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CHAPITRE IV

§ 1er. — DIAGNOSTIC.

En présence d’un malade qui offre la succession de deux états morbides, y a-t— il métastase? Il faut pour qu il y oit métastase que le premier état morbide ait disparu devant le second ; il faut de plus que celui-ci soit sous la dépendance de celui-là.

Il y a plusieurs causes d’erreur qu’il faut éviter: d’a-

bord le groupe de faits qui se rapportent aux coïncidences, aux maladies intercurrentes; ainsi dans le cas rapporté par Tholozan le choléra guérit, et à mesure que les signes cholériques disparaissent, on voit s’accentuer le type de la fièvre typhoïde? Dans ces cas, direzvous qu’il y a métastase, que le choléra s’est transformé en fièvre typhoïde? Evidemment non; il y a coïncidence de deux maladies, et voilà tout.

Un malade a un vieil ulcère, il prend une pneumonie qui est purulente, son ulcère se dessèche, concluezvous à une métastase? Non, ce n’est point la cessation de la suppuration qui a engendré le premier, mais bien la pneumonie fébrile, qui a diminué la sécrétion purulente. C’est une maladie intercurrente qui a modifié la sécrétion du pus. Il en est de même dans une foule d’affections cutanées, nous avons cité l’exemple d’un rhumatisme cérébral qui fait disparaître le psoriasis invétéré.

Les erreurs de diagnostic peuvent aussi se commettre suivant la variété des métastases ; ainsi, à la suite de la goutte on peut voir se produire une sorte de faiblesse des membres inférieurs, il ne faut point croire à une métastase sur la moelle.

Dans la métastaseurineuse on doit se méfier des supercheries, attendu qu’on les observe ordinairement chez les hystériques, qui sont portées à ce g’enre de tromperie par leur état morbide cérébral.

Le diagnostic de la cause est en général facile, tantôt ce sont des causes externes : tels sont les refroidissements qui peuvent produire l’accès de l’arthrite goutteuse.

D’autres fois c’est l’intervention du médecin qui est en cause, il guérit trop rapidement certains cas, alors qu’il devrait se tenir sur la réserve. C’est ce qui arrive quelquefois dans la dartre, dans la goutte.

Par le diagnostic de la yathogênie on reconnaîtra la diathèse, on se gardera de confondre des états morbides liés à la même cause générale ; on recherchera le locus minons en interrogeant les antécédents, l’état actuel de la maladie, les affections antérieures, les cicatrices, l’hérédité organique: un père succombe à un cancer de l’estomac, il ne transmet pas fatalement le cancer, mais il transmettra une faiblesse de l’estomac, de même pour le cœur, c’est une variété de locus minons qui doit jouer un grand rôle en patbologûe.

Le diagnostic de la variété est simple, il suffit de faire le diagnostic nosologique, et de ne pas perdre de vue les considérations précédentes.

Une dernière question. Peut-on prévoir s’il y aura métastase dans le cours d’une maladie? problème ordinairement d’une grande difficulté; cependant il est certains cas où l’on peut prévoir la métastase, dans ceux où apparaît un caractère de mobilité et de succession rapide de localisation; ainsi il est des goutteux chez lesquels le début de la goutte est d’une brusquerie inaccoutumée, il en est de même de la cessation, c’est dans ces cas que se produit la métastase.

Autre caractère chez les goutteux : ordinairement après l’accès de goutte tout disparaît ; mais chez divers sujets chez lesquels le gros orteil cesse d’être pris, 15 jours, 20 jours, un mois après c’est une migraine goutteuse, une angine, une dyspepsie goutteuse, une

névralgie, cc n’est pas de la métastase, ce sont des multiplicités de localisations se succédant à intervalles plus ou moinséloignés; soyez vigilant, il pourraitbien se produire une métastase à un moment donné.

Vous verrez des herpétiques, des enfants atteints de g'ourme, chez lesquels vous guérirez l’éruption sur un point, elle se reproduira sur un autre, défiez-vous, c’est un terrain à métastases. Nous pourrions répéter ici ce que nous avons dit au sujet de la g’outte; la multiplicité des manifestations est favorable à la métastase; si vous voyez un eczéma disparaître sur un point pour reparaître ailleurs ou cesser, et dont la cessation est suivie de localisations légères sur les muqueuses bronchiques ou stomacales, vous pouvez redouter le moment où les localisations ne se promèneront plus, mais feront brusquement invasion, il y aura métastase.

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