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difficile à juger, car le pneumogastrique normal con- Re tient un grand nombre de fibres très fines et l'on peut | se demander si les fibres observées ne sont pas des Le 5 fibres normales isolées par le processus inflammatoire. Ne = Ilestimpossible, je crois, de démontrer d'une façon … rigoureuse qu'il n’en est pas ainsi ; cependant, dans Ë les faisceaux que j'ai en vue, je pense qu'il s’agit bien de fibres anormales. Je me fonde sur les raisons sui- Le: vantes :
1° La très grande ressemblance d'un des faisceaux 1) que je vise avec des faisceaux de l’hypoglosse dégénéré; on dirait que ce sont les mêmes; >° L'existence du plus grand nombre de ces fibres 4 pâles et ponctiformes au point où le foyer inflammatoire est maximum ; 3° L'isolement des fibres et leur rareté relative dans les fascicules altérés qui en contiennent, alors que, quand elles existent à l’état normal, le nerf en est bourré.
Il semble bien, par conséquent, que deux faisceaux au moins du paeumogastrique soient déjà dans le nerf __ ,radiculaire altérés. Je montrerai que, dans le nerf périphérique, on trouve des faisceaux altérés qui correspondent aux faisceaux précédents. ee Nerf périphérique. — Le tronc du pneumogastrique est composé normalement de plusieurs gros faisceaux Jjuxtaposés, qui contiennent un nombre relativement petit de grosses fibres et un nombre très grand, au contraire, de petites fibres. Un faisceau contient cepen-
dant presque exclusivement des grosses fibres. Les
grosses fibres se comportent vis-à-vis des colorants de
la myéline comme les grosses fibres d'un nerf quelconque. Les petites fibres également se teignent en noir par l'acide osmique, en violet par l’hématoxyline de Weigert.
Le nerf récurrent était constitué de la façon suivante dans le nerf normal que j'ai étudié : il était com-
posé de trois faisceaux, l’un fait presque exclusivement,
à quelques exceptions près, de grosses fibres; les deux autres faisceaux faits, pour deux tiers, de grosses fibres ; pour un tiers environ de petites fibres. Le nerf
récurrent du malade, que j'ai surtout en vue, est cons-
litué également par trois faisceaux, deux de petit ca-
libre, un de plus gros calibre.
Il a été examiné sur des coupes faites, soit sur le tronc après action directe de l’acide osmique, soit sur des coupes traitées par le Marchi ou le Weigert.
Sur les coupes directement osmiées, les deux petits faisceaux ne montrent plus que quelques grosses fibres, 15 à 20 pour l'un d'eux, alors qu’un faisceau de même taille en contient 5o à Go. Les tubes nerveux qui restent sont séparés par des blocs conjonctifs, légèrement teintés parce que l’imprégnation a été très forte. De distance en distance, l’un de ces bloes contient un petit tube myélinisé. Dans le gros faisceau, les tubes larges sont également rares; par contre, les petits tubes sont nombreux.
Par le Marchi, le Weigert, l’Azoulay même, on ne voit plus que quelques fibres. Sur le fond jaunâtre qui
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À 88 LÉSION DE NÉVRITE RADICULAIRE TRANSVERSE
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n représente la surface de section d'un faisceau se détaà | chentéparses de rares fibres ; ce sont toutes de grosses 1 fibres. Aucune des petites fibres n’est colorée par ces à. 4 différents procédés, même dans le faisceau qui en D: montre de nombreuses par l’imprégnation osmiée di-
recte. Ç
“ | . I semble, de ces différents examens, qu'on puisse 4 tirer les conclusions suivantes : le nombre des grosses
fibres et des petites fibres présentant la réaction de la
myéline sont fortement diminuées dans le récurrent;
en certains points, les petites fibres présentant la même réaction sont complètement disparues.
