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ébranlement des extrémités centrales du trijumeau qui auraient extériorisé la sensation.
Si donc la paralysie par une cause quelconque cessait au moment où se développe la névralgie, on pourrait en conclure qu’il y a métastase, alors qu’il ne s’agit que d’un phénomène d’extérioration.
Les irradiations névralgiques ont été prises plus d’une fois pour des métastases; mais qu’on s’explique les douleurspéripbériques, à l’aide des fibres nerveuses récurrentes, ou par la sensibilité réflexe centrale, toujours est-il que ce ne sont point des métastases, mais des phénomènes nerveux que la physiologie expliquera bientôt d’une manière satisfaisante.
D’ailleurs le plus souvent ces troubles nerveux, dits métastatiques, sont sous la dépendance de la même cause générale qui agit souvent sur les centres nerveux euxmêmes. Si ces accidents se déplacent, c’est qu’il y a souvent une altération du sang et qu’il est dans l’essence de ces troubles nerveux de présenter une certaine mobilité.
Voyez ce qui se passe chez les anémiques : un jour le malade accuse nue névralgie intercostale, le lendemain une céphalalgie, le jour suivant une névralgie iléo-lombaire; en concluez-vous qu’il s’agit de métastase ?Non tous les cliniciens admettent une lésion hématique engendrant des localisations diverses se succédant quelquefois mais ne se produisant pas l’une l’autre.
En résumé, au sujet du rôle du système nerveux sur ces phénomènes il reste encore bien des inconnues. Pourquoi l’irritation de tel point détermine -t-elle des localisations sur tel autre? Y a-t-il des liens anatomiques ? Quels sont les points qui se correspondent dans les phénomènes réflexes? Ce sont là autant de problèmes
effleurés en pathologie expérimentale et qui demandent encore bien des recherches.
3° Cause de la localisation : analogie de tissu. — Non-seulement la localisation se produit pour des raisons chimiques, nerveuses, mais encore parce qu’il y a analogie de tissu. Voyez le rhumatisme, une ou plusieurs arthrites surviennent; dans les quinze premiers jours une péricardite grave se développe, l’arthrite diminue, on dit qu’il y a métastase. Non il y a diathèse, ayant au nombre de ses attributs la propriété de se localiser de préférence sur les séreuses (tissus analogues). Voilà pourquoi elle occupe et l’articulation et le péricarde. On constate parfois l’évolution inverse, la diathèse se localise d’abord sur le péricarde, plus tard sur les jointures (1); de même les oreillons occupent surtout le lissu gandulaire, les glandes parotides, les testicules, les glandes sous-maxillaires, les mamelles, les ovaires, etc. L’affection se localise le plus souvent sur la parotide, mais quelquefois la maladie débute par l’orchite. Ce sont des localisations se succédant influencées par le même état général et non des localisations s’influençant directement; donc ce ne sont pas des métasi tases.
e). Pourquoi (elle localisation 'plutôt qüe telle autre ?
De locis minoris resistentiæ
On nous demandera pourquoi la localisation se produit tantôt dans un point, tantôt dans un autre ?
C est ici qu’interviennent nombre d’influences diverses. Ln premier lieu expliquons ce que l’on a désigné sous
(1) Hallez. Thèse, Paris, 1869.
le nom de locus minoris resistentiæ. Les faits qui appartiennent à cet ordre d’idée sont assez nombreux. On les trouve déjà indiqués dans Hippocrate (1).
Ce locus tient à des causes traumat-iques récentes ou /anciennes, ou irritantes, parfois il dépend d’une influence nerveuse.
1° Causes traumatiques . — L’observation clinique nous démontre que dans les maladies générales se produisent des affections locales qui ne se développent pas au hasard, comme on le croit généralement, mais en conséquence de certaines lésions. La diathèse existe et c’est elle qui détermine la localisation, tantôt au niveau d’une ancienne cicatrice, tantôt en un point qui a été le siège d’un état morbide antérieur, ou bien la diathèse se localise sur telorgane qui fonctionne davantage ou en raison d’une analogie de tissu.
