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CHAPITRE XII

De l’épithélium «les muqueuses. (Voy. pl. I. )

Sous la dénomination générique d’épiderme , on désigne en anatomie la couche la plus superficielle des membranes tégumentaires en général.

Celle couche ou cet enduit sur les membranes muqueuses, porte le nom d’épithélium, tandis qu’on a plus spécialement réservé la dénomination d’épiderme quand il s'agit de la peau. '• *

L’épithélium , comme l’épiderme, se compose de cellules élémentaires isolées , composées d’un noyau et d’une vésicule.

Ces cellules s’étalent en couches membraneuses qui ne possèdent ni nerfs ni vaisseaux, que les injections artérielles ou veineuses ne pénètrent jamais, que l'inflammation ne rougit pas , et qui se séparent d’elles-mêmes des membranes sur lesquelles elles sont appliquées quand on soumet celles-ci à la macération , à l’action de l’eau bouillante ou au seul travail de la décomposition spontanée après la mort.

Les différences que présentent dans leurs formes les cellules épithéliales ont donné lieu de distinguer plusieurs espèces d’épithélium. C’est surtout aux travaux de Henle que sont dues les connaissances que nous avons sur les diverses espèces d’une substance qui, au fond, est de la même nature sous des aspects divers. Les détails dans lesquels nous allons entrer sont donc le résultat des recherches de llenle.

On peut remarquer d’abord d’une manière générale que la cellule répète en général les contours «lu noyau, ayant set:-

leineul plus uu moins d’ampleur, de sorte que tantôt elle s’y applique exactement , et tantôt forme autour de lui une vésicule plus ou moins considérable.

Eu égard aux différences dans la forme des cellules épithéliales , on peut admettre trois espèces différentes d’épithélium : l’épithélium pavimenteux, l’épithélium cylindrique et l’épithélium vibralile.

1° Épithélium pavimenteux. — Plus répandu que les deux autres , il est 'le seul qui , par une métamorphose chimique particulière des cellules , et par l’accumulation de couches nombreuses , acquière assez d’épaisseur et de solidité pour justifier à un degré prononcé l’opinion suivant laquelle l’épiderme représente une enveloppe protectrice. 1

2° Épithélium cylindrique. — Il est caractérisé par des cellules en forme de cylindres ou de cônes , dont les extrémités les plus minces sont dirigées vers la membrane muqueuse, de sorte qu’elles se trouvent placées les unes à côté des autres comme des fibres. Le noyau est presque toujours situé entre la base et le sommet du cône, presque à égale distance de l’une et de l’autre.

L’épithélium à cylindres n’est qu’une modification de l’épithélium pavimenteux. Ce qui le prouve, c’est que l’on passe de l’un à l’autre, sur la même surface, d’une manière graduelle, et souvent par une série de formes intermédiaires auxquelles Henlea donné le nom d’épithélium de transition. Sur un point où cette transition a lieu , comme , par exemple , au cardia, l’épaisseur de l’épithélium pavimenteux diminue peu à peu, d’où il suit que les cellules profondes, qui sont plus petites et plus arrondies , se rapprochent de la surface; on voit en même temps le diamètre vertical l’emporter graduellement sur le diamètre transversal. Dans la membrane muqueuse des organes génito-urinaires de l’homme , l’épithélium de transition occupe tout l’espace compris depuis l’entrée de la vessie jusqu’au bassinet des reins, faisant place, du côté de l’urètre, à l’épithélium pavimenteux.

5° Épithélium vibratile. — 11 se compose de cellules toutà-fait semblables aux précédentes, cylindriques ou coniques, distinguées par des cils qu’elles portent sur l’extrémité libre qui est la plus large.

Les cellules de l’épithélium vibratile ne diffèrent de celles de l’épithélium à cylindres que par la structure de l’extrémité libre, autant qu’on en peut juger d’après leur aspect.

