‹ Des manuscrits de BuffonChapitre 55 sur 141 · DAUBENTON · texte numérisé non relu

DAUBENTON

premiers toiidemeiits de cette science dans l anti- •[intéj mais, dans les temps modernes, il a fallu toutrecommencer, tout revoir; et, pour rattraper Aristote, il a fallu arriver jusqu’à Cuvier.

L’anatomie comparée moderne compte trois épo- • ((lies nettement marquées : celle de Perrault et Duverney, celle de Daubenton et celle de Cuvier.

Louis XIV avait établi à Versailles une ménagerie. Ln 1(399, année même du renouvellement de l’Académie des sciences, il fut décidé quêtons les animaux ([ui mourraient à Versailles seraient mis a la disposition des anatomistes de la Compagnie pour être disséqués et décrits. Ce travail revint à Perrault et à Duverney : à Perrault pour les descriptions, et à Duverney pour les dissections.

Üuverney ‘ était le plus grand anatomiste de son temps, du moins en France ; il avait mis l’anatomie à la mode, à ce que dit’ Fonteiielle ; c’est bien fort, mais que ne peut le talent? et il paraît que, comme [U’ofesseur, il en avait un admirable. Claude Perrault" avait une capacité qui embrassait beaucoup de choses, et les plus diverses : profond anatomiste, savant médecin, architecte de génie ; on lui doit la colonnade

' Uuvcniuy (.loscpli-Guicliard), iié à Feurs, eu E’oi'ez, en 1048, mort ù Paris en 1730. Membre de l’Académie des sciences (1670), prol'es- 'cur au .lardin royal (16711).

* Perrault (Claude), né à Paris en 1613, moi'l en 1688. Nommé membre de l’.Vcadémie des sciences eu 1666.

LtAUbENTUN

du Louvre, ce qui n'a pas empêché les deux vers de . Boileau ;

Vous êtes, je l'avoue, ignorant médecin,

Mais non pas habile architecte;

et cela parce que Boileau s’élail brouillé avec Charles Perrault^ à l’occasion de la fameuse querelle sur les anciens et les modernes.

Ce qui caractérise les Jlémoires- de Perrault et de Duverney, c est l’esprit d’exactitude et de précision, esprit qui n’avait point encore paru dans les études de ce genre et qui dès lors était celui de l’Académie, où, dit Perrault, « l’amour de la certitude prévaut sur toute autre chose ; » mais, du reste, nulle méthode, nul plan ; ce sont des anatomies individuelles, et qui se succèdent selon qu’en décide le hasard des animaux qui périssent.

Les Mémoires de Perrault et de Duverney sont le premier pas assuré qu’ait fait l’anatomie comparée moderne, üaubenton lui en fit faire un second. Non, à la vérité, qu’il ait mis plus de méthode dam la série de ses descriptions; il suivait Buffon, et Buffon n’en avait pas. Buffon commence par les animaux qu’il connaît le mieux, et les seuls alors qu’il connaisse : \echevcd, ïâne, le bœuf, la chèvre, etc.; il n’a eu

' l’errault (Charles), frère du précédent. Ké à Paris en 1628, mort en nos. Membre de l’Académie française en 1671. Auteur du Parallèle des anciens et des inodenies, des Contes de fées, etc., etc.

- Mémoires pour seroir U riiistoire nalurelle des animaux.

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