Dans ces derniers temps les chirurgiens, et en particulier Verneuil (2), Berger (3), Petit (4), Dusterhoff (5), Billroth, Langenbeck, Amboroli, Fournier, Julien, Nony, Virchow, Mazoni, ont remarqué, dans le rapport de la syphilis avec le traumatisme, que là où il existe une plaie, ou une région irritée, là peut se développer une plaque muqueuse; ainsi les irritations locales déterminent des sièges d’élection.
Une observation due à Langenbeck vient à l’appui de
(1) Hippocrate. Aphor., 33, lib. II. « Si quid dotuerit ante morbum
ibi se figit morbus. »
(2) Verneuil. Congrès de Nantes.
(3) Berger. De l'influence des mal. constit. sur la marche des lésions traumatiques, thés, agrég., 1875.
(4) Petit. Congrès de Montpellier, 1879, et Gaz. liebd.
(5) Dutershoff. Archives do Langenbeck, 187 8, p. 637.
cette opinion, en voici le résumé en quelques mots : Homme de 29 ans, atteint de syphilis et traité en 1870. En 1873, il eut une éruption rupiforme de la lèvre supérieure avec destruction de cette région et d’une partie du nez. En octobre, le malade vint à Berlin où Langenbeck lui fit subir un traitement ioduré préventif; le 16 octobre 1874 il lui pratiqua l’autoplastie et la guérison se fit par première intention, elle se maintint jusqu’en 1875, époque à laquelle se manifesta une ulcération avec destruction du voile du palais.
Dans une observation d'Abadie une iridectomie est suivie d’accidents locaux syphilitiques. Le malade avait été traité d’une manière insuffisante et c’est à l’occasion du traumatisme oculaire que se développa la syphilis de l’œil.
Des faits nombreux rapportés par Petit prouvent que la syphilis tend à se localiser dans les régions ou a siégé antérieurement une inflammation : par exemple, un sarcocèle syphilitique, développé plusieurs années après une orchite.
Chez un malade de Fournier, qui avait eu autrefois un abcès sous-périostique du tibia, on vit évoluer une gomme de cette même région; ce malade avait eu la syphilis vingt ans auparavant.
Plus loin Fournier ajoute : « C’est une loi générale qu’une diathèse en puissance dirige de préféronce ses manifestations vers les organes en état de suractivité physiologique ou d’excitation morbide. En ce qui concerne la syphilis, c’est ainsi que l’usage et surtout l’abus du tabac appellent les manifestations diathésiques vers la bouche.
Dans un organisme diathèse, c’est presque toujours l'organe surmené ou l organe malade, faible, taré, qui devient le siège des localisations diathésiques, la diathèse se porte, comme on l’a dit, vers l’organe de résistance moindre : ad locum minoris resistentiæ ; le cerveau lui-même n’échappe pas à cette loi. »
« Il se développe, dit Virchow, plus tard des tumeurs dans les points qui ont été antérieurement le sujet d’une maladie réelle de l’individu, aussi il est bien établi que les cicatrices sont dans certaines circonstances le point de départ positif du développement des tumeurs, excroissances, keloïdes, gommes, etc. (1) »
Les chirurgiens savent encore qu’il peut se produire des tumeurs au niveau des exutoires guéris ou non.
Richelot rapporte que, dans un cas de septicémie, il survint une périostite phlegmoneuse au niveau d’une ancienne fracture (2).
De même, on a vu la grossesse déterminer des arthrites et d’autres affections dans les points, qui ont été le siège d’une lésion antérieure.
La tuberculose peut engendrer des lésions là où a existé une ancienne blessure (3).
Peter insiste beaucoup, dans ses leçons sur la tuberculose qui se localise aux sommets, parce que c’est cette partie qui fonctionne le moins; au contraire, les tubercules sont rares chez les emphysémateux et les asthmatiques parce que le sommet est obligé de fonctionner plus activement qu’à l’état normal.
(1) Virchow. Path. des tumeurs, 1867, t. I, p. 62.
(2) Richelot. Union méd., 1873.
(3) Nony. Th. de doctorat, 187u.
Le rhumatisme se localise dans un point traumatisé, même depuis longtemps, ou bien il se fixe dans l’articulation d’un membre atteint d’atrophie infantile (1).
