‹ Des méthodes antiseptiques en obstétriqueChapitre 20 sur 27 · IM · texte numérisé non relu

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(1) Vojex SOT ce point : Semmelweî». Zw«i oOene Briefe an SidH nnd in ScauoDi. Pest, IWi.

Depuis que la doctrine des germes a été formuléei

i^la désinfection des Jocaux dans lesquels doivent être

placées les femmes en couches est faite suivant des rè-

gles précises en rapport avec l'idée théorique qui dirige

les accoucheurs*

Pour étudier avec méthode les procédés qui permet- ^ tent de désinfecter les chambres dans lesquelles sont placées les accouchées, nous croyons devoir distinguer I deux cas :

l"" La désinfection des salles dans lesquelles ne se trouvent pas d'accouchées ;

2^ LsL désinfection des salles dans lesquelles sont des ccouchées.

!• Désinfection des salles dans lesquelles ne se trouvent pas d'accouchées. — Une des méthodes les plus anciennes qui aient été préconisées, est ce que Ton a appelé Yalter^ nance des salles. Une salle de malades contient par exemple dix lits. Une fois que ces dix lits ont été occupés par des femmes, pendant un certain temps, on n'y place plus de malades; suivant une expression imagée, on laisse reposer la salle; pendant ce temps, on procède à une série de mesures désinfectantes, ventilation, lavages, changements de literie, etc.

Dès 1858, M. Tarnier insistait sur ce point : « Les salles doivent n*être occupées qu'à tour de rôle. Li chambre dans laquelle aura séjourné une nouvelle ac« couchée, devra être évacuée pendant quinze jours pour faciliter le lavage, la ventilation et le changement de literie (1). »

(1) Tarnier. De la ûèYre puerpérale, 1858, p. 151.

En 1866) M. Lefort insistait encore sur ce point : « Lsu Maternité doit renfermer le double des lits régpuIiôremenU occupés, de façon à ce que chaque salle, après avoir été occupée pendant le temps nécessaire au rétablissement des accouchées qui y ont reçu asile, puisse être ventilée, et rester inoccupée pendant un temps égal (l). »

Ce principe de rallernance des salles est reconnu comme étant de la plus haute importance par tous les accoucheurs, et est appliqué dans un grand nombre de maternités. Parmi les établissements où ralternance des salles est observée avec le plus de rigueur, nous pouvons signaler la Maternité de l'hôpital Gochin (2) et la Maternité de Bruxelles, dirigée par M. Hyernaux (3).

Ce principe étant admis, que faut-il faire pendant que la salle est inoccupée? 11 est évident qu*il ne suffit pas de laisser reposer les salles, mais qu'il faut encore pendant ce chômage avoir recours à certaines mesures spéciales de désinfection, mesures qu'il doit toujours être prudent de prendre, même dans les cas où les salles a*ont pas été occupées par des malades infectées.

Aération des salles. — 11 ne faut jamais se contenter de laisser les salles fermées, car, dans ces cas, si long que puisse être le repos des salles, on ne saurait jamais avoir qu'une fausse sécurité. Ou a cité des cas où, un chômage de quatre ou six mois, n'a pas suffi pour mettre

(1) Lefort. Des Maternités, 1866) p. 318.

(2) Voyez : Lefort. Des maternités.

(3) A Bruxelles, dès qu'une malade est sortie, la chambre reste ou-* verte à tous les vents. Elle peut ainsi sécher et s*aérer pendant cinq semaines. (Je dois ce renseignement et tous ces détails qui ont trait à la Maternité de Bruxelles à la bienveillance de M. Hyernaux.)

mm Tabri de l'iDfection les malades qui y étaient placées ri#osuite. Mais pendant ces quatre ou six mois les fenêtres iP^vaient été tenues rig'oureusement fermées. ^^ On pourrait à la rigueur se contenter de laisser les i|8alles largement ouvertes au vent et au soleil. C'est ce ^^qui a lieu à Bruxelles, où on ne met en usage aucun ^procédé de désinfection particulier. Dans cette Maternité, ^ les murs étant blanchis à la chaux ; il est presque impossîble d'appliquer d'une manière pratique les procédés , de désinfection dont nous avons parlé; on pourrait croire que ce blanchiment des salles est une des méthodes les \ meilleures pour tuer les germes qui viennent se déposer sur les parois des chambres; il n'en est rien. Les murs représentent dans ces cas une paroi rugueuse, et le lait de chaux qui les recouvre n'est qu'une couche poreuse, qui retient dans les interstices de la muraille et sur ellemême les germes qu'elle est incapable de tuer. M. Vallin a montré qu'il était temps de renoncer à cet enduit qui n'est nullement caustique, comme on a bien voulu le dire(l).

A ce point de vue, les murs stucqués et vernis, tels qu'on les rencontre dans certains hôpitauxi à l'hôpital Lariboisière, au pavillon de M. Tarnier, à la Clinique d'accouchement, par exemple, présentent de sérieux avantages.

Pour assurer la désinfection parfaite des locaux, ou peut employer des lavages avec des liquides antiseptiques ou non, ou bien des fumigations.

(1) Vallin. Traite de la désinfection et des désinfectants, 1883, p. 3â8. Voyez encore, sur ce sujet : Deger. Bau dcr Krankenhauser, p. 102.

Lavage des salles. — Dans le pavillon de M. Tarnie^ dès qu'une femme a quitté une chambre, on projet contre les murs, contre le plafond, qui est stucqué verni, sur le plancher, qui est en bitume ou en bélor une quantité considérable d'eau, capable d'entratn toutes les poussières qui, pendant le séjour de la malad ont pu venir se déposer sur les parois de la chamb L'eau provenant des lavages est immédiatement rejeté^ hors de la chambre.

Ces lavages, même faits avec de l'eau pure, constituent un moyen de désinfection des plus puissants, et c'esP avec juste raison que M. Tarnier y attache une g'rand importance (1).

