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ET MÉNINGITE CHRONIQUE

1908 : il existe toujours la même quantité de lymphocytes, et l'albumine du liquide céphalo-rachidien est très augmentée.

Ce cas montre donc qu'il existe des méningites datant de la période secondaire, qui peuvent se transformer insensiblement en méningites chroniques.

Il est donc extrémement probable que certains acctdents nerveux de la période tertiaire de la syphilis sont reliés, d’une façon ininterrompue, à la période d'infection générale (qui suit le chancre à brève échéance) par la méningile secondaire, devenue méningitechronique,maisrienneprouve qu'ils lesotenttous(1).

(1) Et à ce propos, en particulier pour le tabes, je ne partage pas les idées que soutient mon collègue et ami Sézary (*), à savoir, que le tabes n'est qu'un reliqual non syphilitique d'une méningite secondaire syphililique plus ou moins prolongée.

À y regarder de près, cette conclusion contient deux affirmations :

1° Celle que le tabes commence à la période secondaire de la syphilis. J’ai dit plus haut que cela est possible, mais actuellement aucun fait ne le prouve d’une façon certaine;

20 Celle que la méningite du tabes n'est pas syphilitique. Et la démonstration de Sésary s'appuie :

a) Sur la différence qui existe entre la lymphocytose de la méningite secondaire et celle du tabes;

b) Sur l'impuissance du mercure à modifier les manifestations dites parasyphilitiques (ceci aurait besoin d’ailleurs d’être discuté).

Or je ne crois point que ces arguments soient irréfutables.

En effet, il me paraît impossible de démontrer actuellement qu'il existe une différence entre les lymphocytoses des syphilis nerveuses secondaires et les lymphocytoses des affections nerveuses dites parasyphilitiques. Si l’on ponctionne certains individus ayant une manifestation isolée de parasyphilis nerveuse : signe d’Argyll,

(*) Presse médicale, n° 88, 1909.

40 MÉNINGITE SECONDAIRE SYPHYLITIQUE

Voilà donc un cas de méningite secondaire intense, puisqu'elle avait été accompagnée de paralysie faciale, qui a fini par être guérie. Il est vrai qu'elle a mis six ans et demi pour cela.

abolition des deux réflexes achilléens dix, douze ans après la syphilis, on trouve une /ymphocytose d'une abondance extrême et telle qu’il en existe RAREMENT de semblable dans les sÿphilis secondaires (sauf syphilis maligne précoce du système nerveux).

Inversement, si on observe de vieux tabes dans les hospices en particulier, l’absence de toute lymphocytose rachidienne (contrôlée avec la cellule de Nageotte) (*) est fréquente.

De plus, l’idée que certaines lymphocytoses rachidiennes sont entretenues par des faisteaux dégénérés agissant comme corps étrangers ne me paraît pas exacte. La maladie de Friedreich, la sclérose latérale amyotrophique, avec leur dégénérescence massive de certains systèmes ne s'accompagne pas de lymphocytose.

Enfin, à mon avis, il n’est pas sûr que la guérison ou la nonguérison d'une affection nerveuse par le mercure, autorise à affirmer que, dans le premier cas, il s’agit de syphilis, dans le second non.

Ceci revient à dire que la spécificité du mercure n’est pas une chose incontestable.

Nous ignorons comment agit le traitement mercuriel, nous ignorons le pourauoi des différentes modalités de la syphilis: de deuxinconnues on ne peul rien tirer.

Et même si l’on admet que le mercure est le médicament spécifique de la syphilis, son impuissance vis-à-vis des accidents dits parasyphilitiques ne prouve pas que ces accidents ne sont pas syphilitiques au sens strict du mot. En effet, la médication la plus spécifique que nous connaissions, le sérum antidiphtérique, agit à peine ou pas du tout sur un grand nombre de paralysies diphtériques. Or personne ne nie la relation directe qui existe entre la diphtérie et les paralysies.

(*) L'appareil de Nageotte permet de numérer les éléments du liquide céphalo-rachidien comme on numère les éléments du sang.

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