Ce que cette extrémité offre de plus remarquable, ce sont des cils courts, hyalins, terminés en pointe ou par un renflement, et dont le nombre varie, ainsi que la longueur. Chez l’homme et autres animaux vertébrés, chaque cylindre porte plusieurs cils, trois à huit , et peut-être plus; chez les mollusques, il se trouve des cylindres qui n’en ont qu’un seul. Les cils d’une cellule tantôt sont égaux en longueur , et semblables alors à des franges, tantôt réunis en pinceau ,, dont les cils sont plus longs dans le milieu, plus courts et arqués sur les côtés; quelquefois ils vont en diminuant graduellement d’un côté à l’autre. Purkinje et Valentin ont fait des recherches exactes sur la forme de ces cils. Ils sont larges et plats chez les animaux vertébrés, toujours tronqués ou arrondis à leur extrémité libre chez l’homme et les animaux, un peu moins obtus chez les oiseaux, aplatis et pointus chez les reptiles et lés poissons, cylindriques et pointus chez les animaux sans vertèbres.

Un des faits physiologiques les plus remarquables est le mouvement spontané des cils qui garnissent la surface des cylindres de l’épithélium vibratile. Ce mouvement ne dépend pas de l’influence des nerfs, car les nerfs ne s’étendent pas jusqu’à l’épithélium vibratile; il ne s’arrête pas non plus par l’application immédiate des narcotiques, ou par l'empoisonnement au moyen de ces substances. 11 persiste très longtemps sur des cellules complètement isolées, d’où résulte que sa cause et l’appareil tout entier qui le produit doivent être contenus dans chaque cellule.

Purkinje et Valentin distinguent trois sortes de mouvements dans les cils: 1° un mouvement infiindibuliformc.

dans lequel la base du cil tourne 'autour du centre, comme la douille d’un entonnoir, et décrit le sommet d’un large cône : ce mouvement, quand il se ralentit, dégénère en oscillations ; 2° le cil entier décrit des flexions onduleuses, comme la queue des spermatozoaires ; 5° les cils se recourbent en crochet, de manière que la partie inférieure ne se meut que peu ou point, et qu’il n’y a que la pointe qui s’infléchisse', après quoi elle se redresse avec vivacité. Celle dernière sorte de mouvement est la seule que Henle ail vue distinctement chez les animaux vertébrés. Au commencement, lorsqu’on contemple le bord renversé d’une membrane muqueuse qui vibre vivement, il fait l’effet d’une eau qui coule avec la rapidité d’un ruisseau. 1

Il est en général dans la nature des productions épidermiques de se détruire, soit par des influences mécaniques, soit par une action chimique, et de se renouveler plus ou moins facilement ; mais celte reproduction île s’observe nulle part avec plus de rapidité que dans les épithéliums des membranes muqueuses. C’est à ce point que dans quelques unes la destruction continue suivie d’un renouvellement très prompt, est en quelque sorte l’état normal. (Voy. pl. I, fig. 1.)

Dans l'estomac, l’épithélium est détruit à chaque digestion, et il produit tout autour du contenu de ce viscère une couche muqueuse, molle et grisât te, qu’Eberle avait déjà tenté de considérer comme la membrane interne de l’estomac détachée. Sur d’autres points , le renouvellement de l’épiderme paraît n’avoir lieu qu’à de certaines époques et à de plus longs intervalles, de môme que, chez beaucoup d’animaux, les reptiles notamment , il s’accomplit d’une manière périodique. C’est ainsi , par exemple, que le canal intestinal tout entier se dépouille pendant les premiers jours qui suivent la naissance. 11 est rempli d’une masse mucilagineuse blanche que la seule contraction des muscles sur des anses intestinales détachées du corps d’un animal récemment mis à mort suffit pour exprimer. Celle masse n’est composée que de cylindres

d’épilhélium de l'inleslin , encore unis en fragments d’une certaine étendue, qui représentent ou des ulricules creux, comme les doigls d’un gant, dont les villosités étaient couvertes, ou de petits lambeaux membraneux criblés de trous.

L’épithélium vibratile de la moitié profonde de la cavité utérine paraît se renouveler à chaque époque menstruelle, c’est-à-dire de mois en mois, et après l’accouchement.