Nous estimons que dans les cas ordinaires ils suf Gsen complètement, mais il est bien entendu que cette mé thode n'est applicable que si les parois de la chambre sont complètement imperméables. Il faut déplus, que le liquide puisse pénétrer dans toutes lesanfractuositésdes

(i) Consulter sur ce point : Vallin. Traité des désinfectants et la désinfection. Paris, 1883, p. 390.

L'auteur rapporte le fait suivant, observé par M. Brouardel : c Alors qu'il était chargé, en 1870-71, d'un service de varioleux à l'hôpital improvisé du quai de Javel, il reçut Tordre d'évacuer immédiatement ces varioleux et de tenir Thôpiial tout prêt pour recevoir les bleasés à la suite d'une sortie imminente des troupes assiégées. Pressé par la nécessité et craignant que les blessés annoncés ne contractassent la variole en séjournant dans l'atmosphère où venaient de vivre plusieurs centaines de varioleux, M. Brouardel employa le moyen suivant : à Taide de ses infirmiers, il fit lancer avec une pompe une grande quantité d'eau simple sur les murs, le sol, les parois; tout le matériel fut également lavé à grande eau pendant prés d'une journée, après que les va« rioleux eurent été évacués. Malgré le bref délai accordé (12 heures), et l'absence de tout désinfectant chimique, les nouveaux soldats introduits dès le lendemain dans l'hôpital restèrent complètement indemnes; aucun d'eux ne contracta la variole dans les semaines ou lesmoia qui euiyirent. >

murs, fenêtresi etc. G'estdansce bat que dans le pavillon de IVf . Tarnier, les ang*les qui réunissent les différentes parois de chaque chambre sont arrondis, parfaitement lisses. II est donc impossible aux poussières de s'y accumuler et de ne pas être entraînées par les liquides.

S*il s'ag^issaitdedésinfecter une chambre dans laquelle aurait séjourné une malade infectée, il serait prudent, après avoir fait un lavag^e avec de Teau pure, de projeter contre les murs une quantité considérable d^eau à laquelle on aurait ajouté des substances antiseptiques. On peut ainsi se servir d*une solution de chlorure de zinc, de chlorure de chaux, d'acide phénique, de potasse (1).

On pourrait se servir avec gprand avantagée de solutions de sublimé, dont le pouvoir antiseptique est extrêmement puissant. Il n'y aurait pas lieu de craindre que les malades qui seront ensuite placées dans les chambres ainsi désinfectées^ puissent en aucune façon être incommodées, car, d'une part, la tension de vapeur du sublimé étant extrêmement faible, cet antiseptique n'ag^it pas à distance; et» d'autre part^ la quantité de sublimé restant attachée au mur est infinitésimale (2).

Nous venons de supposer qu'il s'ag^issait de désiu-

(1) Les solutions employées seront les suivantes :

Chlorure de zinc 5 à 10 pour 1000

Chlorure de chaux 5 pour 100

Acide phénique 2 pour 1000

1^8 lavages avec la potasse ont rendu de graods services à MM. Uallopeau et Stakier, dans une épidémie qui eu lieu à la Maternité de l'hôpital Tenon (Union médicale, 7 oct. 1880).

(2) Dans le pavillon de M. Tarnier. si la femme qui vient de quitter la chambre a eu de la û^vre, si sa température a dépassé 38®, le sol de la chambre est, apré le lavage, lavé avec une solution phéniquée au 20*.

Bar. 10

fecter une chambre dont le plancher présente une surface lisse, béton, bitume, mosaïque, elo. Mais dans la plupart dos hôpitaux, on trouve des parquets dont les interstices nombreux et profonds semblent être des nids préparés à Tavanoe pour recueillir et conserver les poussières de l'atmosphère. La meilleure méthode serait sans aucun doute de supprimer complètement tous les parquets en bois, mais ce desideratum ne pouvant guère être obtenu, il sera urgent, même dans les casoii les malades qui auront été soig*nées dans les salles n'auront présenté aucun sig*ne de fièvre ou d'inTection, de laver, brosser, éponger avec le plus grand soin ces parquets en se servant d'une solution de potasse ou de sublimé. Dans tous les cas, on devra renoncer à la méthode, encore si en honneur, qui consiste à enduire de cire tout les parquets des salles.

Fumigations. — Certains auteurs, M. Vallin entre autres, estiment que les lavages ne sont que des demimesures, et que les fumig*ations sont bien plus propres à désinfecler d'une manière complète les salles de malades. Â vrai dire, le moyen le plus sûr pour détruire tous les g*ermes qui peuvent exister dans un endroit clos, serait d'élever la température de l'atmosphère à 150^ ; mais c'est là un moyeu qui n'est nullement praticable pour les salles de malades. Si donc on veut agir d'une manière efticace avec des fumigations, il faut avoir recours à Temploi de vapeurs capables de détruire les matières orgaiiiques.

Les recherches de Miquel (!) ont montré que bien

(1) Miquel. Des organismes vivants de Talmosphère, Th. de Paris, 1883, p. 2»8.

s des antiseptiques, a^^issant d'une manière énergfique à ! Tétat liquide, n*avaient qu'une inQuenee dérisoire àTéi tat gpazeux. C'est ainsi, par exemple, que les vapeurs . de:

Chloroforme ;

Acide phéiiique cristallisé;

Chlorure de chaux induslriel ;

Camphre;

Ether azoteux;

Suli'ure de carbone;

Aride cyanhydrique;

Le gaz acide sulfureux;

Le gaz ammoniac,

se sont montrées incapables de tuer les bactéries qui étaient soumises à leur action, bien que le contact eût duré de quinze à ving*t jours.

Voici les conclusions auxquelles est arrivé cet auteur (i):

« Les vapeur s d*iode, de brome, de chlore, d*acide chlorhydrique, d'acide hypoazotique, préconisées avec juste raison par IVl.Vl. Gh, Girard et Pabst, ont, au contraire, détri'il irrévocablement tous les g*crmes» au bout d'un espace de temps variant de quelques heures à dix jours.

