‹ Des manuscrits de BuffonChapitre 64 sur 141 · TEXTE DE I, 'ÉCRITURE ET OBJECTIONS · texte numérisé non relu

TEXTE DE I, 'ÉCRITURE ET OBJECTIONS

•le la manière dont il a éié détruit par des incursions d’hommes féroces, dont les terres étaient trop refroidies, etc... Que de siècles n’a-t-il pas fallu pour produire tontes ces différentes révolutions, d’après les calculs les plus modéi és, ceux que donne lui- même M. de Buffon, qui pour la seule période lunisolaire demande trois mille ans d’observations? Ce nombre de siècles est bien au-delà de la chronologie la plus longue de l’Écriture.

M. de Buffon, ne comptant que quatre mille cent ans depuis le déluge, recule la création beaucoup au-delà de l’épocpie consignée dans l’Ecriture.

D’après le calcul des Septante, cjui est le plus long, le déluge est arrivé l’an du monde 2142. Ainsi il y a eu tout au plus deux mille ans depuis la création jusqu’au déluge. Dans riiypolhèsc de M. de Buffon, il faut y ajouter plusieurs milliers d’années : car, depuis le déluge en remontant à la création, il admet d’abord six mille ans jusqu’à la séparation des continents, auxquels il faudra encore ajouter le temps nécessaire pour former ce peuple puissant de l’Atlantide dont la submersion a opéré la séparation des continents.

2® Le déluge dont parle l'Écrilnre est restreint par M. de Buffon à l’Arménie et l’Égypte, tandis que l’Écriture nous le décrit universel. « Multiplicatæ sunt aquæ... vehementer « inundaverunt... omnia repluerunt in superficie terræ... « aquæ prevaluerunt nimis super terram... operti sunt « montes omnes excelsi sub nniverso cœlo... quindecim

PIÈCES JUSTIFICATIVES

PROPOSITIONS EXTRAITES DES ÉPOQUES DE LA NATURE

M. de Buffon, avant d’expliquer le chapitre premier de la Genèse, produit quelques principes généraux sur la manière d’entendre l’Ecriture.

Page 475. Plus j’ai pénétré dans le sein de la nature, plus j’ai admiré et profondément respecté son auteur; mais un respect aveugle seroit superstition; la vraie religion suppose au contraire un respect éclairé...

Page 474. Loin de manquer à Dieu en donnant à la matière plus d’ancienneté qu’au monde tel qu’il est, c’est au contraire le respecter autant qu’il est en nous, en conformant notre intelligence à sa parole ; en effet, la lumière qui éclaire nos âmes ne vient-elle pas de Dieu? Les vérités qu’elle nous présente peuvent-elles être contradictoires avec celles qu’il nous a révélées? 11 faut se souvenir que son inspiration divine a passé par les organes de 1 homme, que sa parole nous a été transmise dans une langue pau-

PIÈCES JUSTIFICATIVES

‘2<iô

TEXTE DE l’ÉCRITDUE ET OBJECTIONS.

« cubilis alliol- fuit aqua super montes quos operuerat...

« operuerimt aquæ terram centum quinquagenta diebus. » G.,1. IQ-etc.

3“ Le déluge de Noé, selon M. de Buffou, est aii moins insinué n’avoir rien de plus mémorable que ceux d Ogygès et de Deucalion; il est dit n’avoir été qu’une inondation passagère, qui n’a pas changé la surface de la terre; c’est ce qui ne s’allie point avec la fureur des eaux animées par la main du Tout-puissant pour être les ministres de la vengeance la plus terrible qui ait jamais ete exeicéc.

Ces principes d’observation quand même ils serviraienl , aux vérités physiques, tendent par leur généralité à anéantii l’autorité de l’Écriture, tout physicien pouvant d’après eux négliger toujours le sens le plus clair, le plus suivi de l’Écriture, lorsque ce sens ne s’alliera pas avec un système qu’il prétendra démontré par des observations qu’il aura faites et dans lesquelles cependant il aura pu se tromper, ainsi que dans les inductions qu’il en aura pu tirer.

Les physiciens que M. de Buffon, dans sa première théorie, a réfutés par l’autorité de Moïse (Whiston, Leibnitz, lUirnet) et tous ceux qui imagineraient de nouveaux systèmes, ipielque contraii'cs (pi’ils fussent à l’Écriture, pourroient employer les memes défenses.

La parole de Dieu serait contradictoire ou inintelligible, etc... La parole nous a été transmise dans une langue pauvre, etc.

PlÈr.ES JlISTIFrCATlYES

PROPOSITIONS EXTRAITES DES ÉPOQUES DE LA NATURE

Vie, dénuée d’expressions précises pour les idées abstraites

Page 476. La parole de Dieu seroit contradictoire ou inintelligible, si nous n’admettions point l’existence de ces premiers temps antérieurs à la formation du monde tel qu’il est.

