‹ Des mécanismes respiratoires chez les Crustacés Décapodes; essai de physiologie évolutive, éthnologique et phylogéniqueChapitre 6 sur 82 · AU · texte numérisé non relu

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18 GEORGES BOHN.

c’est-à-dire la plupart des types qui figurent dans l’arbre généalogique que l’on doit à Boas [F, 80].

Nika Palæmon-Pontonia N at

| Hippolyte

Crangon

’andalus Pandalu 4 Alpheus Caridina Le Dai

Alphéidés. — Conditions spéciales de l'habitat de l'Athanas nitescens LEACH. En général, les Alphéides recherchent les Algues calcaires et les formations coralliennes; is sont sédentaires el offrent des contergences replantiennes. — Les Alphéidés sont les plus primitifs des Æucyphota ; COUTIÈRE dans sa thèse |A, 99] atrès bien étudié les divers modes de vie et les habitats de ces animaux, si rares dans nos mers septentrionales.

Dans la Manche, on ne trouve guère qu’une espèce, très commune du reste, l’Afhanas nilescens LEAcH. L’Alpheus ruber M.-Epw. figure parmi les Crustacés de la Grande-Bretagne décrits par BELL [B, 53], mais il ne s'agit que d’un échantillon trouvé dans l'estomac d’une Morue à Falmouth ; il figure aussi dans la liste des Crustacés des Iles Anglo-Normandes donnée par K&HLER [B, 86], fait qui peut s'expliquer par l'influence du Gulf Stream sur cet archipel, car on y trouve également les Xanthes qui font défaut sur les côtes normandes, le Stenorhyncus Ægyptius M.-Ebw., espèce essentiellement méditerranéenne, etc. À Herm, l'A/pheus ruber M.-EDpw. vit sous les pierres, dans les mêmes conditions que l’Athanas nitescens LEACH. J'ai rencontré celui-ci à Saint-Vaast sous les cailloux qui découvrent lors des marées assez fortes, dans la zone où commencent à apparaitre les Algues rouges (1), particulièrement dans les endroits où les courants apportent de la vase (défilé de la Hougue du côté du Cul de Loup, et aussi Cavat).

(1) Presque toujours dans les points où se montrent les Ascophyllum, c’est-à-dire

ceux où l’eau est particulièrement agitée.

J'ai retrouvé l’Athanas nilescens Leacx dans le bassin d'Arcachon sous les cailloux de la pointe d'Eyrac, dans des eaux souillées d'impuretés, et à l'entrée du port de Marseille (passe du fort St-Jean), dans une eau encore plus impure. Dans ces deux stations il vit comme à St-Vaast dans la vase et en compagnie du Portunus arcuatus LEACH.

Sa teinte est souvent d'un gris verdâtre pointillé de rouge ; d’autres fois sur un fond bleu s’épanouissent de superbes et nombreux chromatoblastes rouges, tandis qu'une bande blanche s'étend sur le dos de l'animal ; dans les aquariums il peut devenir à la longue d'un rouge vit uniforme. On trouve dans les descriptions des auteurs (COUTIERE, p. 472), des faits analogues ; CZERNIAWSKY en particulier a décrit de nombreux spécimens vivant parmi les Cystosyra, sur un fond pierreux, et présentant d'importantes variations de couleur.

À Marseille, les .Al/pheus dentipes GUÉRIN-MENEVILLE se rencontrent dans les prairies littorales, dans les calangues coralligènes et dans le Broundo. À Tamaris on les trouve à une faible profondeur, au milieu des racines de Posidonia, dans des eaux relativement impures ; ils sortent la nuit de ces racines.

Le « Challenger > en a dragué au Cap Vert, sur un fond corallien, par 52 brasses, et le Talisman, dans la même localité, par 80-100". Ainsi quand les Alphéidés gagnent les profondeurs, c’est pour rechercher les fonds coralliens. Dans les mers chaudes, ils pullulent parmi les formations coralliennes sublittorales ; il en est ainsi dans la région indo-pacifique; sur les côtes américaines, Brooks et Herricx ont noté que ces Crustacés vivent en très grand nombre dans les îlots coralliens, dont ils sont les habitants les plus caractéristiques ; enfin COUTIÈRE a décrit les nombreuses espèces qui vivent dans les récifs de Djibouti; là ils logent à l’intérieur des Éponges (oscules, canaux tortueux), ou parfois creusent des galeries dans la vase calcaire ou sous les dalles de pierre.

Cette recherche des Algues calcaires (Broundo) ou des formations coralliennes (récifs) est la tendance dominante dans le groupe des Alphéidés. C’est là sans doute la manifestation d’une affinité chimique particulière entraînant la vie sédentaire.

Ces animaux s’abritent en effet sous les pierres, dans les Éponges, parmi les racines de Posidonia, dans les anfractuosités des massifs coralliens ; dans ces conditions leur faculté visuelle s’affaiblit, et les yeux tendent à être recouverts par un prolongement de la carapace ;

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la locomotion se réduit à une sorte de glissement horizontal, en ligne droite et silencieux ; on n’observe pas les mouvements abdominaux qui déterminent les brusques saccades de la plupart des Salicoques : Pandales, Hippolytes, Palémons, et, comme l’a bien montré COouTIÈRE, ce mode de locomotion converge vers celui des Thalassiniens, qui vivent dans des galeries.