« Le chlore, quand il est bien sec, ag^it avec la plus grande difficulté, et j'ai trouvé des gpermes encore vivants dansdes poussières qui étaient restées soumises pendant huit jours à son action corrosive; le brome, l'acide chlorydrique etleg^az ni treux, sont plus violemment destructeurs des «pennes. D'après mes expériences, une atmosphère charg^ée par mètre cube de5gpr. de l'un de ces trois corps a le pouvoir d'enlever toute fécondité aux semences

(1) Miquel. Loc. cit., p. 299.

des schizophytes, qui sont restées pendant deux jours à son contact. Les vapeurs d'iode agissent plus lentement; leur action microbicide n'est complète qu'au bout de huit à dix jours. »

On voit combien est limité le nombre des corps auxquels on peut faire appel. On trouvera dans le livre de M. Vallin un exposé très complet des différents procédés opératoires qui doivent êlre mis en usage. Nous ne pouvons nous élendresur ce point; disons toutefois que les fumig^alions détériorent tellement les objets mobiliers contenus dans les salles, qu'elles ne sont janriais d'un emploi commode.

Conclusions:

Dans la pratique ordinaire, c'est surtout aux lavag*es qui seront faits avec de l'eau pure ou addilionnés de liquides antiseptiques qu'il faudra avoir recours. Il serait à désirer que dans toutes les maternités, les salles où sont placées les accouchées, fussent construites de telle sorte, que les lavag:es fréquents et complets fussent aisément applicables.

Désinfection des sa/les où se trouvent les malades. — Il ne sufBt pas de détruire les germes en Tabsence des malades ; il faut encore, et cela est une règrle absolue, lutter contre eux dans les salles occupées par les accouchées. Il est bien évident qu'un certain nombre des mesures précédentes ne sauraient être applicables ici, tout au moins d'une fa^on pratique. On ne pourrait, par exemple^ songer aux fumigations avec les vapeurs nit reuses, etc., etc. Le procédé le plus usuel ,

.. le plus simple, est l'aération, qui devra être aussi coin-

^ plèle que possible. Les mala les seront placées dans des

chambres vastes, élevées, prenant l'air par de largues

fenêtres, pouvant être facilement accessibles au soleil.

Si dans une même salle, il y a plusieurs malades, on installera des venlilaleurs assez p'jissants pour que l'air soit rapidement renouvelé. Dans la maternité de Bonn, ces conditions nous paraissent avoir été résolues très heureusement : chambres vastes avec largues baies (enêlrées, appareils de ventilation très bien compris et en mâme temps appareils de ctiauffao^e permettant, malgfré le rapide renouvellement de Tair, d'obtenir une chaleur constante. La ventilation des salles sera encore assurée par Tusag^e des cheminées.

Dans le pavillon de M. Tarnier, les chambres sont chauflées de cette manière.

Dans certains hôpitaux de Londres, les cheminées restent allumées pendant toute Tannée, mais c'est là un procédé de ventilation fort coûteux. M. Vallin donne le conseil suivant, qui nous paraît fort pratique et applicable aux chambres des malades : a Dans les saison? où il est difQcile d'allumer le feu, nous avons souvent retiré un bon effet d'un moyen extrêmement simple, et cependant efGcace. Au lieu de placer la veilleuse sur un meuble, on la place dans la cheminée même, où elle donne une lumière suffisante; en même temps, elle détermine une ventilation fort active, parce qu*ell6 est continue, surtout lorsque la section de la cheminée est très g^rande. Nous nous sommes plusieurs fois assuré que parce moyen Todeur de renfermé était beaucoup moin mar«|uée, dans la chambre des malades, le matin au réveil. »

A cdté de ces procédés, nous devons sig*naler les pulvérisations^ qui pendant quelque temps ont joui d'une certaine popularité.

Jusque vers le milieu de Tannée 1881 , on faisait dans les salles de la maternité des pulvérisations avec de Teau phéniquée. On se servait, dans ce but, de Tappareil qui est employé, lorsqu'on pratique des opérations avec la méthode de Lister. Ces pulvérisations étaient faites d'une façon intermittente. Dans certaines maternités, à Copenhague, par exemple, où elles sont encore employées, on peut voir se produire dans les salles un véritable brouillard.

Ces pulvérisations sont utiles, et elles agissent de deux manières. Tout d'abord, les molécules d'eau, étant projetées sous la forme d'une poussière extrêmement fine, fixent facilement les poussières et les ^rmes oon» tenus dans Tatmosphère de la chambre, et les entrâtnent avec elle, lorsqu'elle vient se déposer contre les murs et sur le plancher. Grâce à l'existence de la légère humidité qui se produit alors, toutes les poussières restent fixées au sol ou contre les parois de la salle, et, pendant un certain temps, l'air de la chambre, où est couchée la malade, est débarrassé des poussières qui rinfestaient.

En un mot, on produit alors, d'une manière artificielle, un phénomène en tout semblable à celui que l'on observe à l'air libre après une pluie (1).

(1) Voyez Pierre Miquel- 1 Etudes sur les bactéries de l'aimosplière. Annuaire de MonUouris, 1831.

— t Les organismes vivants de Fatmosphôre. > Th. de Paris, 1883.

Non seulement les pulvénsalions agissent en entraN nant et en Gxant les germes, mais encore elles les détruiraient. En eCTet, dès que l'eau est projetée dans Tair dans un état d'extrême division, chacune des gouttelettes fixe de l'oxygène. Certains auteurs oni pensé que, dans ce cas, les germes entraînés par la poussière aqueuse seraient plus facilement anéantis, et que le pouvoir destructeur de la vapeur d'eau serait augmenté, si on se servait d'une solution antiseptique d'eau phéni* quée au 30* ou au 20®, par exemple. Peut-être, ce second mode d'action est-il un peu trop hypothétique; mais il n'en est pas moins vrai que, grâce à leur premier mode d'action, les pulvérisations sont aptes à rendre de sérieux services. Du reste, même en se servant de solutions phéniquées, les malades n'éprouvent pas le moindre malaise, à la seule condition que les produits employés soient chimiquement purs. On pourrait peutêtre user avec avantage d'antiseptiques ayant une odeur agréable, telle que l'essence de Wintergreen.