Je viens d'ajouter aux termes « grosses fibres » et
« petites fibres » le qualificatif « présentant la réaction
de la myéline ». Je l'ai fait à dessein, parce que, si
l'on colore le nerf par le Van Gieson, le picro-carmin, on voit qu’il existe encore un grand nombre de fibres LE avec leur gaine de Schwann et leur cylindre-axe intact. ne Il semble donc que la traversée du foyer inflammatoire par les fibres du pneumogastrique ait abouti à la a disparition complète d’un certain nombre de grosses | fibres, soit à la démyélinisation des autres.
J'ai observé les mêmes phénomènes dans le tronc du pneumogastrique gauche, du PHRASE et ï du récurrent droits.
Je rappelle maintenant que, dans le nerf radiculaire,
certains faisceaux du pneumogastrique qui, à cause dela disposition de leurs fibres, peuvent être considérés comme ne contenant que des fibres grosses, n'enferment plus que quelques rares fibres, quelle que
soit la méthode employée, ou des fibres ponctiformes
comme celles trouvées dans l'hypoglosse.
D'après cela il n’est: pas illégitime de penser que très vraisemblablement les faisceaux du récurrent à grosses fibres.rares correspondent aux faisceaux également altérés du nerf radiculaire. En effet, un pneu-
-mogastrique normal contient, outre des faisceaux faits -de fibres fines et grosses mélangées, un faisceau com-
pact de grosses fibres. Or, dans le cas particulier, ce faisceau compact n'existe pas. Done, quoique le pneu-
mogastrique périphérique n'ait pas été coupé centimètre par centimètre, on peut admettre que les fibres
dégénérées du récurrent correspondent aux fibres dégénérées dans certains faisceaux du nerf radiculaire. Je
n'insiste pas sur la disparition de certaines petites fibres
dans le tronc du prneumogastrique périphérique, alors e) ; qu'elles paraissent intactes dans le nerf radiculaire au ; , à à \ < For niveau du foyer inflammatoire. Ce phénomène a besoin
d’être étudié plus complètement; en tout cas, il n’est pas en contradiction avec ce que l’on sait de la façon”
dont se comportent certaines fibres nerveuses vis-à-vis d’un foyer inflammatoire qui les lèche sans les détruire complètement.
Bulbe. — Les différents noyaux du pneumogastrique, le noyau bulbaire du spinal, ont été colorés à l’hématéine-éosine orange. Le noyau ambigu a pu être suivi depuis un plan passant par le tubercule acoustique jusqu'au-dessous de la région bulbaire moyenne. I] n’a été observé aucune diminution dans le nombre de
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cellules, aucune atrophie de celles-ci. L'état des noyaux
était le même des deux côtés. Le noyau dorsal à été suivi, de même, en haut et en bas, jusqu'à ses limites extrêmes. Là je n’ai pas constaté non plus de diminution dans le nombre de cellules ou leur altération.
Enfin, sur des coupes colorées par la méthode de Weigert, on voit sortir du sillon collatéral postérieur d’épais faisceaux de tube nerveux qui contiennent les fibres des noyaux précédents.
Par conséquent, quoique le pneumogastrique soit un nerf plus compliqué que l'hypoglosse, en se fondant sur la présence d’un foyer inflammaloire sur le trajet du nerf radiculaire, la dégénérescence du nerf récurrent, sur l'absence de foyer bulbaire et lésions nucléaires, on peut dire qu'il existe de très grandes probabilités pour que les troubles laryngés observés soient
liés à la présence du foyer de névrite radiculairetrans-
verse.
‘2e malade. — Dans l'observation précédente, la lésion de névrile radiculaire transverse s’aceompagnait d'une forte méningite diffuse encore en évolution, si bien que la portion sousarachnoïdienne des racines participait à l'inflammation. Au contraire, dans le cas dont je vas m'occuper maintenant, la méningite est ancienne, elle n'est plus guère en activité ; elle n'a laissé la trace de son passage que sous la forme d’un foyer localisé ; la portion sous-arachnoïdienne du nerf est, en effet, à peu près intacte. à $
Je dirai, comme dans l'observation précédente, successivement : le fait clinique, les constatations macroscopiques, faites dès l’autopsie, l'examen microscopique.
