OBSERVATION XI
Inglessis (In art. de Netter, Arch. de méd., 1887). Pneumonie méningite cérébro-spinale forme apoplectique.
Femme de 71 ans entre à l'infirmerie de la Salpêtrière, le 28 février 1852, le quatrième jour d'une pneumonie double prédominant à gauche.
2 mars (septième jour). Herpès labial.
Le 3. Amélioration considérable.
Les jours qui suivent progrès ininterrompus.
Signes de résolution des deux côtés.
Le 8, matin, état satisfaisant. Mais à partir de 3 heures 1/2, l'état de la malade a complètement changé; elle est couchée sur le dos, son regard est vague et hagard ; les paupières sont à demi fermées et les conjonctives sont injectées, la face est fortement injectée; les . mâchoires sont violemment fermées, il y a comme un bruit de vent dans les narines et dans la bouche, les
joues sont agitées comme des voiles mobiles, la joue droite surtout est repoussée et gonflée à chaque expiration.
Les membres sont dans une résolution à peu près complète, ils retombent quand on les a soulevés et il faut les pincer très fortement pour y déterminer quelques mouvements spontanés. La malade ne semble entendre aucune des questions qu'on lui adresse, elle porte la tête tantôt à droite, tantôt à gauche ; loo pulsations, pouls petit, serré, résistant, concentré.
Traitement. — Ventouses scarifiées à la nuque ; sang non couenneux ; à 9 heures du soir,même état : à la suite des ventouses, il y a eu un peu d'agitation, la malade sort à moitié de son lit. Elle ne répond pas toujours aux questions. 120 pulsations.
'Le 9, sommeil stertoreux, 132 pulsations.
Pupilles contractées, sclérotiques injectées, un peu de contracture dans les membres supérieurs ; la sensibilité n'est pas abolie dans les membres inférieurs.
Mort dans la nuit du 9 au 10.
Autopsie. — Matière assez consistante, purulente, répartie sous forme de vermisseaux, suivant les lignes de séparation des circonvolutions. Cette matière dans certains points pénètre jusqu'au fond des antractuosités. A la base du cerveau la matière purulente forme des plaques verdâtres autour des lobes olfactifs et à la face inférieure ducervelet, au niveau des pédoncules cérébelleux.
Dans l'espace sous-arachnoïdien de la moelle épinière, plaques de pus concret analogue.
Hépatisation très caractérisée du lobe moyen et d'une partie du lobe supérieur du poumon droit.
OBSERVATION XII Mén. cérébro-spinale et pneumonie simultanées (Netter, loc. cit.).
Un commerçant âgé de 39 ans'a été atteint, il y a trois semaines, d'une fièvre gastrique qui l'a retenu <^uinze jours au lit. Il s'est rapidement remis, et le 24 décembre il sortait et se remettait à ses affaires. Le soir, fièvre violente, délire.
Cet état persiste jusqu'au 28 décembre, jour de l'admission.
Le 29 au matin. Nous constatons^ en dehors de l'absence de connaissance, une raideur notable de' la nuque et de toute la colonne vertébrale. Signe de douleur très vive au simple attouchement des muscles de la nuque. Expression de souffrance, gémissements continuels. Les pupilles moyennement dilatées, égales. Pas de paralysies ou de convulsions. Le ventre souple, non rétracté. 120 pulsations, 40 inspirations, 39° 4. Expression de collapsus. A la base droite, en arrière, à partir de l'angle de l'omoplate, matité avec soufile bronchique élevé. On diagnostique : méningite cérébro-spinale et pneumonie du lobe inférieur droit.
Le lendemain, mêmes signes, sueurs profuses. A midi 41° 6, 144 pulsations, 68 respirations, mort à4heures.
L'autopsie montre une méningite supputée de la convexité et de la base prédominant à la base. Méningite spinale, rate modérément grosse ; dans le lobe inférieur droit, infiltration pneumonique de plus de la moitié du lobe, de couleur rouge-brun, proéminant peu.