Il est très difficile de déterminer expérimentalement si, dansl’élat de santé, l’épiderme non slratilié se régénère peu à peu sur les surfaces qui viennent d’être désignées, et sur les autres membranes qui en sont garnies; mais il est certain qu’après avoir été détaché ou détruit, soit par une cause mécanique. soit par un travail morbide, il se reproduit dans un très court espace de temps. Ainsi, lorsqu’on voit une 'membrane muqueuse rejeter quelques portions d’épithélium, ce qui arrive à presque toutes, ces perles peuvent dépendre d’une maladie ou d’une lésion limitée qui serait alors la vraie cause de la reproduction d’un nouvel épiderme.

La ténuité de l’épithélium des membranes muqueuses le rend perméable en deux sens, c’est-à-dire pour la sécrétion et pour l’absorption. Les endroits où il a le moins d’épaisseur sont les canalicules glandulaires: là il se compose de petites cellules arrondies et pourvues chacune d’un noyau: c’est ainsi qu’il s’offre à nous au centre des organes digestifs, dans l’estomac. Au reste, ce paraît être là la première ferme qu’il affecte; après quoi il prend celle d’épilhélium à cylindre, puis celle d’épithélium pavimenteux.

La transition qui se fait généralement remarquer dans les membranes muqueuses quand on passe de l’une à l’autre s’observe également dans le passage d’une forme donnée d’épithélium à une forme différente sur la même membrane muqueuse: toujours il y a transition graduelle par des formes intermédiaires, qui, lorsqu’elles occupent une certaine étendue, produisent ce que Henle appelle l’épithélium de transition.

Membranes muqueuses tapissées par V épithélium pavimen teux. — Epaisseur de l'épithélium. — Sous le rapport de l’épaisseur de leur épithélium, les membranes muqueuses peuvent se diviser en deux classes: •

1° Celles sur lesquelles il est très épais, ce qui lui permet d’ètre facilement détaché par la macération, comme l’épiderme extérieur. La superposition de couches qui rend ainsi l’épithélium beaucoup plus épais lui a fait donner le nom d’épithélium stratifié.

Ce dernier acquiert souvent une épaisseur considérable; pour cela, il se forme à la surface de la muqueuse de nouvelles couches qui repoussent au dehors les anciennes, lesquelles se détruisent successivement. On peut remarquer d’une manière générale que l 'épaisseur de l’épithélium est beaucoup plus considérable dans tous les lieux où prédomine la forme papillaire de la membrane muqueuse. Il est vrai que celte forme s’observant surtout dans des muqueuses qui se rapprochent le plus de l’extérieur, l’épithélium par son épaisseur plus considérable se trouve en rapport plutôt avec les conditions d’une protection nécessaire, qu’avec telle ou telle forme de membranes muqueuses.

Parmi les membranes muqueuses qui possèdent cette forme d’épithélium stratifié, nous devons citer les suivantes : la conjonctive oculaire, mais non celles des paupières ; la membrane muqueuse du nez, de la bouche, des gencives, sur lesquelles il est très épais, surtout en avant; du pharynx, de la langue et de l’œsophage, jusqu’au cardia, où l’épithélium épais qui le recouvre perd tout-à-coup la plupart de ses couches, et semble se terminer dans toute son épaisseur par un bord dentelé , au niveau duquel l’épaisseur de la couche épithéliale est considérable; celle des parties génitales externes de la femme , du vagin et du col de la matrice jusqu’au milieu du col; enfin l’entrée de l’urètre chez la femme. On trouve aussi plusieurs couches de cellules épithéliales sur la membrane muqueuse de la vessie, des uretères, et même du bassinet des reins. L’examen

des diverses modifications de l'épithélium sur plusieurs des membranes que nous venons de citer fera mieux comprendre la manière dont se comporte l'épithélium sur les membranes muqueuses.