B... est une femme de 51 ans, ménagère. Ses antécédents héréditaires sont, sans intérêt. Ses antécédents personnels, jus- -qu'à l'âge de 18 ans, ne présentent rien de marquant ; à peine doit-on retenir qu’elle urina tard au lit (1).
A 18 ans elle se marie; elle a successivement deux grossesses,
avec enfants vivants encore bien portants, une fausse couche de trois mois, trois enfants vivants actuellement bien portants, enfin une fausse couche de trois mois et demi (1885).
Cette fausse couche est accompagnée de maux de gorge et. suivie d'une affection qui paraît avoir été une méningite (céphalée, délire, convulsions, coma). La malade se relève, mais reste complètement aveugle et a de fréquentes crises d’épilépsie PE jacksonienhe à gauche.
En 1891, M. Gombault l'observe et il écrit sur l'observa- 1e
Uon : psoriasis, épilepsie jacksonienne, amaurose, troubles laryngés. 2 À 8 Depuis 1891, la maladie n’a guère fait de progrès ; lÉRUIPDES
jacksonienne a disparu.
Actuellement, l’état de la malade est le suivant : c’est une femme bien conservée, elle est loin de se montrer avec l'aspect , Ë cacheclique de certains tabétiques; elle présente des stigmates à Xe de spécificilé : lésion tertiaire du voile du palais. | | L'examen des fonctions nerveuses dénote des alérations 220 graves dans le domaine de divers nerfs craniens, des phénomènes “A paraplégiques plus légers. PAR a) Troubles dans le domaine des nerfs craniens. Ils portent À sur les nerfs des yeux, sur l'hypoglosse et le pneumogastrique, meer MNerfs des yeux. — Les nerfs de la sensibilité spéciale, la mo- RARE tilité interne et externe sont Louchés. 2 - La papille se présente sous l'aspect de la papille tabétique + ” (atrophie grise, diminution du calibre des vaisseaux). Les per- 1
“4 ceptions lumineuses sont nulles.
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k (1) Gette observation a été rapportée, en collaboration avec M. Souques, à la Société de neurologie, en mai 1905. /
RE et
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Tous les muscles sont paralysés, sauf les deux droits externes; il existe un ptosis bilatéral, plus accentué à gauche; les deux yeux divergent au repos ; la convergence est impossible ; les mouvements de latéralité des deux yeux en dedans sont impossibles ; de même les mouvements d'abaissement et d’élévation des globes oculaires. Il existe done une paralysie complète des moteurs oculaires communs.
La musculature interne est de même altérée : les Aire sont inégales, la pupille gauche est plus large que la droite ; l’accommodation à la lumière est nulle; il y a,au contraire, accom- .modation à la distance et à la convergence.
Il n’y a aucune autre altération des fonctions oculaires (sécrétion lacrymale normale, sensibilité cornéenne normale) ; cepen-
dant quelques secousses de nystagmus paralytique bilatéral.
En résumé, l'œil présente des lésions typiques du tabes.
Pneumogastrique et hypoglosse. k
La phonation, la respiration, les fonctions cardiaques à certains moments, sont altérées, et l'examen prouve que, pour la phonation et la respiration, les troubles sont en rapport avec des lésions du voile du palais, du larynx, de la langue.
Les troubles respiratoires sont les suivants : ils sont permanents; au repos, la respiration est déjà plus rapide que normalement (28 respirations par minute) ; paroxystiques par instants, après une excitation surtout; la malade devient anhélante, angoissée, prise d’une toux coqueluchoïde ; cet état s’accompagne de rougeurs de la face, surtout à gauche, d'une abondante sécrétion lacrymale et salivaire. a
Les troubles phonatoires consistent par te en une voix éteinte, comme enrouée, bitonale, aussi nasonnée {il faut se souvenir que la malade à une grave lésion du voile).
Ces phénomènes s'accompagnent de paralysie de la corde vocale droite, atrophie de la langué à droite, avec déviation de ù l'organe du même côté et secousses fibrillaires.
