FEMMES
IgGS
9 décès ou 2,5 pour 100 120 — 6,4 —
Et il ajoute : « La différence est gi*ande, on le voit, et montre que la mortalité est moins forte chez les femmes qui sont habituées depuis quelque temps aux conditions nouvelles, au nouveau genre de vie, peut-être à l'altération de Pair que présente l'hôpital ; elles sont moins exposées à succomber que celles qui arrivent du dehors peu de temps avant leur accouchement. »
Le professeur Spath * a fait la même recherche pour la clinique des sages-femmes à Vienne en 1862, et les résultats auxquels il est anivé se rapprochent de ceux obtenus par MM. Lasserre et Tarnier.
ataxt
Reçues après i*accouchement. ... 90 Malades.
— pendant le travail 626
de 2 à 7 jours. 122 DcniE DU sijocn \ de Sàlijours. 70
de 15 à 21 jours. 54 l'accoucmembst J de 22 à 28 jours. 29
plus de 28 jours. 156
Si Ton excepte les femmes amvées après Taccouchement terminé et celles reçues pendant le travail, on voit que la morbilité
1 ou
1,1 pour 100
RI
Aenilicher Bericht des K. K. Gebdrhauses, Wien 1864 (p. 40).
iO
semble diminuer par Pacclimatement. Il est remarquable surtout que sur 90 femmes accouchées en ville, mais api)ortées à l'hôpital plus ou moins immédiatement après leur accouchement, une seule ait été atteinte par la maladie, car Ton est amené à se demander si la contamination ne s'exerce pas surtout et presque uniquement au moment de Taccouchement. Les faits ne sont pas encore assez nombreux pour commander la conviction, mais ils doivent engager à faire sur ce point important d'hygiène spéciale des recherches pour lesquelles les éléments nous manquent encore.
Influence deVaggloméi^ation. — L'agglomération des accouchées dans un même établissement, dans les mêmes salles, a été regardée tantôt comme favorable, tantôt comme indifférente au développement de la fièvre puer|)érale. Il y a ici deux questions distinctes à examiner, celle des petits et des gmnds établissements; celle de rencombremenl des accouchées et de l'isolement des malades.
1*" Grandes et petites Mate^mitcs^. — Les discussions qui se sont élevées depuis quelques années relativement à l'influence fâcheuse des grands hôpitaux sur la santé des malades qui y sont traités; les opinions (pie, j)our ma part, j'ai défendues et défends encore à cet égard pourraient a />nor/ faire penser que j'applique aux Maternités ce que j'ai dit pour les hôpitaux. La question cependant est toute
différente.
Ce 4|ui cause le plus grand nombre de décès après l'accouchement, c'est la fièvre puerpérale; mais cette maladie n'est meurtrière au plus haut point que parce qu'elle règne parfois épidémiquement. Or, comme j'espère le démontrer, les épidémies de fièvres |iuer|MVdles sont dues en grande partie à la contagion portée sur un grand nombre de malades, lesquelles, sans l'influence médiate ou imméilîate de l'accouchée morbifère, eussent été à l'abri de tout accident poêt partum.
Supprimer la contagion, c'est diminuer dans une proportion con- Mtléràhle la mortalité des femmes en couches. Ce problème peut être réwJu dans tout établissement bien organisé, quel que puisse être le
nombre de ses pensionnaires. I^a question des grandes et des petites Maternités perd donc déjà de son importance.
La fièvre puerpérale, primordiale, si je puis dire, celle qui sera le point de départ d'une contagion portée plus ou moins loin, la fièvre puerpérale spontanée et non acquise a-l-elle son développement facilité par la réunion dans un même établissement d'un grand nombre d'accouchées? Cela me paraît probable, et c'est en ce sens que les petites Maternités me paraissent supérieures aux grandes Maternités.
Les recherches statistiques sont là encore pour prouver qu'il ne faut pas chercher la raison de la mortalité plus ou moins grande des accouchées dans la dimension des établissements, et que toute l'hygiène hospitalière ne se réduit pas à des questions d'architecture.
iftfahHwmenti ree&wmtd aamMllement pins âm 2000 •oooaobé«s
Vienne. .
Vienne. .
Prague. .
Moscou. .
Dublin. .
Paris. . .
l'*^ clinique.
2® clinique.
Maternité. .
Lying-in li Maternité.
ACcoDca^cs
MOnTALITt POUR 100
■I d* 1000 à SOOO .ccoaafcé»!
Munich. . . .
Gbatz
Moscou. . . .
Pétersbodrg. .
Maternité,
Enfants-Trouvés.
tl«blli.enient« r.c.T Mrt
ml da 800 à 1000
Pestu
Pétehsbodrc.
Stockholm.. .
Dresdb. . . .
Clinique..
