I-IÈCES JUSTIFICATIVES
« De ce qu’il se lève des écaille.? qui se délaclicut de l i surlace du fer, je pense, comme vous, monsieur, qu’on ne doit pas en conclure qu’il se fasse de pareilles exfoliations dans l’intérieur comme sur l’extérieur ; c’est, comme vous le dites très-bien, le contact de l’air qui détaebe et trempe ces écailles, et, quand même ces exfolialions se feraient en plus grande quantité, elles ne nuiraient point à la parlaile réunion des pièces que l’on soude ensemble, puisque ces écailles sont du fer pur. Je l’ai vu et n’en ai jamai? doute, vos expériences le confirm ni, et il suffirait d’approcher un aimant de ces écaillés pour convaincre ceux qui voudraient le nier. Au reste, ce que vous dites dans votre mémoire des fers à nerfs et à grains est aussi très-bien vu et conforme aux expériences que j’ai faites et suivies moi-même sur la composition et décomposition du fer, matière que personne n’entend, et qui cependant est de la plus giande importance.
a J’ai l'honneur d’être, avec toute l’estime et lousles sentiments que vous pouvez désirer de moi, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
«Büffon.
« Monlbard, le 15 novembre 1707. »
p.^ge LU Le rencontrant un jour à Marhj, ma-
dame de Pompadour lui disait: Vous êtes un joli parçon, monsieur de Duffon, on ne vous voit jamais
11 ne s’adressa jamais pour lui-même à mad me de Pompadour. Une seule fois il réclama son intervention; ce fut en faveur de Daubenlon.
IMKCIÎS JliSimr, \TIVK>.
<■'' Il nchelciit des terrains, des hôtels, des
collections, faisait abattre, planter, bâtir, payait de ses deniers, et, sur ses notes, l'État remboursait
Les papiers de BiifToii nous en ont laissé des preuves.
Voici une Suscription écrite par lui : « Cette boete contient les mémoires et fiuitlances des ouvriers qui ont travaillé pour le Jardin du roi depuis 1749 jusqu'en 1787, et qui n’ont pas été produits pendant le ministère de monsieur d’Argeuson ; tous les mémoires et quittances peuvent être regardés comme inutiles, à moins qu’on ne l’cclierclie mes héritiers sur la dépense dont ils sont les pièces justificatives.
« Au Jardin diu'oi ce premier juin mille sept cent soixantedeux.
« De Büffon. »
Extrait d’un registre écrit en entier de la main de Buffon.
« 11 m’est dù par le roi une somme de soixante et quinze mille sept cent soixante-dix livres, sept sols, que j’ai avance pour la culture du jardin et l’entretien du cabinet du roi pendant l’aunée 1786, et dont j’ai remis l’état, ainsi que les pièces justificatives dedépenses, à M. le baron de Breteuil, qui m’eu a fait expédier une ordonnance de cette somme au mois île mai'S 1787 pour en être payé au trésor royal, cy 7-5,770 liv. 7 s.
« Reçu en mai et juin 1787i
IMÈCES JUSTIFICATIVES.
« 11 m’est dû pnr le roi une somme de quarante et un mille quatre cent trenlc livres, dix-huit sols, neiil deniers, que j’ai avancée pour renlrelien du jardin et cabinet dn roi pendant rannee 1786, et dont j’ai remis l’étal, ainsi que les pièces justificatives, à M. de la Cbapelle le i‘2 mai 1787, cy 41 ,450 liv. 18 s. 9 d.
« M. de la Chapelle, par sa lettre du 17, me marquequ’il a envoyé celte ordonnance en finance.
« Reçu à compte, le 17 jnill. 1787, la somme de 21 ,4501. 18 s. 9 d.
c( Reste 20,000 liv.