Cependant, un certain nombre d'accoucheurs ont abandonné leur usage.

Aujourd'hui, à la Maternité, à l'hôpital de la Charité, on a recours à des vaporisations d'eau phéniquée. Après avoir, dans un voyage en Angleterre, où dans le service du D' Fancourt Barnes, au lieu de pulvérisateurs, des marmites particulières, d'où l'eau phéniquée s'échappait en vapeur. M. Tarnier a fait installer dans les salles de la Maternité une série de marmites remplies d'eau phéniquée, continuellement bouillante (1). Bien que ces vapeurs exhalent une odeur assez désagréable, les ma-

(I) Voyes page 101. Note.

lades ne se plaig'nent point. Cependant, si nous nous reportons aux expériences que nous avons rapportées plus haut, et desquelles il résulte que des vapeurs d'acide phenique n'ont aucune action microbicide, on conviendra avec nous que, malgré les avantagées présentés par ces derniers appareils, au point de vue- de la régularité et de la simplicité de fonctionnement, il paraîtra rationnel, au moins dans l'état actuel de la science, de préférer les pulvérisations, et de n'accorder qu'une faible conGance aux vaporisations phéniquées (1).

Pour résumer en quelques mots les détails dans lesquels nous venons d'entrer, nous dirons que, dans les cas simples, lorsqu'il n'y a pas d'infection, s'il s'ag*it de malades isolées dans une Maternité, de malades soig:nées en ville, une aération et une ventilation bien faites seront généralement suffisantes; mais s'il s'agit de malades réunies dans une seule et même salle, s'il s'agit de malades isolées, mais atteintes de fièvre, il faudra compléter la désinfection en faisant des pulvérisations d'eau à laquelle on ajoutera au besoin de l'acide phenique. Si la disposition des salles le permet, on se trouvera bien de laver les murs avec un li(]uide antiseptique, ainsi que cela se pratique à la Maternité (1).

(1) A côté de ces procédés nous devons tout au moins sifirnaler la méthode proposée par Rabot, de Versailles (Méthode d'assainissement des hApitatix parToxygène, Gaz. hebd.,1871). Cet auteur a obtenu de bons résu'tats, en envoyant de grandes quantités d^oxygèce dans les salles occupées par des blessés. Go mode d assainissement parut avoir une influence favorable sur la marche des plaies.

(2) Voyez page ^01. Note,

Déshifectioii des objets mobiliers.

Il oe sufGt pas de désinfecter les salles, il faut encore îr sur tous les objets mobiliers qui doivent y être ï^ï^cés. A la rigpueur, on peut procéder au lavag-e des Salles pendant que les lits, la literie, les différents vneu^ "les restent en place. Mais, pour peu que Ton fasse usagée ^^ fumigcations désinfectantes, il faut de toute nécessité ^ï^ lever la literie et la plupart des meubles, qui seraient S"^«vement détériorés par les substances dont on fait

Quel que soit le procédé auquel on ait eu recours, il uit toujours procéder à une désinfection spéciale des ^ïïi^ubles contenus dans la salle des accouchées. Nous ne <lîï*ons rien des rideaux, car aujourd'hui on les a comï>lètement supprimés aux lits des malades. On ag*irait '^^ôme sarment en supprimant les rideaux au niveau ^^s fenêtres, se contentant de substituer aux carreaux ^^«•dinaîres, des carreaux en verre dépoli (1).

^ous croyons devoir appeler l'altention d'une manière *c^ial à fait spéciale sur la désinfection des tables île nuit ^t cle la literie. On sait que trop souvent, dans nos hôpitix parisiens» les tables de nuit servent aux malades nr y accumuler toutes leurs petites provisions, leurs *^^ bits, etc. Mais en admettant que cet usagée n'ait jamais ^•-^ toléré, on sait qu'il est très difficile d'obtenir une «infection complète de ces meubles. Sans aucun doute,

^ C i) Telle est la mesure employée à Thôpital de la Charité dans le serdeM. Budin.

la meilleure mélliode serait de les supprimer, comme cela se fait dans le plus grand nombre des maternités de Tétrang'er.

Cependant, si on les conserve, il n'est guère po<^sible d'arriver aune désinfection complète qu'en employant des tables de nuit semblables à celles qui sont en usage au pavillon de M. Tarnier (1). Il sufGt avec ces dernièi*es d'un simple lavage avec de l'eau pure ou additionnée d'un liquide antiseptique, pour obtenir une désinfection absolue.

Lit, LiTFRiE. — Tous les accoucheurs se sont préoccupés de se servir de lits pouvant se désinfecter d'une manière tr es simple. Dans certaines maternités, à Bonn, par exemple, les lits sont formés d'un simple cha<^sis de ter, sur lequel est plr«cée une paillasse. Dans d'autres maternités, comme à Vienne, à chaque lit est joint un sommier en treillis de Gl de fer, sur lequel est placé un léger matelas, qui est changé à chaque malade. A la Clinique d'accouchement de Paris, le lit se rapproche beaucoup de celui dont on fait usage dans la plupart de nos hôpitaux. La disposition la plus ingénieuse, et qui, tout en donnant aux malades un coucher agréable, permet d'obtenir une désinfection facile et rapide, est celle qui est adoptée pour les lits du pavillon de M. Tarnier (2).

(1) Ces tables de nuit sont constituées par une armature en fer sur laquelle viennent s appliquer des plaques de tôle mobiles qui cunsUtuent les paiois du meuble.

Tuul cet appareil se démonte avec une grande rapidité, et on peut ainsi procéder à une désinfeclion complète

(2 j Au pavillon de M. Tarnier, pour remplir ces paillasses, on se sert de balle d*a?oine ; à Dresde, de paille ordinaire ; dans certaines maternités, de paille de mais. La balle d*a?oine paraît préférable. Le conlenu

— ib5 —

4)uoi qu'il en soit, il faut toujours, avant qu'une ma* Iflicie soit couchée sur un lit, que ce meuble ail été dé-^ s i infecté par des lava^j^esavecde l'eau pure ou additionnée d' «.me solution antiseptique.