Epithélium de la conjonctive oculaire. — C’est celui qui convient le mieux pour l’étude de l’épithélium pavimenteux stratifié. Les squames superficielles de cet épithélium, celles qui sont sur le point de tomber, ou qu’on trouve déjà détachées dans l’humeur des larmes, sont tou t -à-fait plates, pourvues d’un noyau central, et d’ailleurs de formes très variées. Dans les couches situées loui-à-fait au contact de la surface libre, les cellules ont une forme plus régulière, la plupart du temps polyédrique. Plus ensuite on se rapproche de la membrane muqueuse proprement dite, plus les cellules deviennent petites, sans que le noyau change; en même temps, elles prennent une forme ovale, conique ou arrondie, et entourent exactement le noyau.

Sur la muqueuse de la langue, les cellules sont larges; elles y présentent aussi une disposition sur laquelle nous aurons à revenir en nous occupant de ce qui a été désigné sous le nom de réseau muqueux de Malpighi. L’épithélium y est du reste tellement stratifié, qu’il surpasse en épaisseur l’épiderme qui recouvre la plupart des régions extérieures du corps.

Sans préjuger ici la question de l’existence du corps muqueux de Malpighi , j’ai plusieurs fois remarqué , dans mes cours à l’Ecole pratique , en soumettant à l’ébullition l’épithélium de la langue du bœuf, que cet épithélium paraissait composé de deux couches bien distinctes : l’une, c’est la plus profonde, qui engaîne immédiatement les papilles qui s’élèvent à la surface du derme lingual ; l’autre, qui est toutà-fait superficielle , se montre plus épaisse et sert de base à l’implantation de petits crochets constitués par de la matière épidermique ayant souvent une consistance en quelque sorte cornée. Comme ces petits crochets ont la forme de papilles, on pourrait à un examen superficiel les confondre

avec ce genre d’organes , dont ils sont loul-à-fait distincts.

2° Parmi les surfaces sur lesquelles l’épithélium offre le moins d’épaisseur, on peut ci 1er celle de la cornée transparente, dont l’épithélium est clair et limpide comme de l’eau, tandis que peu de temps après la mort il devient blanc et trouble.

Membranes muqueuses recouvertes par l'épithélium à cxjlindres. — Il est à remarquer que les membranes muqueuses sont chez l’homme les seuls appareils de l’économie sur lesquels se rencontre l’épithélium à cylindres. Celles des membranes muqueuses qui offrent cette forme sont les suivantes :

1° Celle du canal de Sténon, à la face interne duquel l’épithélium à cylindres peut être suivi aussi loin que ce dernier lui-même dans l'intérieur de la glande, tandis que du côté de la bouche, l’épithélium à cylindres cesse subitement pour faire place à l’épithélium pavimenteux;

2° Celle de l’estomac, qui se continue avec l’épithélium de l’intestin et diffère beaucoup de celui de l’œsophage, terminé tout-à-coup au cardia par un bord dentelé, mais qui n’intéresse cependant que la plus grande partie de ses couches. La couche la plus profonde se continue sur la muqueuse gastrique. L’épithélium de l’estomac se compose de petites cellules squamiformes qui contiennent un noyau; mais on rencontre déjà de l’épithélium cylindrique à la grande courbure ;

5° Celle du canal intestinal proprement dit, depuis le pylore jusqu’à l’anus, où il se termine d’une manière assez nette, et par un rebord dentelé du côté de l’épiderme. Du canal intestinal il se prolonge d’un côté dans le canal cholédoque, puis de là dans les conduits hépatique et cystique et la vésicule biliaire, d’un autre côté dans le canal de Wirsung, aussi loin qu’on a pu en suivre les ramifications.

Ce n’est pas seulement dans les conduits excréteurs des grosses glandes que cet épithélium se prolonge: tous les petits follicules simples de l’estomac et de l’intestin en sont

également tapissés à l'intérieur. Bœliin a vu dans le choléra, quand l'épithélium du tube intestinal tout entier se détachait, celui des glandes de Lieberkun, qui est formé de cellules épithéliales cylindriques dans les simples follicules tubuleux de la membrane muqueuse gastrique, se séparer aussi. Mais nulle part on ne l’aperçoit si bien ni si facilement que dans les glandes cylindriques placées les unes à côté des autres, comme des sacs de farine, au gros intestin, de la surface libre duquel elles s’étendent jusqu’auprès de la tunique musculeuse.