« 11 m’est dû par le roi une somme de quatre-vingt-douze mille trois cent quatre-vingts livres, que j’ai avancée pour les nouvelles constructions et acquisitions pendant les six premiers mois de l’année 1787, dont j’ai envoyé l'état des dépenses, ainsi que les pièces justificatives, à M. de la Chapelle le 5 août pour obtenir une ordonnance de remboursement, cy 92,580 liv. «
Page Lix. Dans une lettre adressée à la nièce de Montbelliard, confidente habituelle de ses faiblesses
Quelques passages des lettres nombreuses de Buffon à madame Daubenton-Boucheron justifieront ce mot.
11 lui écrit dn Jardin du Roi le 50 novembre 1772 (son fils, âgé de finit ans, était resté à Monlbard) : «J’ai l'eçii, ma très-chère belle amie, avec le plus grand plaisir, votre charmante petite lettre où j’ai trouvé des nouvelles de
tout ce que mon cœur aime, vous et mon fils » Dans la
lettre suivante : « Si vous pouvez mener de Semur M. Ballet, vous me ferez plaisir; il restera près de mon fils jusqu’à
PIÈCES JUSTIFICATIVES
mou reloiir Je m’amuse avec vos petils lévriers; vous
aurez le mari et la femme Je vous remercie de ce que
vous avez dit à M ; sou témoignage peut faire du
bien à 1a réputation de mes forges. C’est vous, bonne amie, qui savez faire les choses à propos, et l’à-propos pour vos amis est de tous les jours, de tous les moments où il est question d’eux, parce qu’ils sont dans votre cœur, et ce cœur est aussi honnête et aussi sensible que l’esprit qui l’anime est vif et délicat. Ceci sans compliment et en toute vérité. »
A son retour à Paris le 4 novembre 1773, Bulïon, qui
avait mis son fils au collège, écrit ; « J’ai trouvé mon
fils très-bien portant et mieux qu’il n'était à tous égards; il m’a demandé de vos nouvelles, et c’est beaucoup pour sa petite tête qui ne pense encore à l'ien *.
« J’ai vu aussi le fils de Mussy, dont j’ai été fort content. J’ai déjà parlé au docleur (Daubenton); mais ce n’est pas dans une première conversation qu’oii peut tirer de lui quelque chose de positif » '
* Buffon lils à madame Daubenton.
« Madame et chère bonne amie,
« Je me trouve très-bien au collège ; je suis à cet instant auprès de mon papa ; je dîne chez lui. Je vous prie de m’envoyer le plus profnplement que vous pourrez des nouvelles de Vinchepils, qui signifie en français, jeu du vent ou lévrier, et du pauvre petit chevreuil. S’il est mort, cachetez, je vous prie, votre lettre de noir.
« Adieu, ma chère bonne amie; bien mes respects à tous mes bons amis et mes bonnes amies; adieu encore une fois. Je vous souhaite une bonne santé, et vous demande permission de ;vous embrasser.
« Ce dimanche 1772. •
PIÈCES JUSTIFICATIVES
a Je lâcherai d’échauffer le dodeur, dit-il dans une antre lettre; mais vous le connaissez, il ne prend rien à cœur. »
A quelques jours de là, il écrit encore :
« 11 paraît que MM. Danhenton seraient hien aises de vous voir dans ce pays-ci; mais vous savez, ma hoime amie, qu’ils ne sont ni l’im ni l’autre bien ardents sur rien. Je verrai les femmes, et je verrai de leur inspirer de vous appeler on du moins de vous désirer. »
Le grave vieillard ne trouve qu’indulgence pour les fantaisies de la jeune femme.
« Partez, chère bonne amie, et partez tout de suite pour lejoliBeaune (lien natal de madame Danb.nton); quittez le vilain Monthard pour aller à la chai-mante nojc où mon cœur vous accompagnera et jouira par moitié de tonte la satisfaction que vous y trouverez »
Il lui avait écrit précédemment :
« Ma santé est encore moins bonne ici dans le beau Paris qu’au vilain Montbard; ainsi je retournerai le plus tôt possible, et j’espère, bonne et toute aimable amie, que je n’aurai pas le guignon d’arriver après votre départ pour la noce; mais, quand même elle me ferait ce tort qui n’est pas petit, j’y pren lr.d et pivnds dès à présent le plus grand intérêt, car votre satisfaction, ma chère enfant, fait une grande partie de mon bonheur. »
Au moment du départ pour le joli Beanue, il écrit ;
« Biles-moi aussi, jour par jour, bonne amie, votre marche et les lieux que vous habitez; je donnerais toute
l'iftCliS .lUSTIFICATIYES
ma science pour savoir seulement on vous êtes, et tous mes papiers pour un billet tle vous où serait tout ce qui ne s écrit pas. Arlieu, belle amie; je ne puis vous rien dire au delà de ce que vous connaissez de mes sentinieiits; ils seront aussi durables que les charmantes qualilés qui vous les ont acquis. »
10 décembre 1773.