C’est un fait d’observation que l'éruption de la variole est plus intense là ou existait un vésicatoire, ou une irritation. Parrot insiste souvent dans sa clinique sur ce fait, que les pustules varioliques débutent chez les nouveau-nés sur les régions irritées, qui sont des points d’appel pour l’exanthème.
2° Du locus minoris resistentiæ dû à un trouble nerveux , et constituant la prédisposition locale. — Existe-t-il des dispositions transitoires accidentelles ou morbides ?
Il est facile de les faire naître chez l'animal lorsqu’on affaiblit le système nerveux ; lorsqu’on sectionne par exemple le grand sympathique, et lorsqu’on soumet les animaux à l’inanition absolue ils succombent en peu de jours à des inflammations aiguës des viscères qui sont en rapport avec les rameaux nerveux sectionnés, tandis qu’au contraire la vie se prolonge quinze ou vingt jours lorsque les filets du grand sympathique n’ont pas été coupés. Il semble donc que ces prédispositions dépendent dans certaines circonstances de l’activité plus ou moins grande du système nerveux. Il serait du plus haut intérêt pour le médecin de pouvoir connaître chez l’homme ces prédispositions. C’est à l’avenir qu’il appartient de résoudre ce problème. Nous comprenons toutefois qu un organe où existe une vaso-dilatation, soit prédisposé à une localisation, à une métastase ; ce qui arrive
(l) Vcrneuil. Petit Gaz. Iicbd. méd. etchir., 1879.
Quinquaud. 5
parfois dans la goutte : une cause perturbatrice agit sur l’arthrite, la fluxion se déplace par influence nerveuse, et la métastase se fait là où il y a congestion, c’est-àdire souvent sur l’estomac, au moment de l’hyperémie fonctionnelle qui est dans le cas actuel le locus minoris, ou bien la métastase se fera sur les nerfs du plexus aortique, s’il y a de l’aortite préexistante, parce que ces nerfs sont irrités, comme l’a montré Peter.
Il faut, avons-nous dit, une influence perturbatrice pour amener la prédisposition à la métastase ; l’expérimentation nous indique encore ici une action nerveuse. Parfois même la métastase se manifeste sans cause perturbatrice connue, on dit alors qu’il y a idiosyncrasie. Ici encore l’influence du système nerveux n’est pas douteuse.
On ne saurait nier qu’il existe en pathologie des obscurités remarquables touchant l’action des causes sur les individus. Tout le monde admet qu’un refroidissement peut produire le rhumatisme articulaire ou la pneumonie, et cependant que de fois ne s’expose-t-on pas à des refroidissements semblables sans qu’il s’ensuive une inflammation articulaire ou pulmonaire ? Les pathologistes s’en tirent à bon compte en disant qu’il y a idiosyncrasie, ce mot ne saurait nous suffire. La pathologie expérimentale nous sert encore ici de guide. C’est le système nerveux qui vient jouer un grand rôle dans tous ces faits. On sait que chez le chien de chasse la moindre opération amènera une fièvre parfois suivie d’accidents mortels. Faites la même plaie au chien de race inférieure, l’économie ne s’en ressent même pas. La seule différence cependant qui distingue l’un de l’autre, puisqu’ils sont de même espèce, c’est que chez le premier la sensibilité
nerveuse est très développée, tandis qu’elle l’est peu chez le second. D’un autre côté, à mesuré que l’on s’élève ou que l’on descend dans l’échelle animale, on trôùve des animaux qui sont plus ou moins sensibles à l’action des poisons du système nerveux. Il est fort probable que chez l’homme il y a des différences semblables pour les causes morbides.
Localisations dites métastatiques agissant par révulsion. — On voit l’exanthème des fièvres éruptives pâlir lorsqu’il existe une pneumonie, la douleur articulaire diminuer avec le rhumatisme cérébral. Une seconde localisation peut donc modifier la première. Voilà le fait. Pouvons nous en saisir la théorie ? La révulsion morbide semble jouer un rôle prépondérant. Hardy et Béhier, Raynaud (1) ont d’ailleurs insisté sur cette pathogénie.
Une première question se présente : La révulsion . existe-t-elle réellement ? Les preuves sont expérimentales , morbides et thérapeutiques \ elles serviront en même temps à expliquer la diminution ou la cessation de la première localisation au moment où apparaît la seconde.
