CHAPITRE IV
De la désinfeotion des locaux, des objets mobiliers ; mesures antiseptiques qui doivent être prises pour la désinfeotion du personnel médical ou auxiliaire.
Le premier devoir de l'accoucheur est donc de placer les femmes dans un milieu parfaitement aseptique. Ce résultat peut être obtenu dans les Maternités, mais il ne peut rêtre qu'à une seule condition : il faut que des mesures soient prises pour éviter la naissance des germes. Il faut les détruire dès qu'ils se sont produits.
Les notions que nous avons sur le mécanisme de la putréfaction, les connaissances que nous possédons sur la genèse de Tinfection puerpérale, nous indiquent assez que, pour empêcher dans un hôpital, dans une chambre de malade, l'apparition des germes dont nous redoutons l'action, il faut :
1* Ne jamais y laisser séjourner des matières animales itisceptièles de se putréfier;
29 Et désinfecter avec soin fous les objets mobiliers qui auront pu être en contact avec elles.
l^ Il faut ne jamais laisser séjourner dans les salles des matières animales susceptibles de se putréfier. — Toute femme accouchée peut devenir une source de danger. On ne saurait en douter, si on veut bien noter que le
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Quand M. Tainier fît sa thèse ina»
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épidémies de iièvre puerpérale. On no ., P'*^"cip j I . • . "® pouvait H
manquer de comparer les (ristes slatisi/o
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démifts meurtrières qui avaient sévi suv nos h/ ^!
dant ia guerre de Crimée, et sur Jesquei/g^j i» ^
venait d'être attirée.
Mais i'enconibi'enient nVst pas ia seule caus
production des épidémies de Uèvre puerpérajg^ e
melweiss n'avait pas vu qu'il y avait un autre élément dont Taetion devait être prédominante; il niait la contagiosité de l'infection puerpérale.
Il était réservé à M. Tarnier de démontrer sa réalité* Semmelweiss voulait éviter l'encombrement, parce qu'ainsi la propreté pouvait être plus grande dans les salles de malades. Il avait raison. M. Tarnier, en propoàant d'isoler les femmes maladesi avait une conception plus nette et plus précise de la fièvre puerpérale. Sans aucun doute, presser dans une même salle un grand nombre de malades, c'est les placer. dans les coudions les plus défectueuses, mais c'est surtout multiplier les chances de contagion.
M. Tarnier ne connaissait pas et ne pouvait pas connaître le contage en lui-même, tnaiâ on ne saurait méconnaître le service qu'il a rendu en permettant de préciser les termes du problème.
Quand M. Le Fort publia son livide sur les maternitéSi Pasteur n'avait pas encore entrepris ses recherches sur la septicémie. Lister n'avait pas encore obtenu les résultats merveilleux qui ont attiré l'attention sur la méthode antiseptique en chirurgie. M. Le Fort ne pouvait donc que reprendre et confirmer les conclusions données par M. Tarnier, et qu'avait confirmées Lorain, dand sa thèse inaugurale : « Si on veut éviter les épidémies de fièvre puerpérale, il faut séparer les femmes saines et les femmes malades. •
Grâce à ces travaux, complétés aujourd'hui par les recherches de laboratoire qui, sous l'influence de Pasteur, ont été faites jdans ces dixdernières^années, il nous est possible de bien comprendre comment vient et se
développe une épidémie, et déterminer la valaar eiidc que l'isolement peut être appelé à rendre.
Voici une salle oâ sont pressées les unes contnls autres des femmes malades et des fe[nn»>s bieo fattantes; l'air est confiné; les ling«s, la literie xatai jamais déstnrectés, et sont Je réceptacle d'un gml nombre de «;fermes septiques; les médecins, etc., mil d'une malade à l'autre, les examinant, pratiquant id li toucher, faisant là une injection vag>inale. Que se pas» t-il alors? Les g^ermes morbig^nes sont portés d'une femme malade à une femme bien portante, et celles | est infectée a son tour.
Ce fait se reproduisant un certain nombre de fois dans une salle, l'épidémie est constituée.
Nous en savons assez sur l'importance de la putréfaction et son rôle dans la patho^énie de la septicémie, pour savoir que les {î^rmes morbig:ènes peuvent avoir et*
'«portés dans la salle oCi sont les accouchées par le mé-
' "un qui, peu de temps auparavant, aura pratiqué uoe
■'psie, aura soig-né une malade atteinte d'érysipèle,
pansé une blessée atteinte d'infection purulente ou de septicémie.
Nous savons aussi que le poison peut s'être produit dans la salle elle-môme, où, par le fait de l'enoombremenl, des matières orjii'anisèes sont exposées à l'aip, se putréfient, et sont chargées de germes septiques.