Page 476. Toute raison, toute vérité venant également de Dieu, il n’y a de différence entre les vérités qu’il nous a révélées et celles qu’il nous a permis de découvrir par nos observations et nos rechercbes. que celle d’une première faveur faite gratuitement à une seconde grâce qu’il a voulu différer.

Page 477. Les vérités de la nature ne dévoient paroître fpi’avec le temps, et le souverain Être se les réservoit comme le plus sur moyen de rappeler l’homme à lui lorsque la foi, déclinant dans la suite des siècles, seroit devenue chancelante.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

TEXTE PE I,’Ér.niTURE ET OBJECTIONS.

Il Y a d’autres différences entre les vérités révélées et relies que nous découvrons par nos observations. Ce qu’on appelle vérité physique, connue par des observations, n’est pas aussi certain que les vérités que Dieu nous révèle, ou du moins ne l’est pas toujours.

Les vérités de la nature ne sont pas le plus sûr moyen de rappeler l’homme à Dieu, témoin les philosophes dont parle l’Âpôlre dans son épître aux Romains. « Qui cum co- (I gnovissent Deum, non sicut Deum glorificaverunt. » Ce n’est pas par la physique, mais par une révélation nouvelle que Dieu a réformé le monde. Eh! comment les vérités physiques seroient-elles le phis sûr moyen, lorsque M. de Buffon avoue lui-même (page 476) « qu’il n’y a qu’un petit « nombre d’hommes auxquels les vérités physiques et as- '( tronomiques soient assez connues à n’en pouvoir douter, « et qui puissent en entendre le langage. «

PIÈCES JUSTIFICATIVES

PllOPOSlTIONS EXTRAITES DES ÉPOQUES DE LA NATURE.

Page 478. Une vérité nouvelle est une espèce de miracle; l'efièt en est le même, et elle ne diffère du vrai miracle qu’en ce que celui-ci est un coup d’éclat que Dieu frappe immédiatement et rarement, au lieu qu’il se sert de l’homme pour découvi'ir et manifester les merveilles dont il a rempli le sein de la nature, etc...

TEXTE DE l'ÉCKÏTLTiE ET OBJECTIONS,

C’est ôter au miracle sa force probante, anéantir ses elfets, que de lui comparer, de lui assimiler ce qu on appelle une vérité nouvelle de physique; celle ci n’est jamais aussi certaine, elle n’a point une fin aussi déterminée que celle pour laquelle le miracle est fait, elle n’est pas à la portée de tout le monde, au lieu que le miracle, le vrai miiacle, frappe et a la force de convaincre les plus ignorants comme les plus savants,

On ajoute, pour finir ces observations, que 1 ensemble du svstème proposé dans l’ouvrage des Époques de la uatuve ne s’accorde en rien avec ce qui est rapporté dans le premier chapitre de la Genèse.

Les différentes époques deM. de Bulfon n’ont aucun rapport avec les différents jours de la création, ni pour l’ordre du temps ni pour les circonstances des faits, et cependant M. de Buffou avoit dit en 1751 ; « Je déclare que je n’ai « eu aucune intention de contredire l’Écriture... que je « crois très-fermement tout ce qui est rapporté sur la créait tion, soit pour l’ordre des temps, soit pour les circon- (( stances des faits, et que j’abandonne ce qui, dans mon (( livre, regarde la formation de la terre, et en général tout « ce qui pourroit être contraire à la narration de Moïse. »

Le système des époques est-il présenté comme une pure hypothèse ou comme une véritable assertion? Pour résoudre

l'iftr.ES niSTIF ICATIYES

TEXTE nE I,’ÉCniTURE ET OBJECTIORS.

cette question, il faut distinguer ce qui est dit dans cet ouvrage de la première formation des planètes, et ce qui est dit des révolutions par les([uelles elles (surtout la terre) ont passé.

M. de Bnfibn (page 487) demande seulement qu'on se contente de conclure avec lui que, « si Dieu l'eût permis,

« il se pourroit, par les seules lois de la nature, que la terre (( et les planètes eussent été formées comme il le dit (par • « le clioc d’nne comète qui les eût détachées du soleil). »

Mais pour les révolutions de la terre qui ont suivi .sa première formation et que M. deBuffon appelle les Époques, ce sont des faits qui appartiennent à l’iiistoire de la terre, faits ensevelis, à la vérité historique desquels il faut remonter par la seule force des faits subsistants; c’est un passé ancien qu’il faut juger par les faits, par les monuments, par les traditions, moyens qui ne peuvent servir à une pure liy[)Othèse, d’une chose possible dans un autre ordre; ce sont des faits prouvés dans toute la rigueur qu’exige la plus stricte logique, d’abord à priori...] 2® ah actii...] 5“ à posteriori.

D’ailleurs les seuls efforts que fait M. de Buffoii pour concilier ses Époques avec le récit de Mo'ise prouvent qu’il |)rétend parler de l’organisation passée de la terre.

PIÈCES .lUSTIFICATIVRS

Page 1