CHAPITRE PREMIER
Quand un tabétique présentant des paralysies imputables à une lésion des nerfs de la base meurt, il est bon, avant l’autopsie, de formoler les centres nerveux ir situ, comme cela se pratique, d'une façon courante, dans les services de neurologie. Le formolage doit être pratiqué par le nez, pour éviter d’altérer mécanique-
ment les nerfs des yeux.
Le cerveau, la moelle sont prélevés suivant la méthode ordinaire ; de même les nerfs périphériques allant aux muscles paralysés. Il faut y ajouter :
‘1° Les autres nerfs périphériques craniens allant à des muscles qui, en apparence, LAND EDS normalement;
29 LE segment des nerfs de la base qui traversent la méninge et les os du crâne — segment qui est l’homologue du nerf radiculaire de Nageotte — nerf de conjugaison de Sicard et Cestan; et là encore, là surtout,
il faut prendre non seulement le nerf des muscles para- :
Dee mais les nerfs voisins parce que c’est sur ceux-ci qu'on trouvera la lésion en évolution, la lésion à une
période peu avancée et qu'ainsi on pourra comprendre ce qui s’est passé au niveau des nerfs détruits.
C’est sur cette partie difficile à atteindre, difficile à prélever, laissée d'ordinaire sur le cadavre, que siège la lésion. Et c’est vraisemblablement pour ce motif qu’elle a passé si longtemps inaperçue.
L’ablation de ce segment de nerf est une opération délicate et relativement difficile; car, d’une part, elle est comprise dans des canaux de trajet capricieux, et, d'autre part, il importe de ne pas tirailler la méninge pour ne pas altérer la lésion que l’on cherche.
Je vais donner une technique pour arriver au résultat désiré :, |
Il faut distinguer, suivant que l’on veut étudier les nerfs des yeux et le trijumeau, qu'on peut enlever en bloc, et les autres nerfs de la base, VIT®, VIII, IXEe, X°, XI°, XIT° paires. Quand on veut avoir tous les nerfs craniens, il faut commencer par les nerfs de l'œil.
$S 1. — Technique pour enlever les nerfs de l'œil et le trijumeau.
Chacune des pièces correspondant à chacun des yeux doit être enlevée séparément. On pratique une incision sur la dure-mère, qui part de la petite aile du sphénoïde, immédiatement en dehors de la fente sphénoïdale; elle traverse la voûte orbitaire, arrive sur la ligne médiane, fait un angle, se porte en bas et en arrière dans le plan sagittal médian, coupe en deux