‹ Des MaternitésChapitre 42 sur 106 · SITUATION · texte numérisé non relu

SITUATION

2' étage.

Femmes enceintes

Rez-de-chaussée.

!"■ étage.

Femmes récemment accouchées.

(Gebarenile)

l"' étage.

0' étage.

!“'■ étage.

1"' étage.

Femmes en couches

2' étage.

(AVochnerinnen)

2« étage.

1“’ étage.

Malades

O'' étage.

La première clinique, celle du professeur Braun, nous présente d’intéressant un système particulier de chauffage et de ventilation, <jne j’étudierai dans mon rapport général sur les hôpitaux.

Le personnel se compose pour la première clinique (professeur Braun) :

1 médecin en chef. .

2 assistants

1 sage-lemme en chef.

S aides-sages femmes.

17 innimières

1800 florins

à 12, 1 1 et lOfl. J)'' mois.

Le personnel de la seconde clinique, dirigée par le professeur Spath, est à peu près identique.

Le professeur, l’assistant et la sage-femme ont leur logement particulier à l’hôpital. Le professeur est nommé par le ministre;

les assistants et la sage-femme sont nommés sur la présentation du professeur.

Admission. — L’admission gratuite n’est accordée fpi’anx femmes non mariées, sans égard à leur religion, mais elles doivent remplir les conditions suivantes ;

1" Etre autricliienne, ou avoir séjourné dix ans en Autriche.

2“ Avoir dé[)assé le septième mois de la grossesse, ou être sur le |)oint (l’accoucher prématurément.

5" Posséder un certificat d’indigence délivré par le curé, la police ou les autorités municipales.

4“ Se soumettre aux explorations obstétricales nécessaires pour l’enseignement clinique, ou consentir à entrer après l’accouchement en qualité de nourrice à l’hosjn’ce des Enfants-Timivés. L’acceptation de ces deux dernières conditions exempte du certificat d’indigence.

L’admission indéterminée, ju’ovisoire (die Aufnahme ist noch cine unbestimmte), s’exerce envers les femmes qui ne payent jtas à leur entrée, mais ne remplissent pas les conditions de la réception gratnitc. Dans ces cas, on cherche ensuite îi obtenir des parents le payement des frais d’hôpital.

Ce mode d’admission a lieu dans les circonstances suivantes :

1" Quand leur état ne permet pas de les refuser.

2” Quand le travail de l’accouchement est commencé.

rc Quand, accouchant chez une sage-femme, les difficultés (|ui se présentent dans la terminaison de l’accouchement exigent les secours d’un accoucheur habile.

4° Quand elles sont envoyées ii l’hôpital par un établissement [Hiblic.

5" Quand elles sont étrangères.

G" Lorsqu’après avoir payé les premiers frais, le non-payement des frais ultérieurs d’un plus long séjour les fait transférer de la section payante dans la division gratuite.

DES M.VTERMTÉS.

I.es femmes mariées, abandonnées par leur mari, ne peuvent jamais être reçues gratuitement.

Les veuves devenues enceintes après la mort de leur mari sont reçues comme les femmes non mariées, si elles apportent le certilicat du décès de leur mari.

Les femmes de soldats ne [)eiivent être reçues dans un établissement civil.

Les femmes surprises dans la rue par le travail de raccouebement sont reçues immédiatement et gratuitement.

l.es femmes enceintes affectées de sypbilis ne peuvent être reçues dans la section d’accouchement ; elles sont envoyées dans la section spéciale de l’büj)ital.

Les femmes enceintes qu’on a été forcé de recevoir gratuitement doiAcnt, lorsqu’elles ne remplissent pas les conditions exigées pour l’admission gratuite clierclier les moyens de payer les frais exigibles. Elles sont obligées de se soumettre aux explorations nécessaires à l’enseignement de l’obstétrique, même quand le payement a lieu quelques jours après leur entrée ; car c’était (dit le règlement) leur devoir de se pourvoir de l’argent ou des documents nécessaires en temps utile, c’est-à-dire avant leur entrée ‘.

La répartition des femmes enceintes est faite entre les deux cliniques de la manière suivante : La première clinique (étudiants) reçoit celles entrées les dimanche, , mardi, jeudi et samedi ; la deuxième clinique (sages-femmes) reçoit celles qui se sont présentées les lundi, mercredi et vendredi.

Les femmes sont examinées à leur entrée par la sage-femme en chef, 'les assistants ou les sages-femmes pratiquantes (élèves ayant passé leur examen de capacité et reçues sages-femmes).

Les accouchées sont ordinairement gardées neuf jours après l’accoucbement, excepté lorsqu’elles sont atteintes d’une maladie |)uerpérale sporadique; si elles sont affectées d’une maladie non

WiTTEL-iiirFKF.. Wieus Heil- uTid Humanitals-Anstallen. 1856.

m DES MÀTEP.NITÉS.

puerpérale on les transporte dans les services de médecine de riiôpi-tal général.

Les femmes accouchées dans les divisions gratuites et (|ui désirent faire admettre gratuitement leur enfant à la maison des Enfants-Trouvés sont envoyées dans cette maison. 11 y a exception pour les suivantes :

1" Les femmes malades. L’enfant senl y est envoyé et la mère n’y entre (ju’après sa guérison.

2" Les accouchées dont l’enfant est mort.

5" Celles qui ont été amenées par la police (jui les réclame après leurs couches.