En somme, si nous étudions une épidémie de fièvre puerpérale, nous trouverons toujours une cause unique, la contaerion; l'encombrement a^ira comme cause complémentaire qui favorisera la contag-ion. Et, en effet, nous connaissons tous des exemples d'épidémie d'infection puerpérale ayant^éclaté dans la clientèle d'un mé-
^decin; et cependaDl ici toutes les femmes sont isolées les ^'unes des autres.
^' Est-ce à dire cependant que Tisolement soit une chose -^ inutile? Loin de nous cette pensée. Mais il faut bien '* comprendre ce qu'il faut entendre par ce mot : isoler les ^ accouchées.
= II ne sufGt pas de construire des maternités dans 3 lesquelles on multipliera les salles d'accouchées et les i chambres d'isolement. Pour qu'une femme soit isolée ' il faut que le personnel médical ou auxiliaire duquel elle recevra des soins, que tous les instruments qui devront être employés, etc., lui soient bien spéciaux.
Il est impossible de prendre de telles précautions, au sens strict du mot, dans une maternité où se font beaucoup d'accouchements. Mais il est possible d'obtenir des résultats satisfaisants en ayant recours à un certain nombre de moyens détournés qui constituent peutètr^» la partie la plus importante de la méthode antiseptique Nous avons dit que la cause de l'épidémie était ' contagion, c'est-à-dire le transport du contage d'ih femme à une autre. Nous savons d'autre part que c(: contag*e est constitué par des g'ermes. Or, si on peut* détruire ces g^ermes pendant leur transport d'une femme malade à une femme saine, on pourra éviter la conlag*ion et les femmes seront pour ainsi dire isolées» Pour atteindre ce but on procède :
a. A la désinfection de l'air qui est peut être un des moyens de propagation des fermes.
b. A la désinfection de tous les objets mobiliers, etc., contenus dans les salles des malades et qui trop souvent sont le véhicule des g^ermes.
c. A la désinfection du personnel médidal.
Si nous avions à notre disposition à6ê pfdcâdés q nous permissent d'obtenir à coup sûr ces résultéUi serait inutile de placer les femmes malades dans d chambres séparées et de les faire soigner par un pe sonnel spécial.
La désinfection telle que nous venons derindiqti permettrait d'isoler les femmes en les réunissant.
Malheureusement, et les détails dans lesquels nott^ entrerons plus loin le prouveront; il n'en est pas aitisijs les procédés que nous indiqueronSi tout en ayant an efBcacité réelle ne sauraient donner au médeoin une sécurité absolue.
La meilleure désinfection consiste donc âne pas 8'in*> fecter. Âuâsi est-il de toute nécessité d'isoler les femmes dès qu'elles sont malades et dès que chex elles on soup« çonne la possibililé d'une infection, et de les isoler en prenant toutes les précautions que nous avons indi* quées tout à l'heure*
On voit quel rôle nous faisons jouer à la oonta|rion dans la genèse des épidémies puerpérales. Mais une épidémie n'est pas seulement constituée paroe qu'un grand nombre d'accouchées sont simultanément atteintes d*accidents infectieux. Quand une épidémie éclate, on voit graduellement les symptômes prendre un caractère de plus en plus en grave ; dans les grandes épidémies, il arrive un moment où non seulement toutes les malades succombent, mais encore elles meurent pour ainsi dire comme foudroyées.
Cette gradation de la gravité, que connaissaient si
^ien les épidémiologistes, est un des oaraotôres les plus
^importants de toute épidémie; il est resté inexpliqué
^jusqu'aux expériences de Davaine que nous avons
^rapportées dans notre premier chapitre (voy. p. 14) et
qui nous semblent jeter la plus vive lumière sur ce point.
Eu efieti si le microbe septique cultivé toujours sur
le lapin finit par acquérir une virulence de plus en
plus gprande à mesure qu'il passe d'un individu à un
autre, n'esl-11 pas possible d'admettre qud le même
J phénomène se passe dans les épidémies d'infeClio;i
puerpérale sévissant sur les accouchées.
Au début, nous trouvons le microbe septique qui inoculé sur une femme a donné lieu à l'infection. Les phé« nomènesont été graves» la mort a pu s'ensuivre ; mais, le plus souvent) elle n'est survenuequ'au bout d'un oertain nombre de jours pendant lesquels le médecin a pu ne pas perdre tout espoir.
Mais il suffit que des g^ermes soit pris chez œtte femrtie et soient inoculés à d'autre^ accouchées pour que les symptômes observés chez cette seconde séria de malades soientplus graves. Eu passant d'unefemméàutie autre femme, les germes septiques ont accru leur viru» lence ; celle-ci ira toujours redoublatit à meslire qU6 la contagion transportera les germes d une de ces fetnmefl à d'autres. En un mot, en produisant la septicémie à forme progressive du lapiui Davainb et Kodh ont réà-^ lise expérimentalement une des partidulai'ités dés épU démies, qui plus que toute autre, peut-<être, pàr&issttit inexplicable aux anciens auteurs et les forçait, en avouant leur impuissance, à attribuer les épidémieisi ft une volonté divine.