu’il porte sous le bec, que par la célébrité fabuleuse de son nom, consacré dans les emblèmes religieux des peuples ignorants; on a représenté sous sa figure la tendresse paternelle se déchirant le sein pour nourrir de son sang sa famille languis-

(connECTioNS de buffon.)

sans ce nom, pour le distinguer des autres oiseaux. Les noms français courlis, curlis, lurlis, sont aussi des sons imitatifs du cri de cet oiseau.

’ plus remarquable, plus in léressant pour un naturaliste par

la hauteur de sa taille et par le grand sac qu’il porte sous le bec que I ar la célébrité fabuleuse de son nom, consacré dans les emblèmes .eligieux des peuples ignorants. On a représenté la charité sous sa figure, et la tendresse paternelle.se déchirant le sein pour nourrir de son sang sa famille languissante; mais cette fable. ....

K'O MA^’ÜSCRITS DE ItUFFON

cette fable, qiîe les Égyptiens racontaient déjà du vautour », convient mal à un oiseau pêcheur, qui vit plus qu’aucun autre dans l’abondance, et auquel la nature a donné de plus* * qu’à tous un sac dans lequel il porte et met en réserve le produit* de sa pêche, toujours très-considérable. -

LEïj UIROiXlDELLES K>E MER.

(beïon.)

Malgré des différences essentielles dans la forme du bec et des pieds, c’est avec raison qu’on a donné le nom d’hirondelles de mer‘ à une petite famille d’oiseaux pêcheurs», à longues ailes et à queue fourchue, qui, par leur vol constant à la surface des eaux, représentent assez bien sur la plaine liquide les allures de l’hirondelle de terre dans nos champs et autour de nos demeures. Non moins agiles et aussi vagabondes, les hirondelles de mer*, dont quelques-unes vivent sur nos lacs et nos rivières, d’une aile rapide rasent les flots, longent les côtes et enlèvent en volant ou en se posant légèrement sur l’eau, les petits poissons qui font leur proie, sans les poursuivre à la nage, quoique leurs pieds soient garnis de membranes ; mais, à la vérité, ces membranes sont moins pleines et plus retirées entre les doigts que dans les vrais oiseaux nageurs : comme si la na-

(cOimECTIONS DE BDFFON.)

ne devait pas s’appliquer au pélican qui vit dans. . .

qu’aux autres oiseaux pêcheurs un grand sac

toujours très-considérable de sa pêche.

* Dans le grand nombre de noms transportés pour la plupart

sans raison des animaux de la terre à ceux de la mer, il s’en trouve quelques-uns d'assez heureusement appliqués, comme celui d’hirondelle, qu’on a donné

* pêcheurs qui ressemblent aux hirondelles par leurs longue^

ailes et leur queue fourchue et qui par leur vol

* . . . . les hirondelles de mer rasent les eaux d’une aile rapide et

IIISTOIIIK l>ES 01SEM>:

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vaille ; mais i^ette fable, que les Égyptiens racontaient déjà du vautour, ne devait pas s’appliquer au pélican qui vit dans l’abondance, et auquel la nature a donné de plus qu’aux aulres oiseaux pécheurs une grande poche dans laquelle il porte et met en réserve l’ample provision du produit de sa pèche.

tJEa lIlBONDF.I.I^ES MER.

(DLFFOX.)

Dans le grand nombre de noms transportés pour la plupart sans raison des animaux de la terre à ceux de la mer, il s’en trouve quelques-uns d’assez heureusement appliqués, comme celui d’hirondelle qu’on a donné à une petite famille d’oiseaux pêcheurs, qui ressemblent à nos hirondelles par leurs longOes ailes et leur queue fourchue, et qui par leur vol constant à la surface des eaux représentent assez bien sur la plaine liquide les allures des hirondelles de terre dans nos campagnes et autour de nos habitation^ : non moins agiles et aussi vagabondes, les hirondelles de mer rasent les eaux d’une aile rapide et enlèvent en volant les petits poissons qui sont à la surface de l’eau , comme nos hirondelles y saisissent les insectes ; ces rapports de forme et d’habitudes naturelles leur ont fait donner, avec quelque fondement, le nom àliirondelles, malgré les différences essentielles de la forme du bec et de la conformaliondespieds, qui, dansleshirondellesde mer, sont garnis depetiles membranes retirées entre les doigts, et ne leur servent pas

(C0RRECTr0N.S DE BUFFOX.)

enlèvent, en volant, les petits poissons qui sont à la surface de l’eau, comme nos hirondelles y saisissent les insectes ; ces rapports de forme et d’habitudes naturelles leur ont fait donner, avec quelque fondement, le nom d’hirondelles de mer, malgré les différences essentielles de la lorme du bec et de celle des pieds; car les hirondelles de mer les ont garnis de petites membranes retirées entre les doigts et ne s’en servent pas pour nager; il semble que la nature n’ait confié ces oiseaux qu’à la puissance de leurs aile.»