1° Expérimentales. — Sous l’influence de l’application d’une ventouse Junod sur les membres inférieurs, nous avons vu diminuer parfois d’un cinquième ou d’un quart 1 acide carbonique exhalé et l’oxygène absorbé. 11 y a donc là une sorte de révulsion, on peut discuter sur le mot, 1 appeler dérivation, faire jouer un rôle au système nerveux, mais le fait rentre dans cet ordre d’idées.
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Lorsque chez un malade ou sur un animal affecté fi) Raynaud. De la révulsion, thèse agrég., 1866.
d’une plaie avec hémorragie, on applique cette même ventouse, l’effusion sanguine cesse ou diminue. Quand on applique la même ventouse sur les membres inférieurs ou postérieurs d’un malade ou d’un animal qui a une vaste plaie en voie de suppuration, on constate la diminution de la quantité de pus.
Dans les cas de phlegmons, si l’application de la ventouse est assez longue, on peut diminuer la tuméfaction.
Les troubles vasculaires obtenus par Brown-Séquard et Tholozan en plongeant la main dans l’eau chaude ou froide appartiennent à des faits analogues.
2° Morbides. — Pour q u’il y ait révulsion morbide, il faut que le second acte pathologique se développe alors que le premier n’a pas cessé d’exister; c’est là le vrai critérium et c'est l’inverse dans les métastases.
Citons des exemples : dans le courset, parfois avant . l’invasion de la rougeole et de la scarlatine, on voit appa- • raîtreune pneumonie, une pleurésie, une entérite qui. par révulsion ou d’après le fameux aphorisme d’Hippocrate, . duobus labnribus simul abortis vehementior obscurcit alterum,
Auo 770 V 10 y a y a [xvop.svotov p.Y] yaraxov auT0VT0770u, off<p&poTepoç ajxxup
ai Tousrepov (1), amènent la pâleur de l’exanthème, d’autres • fois c’est un catarrhe bronchique qui disparaît avec l’apparition d’un flux intestinal.
Sous l’influence d’un phlegmon, d’une pneumonie, on peut voir un eczéma disparaître par révulsion et la preuve qu’il y a un rapport entre ces deux états pathologiques c’est que si le second disparaît, le premier c’està-dire l’eczéma peut se montrer de nouveau. oilà
(1) Hippocrate. Aphorismes, Sect., 11-46.
autant de faits qui peuvent être rangés dans la révulsion morbide et non dans les métastases.
3° Thérapeutiques. — C’est ici ou l’on a beaucoup discuté, et où l’on discute encore. En effet, les règles de certitude en thérapeutique ne sont pas nombreuses, pas plus en fait de révulsion qu’en beaucoup d’autres méthodes. Néanmoins quand on voit Velpeau affirmer l’efficacité du séton, Bouillaud montrer l’activité du vésicatoire dans les affections aigües de poitrine, on est plus ou moins entraîné à accepter l’opinion de ces auteurs. Mais récusons toute autorité et voyons les faits : nous les trouvons nombreux dans Wauters, les récuse-t-on parce qu’ils sont anciens, en voilà de nouveaux : Béhier prouve l’efficacité des ventouses dans la forme thoracique delafièvre thyphoïde. Bourdon, Michou plaident dans le même sens. Trousseau lait voir l’activité de révulsions dans les fièvres éruptives; on rencontre les mêmes preuves en faveur de la révulsion, dans la goutte, dans la dartre, dans les affections chirurgicales. Concluons donc à la réalité de la révulsion thérapeutique : nous aurons à nous en servir au chapitre des modifications dirigées contre les métastases.
La révulsion existe, il s’agit d’en établir le mécanisme. La physiologie pathologique nous expliquera en même temps certains faits de métastase.
Il y a deux sortes de révulsion, l’une par la douleur, l’autre parla congestion et la phlegmasie. Dans première on à une douleur dans un point de l’économie; si l’on vient à en produire une seconde dans un autre point, la première cesse, on l’explique par le duobus
doloribus d’Hippocrate ; on dit encore qu’il y a un effet sympathique. Tissot s’évertue en vain de trouver la raison des sympathies dans les anastomoses des troncs des nerfs entre eux.
