‹ Des méningites suppurées non tuberculeusesChapitre 17 sur 52 · OBSERVATION XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIII

Observation de méningite à pneumocoques (Inédite). (Due à l'obligeance de notre excellent ami Mirai lié).

Antécédents personnels. Fluxion de poitrineily a 2oans.

Le 20 janvier 1893, entrée à l'hôpital de la Pitié, dans le service de'M. le D'' Faisans, un malade exerçant la profession de charretier. Le vendredi 13 janvier ce malade a ressenti une grande fatigue et a souffert du côté droit.

En outre il souffrit de la tête, ses jambes devinrent molles.

Dimanche il fut obligé de cesser tout travail.

Depuis, fièvre quotidienne. Expectoration abondante avec quelques crachats sanglants.

Il passa 3 jours dans cet état à l'asile de nuit et ne sortit que pour entrer à l'hôpital.

Coryza depuis 10 jours environ.

tÂctueîlement. — Le malade se plaint surtout d'une violente douleur au niveau de la région sous-axillaire et à la base droite du poumon; le palper et la percussion de ce côté sont très douloureux.

L'examen général du malade ne relève rien de particulier, il présente seulement des signes d'alcoolisme que confirme sa profession.

appareil pulmonaire. — Le côté gauche est normal ; à droite, matité à la base se prolongeant vers la région axillaire. La percussion, très douloureuse en ce point, ne permet pas d'insister.

^ r auscultai ion. — On constate à droite dans tout le

lobe inférieur et une partie du lobe moyen, du soufflet et des bouffées de râles crépitants.

appareil circulatoire. — Coeur normal. Pouls plein, 120 pulsations.

^Appareil digestif. — Rien à noter.

Urines. — Un peu d'albumine.

Traitement. — Ventouse, lait, Todd.

Le 23 — Souffle tubaire, maximum à la région moyenne en arrière et à droite, subdélire. Température, 40°.

Le 24. — Râles sous-crépitants disséminés dans toute l'étendue delà poitrine.

On donne des bains froids à 18° (voir la feuille).

Le 25. — Même état, léger délire.

Urines albumineuses. Pouls, 132.

Le 26. — Même état, le délire tranquille continue, bains systéfnatiques dès que la température atteint 38° 5.

Le 27. — Souffle tubaire très violent dans la même région, à la ba;se quelques râles humides.

28. — Pas de fièvre depuis la veille 8 heures, nuit calme, pouls, 104.

29. — Mêmes symptômes physiques mais le délire est reparu, le malade veut se lever,

6 février. — Peiùt abcès de l'articulation sterno-claviculaire gauche.

8 février. — Ouverture, 3 tubes de gélose ensemencés. Tneumocoque, pus très vert, épais.

On constate la luxation spontanée de la clavicule à son extrémité interne.

10 février. — Rien de nouveau ni au poumon, ni aux

autres organes, ni aux membres, mais élévation de la température.

II février. — L élévation thermique continue.

13 février. — Adynamie extrême, aucun phénomène ne permet d'expliquer cette température.

19, — Mort, après convulsions Qtraideur très marquée de la nuque.

^Autopsie. — Signes de pneumonie.

Cerveau. — Toute la moitié antérieure delà face convexe du cerveau est recouverte d'un pus concret, verdâtre, surtout abondant au niveau des cornes frontales.

Cette couche atteint par place une épaisseur de un centimètre.

Pus semblable au niveau de la grande circonférence gauche du cervelet.

Pus à la scissure de Sylvius.

A la coupe, liquide séro-purulent, louche dans le ventricule latéral droit. Petit amas purulent verdâtre au niveau de la corne occipitale du même ventricule.

De même dans le ventricule gauche.

^ Vouverture du canal rachidien il s'écoule du pus.

Rien aux oreilles.

Le pus du cerveau ensemencé et inoculé démontre la présence du pneumocoque seul.

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