Hais on doit surtout veillera la désinfection parfaite d^ la literie.

Tons les détails dans lesquels nous entrons pourront I>^ ut-êlre paraître superflus (i). Mais nous avons la ferme

nviction que si, depuis le mois de juin 1880, il n'est

^c> B.t toujours être brûlé si la malade a été atteinte d'infection puerpérale. Il peut éira vendu, s*il s*est agi d*un cas simple 11 est bit-n entendu que ^'^xsîeloppe doit être soigneusement l.ivée et pa>sée à Tetuve.

'A.Va Maternité de BruxeLes, l'enveloppe est lavée avec de Teau phéla â ^uée.

Cl) (Voici un fait communiqué par M. Budin,qui prouve qu'on ne peut J^ vaais prendre trop de précau lions.)

^ Au moment où je pris le service, une sag-feinme venait de perdre ^v^c femme de sa clientèle parliculiêre dans une chambre de son appar- ^«nrïeot. •

I^ sage-femme dut rester quinze jours sans recevoir de femmes de ^ tt^pllai; elle dut laver tous les linges, faire carder les matelas, laisser Ouvertes. Duit el jour, les pièces de son appartement.

^ HIIIq reçoit trois femmes, celle qui fut placée dans la chambre,

^^ Une malade avait succombé, eut de la fièvre, elle guérit; les deux

^utr^^ femmes eurent des suites do couches normales. Trois autres

^'•'ndes furent reçues par la sa^e-femme ; relie qui fut mise dans la

P^ (libre en que-tion, eut do la fièvre ; les autres allaient très bien ; et

'^^i de suite pendant deux mois. En cherchani quelle pouvait être la

^^«a de ces accidents, j'appris que tous les soirs la domestique de la

^^--feiiime venait faire s« n lit dans cette chambre et y coucuait. Elle

^ ^^^ait son lit le lendemain matin. J'ai fini par obtenir de la sage-

^^*^e: i* que la domestique ne coucherait plus dans la chambre, ce

)L * ^lait contraire au règlement, i» qu'on ne ferait plus cirer le parquet,

. ^^^ qu'il serait lavé avec une solution phéniquëe. ^ Depuis cette

l^^^ue, il n*y a plus eu une seule malade chez cette sage-femme ; elle

. ^^ «lie même ses parquets sans y manquer, et elle est si convaincue

. ^^tjtilité des mesures antiseptiques, qu'elle y a constamment recours

^*^^ sa clientèle |. rivée. »

pas survenu un seul décès dans le pavillon de M. Tarnier, c'est en g*rande partie à l'emploi de lo-îles ces peliles mesures qu'il faut altribuer ce beau résultat.

Dans un certain nombre de maternités, au pavillon de M. Tarnier, à la Maternité de Strasbourg» dirig'ée par M. Freund, dans une partie des salles de la Maternité de Bruxelles, à la Clinique de Parme, à la Maternité de Rouen, dans celle de Drtjsde, les accouchées reposent sur une simple paillasse, qui est changée apr^s le départ de chaque femme.

Les matelas devraient être complètement prohibés. S'ils sont conservés, il ne faut jamais se conlenter de les carder après le départ de chaque malade comme cela se faisait récemment encore à la Maternité do Paris, comme cela se fait encore à la Maternité de Prague, etc.

Pendant que nous étions interne de la Maternité, nous avons un jour recueilli les poussières qui s'élevaient de la laine battue par les cardeurs. Après avoir cultivé les g'ftrmes ainsi recueillis, nous avons fait une inoculation à un lapin, qui succomba rapidement à de la septicémie. Il s'ag*issait, il est vrai, de matelas qui, depuis plus de vingt ans, n'avaient jamais été soumis à d'autres mesures de désinfection que le battage , et qui servaient indifféremment aux femmes bien portan* tes et aux femmes malades. Tout matelas ayant servi à une femme accouchée, devra donc être passé à Têtu ve, et soumis ainsi à une température rendant impossible la vie de tous les germes, qui pourraient être contenus dans leur intérieur. Il faut agir de même avec les couvertures, avec les draps; tout le linge employé dans les

"'*ïiaternilés devra être blanchi à part et passé à Té-

a^Oes précautions antiseptiques qui doivent être prises par le personnel

médical ou auxiliaire.

^** Nous avons, au commencement de notre thèse, mon-

■^tré que les accidents seplîcémiques, dont pouvaient êlre

atteintes les femmes en couches, reconnaissaient sou-

^ vent comme origine la contag'ion. Nous croyons avoir

a' donné assez de preuves de ce fait, pour n'avoir plus be-

m soin d'en refaire la démonstration.

3 Qu'il nous suffise de rappeler les faits qui ont été rap-

3 portés pendant la discussion qui eut lieu en 1858 à TA-

cadémie de médecine sur les origines et la nature de la

fièvre puerpérale. Ces faits, et de nombreux qui ont été

rapportés depuis, ont montré d'une manière irréfutable

que trop souvent il faut accuser le médecin d'être Tagent

de contagion.

Danyau a déjà montré toutes les précautions que doit prendre un accoucheur, quand dans sa clientèle, il doit traiter des femmes atteintes de septic<^.mie puerpérale : « Je pense qu'il est pour lui un devoir absolu, dès

(t) On devra se souvenir ici des expériences par lesquelles Tyndall a montré que les corpuscules germes résistaient parfaitement à une température de tOO<» 11 faut, pour les détruire, ne pas user du premier coup> de températures très élevées. -En agissant d'une manière intermittente, et avec une chaleur inférieure à -f-lOO^ou permet la transformation des corpuscules germes, qui peuvent alors être plus facilement tués quand ils sont arrivés à un stade plus avancé de leur développement.

qu'une fièvre puerpérale se montre dans sa dientèle^de redoubler de soins sur sa personne, de changer souYent de vêtements ; de faire aérer, ou, suivant le procédé de Bush, de soumeUre, s'il le faut, à Taclion d'une haute température ceux qu'il vient de quitter ; d'employer longuement les désinfectanls, dans les cas surtout où ses doigts auraient été en contact avec des sécrétions morbides; de ne pas trop multiplier ses visites, et pour que rien ne manque pourtant à la malade, de placer à demeure auprès d'elle un élève instruit, qui le supplée dans les soins où il pourra être suppléé; qu'il évite d'aller de chez elle immédiatement chez les autres accouchées bien portantes, surtout chez celles qui sont dans leurs premiers jours de couches; entin, qu'il sache s'arrêter à temps et s'éloiguer, si» malg'ré toutes ces précautions, la maladie venait à s'étendre dans sa clientèle(l).i>

La conduite de Danyau, qui, en 1858, pouvait paraître guidée par des soucis exagérés, serait aujourd'hui considérée comme n'étant pas assez prudente.