Iü2

MAiNUSCIUTS f)F. ItüFrON

ture confiaiL plutôt ceux-ci à la puissance de leurs ailés, qui sont extrêmement longues et échancrées comme celles de l’hil'ondelle de lerre ou du martinel, et dont riiirondelle de mer fait le. môme usage pour planer, cingler, plonger, caracoler ^ en l’air, élancer, rabaisser son vol, le couper, le croiser de mille manières, suivant que le c^aprice, la gaieté ou la proie fugitive dirigent ou entraînent l’oiseau

tAZ IIEC-EIV-C'ISEACX.

(IIFXON.)

Le genre de vie elles habitudes naturelles ne sont point dans les animaux un produit de liberté, niun résultat de choix* , mais* les effets nécessaires de la conformation, de l’organisation et des® facultés physiques. Fixés •* chacun à la manière de vivre i|ue cette nécessité leur prescrit, nul ne cherche®, nul ne peut chercher à s’en écarter; et c’est cette nécessité même qui peuple et anime tous les districts de la nature. L’aigle ne quitte point ses rochers L non plus que le héron ses rivages; l’un fond du haut des airs sur l’agneau qu’il enlève et® déchire® du droit des serres cruelles; l’autre, le pied dans la fange, attend, à l’ordre

(comiECTIOSS DE BUFEON.)

* de nos hirondelles, et dont ils font le même us.ige

■’ plonger d.ins l’air, en élevant, rabaissant, coupant et croi-

'antleur vol de mille et mille manières

® lîi gaieté ou l’aspect de la proie fugitive dirigent leurs mou-

vements.

' ' Le genre de vie, les habitudes et les mœurs ne sont pas aussi libres, qu’on pourrait l’imaginer, dans les animaux; leur conduite n’est pas le produit d’une pure liberté do volonté, ni même un résultat de choix

® mais c’est un effet nécessaire et résultant de la conformation. . .

. ... et de l’exercice de leurs facultés

' déterminés et fixés

leur impose et prescrit

lllSTOIRr. RES OISEAUX

pour nager, car il semble que la nature n’ait confié ces oiseaux i|u'à la puissance de leurs ailes, qui sont extrêmement longues et échancrées comme celles de nos liirondelles; ils en font le même usage pour planer, cingler, plonger dans l’air en élevant, rabaissant, coupant, croisant leur vol de mille et mille manières, suivant que le caprice, la gaieté, ou l’aspect de la proie fugitive dirigent leurs mouvements.

f,Ti BECVKiV-tlSKAtJX.

(BUrFOS.I

Le genre de vie, les habitudes et les mœurs dans les animaux ne sont pas aussi libres qu'on pourrait l'imaginer; leur conduite n’est pas le produit d’une pure liberté de volonté ni même un résultat de choix, mais un effet nécessaire qui dérive de la conformation, de l’organisation et de l’exercice de leurs facultés physiques : déterminés et fixés chacun à la manière de vivre que cette nécessité leur impose et prescrit, nul ne cherche à l’enfreindre, ne peut s’en écarter ; c’est par cette nécessité, tout aussi variée f|uc leurs formes, que se sont trouvés peuplés tous les districts de la nature; l’aigle ne ((uitte point ses rochers, ni le héron ses rivages ; l’un fond du haut des airs sur l’agneau qu’il enlève ou déchire par le seul droit que lui donne la force de ses armes, et par l’usage qu’il fait de ses seiTcs cruelles; l’autre, le pied dans la fange, attend, à l’ordre du besoin, le passage de la proie fugitive ; le pic n’ab.an-

(connEciiONs de dcffo.'i.)

nul ne cherche à l’enfreindre ni même à s’en écarter, et c’est

par cette nécessité, tout aussi variée que leurs formes, que se sont

trouvés peuplés tous les districts

' I/aigle ne peut quitter ses rochers ni le héron .....

" ou.

par le seul droit que lui donne la force de ses armes et

par l’usage qu'il fait de ses serres

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