La raison n’était pas là, elle fut trouvée par Prochaska, dont les études furent continuées par Marshall- Hall, Claude Bernard, Brown-Séquard, Longet, Legallois, Schiff, Vulpian.
On sait que les rapports nerveux des parties éloignées s’établissent par les centres, que ces rapports ditPotain (1), peuvent avoir pour conséquences des manifestations diverses, non-seulement dans le domaine de la sensibilité et du mouvement, mais encore dans ceux de la circulation, de la nutrition et des secrétions.
La théorie de la sympathie, dit Jaccoud (2), se trouve réduite à une impression périphérique qui se transmet à une cellule eisodique laquelle communique avec la cellule exodique pour se transformer en mouvement ou modifier l’appareil vaso-moteur.
Dans le cas ou la douleur calme une autre douleur, ce n’est point par une influence vaso-motrice portant sur les vaisseaux des racines et des cordons de la moelle, Vulpian (1), pense que l’excitation des extrémités périphériques, modifie l’état de souffrance de certaines fibres des racines et des faisceaux de la moelle, grâce à ces impressions violentes qui passent par les fibres nerveuses, on peut admettre que les fibres nerveuses des
(1) Potain. Des synergies morbides. Gaz. méd., 1879, p. 70; leçon rédigée par Barié.
(2) Jaccoud. Les paraplégies, 1866.
(3) Vulpian. Maladie du système nerveux, 1879, p. 481.
racines et des faisceaux, lorsqu’elles souffrent, présentent un certain dérangement, une certaine orientation anormale de leurs molécules et que ce dérangement est modifié par le passage d’une impression vive.
On peut s’expliquer par le précédent mécanisme la disparition de la douleur du genou lorsque la coxalgie devient plus douloureuse. Il n’y a pas métastase de la douleur du genou sur la lianche, mais simplement une révulsion par la douleur secondaire : telle est la théorie générale de bon nombre de métastases nerveuses, citées dans les anciens auteurs.
Dans la seconde espèce de révulsion on a une congestion produite, ou une phlegmasie qui va diminuer une autre congestion ou une autre inflammation.
Il résulte des travaux de Cl. Bernard que le système nerveux joue un grand rôle dans les phénomènes de l’inflammation.
Prenez deux lapins chez l’un on coupe le nerf sciatique droit et chez tous deux on enfonce dans la jambe droite un petit morceau de bois, le lendemain la fièvre est très intense chez l’animal dont le nerf sciatique est intact, tandis qu’elle est nulle chez celui dont le nerf a été coupé. Chez le premier il y a du pus, chez le second à peine une légère exsudation et cependant l’irritation cellulaire a été la même dans les deux cas, le système nerveux influence donc l’inflammation; mais dans celle-ci il y a la congestion et le trouble nutritif ; la phlegmasie n’est en effet qu’une exagération du mouvement nutritif. Nous aurons donc à déterminer le rôle du système nerveux dans la congestion et dans le trouble nutritif. Sur un point congestionné la quantité de sang est plus
grande. Or la quantité totale du sang en circulation restant la même, il doit y avoir des points dans l'économie qui en ont moins; si la congestion est très étendue il peut se produire une anémie partielle avec retrait des vaisseaux. Gela pourra donc atténuer la sensation douloureuse. On dira Que cette anémie est très peu intense; mais nous sommes peu fixés sur le degré de cette intensité car un autre élément peut intervenir.
C’est le système nerveux qui peut produire de la congestion par acte réflexe, et même en agissant sur les nerfs trophiques, donner naissance à une phlegmasie.
Par contre lorsqu’un point est congestionné, c’est le cas de la révulsion congestive , on peut l’anémier ; Cl. Bernard a montré que l’excitation du grand sympathique fait disparaître la congestion; on s’explique ainsi pourquoi dans les maladies à métastases, dont l’acte morbide est caractérisé par une fluxion inflammatoire, on observe plus facilement l’influence de la révulsion.
Au contraire quand l’acte est une vraie phlegmasie, les cliniciens savent que l’action révulsive est légère ou trop souvent nulle. Nous n’avons de prise que sur la congestion.