Aujourd'hui un accoucheur obligé de donner ses soins à une femme malade infectée devrait agir plus radicalement, et cesser complètement d'assister des femmes pendant leur accouchement; il faudrait, en un mot, imiter la conduite du professeur Hergott qui, dans une récente épidémie sévissant à la Maternité de Nancy, s'est abstenu, malgré toutes les précautions antiseptiques qu'il employait, de faire aucun accouchement dans sa clientèle particulière.

(1) Danyau. Bulletin de l'Académie de médecine, 185S, p. 562.

AxrrorsiES. — L'accoucheur doit-il pratiquer les au- ^opHîesî Doit il fréquenter les amphilhèâtres de dissecwon ? Nous avons montré par des chiffres (voyez p. 103) ^^mbien était gprand le dang^er auquel le médecin expo- ^^U les accouchées lorsque, sortant de l'am phi théâtre de dûsection et surtout de l'amphithéâtre d*aulopsie, ilal- *^t pratiquer des accouchements.

La situation est surtout périlleuse, s'il s'est ag*i de P>*atiquer des autopsies de femmes mortes de fièvre l^uerpérale. On sait combien est persistante l'odeur des ^^ains, lorsqu'on a pratiqué une autopsie de femme ^ï^ortede fièvre typhoïde, par exemple, et on a lieu de se demander s'il n'est pas préférable à un accoucheur ^e renoncer définitivement aux travaux anatomiques ^ont nous venons de parler, et si la conduite préconisée par Volkmann (1) et par M. Lucas-Cham pionnière (2) '^sl bien prudente. Le premier de ces auteurs dit en ef- *^t, qu'il ne craint en aucune façon de faire ses autopsies; de foire pendant un semestre de l'année toutes *^s opérations d'un cours de médecine opératoire et ^^exécuter ensuite, dans son service, les opérations les plus compliquées; il se contente de pratiquer une désinfection sévère. Le second de ces auteurs n'est pas ^oins absolu : <c On prend mille précautions inutiles et l^on nég'lig^ celle là. Si un interue sait se purifier suf- ^samment, il peut vaquer à toutes ses occupations ; faire les autopsies qui sont de son devoir ; faire de l'ai^atooiie, et examiner ses malades sans dangper. S'il est

(i) R. Volkmann. Darfein Ghirurg oder Geburtshelfer Leichenôffnungen ^oi^nebinenY Cent fur chir., 18S0, n* 2S.

(^) Lucas Championnière. Chirurgie antiseptique, Paris, 1880, p. 219.

nég*Iigent des précautions antiseptiques, il aura beau s condamner à des quarantaines ; il viendra toujours u moment où il empoisonnera ses accouchées. Des gens^ qui ne font jamais d'autopsies, en tuent souvent b^au coup plus que des analomisles soig^neusement antisep tiques. »

Ces chirurgiens ont pu, grâce à la conscience avec==:^ laquelle ils font usagée de la méthode antiseptique* s mettre à Tabri d'accidents g'raves; mais nous persistons^ à penser que la meilleure méthode antiseptique, consîste^^ encore pour le médecin à ne pas toucher des corp chargées de matières septiques, et que Taccoucheur fer bien de renoncer déûnilivement à la pratique des au topsies.

Nous pensons de plus que Taccoucheur doit renoncer à soigrner les femmes atteintes d'érysipèle; les relations avec la fièvre puerpérale sont aujourd'hui évidentes (1). 11 évitera d'ouvrir des abcès (2), de soig^ner des femmes atteintes de scarlatine, etc. (3). Nous ne craig'nons pas de formuler cette opinion, bien qu'il y

(1) Voyez Atthill. Erj'sipèle dans uno inalernité. Médical presse and circul., 1877, 25 avril.

— Wa'isack (de Bensheim). Epidémie de fièvre puerpérale causée par une sage-femme «'atteinte d'érysipèie, Stuttgart, 1878.

J. Crocker. Sur rérydipèlc el ia fièvre puerpérale. Bost.med. and Surg. Journ. 1877, août 2. — On trouvera dans ce mémoire un bon eiposédes précautions particulières, qu'il faut prendre quand on soigne à la fois des érysipèles et dos fièvres puerpérales.

Voyez en outre l'article Erysipèlc du dictionnaire de Jaccoud...la question y est bien exposée.

(9) Voyez F.-P. Tuckey. Sur la cause de la fièvre puerpérale. Med. press., 1878, Ocktober 2.

(3) Voyez G. Griffiih. Sur la fièvre puerpérale et la fcarlatine puerpérale. Med. press , 29 janvier 1879.

— Sur Tunité du poison dans la scarlatine, la fièvre puerpérale, la

lit encore beaucoup de points obscurs sur la relation ^'i'origine pouvant exister entre certaines fièvres érup- 'ilives, la scarlatine, par exemple, et la septicémie puer- ^£pérale(l). Certains auteurs cependant, reconnaissons- Sicle, pensent que toutes ces précautions sont illusoires, et que, en appliquant avec sévérité la méthode antiseptiâfi/<|ue, il est possible à un accoucheur de donner des soins ^ à des malades atteintes de septicémie ou d'autres affec- ;i tiens contagfieuses (2).

ti II peut sembler impossible d'appliquer d'une manière f sérieuse ces règles dans les maternités, qui sont fré- / quentées par un grand nombre d'étudiants, et de les imposer aux sages-femmes dont Tinstruction est souvent insufGsante; les accoucheurs se sont préoccupés de parer à ces deux inconvénients.

