‹ Des manuscrits de BuffonChapitre 48 sur 141 · MA NUS CUITS DE U UE FO N · texte numérisé non relu

MA NUS CUITS DE U UE FO N

clii besoin, le passage de la proie fugitive, (pii souvent trompe sa patience souffrante le pic ne peut sortir du fond des bois ni abandonner le tronc des arbres à l’en tour desquels il lui est ordonné de vivre; la barge doit rester dans ses marais “ et y chercher sa nourriture; l’alouette, gîtée dans les guérets, est lidèle à suivre les sillons ; et, pour ne pas sortir ici du genre des oiseaux, ne voit-on pas ceux qui vivent de graines chercher les pays habités, suivre le progrès des cultures et ne se plaire dans les champs que sur la trace du laboureur, tandis que ceux dont la subsistance est préparée dans les baies sauvages et les petits fruits des bois, constants à nous fuir, ne (piittent point les retraites écartées au plus sombre des forêts nu au plus escarpé des montagnes, où ils vivent loin de nous et seuls avec la nature C’est ainsi que sous l’ombre épaisse des sapins, et au milieu des myrtilles, elle retient la gelinotte et le tétras, qu’elle défend au merle solitaire de descendre de son rocher et qu’elle ne donne au loriot, pour répondre à ses cris, que les échos des bois ; on même temps elle envoie l’outarde sur les terres élevées et les friches arides; elle cache le râle au fond le plus frais et le plus herbu de la prairie, elle remplit nos vergers du petit peuple léger des vives et gaies fauvettes; et, comme pour nous prouver que ce que nous croyons nous être le plus approprié dans son empire n’en reste pas moins sous son domaine, elle nous charge de loger sous nos toits

(connECTioNs de DurroN.)

Le pic n’abandonne jamais la tige des arbres à l’entour de laquelle il lui est ordonné de ramper

“ marais, la fauvette dans ses bocages, — l’alouette dans

les sillons; et ne voyons-nous pas tous les oiseaux granivores chercher les pays habités et suivre nos cultures, tandis que ceux qui préfèrent à nos grains les fruits sauvages et les baies, constants à nous fuir, ne quittent pas les bois et les lieux escarpés des montagnes. . .

la nature qui d’avance leur a dicté scs lois; elles retiennent la gelinotte sous l’ombre épaisse des sapins, le merle solitaire

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IIISTOIIIE DES OISEADX

donne jamais la ti^e des arln-es, à renloni- de laquelle il lui est ordonné de vainper; la barge doit rester dans ses maiais, ralouello dans ses sillons, la fauvette dans ses bocages ; et ne voyons-nous pas totis les oiseaux granivores chercher les pays habités et suivre nos cultures? tandis que ceux qui préfèrent à nos gi-ains les fruits sauvages et les baies, constants à nous fuir, ne quittent pas les bois et les lieux escarpés des montagnes, où ils vivent loin de nous et seuls avec la nature qui d'avance leur a dicté ses lois et donné les moyens de les exécuter; elle relient la gelinotte sous l’ombre épaisse des sapins, le merle solitaire sur son rocher, le loriot dans les forêts dont il fait retentir les échos, tandis que l’outarde va chercher les friches arides et le râle les humides prairies : ces lois de la nature sont des décrets éternels, immuables, aussi constants (pie la forme des êtres ; ce sont ses grandes et vraies propriétés quelle n’abandonne ni ne cède jamais, même dans les choses que nous croyons nous être appropriées, car, de riuelque manière que nous les ayons acquises, elles 'n’en restent pas moins sous son empire; et n’est-ce pas pour le démontrer ([u’elle nous a chargés de loger des laites importuns et nuisibles, les rats dans nos maisons, rhirondelle sous nos fenêtres, le

(cOlillECTIOXS DE ÜUFFON.)

sur son rocher, le loriot dans les forêls dont il fait retentir les échos, tandis que, par les mêmes lois, l’outarde va chercher les friches arides et le râle les humides prairies; ces lois sont des décrets éternels, immuables, aussi constants que la forme des êtres, qui dans chaque espèce est toujours la même; ce sont les grandes et vraies propriétés de la nature qu’elle n’abandonne ni ne cèdejamais, même dans les choses que nous croyons nous être appropriées; de quelque manière que nous les ayons usurpées, elles n’en restent pas moins sous son empire; et n’cst-ce pas pour nous le démonlrer qu’elle nous a chargés de loger des hôtes importuns ou nuisibles, les rats dans nos maisons, l’hirondelle sous nos fenêtres, le moineau sur nos toits, et lorsqu’elle amène la cigogne au haut de nos vieilles tours eu ruine

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