La Maternité de Vienne a été jændant longtemps une des pins meurtrières de l’Europe. vSes premières années furent cependant très-favorables; à cette époque la division en deux clini(|ues n’avait pas encore eu lieu. De 1784 à 1822, sous la direction successive de Zeller et de Boër , la Maternité eut 71,395 accouchements avec 897 morts ou 1, 25 pour 100 de mortalité.

La plus grande mortalité fut eu 1814 et 1819. Eu 1814, sur 2,062 accouchements il y eut 66 morts ou 5,7 pour 100 ; en 1 819, 5,089 accouchements, 154 morts ou 4,9 pour 100.

Boër prit sa retraite en 1822 et fut remplacé par Johauncs Klein. Dès la première année, 1a mortalité moula à 7,4 pour 100 (2,872 accouchements, 214 morts). Ces fâcheux résultats se continuèrent les années suivantes, car sur 52,526 accouchées 1,714 moururent ou 5 pour 100. Le minimum de 1823 à 1834, fut pour une seule année de 5 pour 100.

En 1854, l’augmentation du chiffre des femmes reçues à la Maternité engagea à ouvrir une nouvelle section. Barges garda l’ancienne section, Klein prit la nouvelle. Il n’y fut pas plus heureux (pie précédemment ; quoiipie le nombre des accouchées eût diminué, quoique le bâtiment lût nouveau la lièvre puerjiérale s’y installa et la mortalité augmenta. Du 1'”’ janvier 1854 au 50 avril 1859, sur 12,255 accouchées 902 mounirent : 7,5 pour 100.

Da mois de novembre 1836 au mois d’aoùl (inclusivement) 1837, sur 1975 accoucliemenls il y eut 288 morts : 14 pour 100. La mortalité avait été au mois d’août 1837 de 22,7 pour 100.

L’autre clinique (l’ancienne) n’était pas, il est vrai, beaucoup plus heureuse, car sur 9,363 accouchements il y eut 620 morts ou 6,6 pour 100.

Les deux sections de la Maternité étaient alors communes aux étudiants et aux élèves sages-femmes. Cette coïncidence dans la mortalité n’a rien d’étonnant pour nous qui croyons à la contagion puisque rien ne s’opposait à sa dissémination jiar les élèves de l’im et de l’autre sexe. Une excellente mesure devait amener une différence remarquable dans la mortalité.

En 1839 on sépara les deux cliniques, l’une fut destinée aux sages-femmes, l’autre aux étudiants.

Dans la clinique des étudiants (première clinique), la mortalité augmenta d’une manière formidable, et, jusqu’au mois de juin 1847, elle fut le siège d’une endémie meurtrière. Dans cette période de huit ans et nn mois, la mortalité fut de 10,4 pour 100 (24,455 accouchements, 2,482 décès). Les principales épidémies furent :

Juin 1839 15, pour 100 demortalité

Décembre 1840 21, G —

Novemtne 1841 22,5 —

Décembre 1842 51,5 —

Janvier 1845 19,1 —

Avril 1844 17,5 —

Octobre 1845 14,8 —

Avril 1840 18,9 —

Avril 1847 17,9 —

Eu 50 ans il y eut dans les deux cliniques, 192575 et 8624 ou 4,5 pour 100

La 1'''' clinique celle des médecins compte, 104492 et 5560 ou 5,5 —

La 2*' — sages-femmes, 88085 et 5064 ou 5,4 —

Ces chiffres déjà si élevés sont cependant encore au-dessous de la réalité, car il est presque certain, d’après M. Spath, qu’on n’y a

])as compris les femmes transférées malades de riiopital général et qui y ont succombé.

Dans la clinique des sages-femmes, les cinq premiers mois furent assez favorables, cependant elle fut en 1842 le siège d’une épidémie qui dura seize mois avec une mortalité de 9,1 pour 100. Mais après cette époque’ cette clinique présenta si peu de mortalité qu’en y comprenant tout le temps écoulé du 1'"' mai 1859 au 1®' juin 1847, il n’y eut que 810 morts sur 21,155 accouchements, c’est-à-dire 5,8 pour 100 de mortalité, tandis que l’autre clinique perdait 10,4 })Our 100. 11 y avait par conséquent, en moyenne 0 jjour 100 de différence dans la mortalité des deux cliniques.

Un pareil état de choses ue pouvait manquer d’attirer l’attention: Semehveis cbai'gé de la première clinique, attiâbua cette différence à la propagation de la fièvre puerpérale par l’inoculation de matières septiques. En mai 1847, il piât toutes les précautions contre cette cause de contagion, et quoique se trompant, à notre avis, sur sa véritable cause, les précautions prises devaient, on le conçoit, avoir la plus favorable influence. La mortalité diminua d’une manièi’e notable, elle s’abaissa au-dessous de la moyenne de la clinique des sages-femmes, et depuis cette époque dans l’une et l’autre clinique les épidémies très-meurtrières ont à jieu près disparu. Dans ces deux dernières années, surtout 18C5-18G4, les résultats ont été des })lus remarquables, la mortalité moyenne arrive à })eine à 2 pour 100. Les moyens nouveaux de ventilation employés par M. Braun peuvent, sans aucun doute, avoir une part notable dans ce résultat favorable; mais nous affirmons, avec l’espoir d’ètre démenti jiarles faits, qu’ils seront insuffisants, et, tant que les femmes accouchées seront réunies en si grand nombre dans des salles communes, la fièvre puerpérale se montrera encore trop souvent à la Maternité de Vienne.

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