« Quinze a vingt lieues dont vous vous êtes rapprochée en«rcvenant à Monibard, chère bonne amie, me font déjà un si grand effet de plaisir, rpie je ne puis mesurer celui que je ressentirais si vous vous déterminiez à faire cinquante lieues de plus. Je vous ai adressé, en attendant, une petite boîte qui vous arrivera mardi 4 par le carrosse, dans laquelle vous trouverez du rouge et la boîte pour le mettre, avec quelques petits pots de pom-
: iinie candide, personne nette et fraîche
n’a pas besoin de parfums; mais le petit nez si fin les aime; j’espère qu’il les agréera, et j’y joins pour votre cœur l’hommage, le don de tout le mien. Aujourd hui lin d année, demain commencement de l’an, et pour toutes les fins, tous les commencements des jours et des ans qui s’épuiseront [ilutôt que mes sentiments pour vous, la plus digne et la plus aimable des amies. i>
31 décemlirc 1775.
En effet, neuf années plus lard, Buffon écrivait encore à madame Daubeiiton.
« fin fait au premier jour do l’an un nouveau contrat
l'IÈCES JUSTll'lG.VTlYES
avec la vie; mais, avec un ancien ami, il n’est pas besoin de faire nn pacte nouveau : tous les jours sont égaux quand les sentiments sont toujours les mêmes. Aimer constamment est nue rare vertu ; apprenez de bonne heure cette morale à jolie Betzy; vous m’avez fait grand plaisir de me donner de ses nouvelles; je la baise et vous embrasse bien sincèrement. La fêle d'hier s’est passée sans tumulte et sans accident, grâce aux grandes précautions qu’avait prises M. le lieutenant de police. La reine est embellie de sa couche : un Dauphin produit gloire et santé; sa première couche avait un peu flétri sa beauté; celle-ci paraît l’avoir augmentée.
« J’écrirai dans quelques jours à mon frère; faite.s-lui mes amitiés, ainsi qu’à M. et madame Nad.iull.
« Paris, au Jardin du Itoi, 22 janvier 1752.
« V. S. J'oubliais de vous dire que les observations sur les cygnes me sont arrivées trop fard. Je n’ai pas répondu dans ce temps à votre cher oncle, parce (pie j’espérais pouvoir les employer; mais inalheui eiisement les bonnes feuilles de cet article du cygne étaient entièrement tirées. Au reste, les observations s’accordent assez bien avec celles (pie j’ai recueillies d’ailleurs. J’écrirai an preinier jour au cher oncle ])onr le remercier d’une lettre charmante qu’il a en la bonté d’écrire à mon fils Adieu, très-chère amie; dites quelque chose pour moi à votre chère tante, qui est aussi ma bonne amie. »
Madame Daubenton-Bouchcron devint veuve et reçut cette dernière lettre :
PIÈCES JUSTIFICATIVES
« Soyez un peu plus tranquille, ma chère bonne amie; vous aurez la fielilc recette des crus que je ne croyais pas qu’on pût donner à une femme, et que dans cette même idée nia sœur m’avait demandée pour sou fds. Soyez bien sûre que je n’ai cessé de m’occuper de vos intérêts, et que j’ai déjà des espérances d’obtenir (pielque chose, tant sur la place de maire que sur la recette du grenier. Ainsi prenez courage, mon enfant; rappelez auprès de vous votre gentille Betzy; vous la soigneivz mieux même pour sa santé. Tâchez d’éloigner, s'il est possible, la nomination de sou curateur; il est essentiel, dans la circonstance présente, de ne le pas nommer de sitôt. Adieu, chère amie; vous serez peut-être plus heureuse que vous ne l’avez jamais été.
