‹ Des maternités; étude sur les maternités et les institutions charitables d'accouchement à domicileChapitre 38 sur 111 · VILLE · texte numérisé non relu

VILLE

1IEBAMMEN

ERZIEIIUNGSIIAUS TOUR 100

1845. Mai.. . .

— Juin. . .

— Juillet. .

— Novembre.

1848. Mars. . .

— Mai. . .

— Juillet. .

— Août. . .

1849. Avril.. .

1850. Octobre..

1852. Janvier. .

— Juillet. .

1853. Mars. . .

----- 'ni. n

gT PETERSBOURG- 1 ICHELLEDE MORTALITÉ APRÈS I/AC COUCHE ME 1 T , 1847“ 1853

Hebammen Institut

le S* Pétersbourg.

ANNÉES

MOIS

HEBAMMEN

ERZIEHUNGSIIAUS POUR 100

1856. Mai

— ■ Juillet

Octobre

Février

— Mai

Si nous comparons la marche de la mortalité clans les deux établissements, pour 1847, 1848, 1849, 1850, 1851, 1852, 1855, nous voyons des différences considérables se produire (vMfr pl • II) •

Ainsi, en mai 1848, tandis que la mortalité de la Maternité des Enfants-Trouvés est au-dessous de 4 pour 100, elle dépasse 13 pour 100 à l’Institut des sages-femmes; mais pendant que l’état sanitaire s’améliore clans le premier établissement, il s’aggrave dans le second, et en juillet, tandis que la mortalité est nulle dans le premier, elle s’élève dans le second à plus de 8 pour 100. Trois mois après, la relation se renverse de nouveau : l’Institut perd 25 pour 100 sur le nombre des accouchées, et la Maternité des Enfants-Trouvés conserve le chiffre élevé toutefois de 8 pour 100.

Dans les années suivantes, 1850, 1851, 1852, les épidémies continuent à se montrer aux Enfants-Trouvés, tout en respectant l’Institut. En mai 1850, tandis que l’Institut perd 7 pour 100, l’autre établissement voit sa mortalité monter à 27 pour 100.

En 1852, la différence se prononce encore bien davantage. En janvier, février, mai et juillet, aucune femme ne meurt à l’Institut, et pendant ce temps la mortalité monte, dans la Maternité des Enfants-Trouvés, à 22, 11, 8 et 21 pour 100.

Paris possède deux établissements spéciaux d’accouchements : la Maternité , située rue du Port-Royal, est destinée à l’éducation des sages-femmes; la Clinique, située place de l’Ecole-de-Médecine, tout en recevant des élèves sages-femmes, est surtout consacrée à l’enseignement clinique de l’obstétrique pour les étudiants en médecine de la Faculté. Comme à Saint-Pétersbourg, une différence

notable existe dans la mortalité moyenne de ces deux établissements; mais, contrairement à ce que pourrait faire croire la situation topographique des deux Maternités, c’est la Clinique, placée au milieu d’un centre populeux, à côté d’un service de chirurgie et des amphithéâtres de dissection, qui perd le moins de monde. Je chercherai plus tard si l’on trouve dans l’organisation intérieure de la Maternité, dans les facilités qu’elle offre à l’extension par contagion de la fièvre puerpérale les raisons de son excessive mortalité, ce que j’ai à montrer maintenant, c’est que les épidémies de lièvre puerpérale existant dans un des deux établissements, n’ont aucune influence directe sur l’état sanitaire de l’autre. Le tableau suivant constate ces différences1.

ANNÉES

MOIS

MOIS

Février. . . .

Juillet

Mars

Octobre . . .

Octobre

Janvier. . . .

Septembre. . .

Février. . . .

Juin

Août

Juillet . . . .

Octobre. . . .

Avril

Décembre. . .