En résumé le système nerveux, suivant son état de dépression ou d’excitation, peut produire une congestion ou la faire cesser : c’est cette dernière action que nous mettons en jeu dans la. révulsion par congestion, en appliquant des révulsifs dans le cas de maladies diverses.
En adaptant ces données aux métastases, nous pouvons expliquer pourquoi la pneumonie atténue et parfois fait disparaître l’éruption cutanée, pourquoi il en est de
même dans la production d’une péricardite violente scarlatineuse.
Ces phlegmasi.es jouent le même rôle vis-à-vis des exanthèmes, que les ventouses ou les vésicatoires dans les cas de congestion ou de phlegmasie pulmonaire. Dans tous ces faits il n’y a pas métastases, mais révulsion par congestion ou inflammation.
g). Influence réciproque de deux maladies , considérée à tort comme une métastase. — Nous venons d’établir que deux localisations peuvent s’influencer de par la loi de la révulsion avec l’aide du système nerveux. Mais il existe encore d’autres modifications, des états morbides, qui tiennent à une influence réciproque d’une maladie accidentelle sur une autre. Tout le monde connaît les maladies médicatrices qui en atténuent ou en font disparaître d’autres : les faits de MM. Hardy, Mauriac, Labbé sont probants. Les anciens auteurs y voyaient des métastases, des transformations de maladie ; il n’en est rien.
Hunter (1) ne croyait pas à la superposition, à la coexistence des maladies. L’opinion de Hunter est abandonnée, on admet non-seulement que les maladies ne s’excluent pas les unes les autres, mais encore que l’organisme débilité par une cause morbifique devient apte à en contracter une autre (2).
(1) Hunter. Palmér’s, édition vol. 3, p. 4.
(2) Chorael. Path. gén., 1856, p. 409. — Cousture. Des varioles modifiées, th., Paris, 1849. — Herpin. Influence réciproque de la vaccine et de la variole, gaz. méd , 1832. — CleraulL. Des dévelop. simul. de var. en vaccio, th., l’a, 1845, n° 183. — Viilemin, de la complication des fièvres éruptives entre elles, th., Paris, 1847, n» 102. — Billet et Barthez, Traité de mal. des enfants. — Murchison , on the simultaneous existence, etc. (Britisch medico chirurgical Rewicv. juillet, 1859). —
Chomel et Monneret résument la question en disant que la maladie qui survient diminue ou augmente l’intensité de la première, parfois elle en suspend presque immédiatement les symptômes (c’est dans ce cas où l’on croit à la métastase) soit d’une manière temporaire, soit définitivement.
On voit dans quelques cas, une affection aiguë juger ainsi une maladie chronique contre laquelle toutes les ressources de l’art avaient échoué. On cite des cas de de guérison de folie à la suite de la fièvre intermittente, typhoïde, de la variole, de la pneumonie, de l'érysipèle, de suppurations diverses (1).
On a vu les symptômes de la fièvre typhoïde disparaître devant une attaque de choléra, et se montrer de nouveau après la cessation de celui-ci. 11 n’y a point là métastase, mais bien une maladie surajoutée, épigénésique, qui modifie à la manière d’une révulsion, les signes de l’affection première. Comment, de quelle façon? Peut-être par des actions révulsives, trophiques, c’est un point à élucider.
Nous avons observé récemment un cas très net de modification d’une maladie par une autre, la voici :
Monte, Stemer, Thomas, Henchemann, (dans Iahrb. fur Ivinderheilkunde 1866-1868-1871). — Simon In arch. Dermatologie syphilis IV et V 1872 et 1873. — Bez, de la conlemporanéité des fièvres éruptives, 1877. — Barié, Bullet. delà Soc. clinique, 1S79.
(1). Baume th. Paris 1854.
Doutrcbente. Des rémissions delà paralysie générale, p. 1878.
Obs. —Hystérie. — Hémianesthésie droite. — Fièvre typhoïde, pendant
laquelle l’hémianesthésie disparait (Obs, communiquée par M. Gille,
interne des hôpitaux.).