Hippolyüdés.— Hippolyte et Virbius. — L'Hippolyte Cranchi LEacH se rapproche des Alphéides par l'habitat. Les Virbius, au contraire, sont indifférents au choix de l'Alque, et présentent le phénomène de l'adaptation chromatique. — Les espèces d’'Hippolytidés que l’on rencontre le plus communément, aussi bien : dans la Manche ou l'Océan que dans la Méditerranée, sont l'Hippolyte Cranchi LEACH (y compris l'A. crassicornis de M.-Epw.), le Vèrbius varians HELLER (HA. varians LEAcH), et le Virbius viridis HELLER (y compris l’A. Brullei de M.-Epw.); ce dernier se rencontre dans les Iles Anglo-Normandes, en Vendée, à Arcachon, à Marseille, c'est-à-dire dans des eaux relativement chaudes; le Virbius varians LEacn, lui, abonde partout et remonte fort au nord. J'ai trouvé quelques autres espèces, mais des exemplaires isolés qui ne m'ont pas permis une étude physiologique sérieuse.

Les Virbius se distinguent des Hippolyte par le nombre considérablement réduit des épipodites;les Hippolyte sont donc sous certains rapports plus primitifs que les Virbius. L’'H. Cranchi LEacn, que l’on rencontre sur le rivage et dans les profondeurs, a encore quelque peu les tendances éthologiques des Alphéidés; il recherche les C'ystoseira et les Algues rouges calcaires, et ses mouvements sont assez lents. Je l’ai trouvé au Cavat parmi les Corallines;les dragages dans les fonds à Zihotharinium de St-V aast ramênent en abondance des échantillons presque transparents ; à Marseille, l'A. Cranchi LEACH vit dans les calangues aux eaux vives, près des Algues rouges incrustantes, et il y est mimétique (brun, dans les Cystoseira, rouge, parmi les Floridés) ; il s'accroche à la drague qui se promène dans les graviers coralligènes.

Les Vübius sont beaucoup plus actifs, et ils semblent indifférents au choix de lAlgue. Le V. varians Leacu vit parmi les Zostères, les Algues brunes, les Floridées, les Corallines, el sa teinte, variable, (verte, brune, rouge, bigarrée) s'harmonise avec celle de ces plantes marines.

On a prétendu que les variations de coloration pouvaient se produire assez rapidement, soit sous l'influence d’un changement de milieu, soit sous celle d'un éclairement variable (rouge, à l'obscurité ; brun, à la demi-obscurité ; vert émeraude, à la grande lumière). Le V. viridis Orro, abondant à Arcachon, est également tantôt vert ou brun, suivant les Algues dans lesquelles il vit; bien qu'il ne se rencontre dans la Manche qu'à Jersey (à ma connaissance du moins) il ne parait pas très sensible au refroidissement de l'eau à l'approche de l'hiver.

Les Virbius peuvent vivre au milieu des diverses Algues, mais cela n'empêche pas qu'ils doivent être soumis, de la part de certaines, à des phénomènes d'intoxication, qu'il serait, j'en suis convaincu, intéressant d'étudier pour la compréhension de l'adaptation chromatique.

Palémonidés. — Zewr grande activité. Les espèces et leurs divers habitats. — Les Palémons {Palæmon où Leander) sont parmi les Æucyphota les plus nageurs, les moins sédentaires.

Faire l'étude des habitats des Palémons, é’est presque faire la spécification de ces animaux.

Celle-ci exige que l’on distingue les Palémons des côtes d’Angleterre et de la Manche, et les Palémons spéciaux à la Méditerranée.

ANGLETERRE MÉDITERRANÉE P. treillianus Risso.....

Rostre long ou | Pal p je assez long. alæmon serratus PENNANT.../P. œiphias Risso = .. :.. \ LP crenulatus Risso.....

| Esquille LINNE. 2.46, ca | Hostrescourt 2/7 bLenchi BELL. +. .136800 020 P. rectirostris ZADDACH.. | Palæmonetes vulgaris Leacn…| | |

Celte distinction ne doit pas être prise & la lettre; les Palémons de la première catégorie, que l’on rencontre aussi dans la Méditerranée, sont surtout connus par la description des auteurs anglais, LEACH |B, 18-21] et Bee [B, 53]; pour les autres, il faut remonter aux descriplions classiques de Risso [B, 26 et de Roux [C, 28]; et on arrivera peut-être à identifier des espèces de l’une

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et l’autre origine (P. squilla ILinné ou P. Leachi BELL et P. rectirostris ZADDACH par exemple).

Les P. serratus, treillianus, et æiphias (ces deux derniers étaient confondus volontairement par MILNE-EbwaRp) ont un rostre qui dépasse plus ou moins l’appendice lamelleux des antennes externes, qui se relève plus ou moins vers l'extrémité et qui est muni de nombreuses dents.

PsSerraits il) P. treillianus P. œiphias.

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