La marche des épidémies, dans les deux hôpitaux, est intéressante à suivre. (voir pl. III). Jusqu’au mois d’avril 1861, la mortalité de la Maternité dépasse celle de la Clinique; mais, à partir du mois de mai, la mortalité s’élève dans ce dernier établissement ; elleatteint 13,8 pour 100 en septembre 1861, s’abaisse brusquement en octobre, et remonte en novembre à 13 pour 100. L’étal sanitaire devient encore plus mauvais en janvier et février 1862, il suc-

1 La mortalité mensuelle ne répond pas d'une manière absolue à la morbilité. Telle femme devenue malade le 28 janvier et mourant le 2 février, charge la mortalité de février et diminue celle du mois de janvier; mais cette légère cause d’erreur peut être négligée, car d’une part la durée moyenne d’une fièvre puerpérale mortelle n’est que de quatre à cinq jours, et d’autre part la compensation s’établit entre le commencement et la fin du mois.

Maternité.

PARIS — ** Mortalité comparée.-

Hôpital des Cliniques..

combe, pendant ces deux mois, 16 et 17 pour 100 des femmes accouchées, puis en mars, avril et mai, les choses reviennent peu à peu à l’état normal; en juin, tandis que la Maternité de Port- Royal est le siège d’une épidémie de fièvre puerpérale qui enlève

14.4 pour 100 des accouchées, la Clinique voit sa mortalité descendre à 2,9 pour 100. Tout à coup la fièvre puerpérale y éclate, s’étend à un grand nombre de femmes, et, dans le mois de juillet, 13 accouchées sur 65 succombent, donnant une mortalité de 20 pour 100. Pendant ce temps, la Maternité, ordinairement si meurtrière, présente une mortalité exceptionnellement faible (pour elle du moins) de 3,5; 3,3 et 2,2 pour 100.

Mais à partir du mois de novembre 1862, tout rapport cesse d’exister dans la mortalité des deux établissements ; tandis que la moyenne des décès, pour 1863 et 1864 réunis, est, pour la Clinique, de 4,3 pour 100 accouchées; elle est, pour la Maternité, de

16.5 pour 100, et elle y atteint, en janvier, 23 pour 100 ; en février, 32 pour 100; en octobre, 26 pour 100, et, enfin, en décembre, 58 pour 100, chiffre sans précédent; aussi, après que sur 34 accouchements effectués pendant ce dernier mois, il y eut eu 20 décès, on se décida enfin à fermer l’établissement.

Une seule fois, en mars 1861, il y eut une coïncidence dans l’existence d’une épidémie à la Clinique et à la Maternité. Ce fait est tellement exceptionnel que je me suis rendu à la maison d’accouchement de la rue de Port-Royal, pour savoir quels étaient à cette époque les médecins ou l’interne chargés du service de cette maison, car ils auraient pu être les agents de transmission de l’épidémie de l’un à l’autre des deux établissements, mais je dois avouer que s’il existe à cet égard des probabilités, je n’ai pu acquérir de certitude pour la négative ou l’affirmative.

Vienne. — La non-coïncidence des épidémies entre deux établissements voisins est bien plus remarquable encore quant à ce qui concerne les deux Maternités de Vienne.

Les deux cliniques d’accouchements de Vienne, celle des élèves

en médecine et celle des sages-femmes sont placées dans le même hôpital (Allgemein Krankenhaus), et comme il est facile de le voir (PL VI, fig. 2) dans deux cours contiguës, dans deux bâtiments faisant partie des mêmes constructions. Si la fièvre puerpérale est une maladie épidémique dont le développement soit dû à ces influences atmosphériques occultes, à ces miasmes créés de toutes pièces et voyageant avec les vents, elle devra régner simultanément dans les deux services d’accouchements, y faire un nombre de victimes variable sans doute; mais il paraît impossible que la mortalité descende en même temps dans l’un au-dessous de la moyenne, tandis qu’elle arrive dans l’autre à un chiffre élevé. Le tableau suivant démontre cependant, d’une manière évidente, celte absence de coïncidence dans l’état sanitaire, la non-coïncidence des épidémies.

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