On en voit aussi sur la muqueuse des organes génitaux de l’homme, dans l’urètre et dans le canal déférent, jusqu’aux conduits séminilcres du testicule.

Enfin , il est probable que c’est aussi l’épithélium à cylindi •es qui revêt l’intérieur des conduits de la glande lacrymale. Nous disons probable ; car cet épithélium n’a encore été examiné que sur les conduits des glandes lacrymales du veau , où il est en effet cylindrique.

4° La muqueuse des organes urinaires, dans lesquels l’épithélium à cylindres de l’urètre s’étend aussi dans tous les canaux excréteurs, qui s’ouvrent à la légion du verumonlanum, ceux de la prostate, des vésicules séminales et des glandes de Cowper.

L’épithélium qui tapisse les ramifications des canaux prostatiques est composé également de cylindres, et l’épithélium pavimenteux ne commence que dans les cellules de cette glande.

Si l’on examine l’épithélium de la vessie ou des uretères avant que ses cellules soient disgrégées et sur le bord renversé de la membrane muqueuse , il ne parait pas , comme l’épithélium pavimenteux, strié parallèlement au bord , ni, comme l’épithélium k cylindres , fibreux dans une direction perpendiculaire à ce bord ; mais il se montre grenu, et tout au plus offre-t-il des stries perpendiculaires au bord, dans une petite étendue à partir de ce dernier.

La plupart du temps aussi on aperçoit plusieurs couches

de cellules les unes au-dessus (les autres, tandis que , dans l'épithélium à cylindres, il n’y a jamais qu’une seule couche qui soit bien visible. Isolées, les cellules semblent avoir une forme cylindrique ou conique , mais parfois aussi arrondie, et en général irrégulière, étant souvent pointues aux deux bouts, et fréquemment aussi prolongées, à l’une de leurs extrémités, en un filament long et grêle.

Membranes muqueuses tapissées par l’épithélium vibratilc. — Chez l'homme , on trouve l’épithélium vibralile dans les régions suivantes :

1° Sur la membrane muqueuse de l’appareil respiratoire. Il commence dans le nez , derrière une ligne fictive tirée tant sur la cloison que sur la paroi latérale des fosses nasales, depuis le bord antérieur libre des os nasaux jusqu’à l’épine nasale antérieure de l’os maxillaire supérieur. Arrivé à celle ligne, l’épithélium stratifié cesse; toutes les parties situées en dedans ou en arrière d’elle, la cloison, les cornets et le plancher entier de la cavité nasale sont revêtus d’épithélium vibralile , ainsi que l’entrée des sinus frontaux , sphénoïdaux, elhmoïdaux et maxillaires, et ces cavités elles-mêmes dans toute leur étendue. L’épithélium vibralile se prolonge également dans le canal nasal et le sac lacrymal , jusqu’au cul-de-sac supérieur de ce dernier. Les conduits lacrymaux ont un épithélium pavimenleux. L’épithélium vibralile reparaît dans les plis supérieur et inférieur des paupières , ainsi que sur toute la face interne des deux paupières , jusqu’à leur bord ta rsa l. Des parois latérales du nez, il se continue dans le cul-de-sac supérieur du pharynx, où il s’étend en arrière jusqu’à la région du bord inférieur de l’atlas , en avant sur la face postérieure de la base du voile du palais , latéralement sur le pourtour des trompes d’Eustachi , dans l’intérieur desquelles il va presque jusqu’auprès de leur orifice lympanique. I)e la cavité buccale , l’épiderme stratifié s’étend jusque sur la face inférieure de l’épiglotte. A la base de cette valvule, on retrouve l’épithélium vibralile , qui tapisse sans interruption la paroi antérieure du larynx, tandis

qu’en arrière et sur les côtés , il ne commence qn’immédialement au-dessus du bord des cordes vocales supérieures; de là, il se conlinue en profondeur jusque dans les dernières ramifications des bronches ;

2° Sur la membrane muqueuse des organes génitaux de la femme , depuis le milieu du col utérin jusqu’à la face externe de la portion frangée des trompes, en traversant la cavité de ces dernières et tout l’intérieur de la matrice.