« Au Jardin du Roi, 20 mars 1785. a
Page Lxi. Déjà pour Bnffon la vieillesse arrivait, maü elle arrivait pleine d'autorité...
Dans sa Bourgogne, il se voyait honoré selon ses vœux. Le l®'' aoiU 1776, il écrit au président de l’Académie de Dijon :
« L’Académie, monsieur, ne me doit aucun remercîment, tandis que je lui dois tout attachement et respect. Je chercherai donc toutes les occasions de lui témoigner ces sentiments, et je suis très-aise rju’elle ait reçu avec bonté le buste et les creusets que j’ai pris la liberté de lui offrir. Je ne puis aussi, monsieur, que vous maïquer ma reconnaissance en particulier de l’estime et de l’amitié
l-lKCliS .IliSTlK ICATlVIiS
(|uc vous voulez bien m’accorder, et vous supplie d être persuade du retour de la Hueuiie et du tres-siuceie alUicliemeiit avec lequel j’ai 1 honneur d èire, monsieur, voire très-humble et Irès-obéissaiit serviteur,
(I BdFFOiN. »
M Le 0 août 1775 (dit iM. Girault, dans son recueil de « Lettres inédites, déjà cité), M. de Biiffon présida la « séance de l’Académie où fut faite riuauguraliou du « salon de ses séances publiques. En 1776, il envoya a « l’Académie son buste en terre, ouvrage du célèbre Pa- « jon, avec les creusets nécessaires pour le reproduire et le '( nndliplier.
(( Lorsque l’Académie fut supprimée par le décret du (I 8 août 1793, ce buste fut déposé à la bibliothèque de « la ville, où il est encore. »
Page I.XXV Sa fierté ne lui permettant de vendre
que ses doigts.
Tout le monde sait qiie .Ican-Jacqncs gagnait sa vie à copier de la musique.
Page I.XXIX. Cette affaire n’eut pas d’autre suite fâcheuse que d’en entendre parler
Dans les manuscrits de Bulfon, se ti’ouvent ;
Une copie des objections de la Soi bonne contre Bufibu;
Et un projet de réponse ébauché par Bexon.
Ces deux pièces m’ont paru avoir assez d’intérêt pour être reproduites.
PIECES .ICSÏinCATIVES
PUOPOSITIÜiNS EXTRAITES DES ÉPOQUES DE LA NATURE.
Tome IX, page 495 L II l'aiiL rappoiier à cette première époque ce que j’ai écrit de l’état du ciel dans mes mémoires sur la température des planètes ; toutes au cornviencement étoient hriUantes et lumineuses; cliacunc Ibrmoit un petit soleil.
, Page 496. Le globe terrestre, lumineux et chaud comme le soleil, u’a perdu que peu à peu sa lumière et sou leu.
• Page 499. - Ou petit croire que la po[iululioii de la mer eu animaux n’est pas plus aiicienuc que celle de la terre eu végétaux.
Page 528. Dans ce même temps, oit les terres élevées
* De mon édition de tîulTdn, édition que j’al toujours citée diiiis CO volume.
PIÈCES J ÜSTI l' ICATl VES
TEXTE DE L'ÉCaiTUUE ET OBJECTIONS.
Moïse dit :
« In priiicipio creavit Deus cœliitn et terrain. Terra au- (( tem erat inanis et vacua, et tenebræ erant super facicm « abyssi... »
Ainsi le premier état de la terre ne fut pas d’être lumineux.
tl
y 12. « Protulit terra berbam virentem... lignum fa- « ciens fructuin, etc. , et factum est vespere et niaue Dies « tertius. »
y 22. « Creavit Deus cete et otnnem animam viventem « quam produxerunt ac|uic. .. et factum est Dies quintus. »
On doit donc croire la population de la terre en végétaux,