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La grande histoire des quadraijèdes élanl lermi- -r née, Rnflon permit an libraire Panckoncke d’en l'aire une petite édition, d'on tonte la parli(“ anatomique (ut retranchée. Cette exclusion blessa Danbenton . 11 refusa son concours à Vhisloire des oiseaux ; et cette histoire y perdit son point d’appui le plus solide. Aussi, (pielque bien écrite qu elle soit dans toute son étendue, quelle que soit môme la vaiâété d'un style dn a trois auteurs différents, n’a-t-elle jamais pris dans la science le rang qn’y occupe, et ne cessera jamais d y occuper, l'histoire des quadrupèdes : c’est que, en effet, elle ne donne que la superficie de l’être et n’en donne pas la structure.
Devenu maître de son temps, Danbenton multiplia ses propres travaux. En 1762, il Int un Mémoire à l’Académie sur des os et des dents remarquables par leur (jrandeur. C’est le titre du Mémoire. Tout le monde sait que les grands os trouvés dans la terre ont longtemps passé pour des os de géants. Danbenton lit voir que ces prétendus os de géants ne sont que des os de grands quadrupèdes : à'eléphants^ de rhinocéros, d'hippopotames, etc. Il ne distinguait pas encore, il est vrai, ces espèces perdues d’avec les esjièces vivantes; il ne distinguait pas encore ces espèces-là de celles qui en ont été plus tard séparées, comme le mastodonte, comme le dinothérium, etc. ;
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il conmiençait; mais ce qui prouve à quel point allait,
- eu ce genre, sa sagacité, c’est qu’il reconnut dans un os conservé au garde-meuble de la couronne comme une curiosité singulière, comme l’os de la jambe d'un tjéant, un radius de girafe, bien qu’il n’eût jamais vu de girafe. M. Cuvier appelle cela un tour de force en anatomie.
— En 1764, il lut un autre Mémoire, et non moins important, sur la situation du trou occipital dans l’homme et les animaux. Personne n’avait remarqué encore que la cause principale qui détermine l’attitude verticale de l’iiomme et horhontale des animaux lient à la situation du trou occipital, ou, ce qui revient au môme, car l’ime de ces choses se donne par l’autre, à la manière dont se fait l’articulation
, du tronc avec la tète. Dans l’iiomme, le trou occipital est placé au milieu de la base du crâne ; il est placé tout à fait en arrière du crâne dans les quadrupèdes; il occupe une position moyenne entre ces deux-là dans l’orang-outang.
. 11 suit de là que l’homme seul peut se tenir debout,
parce qu’il a seul alors la tête en équilibre sur le tronc; dans les quadrupèdes elle pencherait trop en avant ; elle y pencherait ti’op encore dans l’orangoutang. L’homme seul est donc fait pour la station verticale ; le quadrupède est fait pour l’attitude horizontale, et l’orang-outang pour une attitude mi-partie de ces deux-là : il ne peut marcher sur ses deux pieds
n.VUBENTON
qu’aidé d'un bâton ; et, dès qu’il veut marcher un peu vite ou courir, il retombe aussitôt sur quatre.
M On n’avait, dit M. Cuvier, que des idées vagues « sur les différences de 1 homme et de 1 orang- « outang ; quelques-uns regardaient celui-ci comme « un homme sauvage; d’autres allaient jusqu’à prête tendre que c’est l’homme qui a dégénéré, et que « sa nature est d’aller à quatre pattes. Daubenton « prouva, par une observation ingénieuse et décisive « sur l’articulation de la tête, que l'homme ne « pourrait marcher autrement que sur deux pieds,
« ni l’orang-outang autrement que sur quatre ^ »
Je passe sur plusieurs Mémoires de Daubenton, d’un intérêt moins général ; je les indique, d’ailleurs, dans une note®.; et je viens à ses expériences sur l’amélioration des laines de nos troupeaux.
« Jusqu’à présent, dit Daubenton, on n’a pu faire « des draps fins qu’avec la laine achetée chez les Es- « pagnols ; mais cette nation, qui a déjà établi assez « de manufactures pour employer toutes ses soies, ne « manquera pas de garder toutes ses laines, dès que
’ Eloffe historique de Daubenton.
* Sur des espèces de chauves-souris qu’il avait découvertes eu France; Sur une nouvelle musaraigne; Sur l’animal qui donne le musc ; Sur des organes singuliers de la voix de quelques oiseaux étrangers; Sur la structure et V accroissement du palmier, etc. Il y a plusieurs articles de lui dans la première et dans la seconde Encyclopédie 11 y a encore de lui un Tableau méthodique des minéraux, etc. <( Ce Tableau, dit l’auteur, a été exposé en manuscrit dès « l’année lll'd, dans la salle du Collège royal, pendant mes leçons : « on en a lire beaucoup de copies... »