La muqueuse de la trompe, tapissée d’épithélium vibra li le et plissée dans le sens de sa longueur, se conlinue sans interruption avec la membrane muqueuse, également vibratile de la matrice , et extérieurement avec l'épithélium pavimenteux du sac péritonéal. Mais , d’après Henle, les cylindres vi brati les diffèrent de ceux qu’on trouve ailleurs, même dans la matrice, en ce qu’ils s’amincissent loutà-coup au-dessous du noyau, s’étirent en de longs pédoncules, et sont pour la plupart pourvus de noyaux ovales et lisses. Henle a également trouvé, au côté externe des franges, des cylindres vibraliles cilifères, mais qui, peu à peu, devenaient plus petits, et passaient à la forme des cellules plates du péritoine Leur mouvement est dirigé vers l’extrémité utérine. On a pensé qu’il pouvait favoriser le cheminement de l’ovule vers la matrice.

C’est là, disons-le, une opinion purement hypothétique, c’est-à-dire nullement démontrée. Autant nous sommes porté à admettre les résultats de pure observation, quand ils nous sont attestés par des hommes dignes de foi, alors même que ces faits nous paraîtraient extraordinaires, autant nous croyons qu’il faut user de sévérité pour admettre des explications déduites à la bâte de parlicularités anatomiques trop récemment connues pour qu’on ait eu le temps d’étudier suffisamment leur rôle physiologique.

E.-H. Weber a indiqué un moyen commode pour se procurer de l'épithélium vibralile sur le vivant. On introduit dans le nez la lige d’une plume dont la lamelle dure a été mise à nu et recourbée en forme de crochet; ce crochet,

promené doucement sur la cloison nasale , détache l’épiderme sous l’aspect d’un mucus qu’on étale avec le couteau sur une plaque de verre. Le mouvement vibrutile dure quelquefois plus d’une demi-heure à la surface des cellules ainsi détachées.

Corps muqueux de Malpighi. (Yoy. pl. T, fig. 9 et 10.)

La connaissance plus approfondie de la constitution de l’épithélium a mis à même de bien apprécier la cause d’er-' reur qui avait conduit Malpighi à admettre l’existence d’un corps particulier entre l’épiderme et le derme, sous le nom de corps muqueux. Le corps muqueux ou réticulaire ne se présente avec l'aspect décrit par Malpighi que dans des points de membrane muqueuse où l’épithélium est très épais. L’est la couche la plus. profonde de cet épithélium, c’est-à-dire celle qui est formée le plus récemment, et qui se trouve constituée par ce que l’on appelle des cellules jeunes, jeunes eu égard à celles qui, plus anciennement produites, oui été successivement refoulées pour former les couches superficielles de l’épiderme, et ont perdu à la fois de leur humidité et de leurs formes arrondies pour devenir plates, et former des éléments de celte mosaïque que l’on appelle l’épithélium pavimenteux.

Mais pourquoi cette couche profonde de l’épithélium prend-elle la forme particulière qui lui a valu le nom de corps réticulé? L’est d’abord parce que, lorsqu’on traite parla coction ou la macération les parties recouvertes par un épithélium pavimenteux épais, le seul qui puisse être composé de couches multiples, privilège que ne possèdent ni l’épithélium cylindrique ni l’épithélium vibralile, il se sépare en deux couches, l’une superficielle, formant un tout continu qui, sur une coupe verticale, s’étend depuis la surface libre de 1 épithélium jusqu’au sommet des papilles, ou même un peu plus profondément que le sommet des papilles, et par con-

