‹ Des méningites suppurées non tuberculeusesChapitre 6 sur 52 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

On a préconisé et employé les modes de traitement les plus nombreux dans les méningites aiguës.

Les émissions sanguines, ventouses scarifiées ou sangsues, la compression des carotides ; on a provoqué la salivation mercurielle à l'aide du calomel et des frictions mercurielles. Les réfrigérants locaux, irrigation ou glace, les vésicatoires l'huile de croton, sur le cuir chevelu préalablement rasé, ou sur la nuque ; on a administré le sulfate de quinine, le chloral, l'opium, le musc, etc.

Nous pensons qu'actuellement la question se présente sous un jour un peu différent et que le traitement des méningites comporte des données nouvelles.

Tout d'abord, étant donné l'état particulièrement infect des voies aériennes et digestives supérieures, fosses nasales, sinus, bouche, pharynx, il faut apporter aux soins de la-bouche en particulier une attention minutieuse. Employer quotidiennement des préparations antiseptiques, qui peuvent varier, du reste, en grand nombre ; la créoline, la crésyline, nous paraissent être d'un bon usage,

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bien que d'une odeur un peu forte et désagréable; l'acide phénique, le chloral, etc.

L'antisepsie du tube gastrique devra aussi être pratiquée, dans tous les cas où des signes d'entérite se manifesteront; ce sont là des moyens prophylactiques.

Dans les cas où on se trouvera en présence de lésions osseuses, fractures du crâne, par exemple, l'antisepsie la plus rigoureuse devra être instituée. Désinfection fréquente de la bouche ; nettoyage des cavités nasales et obturation de ces cavités à l'aide de tampons antiseptiques, gaze phéniquée ou sublimée, ousalolée.

On n'oubliera pas, en effet, que dans ces conditions les germes infectieux pénètrent au niveau des méninges avec une extrême facilité. Nous publions aux observations une de ces méningites à bacille d'Eberth. Ainsi, si la fracture siège sur la voûte crânienne et qu'il y ait altération des téguments, on prendra toutes les précautions usitées en pareil cas au point de vue de l'antisepsie et sur lesquelles il serait inutile d'insister ici.

Otites. — A la suite des otites, quand -des symptômes cérébraux se manifesteront, que cesotites soient secondaires à une maladie générale ou qu'elles apparaissent seules, on fera préalablement la myringotomie.

Après cette opération les symptômes pourront disparaître : on apportera alors le plus grand soin aux pansements, de façon à empêcher toute entrée d'infection nouvelle et on assistera à une guérison rapide.

Dans certains cas les choses ne se passeront pas ainsi, on sera en présence d'une méningite confirmée et il faudra en arriver à la trépanation.

Trépanation. — Nous n'avons pas à donner ici les

règles de la trépanation ni ses indications. Nous dirons seulement que c'est là le procédé de choix, le seul qui soit aujourd'hui vraiment curatif, bien que quelquefois il ne donne pas tous les résultats qu'on en espère.

Du reste ce procédé prend une extension considérable et nous voyons en Angleterre, Mayo-Robson, au congrès de Birmingham, proposer le drainage de la cavité crânienne dans les cas de méningite aiguë : il trépane, met un drain, fait passer un courant de Hquide et laisse ainsi son drain en permanence jusqu'à complète guérison. Dans ces conditions, il a obtenu une guérison absolue dans un cas sans que plusieurs mois après son opéré ait présenté d'autres accidents que quelques mouvements convulsifs légers et à peine appréciables dans le bras opposé à l'hémisphère opéré.

Vaccination. — A côté de ces procédés chirurgicaux, il en est un actuellement à l'étude et séduisant au premier chef, c'est celui de la vaccination thérapeutique, et non pas seulement prophylactique.

Dans le cas de l'infection pneumonique, l'injection dans l'organisme du virus atténué et aussi du poison chimique sécrété par l'élément microbien semble activer la phagocytose et amener la destruction de l'élément infectieux. Ces faits étudiés à propos du pneumocoque parles frères Klemperer et exposés dans son cours par M. le D'' Roux paraissent être d'une grande importance et conduiront peut-être à la résolution de ce grand problème de la curabilité des méningites.

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