CHAPITRE PREMIER
Historique et fréquence des cas
Pendant longtemps, le pneumocoque a été considéré comme étant l'agent de la méningite cérébro-spinale épidémique et sporadique.
Scherb, en 1875, conclut sa thèse en disant qu'il est légitime de rattacher la méningite cérébro-spinale épidémique à la pneumococcie méningée sporadique, parce que, dans les deux cas, évolution et symptomatologie sont identiques: étiologie et pathogénie sont communes. De plus, on a souvent constaté l'apparition simultanée de la méningite et de la pneumonie dans les épidémies antérieures à l'ère bactériologique.
Weichselbaum avait bien découvert son microbe dès 1887, mais on le considéra comme une simple variété de pneumocoque, et Netter fut pendant longtemps le détenseur de l'identité des deux microbes.
Cependant cet auteur, dans l'épidémie parisienne de 1898-99, constate des cas dus, les uns au pneumocoque, les autres au méningocoque. et écrit à ce propos : « J'msiste sur ce point qu'on ne.saurait attribuer au diplocoque intra-cellulaire seul l'épidémie parisienne. Plus sou- ‘vent que çe microbe, j'ai vu, depuis 1898, le pneumocoque lancéolé typique (11 cas) ou un organisme en chaïnettes qui serait, pour moi, un dérivé du pneumocoque. »
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Dans 29 méningites pures étudiées depuis le début de 1899, il aurait trouvé :
7 fois le pneumocoque; 6 fois le diplocoque de Weicheclbatin, 4 fois le streptocoque dérivé du pneumocoque.
3 fois le streptocoque pyogène:
l fois le staphylococcus aureus,
et, de plus, pour cet auteur, le méningocoque ne serait qu'une forme d'involution, de régression du pneumocoque; ce microorganisme, situé dans les grandes cellules leucocylaires, serait en quelque sorte un pneumocoque phagocyté. Dans un cas de Troisier, 1l trouve même des intermédiaires entre les formes microbiennes: il écrit, relatant l'autopsie de ce cas : « L’exsudat méningé et le suc des noyaux broncho-pneumoniques nous font voir des diplocoques contenus dans les cellules et ayant tout à fait l'aspect de gonocoques: on constate que ces Inclusions cellulaires se voient surtout là où l'exsudat est épais. Dans les points où les méninges sont seulement infiltrées ou congestionnées, les microcoques sont presque tous libres eten dehors des celiules: on trouve alors, à côté des éléments ronds et cubiques, des microbes ovoïdes et encapsulés. De plus, les crachats expectorés par le malade renfermaient des pneumocoques lancéolés typiques, qui ont élé cultivés. »
\ujourd'hui, la distinction est très nettement établie entre les deux microbes: de nouvelles réactions biologiques (séro-agglutinalion de Besançon et Griffon pour le pneumocoque: précipito-réaction de Vincent et Bellot pour la méningocoque) sont encore venues s'ajouter aux
tre.
caractères morphologiques et culluraux qui les différencient.
Il faut donc rendre au méningocoque la priorité que Netter se refusait à lui accorder il y a dix ans dans l'étiologie de la méningite cérébro-spinale épidémique; mais on doit cependant constater que la fréquence des méninoites à pneumocoques est plus grande qu'on ne le croit généralement.
Dans plusieurs épidémies, on a relevé grand nombre de cas dus au pneumocoque:; dans la thèse de Marchal. sur un total de 515 cas, on trouve :
Sur 95 cas sporadiques :
48 cas, done 50,5 p. 100 dus au méningocoque: 14 cas, donc 22 p. 100 dus au pneumocoque:
Sur 418 cas épidémiques
307 cas, donc 73,4 p: 100 dus au méningocoque; 67 cas, donc 16 p. 100 dus au pneumocoque.
Von Leyden, au cours de la grande épidémie de Silésie, en 1905, trouve le pneumotoque dans 16 p. 100 environ des cas épidémiques et dans 22 p. 100 des cas sporadiques.
Nous avons relevé 25 observations dans la Hltérature médicale, et il est probable que les cas sont en réalité plus nombreux.