séquenl en pénétrant un peu entre leurs pointes, la seconde couche, inférieure ou profonde, comblant les espaces interpapillaires , depuis la hase des papilles ou le derme jusqu’à une petite distance de leur sommet. La couche supérieure est facile à détacher ; l’inférieure reste adhérente au derme. Souvent il arrive, surtout quand on a traité la langue par la coclion, que les papilles se déchirent à leur base, c’est-àdire à la surface du derme. Leur sommet restant uni à la couche superficielle de l’épiderme, chaque emplacement de la base d'une papille, ainsi enlevée au travers de la couche profonde de l’épithélium, laisse dans celte dernière comme une^ perforation ; celte couche profonde représente alors forcément un crible ou un réseau, et Malpighi lui a donné le nom de corpus reticulare et. cribrosum, comme une membrane à part, blanche chez les blancs, noire chez les nègres, qui entoure les canaux de la sueur et les papilles nerveuses. Après lui elle a été appelée rete Malpighii, réseau muqueux, parce qu’elle est plus molle que la couche externe.

Albinus soutient que les trous vus par Malpighi dans celte membrane sont les résultats d’une mauvaise préparation, et que le réseau passe sans interruption sur les papilles nerveuses elles-mêmes ; mais, en même temps, il déclare que le réseau de Malpighi et l’épiderme ne diffèrent pas essentiellement; qu’ils ne sont, dans la réalité, que des couches d’une seule et même membrane, couches dont l’interne est plus molle et plus colorée. Cette opinion avait été adoptée par presque tous les modernes, et il était devenu d’un usage général d’appeler réseau de Malpighi la couche interne, non encore endurcie, de l’épiderme, celle qui se continue insensiblement avec l’épiderme proprement dit, et qui n’est colorée davantage que parce qu’elle se trouve plus imbibée de liquide. Les recherches de Meule établissent aussi l’existence d’une couche intérieure plus molle. C’est une masse, plus ou moins épaisse, de petites cellules, non encore aplaties, et, à ce qu’il paraît, encore solubles dans l’acide acétique, qui revêt immédiatement le derme, et sans doute aussi ses sail-

lies. C’est à celle couche, si l’on veut en distinguer deux, qu’il faut borner l’appellation usitée, quoique peu convenable , de réseau de Malpighi.

On conçoit très bien, d’après la description qui précède, que, l’aspect réticulaire de la couche profonde de l’épithélium étant le résultat du mode de préparation dont nous venons de parler, on ait pu obtenir par des modes différents, et mieux ménagés, cette couche à l’état de membrane continue, exemple, par conséquent, des perforations et de l’aspect cribleux produit par l’arrachement des papilles à travers cette couche. Cela explique comment M. Flourens a été conduit à admettre comme couche distincte ce qu’il a appelé après tant d’autres le corps muqueux ; mais que l’on obtienne celui-ci sous forme de lame continue, ou sous forme de crible, cela ne fait rien à la nature intime qui est positivement épithéliale. Seulement nous ne pourrions admettre que l’on puisse obtenir une couche à la fois et profonde et distincte dans les membranes revêtues d’épithélium à cylindre et d’épithélium vibralile : c’est en cela que nous ne pouvons partager l’opinion du savant anatomiste que nous venons de citer.

Dents. — A côté des productions épithéliales des membranes muqueuses, nous croyons devoir placer les dents, non pas, bien entendu, pour en faire ici la description, mais pour rappeler que leur mode de développement, et du reste, leurs connexions les rattachent essentiellement à la membrane muqueuse; c’est en effet sur une papille faisant relief à la surface de la muqueuse buccale qu'elles se développent : celte papille, par l’élévation successive de deux espèces de gouttières ou de remparts, s’enveloppe d’un sac muqueux qui se ferme à son goulot, et tandis que la papille produit en s’en enveloppant l’ivoire de la dent, la face interne du sac muqueux, dont la papille s’était enveloppée, en fournit l’ivoire.

Il est donc évident que ces productions, surtout par leur mode de développement, mais aussi par l’ensemble de leurs

caractères, se rattachent aux membranes muqueuses. C’est ce qui a été parfaitement indiqué par Goodsir in Edinb. med. and Surg. Journal, t. xxxi, p. i .

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