La nommée X. ., âgée de 21 ans, entrée le 4 janvier 1 880 à l’hôpital Saint-Antoine, service de M. Mesnet, salle sainte- Cécile, n° S. Pas d’antécédents diathésiques. Devenue hystérique à 14 ans, quelque temps après l’établissement de ses règles. Déjà entrée plusieurs fois dans le service pour diverses manifestations.
Depuis dix-huit mois, hémianesthésie à droite; en outre, il existe deux zones douloureuses dont l’excitation détermine de grandes attaques hystériques ; elles sont situées, l’une en arrière de l’épaule droite, l’autre à la région ovarienne droite.
Le 25 janvier, elle est prise de fièvre avec mal de tête et embarras gastrique. Les symptômes s’accentuent et bientôt il est facile, de reconnaître qu’on a affaire à une fièvre typhoïde.
Le 1er février on s’aperçoit qu’il n’y a plus ni hémianesthésie ni sensibilité douloureuse des deux régions dont l’excitation déterminait des attaques convulsives.
La fièvre typhoïde a été bénigne; pas d’adynamie, pas de phénomènes cérébraux, température oscillant entre 36 et 39o. Cette malade a succombé et l’autopsie a révélé un point de sclérose corticale et toutes les lésions de la fièvre typhoïde.
Ainsi une hémianesthésie probablement hystérique (la lésion ancienne du cerveau était corticale! a cessé sous 1 influence d’une fièvre typhoïde. Dans notre observation de 1 hôpital St-Louis nous voyons un psoriasis disparaître sous 1 influence d’un rhumatisme cérébral ; peut-on conclure que 1 hémianesthésie ouThystérie qui l’avait produite s est transformée en fièvre typhoïde, que le psoriasis s est transporté sur le cerveau? Personne n’admettra de
semblables opinions; donc il ne s’agit pas de métastases.
On a encore placé parmi les métastases les accidents nerveux ou pulmonaires dans le cours des maladies (affections gastro-intestinales, fièvre typhoïde, fièvres érup tives, état puerpéral, etc.). Mais nous avons montré qu’il s’agit là d’accidents dûs à la dyscrasies anguine ou à des troubles du système nerveux les uns réflexes, les autres directs ; pour ces derniers l’histologie moderne a montré qu’il y avait souvent des lésions des centres dont la pathogénie est parfois humorale , nous ne voyons encore ici rien qui corresponde à notre définition des métastases. Certains troubles sympathiques divers ont été rangés dans le domaine des métastases; on en trouve des exemples dans les organes symétriques ou non: un œil est lésé, l’autre se prend, l’on admet ici non pas des propagations vasculaires ou vaso-motrices, mais des troubles trophiques réflexes , produits peut-être par une névrite ascendante; les recherches physiologiques de Magendie, de Longet, de Cl. Bernard, de Vulpian, de Hayem, de Mathias Duval, de Lahorde, de Frank; les travaux de Müller, de Mooren, de Alt, de Colsmam, de Pagenstecher, de Czerny, de Galdzicher. Récemment Hallopeau et Neumam (1) rapportaient un cas de ce genre relatif à une inflammation des glandes sébacées de la mamelle droite, provoquée par la vésication de la mamelle gauche. Cette théorie expliquera peut-être un grand nombre de localisations secondaires produites plus ou moins loin de la localisation primitive qui siège dans des organes symétriques ou non. Dans ces cas la prédisposition peut êt' e parfois expliquée par des états dia-
(l). Gaz. méd. de Paris 7 déccmure 1878.
thésiques. L’avenir nous montrera, sans doute, si un plus grand nombre do faits dits métastatiques, rentrent dans cette catégorie.
Nous savons maintenant que les faits dits métastatiques, sont dominés par la malf lie générale ; le déterminisme de leur développement est complexe. Des éléments divers interviennent suivant l’ordre des métastases; tantôt c’est l’élément humoral qui joue le rôle principal, et par là le passé se relie au présent, tantôt c’est l’élément nerveux qui prédomine; en outre l’analogie de tissu, le locus minons resistentke , la révulsion morbide, la sympathie, les influences d’une maladie sur une autre, viennent revendiquer leur part dans la pathogénie des métastases.
Voyons maintenant l’application de cette physiologie pathologique aux métastases en particulier.