Institut.
Maternité.
Maternité,
mî âm 100 à 800
MORTALITE
ACCODCnCES hictS POUR 100
LoHDOx. . . . Lying-in 4835-i8C0 5883 172 2,9
Edihburc. . . Hospital 1858 — 277 3 1
Stuttcard.. . » 1862 — 424 3 0,7
ZoRicH. ... » 1860 — 200 20 10
Gœtedoorg. . Maternité 1861 — 223 18 8
Dresde. ... » 1850-1857 2748 83 3
Ét^bifa— lanhi reoevaal ammellMBMit âm 100 à 200 acoooohées
Halle Maternité 1855 — 102 3 2,9
Greifswald. . Clinique 1858-1861 316 18 5,6
Francfoht . . Maternité 1857-1863 1213 13 1
Leipzig. ... » 1856-1859 594 20 3,3
Pétersbodrg.. IIôp. Kalinkin. . . . 1854-1859 715 9 1,2
Freiburg. . . Clinique 1860-1862 281 10 3,5
lÉWA » 1859-1862 308 21 6,7
Gœttihgue. . Maternité 1853-1860 1029 52 3,2
ÉtahllMtmwiN fOêirtmA iwlle— at moins àm 100 •ooondiécs
Lc.ND Maternité 1861 — 33 2 6
Pétersbourg.. Clinique 4854-1859 376 3i 9
HnÊME Hôpital 1858-1865 139 10 7
Il est facile de voir, en i^rcourant ce tableau, que la mortalité relative, dans les petites et les grandes Maternités, ne plaide pas formellement en faveur des petits élablissements ; c'est que Vinfluencc des conditions hygiéniques pouvant amener le développement accidentel d'une fièvre puerpérale isolée, s'efface ou du moins n'amoindrit devant l'influence de celles de ces conditions qui favorisent l'extension à d'autres malades, par voie de contagion, d'une irudndie puerpérale si)ontanément développée.
Toutes choses égales d'ailleurs, une grande iMaternilé présente (Tt inconvénient que si, fimte de précautions suffisantes, la fièvre
: puerpérale y éclate et s'étend sans que rien vienne s'opposer à son développement, le nombre des victimes y sera considérable. Mais une grande Maternité, dirigée par un médecin convaincu de la contagiosité de la maladie, offrant dans la dis})osition matérielle de ses salles les moyens d'isolement suflîsants, sera bien moins meurtrière qu'un petit établissement où Ton ne se sera pas mis en garde contre la propagation de la fièvre puerpérale.
Une très-petite Maternité où les accouchements sont rares, où il n'y a souvent qu'une seule accouchée à la fois, peut rentrer dans les conditions favorables d'un service à domicile, car si une femme y contracte spontanément la fièvre puerpérale, la maladie pourra s'y éteindre faute d'aliment. Malheureusement il n'en est pas toujours ainsi, et la fièvre puerpérale s'y perpétue quelquefois en attaquant une femme venue pour faire ses couches quinze jours, un mois après le décès de la première; lorsqu'on n'a ni renouvelé complètement le mobilier, ni lavé le parquet, ni repeint à nouveau les murailles de la chambre.
Les questions de population, de disposition architecturale, si importantes quand il s'agit d'hygiène hospitalière appliquée aux hôpitaux généraux, perdent de leur importance (non pas absoluej mais relative) lorsqu'il s'agit de salles de femmes en couches, car ici les questions hygiéniques de propreté, de renouvellement de mobilier, d'isolement des malades affectées, de précautions contre la con- , tagion, l'emportent sur toutes les autres.
Le nombre des accouchements pratiqués dans une Maternité peut augmenter en même temps que la mortalité diminue, si Ton met en usage des précautions jusque-là négligées. C'est ainsi que, dans la dernière période décennale des trente dernières années, la mortalité à la Maternité de Vienne a diminué de plus de moitié en comparaison de ce qu'elle avait été dans la première période décennale, tandis que le nombre des accouchements avait doublé.
Les grands établissements présentent un inconvénient qui, pour être extra-médical, n'en est ni moins réel, ni moins grave. La fièvre
puerpérale prend parfois dans une Maternité une telle extension qu'il n'y a d'autre m;yen d'arrêter le mal que de fermer l'établisse* ment et (qu'on me jjasse l'expression) de le remettre à neuf. Plus la Maternité aura d'importance, plus sa fermeture aura d'inconvénients, puisqu'elle privera de l'asile qu'elle leur eût offert un grand nombre d'accouchées.
