‹ Des manuscrits de BuffonChapitre 50 sur 141 · I.AVOCETTlî · texte numérisé non relu

I.AVOCETTlî

(UÜFFON.)

Les oiseaux à pieds palmés ont presque tous les jambes courtes; l’avocette les a très-longues, et cette disproportion, qui

(cOBRECTIOÎiS DE BUFFON.)

' si mênie quelques-uns d’entre eux

ne peuvent que par instants troubler leur repos et leur liberté.

' Les oiseaux à pieds palmés ont, presque tous, les jambes courtes; l'avocctte les a très-longues, et cette disproportion qui suffirait, presque seule, pour distinguer cet oiseau des autres palmipèdes, est accompagnée d’un caractère encore plus frappant par sa singularité. c’est le renversement du bec; sa courbure

MANUSCRITS DE BüFFON

pédes el nageurs; mais celte disproportion de ses jambes est encore moins frappante que le renversement de son bec, dont la courbure rebroussée en haut® Irace un® arc relevé dont le centre est au-dessus de la tête; sa substance** est tendre et presque membraneuse à la poinle, mince», faible, comprimé horizontalement, incapable d’aucune défense et® presque également d'aucun effort. Ce bec de l'avocette paraît être une de ces erreurs, ou, si l’on veut, de ces essais de la nature au delà desquels elle n’a pu passer sans détruire ellemême son oiuTage, cars supposant à ce bec un degré de courbure de plus®, il devient comme impossible à l'oiseau de saisir ni d’atteindre aucune sorte de nourriture, et l’organe donné pour la subsistance ^ produit en effet la destruction. L’on- doit donc regarder le bec de l’avocette conune rexlrème des modèles qu’a pu tracer, ou du moins conserver la nature* *®, el comme le trait le plus écarté, et pour ainsi dire le • plus saillant hors de la masse des formes sous lesquelles elle a dessiné la physionomie des oiseaux.

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