ET MÉNINGITE CHRONIQUE
bien encore, quelquefois, la méningite chronique apparaît-elle chez des individus qui ont eu une méningite secondaire, mais chez qui cette méningite secondaire a guéri ? |
Actuellement il est encore bien difficile de répondre à ces questions. Pour être affirmatif, il faudrait avoir suivi pendant dix, quinze, vingt ans, des syphilitiques avant présenté ou non de la lymphocvtose à la période secondaire et voir quels sont ceux qui deviennent des tabétiques, des paralytiques généraux, ete. Jusqu'à présent, cela n’a pu encore être fait; car la découverte du cyto-diagnostic est encore trop récente, et plus récente encore celle de la méningite secondaire. Cependant un certain nombre de faits sont acquis :
1° Certaines méningites secondaires peuvent guérir (Ravaut, Jeanselme); quelques-unes guérissent très rapidement, d’autres mettent des années ;
2° Certaines méningites secondaires se transforment insensiblement en méningites chroniques.
Voici deux observations qui viennent à l'appui de ces observations (elles sont dues à l’obligeance de M. Ravaut,).
Obs. I. — Méningile secondaire quérie. — Mile M..., 80 ans, vient consulter à Broca, en décembre 1902. Elle a eu un chancre syphilitique en 1900, suivi de paralysie faciale gauche six mois après. Au moment où elle vient consulter, il reste des traces de cétte ancienne paralysie faciale, sous forme d’un léger spasme.
Une première ponction lombaire est pratiquée le 30 décembre 1902; elle montre une lymphocytose importante. Successivement ensuite la malade est ponctionnée le 24 janvier 1903, le
13 juin 1903, le 19 janvier 1904, le 2 août 1904, le 31 janvier 1905, le 27 septembre 1905, son liquide céphalo-rachidien conlient toujours un nombre important d'éléments. Depuis sa première entrée à l'hôpital Broca, elle fait, d'une façon régulière, des piqûres d'huile grise, c’est-à-dire environ quatre séries de six piqûres par an.
En septembre 1906, pour la première fois depuis quatre ans, le cyto-diagnostic est presque négatif ; il existe environ 5 à 6 lymphocytes par champ de microscope.
En novembre 1907, un nouvel examen montre le même état du liquide céphalo-rachidien.
Obs. II. — Méningite secondaire devenue méningite chronique. — Mille Mom..., 28 ans, vient consulter à Broca, en novembre 1903. |
L'accident initial a passé inaperçu ; mais, en mars 1901, roséole, suivie de syphilides miliaires du corps et de syphilide pigmentaire du cou. Au moment où elle vient consulter à Broca, elle n’a plus d'accidents cutanés depuis un an; mais, depuis deux mois, elle a des névralgies dans le domaine du trijumeau gauche, surtout dans le domaine du nerf frontal. L'examen de l'œil, pratiqué par M. Chaillous, montre une double rétinite hémorragique (pas d’albumine dans les urines). La malade est ponctionnée. On recueille un liquide trouble, qui contient une énorme quantité d'éléments.
Une nouvelle exploration des espaces arachnoïdiens est pratiquée en janvier 1904 ; elle montre la même énorme réaction méningée.
En juillet 1904, la malade fait une hémiplégie droite avec aphasie.
En juin 1905, l'hémiplégie est guérie; mais le liquide céphalorachidien est toujours trouble. Il montre environ 150 éléments par champ de microscope.
À partir de ce moment, la malade est ponctionnée en avril et octobre 1906, en mai 1907, pour la dernière fois le 31 octobre