‹ Des méningites suppurées non tuberculeusesChapitre 20 sur 52 · OBSERVATION' XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION' XVI

Infection d'origine gastro-intestinale che^ un nouveau-né, méningite (M. le D' Maygrier). {Bulletin de la Société obstétricale et gynécol. de Paris, 1892).

La femme G., primipare, entre à l'hôpital de la Pitié, le 19 avril, 1892, et accouche d'une fille à terme bien conformée, pesant 3,475 gr. Pendant huit jours la mère et l'enfant vont bien.

Le 27 avril, la femme G. a un peu de 13'mphangite du sein droit, avec engorgement de 3 à 4 lobules glandulaires.

Le soir la température monte à 38°, pendant deux jours seulement. Jusqu'au 6 mai, il reste un peu de rougeur de la peau et de la douleur à la pression, puis tout rentre dans l'ordre.

Pendant tout ce temps l'enfant n'avait cessé de prendre le sein des deux côtés.

Du 25 au 28 avril, il avait regagné 45 grammes de son poids perdu depuis sa naissance. Mais à partir du 28 avril, c'est-à-dire le lendemain du jour où apparaît la lymphangite chez la mère, il recommence à diminuer pour atteindre bientôt 3.300 gr.

3 mai. — L'enfant tette difficilement, dans la nuit cris, agitation, délire.

4 mai. — La mère se tire du lait pour faire boire au verre l'enfant qui refuse de prendre le sein ; jusqu'à sa mort il a été alimenté avec le même lait.

Le soir, 38^,5, garde-robes verdâtres, jusque-là elles avaient été normales.

5 mai. — A 3 h. du matin, première convulsion bientôt suivie de plusieurs autres, les convulsions reviennent en moyenne toutes les heures, elles sont assez exactement limitées au membre supérieur gauche et au côté gauche de la face et du cou, elles ne présentent rien de particulier au point de vue clinique, mais dès le soir, elles ont tendance à se généraliser.

Le matin, 38° 5 ; le soir, 39° 8, le pouls est rapide, assez plein. Garde-robes normales, peu abondantes.

Traitement. — Bromure de potassium o gr. 20 cent., quelques inhalations de chloroforme. Deux bains chauds, 250 gr. de lait de la mère sont absorbés par les gavages; l'enfant est mis dans une couveuse, il est à remarquer qu'aucun traitement n'a paru influer sur la diarrhée ni sur l'intensité des convulsions.

6 mai. — Le matin, 39° 2, le pouls est très rapide, état demi-comateux, les convulsions se renouvellent, elles durent plus longtemps et sont généralisées, les membres inférieurs sont immobiles entre les accès et semblent paralysés.

Le bras gauche a aussi les mouvements moins étendus que le droit. On constate un œdème localisé et bleuâtre sur le dos de la main gauche, le ventre est tendu et un peu douloureux. La respiration est irrégulière,

saccadée et coupée par quelques instants d'apnée.

Le gavage est continué, jamais il, n'y a eu de vomissements.

Vers 4 heures du soir, l'enfant est trouvé dans la couveuse rendant des mucosités noirâtres par le nez et la bouche, il a la face cyanosée.

On le met immédiatement dans un bain chaud.

Il a deux nouvelles convulsions intenses accompagnées d'émission de matières fécales, puis il meurt environ une demi-heure après.

Autopsie. — 22 heures après la mort. L'estomac contient des mucosités mêlées à un peu de sang noirâtre. — Les faces antérieure et postérieure présentent à leur partie moyenne un grand nombre de petites ulcérations arrondies, larges comme un grain de millet ou une tête d'épingle. On n'en trouve pas sur le pylore ni dans l'intestin grêle.

Dans le mésentère, ganglions lympathiques engorgés. Quelques-uns très volumineux atteignent le volume de l'extrémité d'un pouce d'adulte.

A la coupe ils sont congestionnés mais ne renferment pas de foyers purulents.

Les divisions supérieures de la grande veine mésaraïque sont comme injectées et très visibles sous les feuillets du mésentère, en les sectionnant l'on voit s'écouler de leur cavité du pus abondant qui les distend.

La veine porte et ses ramifications intra-hépathiques sont également rempHes de pus qui reflue jusque dans la moitié non oblitérée de la veine ombilicale. A l'intérieur du foie, les premières ramifications de la veine porte ont une paroi d'environ 5"" d'épaisseur.

Dans les veines sus-hépatiques et dans le parenchyme de l'organe, on ne constate rien d'anormal.

La rate, les reins ainsi que tous les organes thoraciques sont sains.

Centres nerveux. — Du pus phlegmoneux et crémeux remplit la partie supérieure du canal rachidien et entoure complètement le bulbe et le cervelet.

Dans le cerveau, les lésions sont encore plus accentuées à la surface de l'hémisphère gauche, du pus recouvre la scissure de sylvius et le lobe frontal. Du côté droit et en avant, toutes les scissures et circonvolutions sont couvertes de pus ; sur la frontale ascendante, au niveau de la racine de la deuxième frontale, il existe un petit abcès de la grosseur d'un pois mais assez mal limité, les lésions de ce côté sont évidemment plus anciennes, que celles du côté opposé.

Sur toute la base du crâne et baignant la surface inférieure du cerveau, existe une véritable nappe purulente.

Dans les ventricules épanchement purulent, mais moins abondant et moins épais du côté gauche que du côté droit.

Le liquide reflue jusque dans le quatrième ventricule. — Probablement streptocoque.

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