Dans certaines maternités, les étudiants s'engagent à ne fréquenter aucun service de médecine ou de chirurgie, aucun amphithéâtre, pendant qu'ils suivent la clinique d'accouchement.

Dans certaines villes, ils sont exclus des maternités s'ils sont convaincus d'avoir enfreint c^tte règle. A la Maternité de Vienne, qui est fréquentée par un nombre très considérable d'étudiants et de jeunes docteurs ;

fiôvre typhoïde, la diphtérie et Tôrysipèle. The obsL joura. of great Brit aiid prel., n<»65, 1879, p. 424.

Dans ce travail, l'auteur pense que le poison est le même pour toutes ces maladies. Chez les jeunes gens, il produit la scarlatine ; à un âge plus avancé, il engendre la fièvre typhoTde; chez les accouchées, il donne, lieu à la fièvre puerpérale.

(1) Voyez Walker. Naissance dans une maison infectée de fièvre scar* latine; pas de hèvre puerpérale. Brit med. Joum. 10 janvier 18S0.

Voyez de plus Th. de Lesage, Paris, 1878.

(2) Voyez Th. Dolan. Traitement de la septicémie puerpérale. The Obsiet. joum. of. Gr. Britain aiid Irel., n« 68, 1878, novembre p. 465.

Bar. 11

dans le service de Cari BrauD, par exemple, où la plus grande latitude est laissée aux médecins, un moyen très simple et fort pratique permet de suivre pas à pas les cas de contagrion qui peuvent se produire. Tout étudiant qui pratique le toucher vagpinal chez une femme est obligé d'écrire son nom sur la pancarte placée à la tête du lit. On peut souvent reconnaître ainsi l'origine des cas d'infection observés. Les étudiants qui paraissent coupables sont exclus du service pendant un certain temps.

Quant aux sages-femmes, on a multiplié lesbrochu res qui, sous une forme simple, leur font connaître les dangers auxquels elles exposent les femmes, quand elles visitent à la fois des accouchées malades et bien portantes. Dans un certain nombre de villes, à Dresde, etc.^ on a fait des règlements spéciaux à ce sujet (1).

(1) Voyez Roth. Sur la prophylaxie delà fièvre puerpérale. Bair. ârzU. InlelligenzbU, 1877, n» 7.

— Weisl. Die anliseptische Behandlung w&hrend des Wochenbelles ^ etc., besprochen tiir Hebammen. Prag., Grégr. et Daftel, 1878.

— Weber-Ebenhof. Das antiseptiscbe Verfahren in der Geburtshûlfe. Ein Leitfaden fur GeburUbelferinnea und Belehrung fur Frauen. Prag. Fr. A. Urbanek, 1880.

— BAhr. Untersnchungen ûber die Haufigkeit des Todes im Wocheobeth in Preussea. IhreUrsachen und ihre Consequenzen fur die SaniULlspolizei. Bericbt, erslatlet im Auftrag der Puerperalfieber Conimissiou der Gesell^chaft fur Geburtsh, und Gynakologie in Berlin. Stuttgart, F. Enke, 1878.

— Winckel (Dresden). DieThàtigkeil der Geburthshelferund Hebam* men des Kônigretschs Sachsen im Jahre 1878. Das Vorkommen des Puerpéral fîebers in den Medicinalbezirken Sachsens, nebst Vorschl&geu zur Verhûlung und gegen Verbreitung des Kindbetiûebers in Priratwohnungen (mit9Tafein uni 1 Karle Sachsens.) Berichle und Sludien aus dem K. sftchs. Entbindungs und Gyn&k. Institut bd. III.

— Prof. Splondiin. Mesures prophylactiques prises par le GoDseil municipal de Riesbach, pour combattre la propagation de la fiÔTre

^ Dans d'autres villes, il est prescrit aux sages-femmes -^.de suspendre absolument leurs fonctions, dès qu'une de ^- leurs accouchées est atteinte desepticémiepuerpérale(l). a En Angpleterre, on est allé plus loin encore, et on a pouri: suivi devant les tribunaux une sage-femme, qui avait I communiqué la fièvre puerpérale à plusieurs desesmala- F des. Avertie par un chirurgien de s'abstenir de soigner I des femmes pendant deux ou trois mois, elle passa outre, r D'autres femmes succombèrent. Malgré les avis d'un autre chirurgien, elle persista à pratiquer les accouchements. Un nouveau décès s'étant produit, elle fut accusée d'homicide par imprudence,et condamnée à six mois de prison par les assises de Salford (2). Sans aller à réclamer contre les sages-femmes, des peines contre ce nouveau délit qu'on pourrait appeler « rhomicide par infection », il nous semblerait bon d*imiter ce qui se fait en Allemagne; de répéter et de répéter sans cesse

puerpérale. Société médicale de Zurich, 3 avril. Correspond. Bl. fur schweiz. Aerste 15 octobre n^ 20, p. 588, 1875.

— H. FehIiag.Uberdea praktischen Werthund Modus desDesinfektions Verfabrens in der geburtshilQichen Praxis, speciell der Hebam« men.Jahresbericht derstuttgarterEntbindungsanstalt. Wurtemb.med. Korrespondensblatt 1880.

(2) Voyez Ahlfeld (Leipzig). Was bat die Zsitweise suspension der Hebammen als Propbylaktikum der Puerperalerkrankungen fur eine Bedeutung? Cent, fur Gyn. 1880, p. 374.