Quelques médecins, il est vrai, sont opposés à la fermeture de ces établissements en cas d'épidémie. « La fermeture d'un grand établissement, dit M. Spath, acceptant sur ce point les idées de Siebold, a plus d'inconvénients qu'une épidémie passagère, o Je n'accepte pas, pour ma part, cette manière d'envisager la question. Je reconnais combien la nécessité de faire leurs couches dans leurs demeures souvent misérables sera pour beaucoup de femmes un surcroît de peines ; mais être reçues dans une Maternité où règne une épidémie, c'est, pour un certain nombre, la mort. « Mieux vaut souffrir que mourir, c'est la devise du sage, » a dit notre fabuliste. Elle peut ne pas être la nôtre quand il ne s'agit que de nous-mêmes; mais elle doit toujours l'être quand il s'agit de disposer de la vie des autres.
Ijoexbner (de Prague), Hecker (de Munich), Virchow (de Berlin), Schwarz (de Gottingue), Lange (de Heidelberg), sont opposés aux grands établissements; Rokitansky, Oppolzer et Skoda (de Vienne) les admettent à la condition de leur donner un espace superficiel suffisant.
\jà question, malgré ces divergences d'opinion, me paraît facile à résoudre. Les petits établissements ont en leur faveur une moindre tendance au développement spontané de la fièvre puerpérale comme de presque toutes les autres maladies, et une limitalion facile des influences contagieuses.
Ix*s grands établissements ont contre eux l'absence de ces mêmes conditions favorables, la nécessité d'un large espacement entre les bâtiments, les inconvénients éventuels de leur fermeture. Un ont en leur faveur une facilité plus grande dans l'unité de direc-
tion et dans Téducation spéciale qui peut y être donnée. Mais ce que je puis dire ici, c'est que la grande mortalité qui existe dans quelques Maternités n'est pas sous l'influence directe et immédiate du nombre des accouchements qui y sont pratiqués.
2"* Encombrements — Je n^ai rien de particulier à dire à cet égard. L'encombrement, toujoure fâcheux, quelquefois fatal, suffit souvent seul pour déterminer l'éclosion des maladies; il est particulièrement dangereux quand il s'agit de malades baignées de matières aussi facilement décomposables que les lochies et d'une maladie aussi contagieuse que la fièvre puerpérale.
Nulle part peut-être l'encombrement n'a été porté aussi loin que dans l'ancien Hôtel-Dieu de Paris, et tel est le déploi^ble tableau que Tenon, en 1788, traçait de ce service d'accouchements :
c( La situation des accouchées, à l'Hôtel-Dieu, est encore plus ce déplorable que celle des femmes enceintes; elles sont de même c< deux, trois, quelquefois quatre dans le même lit, les unes à une c( époque de leurs couches, les autres à une autre époque ; leurs c( évacuations naturelles les infectent. N'est-ce pas dans ces lits que c< sont confondues les accouchées saines avec les malades, avec « celles qui sont atteintes de cette fièvre puerpérale qui en fait tant c( périr! Quelle santé tiendrait ! cette affreuse situation! Quelle « maladie n'en serait pas accrue? Enfin, qu'on entrouvre ces lits « dje souffrances, il en sort, comme d'un gouffre, des \apeurs « humides, chaudes qui s'élèvent et se répandent. Par un malheur ce inconcevable, ces salles sont les plus basses de toutes celles de c( THôlel-Dieu et de toutes les salles des hôpitaux de Paris; d'ailcc leurs, comment et par où en retirer l'air, puisqu'elles n'ont de c< fenêtres que d'un côté? »
Et Tenon ajoutait : c< A l'Hôtel-Dieu de Paris, ayons le courage c< d'en faire l'aveu, la mortalité des accouchées est effrayante; elle ce est dans le rapport de 1 à 15 2/3 environ. »
Quels devaient être les terribles effets d'un jiareil encombrement
80 DZS MATERNITÉS.
capable de développer piimilivement la fièvre puerpérale chez un grand nombre d'accouchées ! Quelle diiïéreDce n'y a-l-il pas entre cet état de l'Hôtel-Dieu et la situation actuelle de la Maternité de Paris I Cependant... la mortalité moyenne de la Maternité, depuis 1802, est de 1 morte sur 19, et sa mortalité moyenne, pour ces cinq dernièi*es années, a été plus épouvantable encore que celle de THôtel-Dieu de 1788 : i morte sur 8 accouchées !! ! L'encombrement agit de deux façons : en développant primitivement la fièvre puerpérale, en facilitant outre mesure la contagion. Mais, je ne saurais trop le répéter, la contagion de la fièvre puer^iérale est la cause principale de la mortalité excessive des femmes en couches, et si les appels incessants de la science ont pu faire diminuer Fencombrement et ses funestes eflets, rien de sérieux n'a été fait à Paris contre la contagion. L encombrement a presque disparu, la contagion persiste, c^ laquelle de ces deux causes faut-il attribuer la plus large part dans la persistance d'une effroyable mortalité?