LES LÉSIONS DES NERFS DE LA BASE DU CERVEAU DANS LE TABES
Dans le tabes, aux phénomènes fondamentaux qu constituent le fond du tableau clinique, s'ajoutent, soit au début, soit au cours, soit à la période terminale de la maladie, des phénomènes liés à une lésion des nerfs craniens; et même certains tabes revêtent une forme particulière du fait de cette lésion. Il ÿ en a, les tabes supérieurs de Charcot, par exemple, dans lesquels les lésions des nerfs de la base existent seules, sans modification des réflexes tendineux. Ils ne sont reliés au tabes vulgaire que par des formes de passage, tabes supérieur sans ataxie avec abolition des réflexes tendineux, ou par des symptômes communs : la névrite optique, le signe d'Areylil. |
La diplopie, la paralysie faciale, la surdité avec ou sans vertiges labyrinthiques, latrophie linguale, les troubles laryngés, les troubles de la déglutition, sont l'expression clinique de la lésion de ces nerfs.
Or il suffit de prendre les traités classiques pour se convaincre que la nature de cette paralysie est encore indéterminée.
L'examen des nerfs paralysés a fourni les résultats les plus contradictoires entre les mains des différents auteurs. Nageotte a résumé les diverses opinions actuelles dans son article sur le tabes de la façon suivante (Cornil et Ranvier, t. IT) :
« Quant aux lésions des nerfs qui occasionnent les paralysies bulbaires du tabes, elles sont assez mal connues. On a décrit une atrophie cellulaire portant sur l'un des noyaux du trijumeau (noyau moteur) ; sur le noyau de l'hypoglosse (Kok et Marie), dans des cas d’'hémiatrophie linguale: Hayem et Pierret ont signalé des lésions atrophiques des noyaux de la huitième paire ; de même Raymond et Arteaux.
« À côté de ces lésions nucléaires, considérées comme primitives par les auteurs qui les ont obser-
vées, on a décrit des altérations périphériques des
nerfs craniens comme cause de l’hémiatrophie linguale (Cassierer et Schiff), des paralysies oculaires (Dejerine et Pétréen), des paralysies laryngées (Schlesinger, Oppenheim, Déjerine et Pétréen). Tous ces faits appellent de nouvelles études. »
En fait, il est possible que la lésion cause de ces paralysies ne soit pas toujours la même; un tabétique peut faire un foyer de ramollissement bulbaire, protubérantiel ou pédonculaire qui intéresse le noyau d’un des nerfs précités ; il peut faire une polynévrite banale ou bien même la polynévrite radiculaire, syphilitique
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de Kahler portant sur ces nerfs; mais la fréquence de la paralysie des nerfs craniens au cours du tabes typique donnait à penser qu'il y avait là plus d’une coïncidence, plus que la superposition d’une lésion banale au processus tabétique etque probablement l’altération de ces nerfs était, comme le reste, une manifestation dé la lésion spécifique du tabes.
Élève de M. Nageotte, j'ai appris chez lui à connaître et à reconnaître la névrite radiculaire transverse, dont il fait la lésion initiale spécifique de la maladie de Duchenne et, plus tard, à la Salpêtrière, alors d’ailleurs que lui-même en avait émis l'hypothèse, j'ai été amené à penser que c'était peut-être aussi cette même lésion qui était la cause de la paralysie des nerfs craniens, et j'ai dirigé mes recherches dans ce sens.
J’ai pris comme premier objet d'étude le moteur oculaire commun parce que c'est, avec la VI° et la IV° paire, le nerf qu'on peut le plus facilement couper en série dans toute sa longueur. J’ai pensé qu'en faisant ainsi, si une lésion existait, elle ne pouvait m'échapper en quelque point qu’elle soit placée.
Plus tard, j'ai pris comme objet d'étude les [X£, X°, XI° paires et la XIT°.
Mais j'ai laissé toujours de côté systématiquement le nerf optique, dont l'étude a été faite par Léri, dans l «Iconographie de la Salpêtrière » de 1904, et quin’a d’ailleurs pas la même structure que les autres nerfs craniens. -
J'ai eu la bonne fortune de trouver, sur différents
È : , Ft AU . CA UOTE 7 nerfs que j'ai coupés d’une façon quasi-schématique, cette névrite radiculaire transverse, accompagnée ou
non de névrite interstitielle de la portion sous-arach- 31e
oder des nerfs.
Mais, avant de décrire les lésions And ctes dans
les deux cas observés, je vais préciser la méthode et la mous que j'ai employées ia aire mes observa-
ee À