— Winckel. Instruction ftir die Hebammen zur VerhUtung des Kindbettfiebers, i*' avril 1880, paragr. 10. «Si une malade vient àsuccomber dans la clientèle d'une sage-femme, ou bien si cette dernière a, dans sa pratique, une ou plusieurs femmes atteintes de septicémie puerpérale, elle doit rester 14 jours sans entreprendre aucun accouchement ; pendant ce temps, elle doit se désinfecter,eii chang^^ant de vêtements et en se lavant de 1 à 2 fois par jour les mains et les avant-bras avec une solution phéoiquée à 5 "/o. Il lui faudra surtout user avec le plus grand soin d*une brosse à ongles.

(3) The obst. journ., mai 1875, page 93.

aux sag*es*femmes Timportance des mesures qui leur seraient prescrites.

Les vôlements, surtout ceux de drap, sont particulièrement aptes à fixer et à retenir les germes avec lesquels ils ont été en contact. Une méthode excellente, appliquée dans certaines maternités de Tétrang^r et dans celle de Paris« prescrit à toutes les personnes appelées à à soigner les malades, de se vêtir de blouses de toile, vêtement sur lequel la moindre tache devient très apparente, et qu'il est facile de désinfecter rapidement. Dans certains cas, on exi^e que tout individu suspect passe, avant de pénétrer dans les salles de malades, dans une sorte de chambre désinfectante. C'est là une pratique suivie à la Maternité de Gopenhag'ue avec une grande riffueur(l).

(i}Stadfelclt, M. D. Les maternités, leur organisation et administration. Copenhague, 1876. • Car il faut dire que je veille rigoureusement à ce qu'aucune élève sage-femme ne passe immédiatement du service de la section des accouchées à celui de la section des parturientes; c'est pourquoi elles ont toujours un congé de 3 à 4 jours, pour être désinfectées et pour ayoir un bain. Si leurs nccouchées ont été malades, les élè?es» pendant 8 à 15 jours, font partie de ce troisième groupe (groupe en congé). La dite désinfection radicale du personnel s'opère au moyen d'à cide sulfureux,dans une petite chambre deâtlnée aux fumigations.On y a pratiqué, à la fenêtre des canaux courts, d'une certaine largeur, qui admettent l'air, et qui peuvent se tirer sur la tète de la personne qui doit être désinfectée. Ensuite on développe de fortes vapeurs d'acide sulfureux, dans lesquels les élèves se tiennent pendant un quart d'heure, pour désinfecter leurs personnes et leurs habits, par les vapeurs. C'est là une mesure que j'apprécie beaucoup ; aussi la désinfection, au moyen d'acide, sulfureux, s'emploie-t elle beaucoup, tant par les médecins que par la sage-femme en chef de la maternité. >

Voyez encore: 0. Marchionneschi. — Lochiazione, Annali diOstëtricia, vol. III, p. 685 et vol. IV, p. 18.

L'auteur propose déplacer à l'entrée des maternités une antichambre, dans laquelle on devrait passer avant de pénétrer dans l'iiôpital, et où

, , Nous devons surtout insister sur rimportance de la désinfection des mains. Nous n'avons pas à démontrer , que c'est là, peut-être, le point capital de la méthode ^ antiseptique. Ce que nous avons dit sur les causes et le 7 mode de propag^alioii de la septicémie puerpérale, nous dispense d'insister sur son importance. On ne saurait assez répéter qu'avant tout examen, l'accoucheur ou la sag^e- femme doivent, qu'ils aient ou non examiné auparavant une iemme atteinte de septicémie puerpérale, savonner très soigneusement leurs mains et les laver une seconde fois dans un liquide antiseptique. Tous les accoucheurs sont d'accord pour prescrire aux élèves et aux sag^es-femmes de nettoyer avec le plus g^rand soin les ongles en se servant de brosses spéciales : c'est là un conseil donné avec juste raison, car les matières capables de retenir les germes, viennent très facilement s'accumuler dans les plis des ongles. Aussi , dans chaque service d'accouchement , doit-il y avoir des fontaines à eau froide et à eau chaude, et les élèves ne doivent-ils jamais redouter cet excès de propreté qui, seul, met à l'abri de la contagion ( I ).

Nous avons dit que l'accoucheur devait employer un liquide antiseptique. Nous ne pouvons songer à décrire ici tous les corps antiseptiques auxquels on a eu recours; du reste, nous sommes déjà entré dans'd'assez longs développements (voy. plus haut, p. 44) sur la va-

fonclionnerait incessamment un pulvérisateur puissant chargé d*une solution phéniquée à 3"* .

(I) Nous ne pouvons nous empêcher de signaler ici l'organisation do la Maternité de Pra;,'ue, qui est parfaite à cet égard.

Consultez Dvorak. Observation importante sur la clinique d^accouchement des sages femmes du professeur Weber Ritter von Ebcnhof du l«r mai 1878 au 30 avril avril 1879. Casopis ceskych lekarsi, 1879.

leur des difFérents antiseptiques, pour que nous n'ayons pas à insister long'uement sur ee point. Le plus souvent ou a recours à des solutions phéniquées, dont le titre varie entre 2,3 et 5 0/0.

Nous avons montré tous les inconvénients qui résultent de Temploi de Tacide phénique. Nous n'y reviendrons pas.

Les solutions boriquées, l'essence de js^aultheria, et surtout les solutions de sublimé V^O^^i pourront lui être substituées avec avantage.

Ces précautions doivent être ég^alement prises dans la pratique particulière de chaque médecin. Pour enlever aux sag^es-femmes tout prétexte de ne pas appliquer la méthode antiseptique, il est certaines villes allemandes où ces dernières sont désintéressées complètement des sommes qu'elles doivent dépenser pour se procurer les antiseptiques nécessaires (1).

Des mesures antiseptiques très sérieuses seront prises pour la désinfection des instruments dont on devra se servir dans les opérations obstétricales. Nous les indiquerons plus loin.

(1) Vojez sur ce point. D' Reinstaedler, Vorschlage zur EiofÛbrang der obligatorischen Antisepsis fur die Hebammen (Vierteljahresberîcbt fûrgerichtlicbe Medicia und offentl cbe Sanitalswesen voq H. Eulenberg, octobre 1882, t. XXXV, p. 323).

Nous avons vu plus haut (page 120) que des mesures analogues ont été prises à Paris.

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