Donc, là encore, phénomènes tabétiques typiques. Il faut noter toutefois l'absence de crises gastriques,
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RE côté de cela, pas de lésion des autres nerfs PORATES peutêtre un peu d'asymétrie faciale.
Ainsi jusque-là on semble être en présence d’un tabes typique. | = b) Troubles des nerfs inférieurs. Les membres inférieurs ne présentent aucun phénomène tabétique, mais de légers phénomènes pyramidaux : les réflexes rotulien et achilléens sont forts, sans clonus toutefois. On trouve parfois le signe de Babinski des deux côtés. Enfin, il existe quelques troubles subjectifs de la sensibilité; par moment, des élancements dans les membres inférieurs. 6 É . Les autres phénomènes habituels du tabes sont absents, pas de troubles vésicaux ou rectaux. | - Il n'existe pas de modifications des autrés fonctions nerveuses, | en général.
- La ponction lombaire a révélé chez cette malade une lymphocytose rachidienne intense. \ Le diagnostic porté à ce moment fut méningile basilaire ou labes supérieur.
Après la publication de l'observation, la malade fut observée encore pendant deux ans. Certains phénomènes nouveaux apparurent: elle eut, à plusieurs reprises, des crises d’épilepsie jacksonienne gauche, liées vraisemblablement à un foyer de ramollissement observé à l'autopsie sur l'hémisphère droit, mais surtout ses paralysies oculaires s’améliorèrent : à la fin de sa vie, le ptosis persistail au repos, mais si l’on parlait à la malade, quand elle prenait l'attitude de l’attention, elle relevait ses paupières supérieures. De même, les mouvements de latéralité en dedans devinrent possibles, avec cette particularité toutefois que l'œil, ayant atteint l'angle interne des paupières, ne pouvait s'y maintenir. La convergence resta impossible. L'atrophie linguale persistait.
La malade mourut, en juin 1907, de tuberculose pulmonaire.
Autopsie. — Extérieurement, les méninges ne paraissent pas malades. Les nerfs de la base paraissent
BY APN
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de volume normal, sauf les deux nerfs 6ptiques qui sont réduits à des bandelettes grises d’une taille un peu supérieure à un moteur oculaire commun.
Sur le cerveau existe, au niveau du pli courbe droit,
un foyer de ramollissement ancien de la grandeur d’une pièce d'un franc.
L'examen des autres parties du névraxe est négatif.
Examen microscopique. — Je vais d’abord montrer qu'abstraction faite du foyer de ramollissement, ce tabes était bien un tabes supérieur pur.
Au niveau de la moelle sacrée dorsale cervicale, il n'existe pas de dégénération dans les cordons postérieurs,même la bandelette externe de Pierret estintacte. Les faisceaux latéraux sont également normaux.
. Le nerf optique se montre, au contraire, avec les lésions caractéristiques de latrophie tabétique : ül n'existe plus dans son épaisseur aucune fibre nerveuse, décelable par quelque méthode que ce soit : le tissu conjonctif du nerf a subi des modifications très importantes. Il existe une endo- et une périnévrite du nerf oplique, avec artérite tout à fait comparable à celle que Léri a décrite en 1904, lésion qui n’est d’ailleurs vraisemblablement que lexpression de la névrite radiculaire transverse sur le nerf optique (il n’existe dans le globe oculaire ou sur le cerveau aucune autre cause
d’atrophie de ce nerf).
Les lésions des nerfs de la base. — J'étudierai surtout les deux moteurs oculaires communs, coupés en série
CLovis VINCENT. — Méningiles chroniques syphililiques. ire XIE
Lignes parallèles suivant lesquelles les coupes Globe oculaire | ont été pratiquées.
ouvert
A | oz, + | er | Masse graisseusE à : ?, fl | it à [ É A engaînant les muscles e nerfs de l'œil | I ‘ > (l ! + F1G. 12. — Aspect général de la pièce après son ablation. Les hachures croisées
marquent le siège et la longueur de la lésion; les lignes ponctuées indiquent le trajet de la ITT: paire dans la paroi du sinus.
G. STEINHEIL, Éditeur.
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