II
il!
ri
i i! avec une forme variable en rapport avec son ftg^ et sa
virulence.
; Il ;î . Il y a donc lieu de se demander s'il n'y a pas une pa-
rente possible entre les vibrions septiques proprement dits et ces microbes mal carctérisés dont nous parlons. N'est-il pas permis de supposer que dans certaines circonstances ils sont susceptibles de se transformer les uns dans les autres ; que septiques dans le corps mort, j îi après une série de ^générations successives, ils peuvent
être restitués à l'atmosphère à l'état de microbes vulgaires el sans action, mais susceptibles dans certaines conditions de milieu, de retrouver toute leur action
I I nocive.
Si nous ne voulons tenir compte que des faits réels sedég'ageant d'expériences incontestables, nous pouvons préciser de la manière suivante les résultats que nous avons obtenus :
Â. Les accidents infectieux observés à la suite des plaies sont dus à des germes.
B. L'infection des blessés se présente avec des formes cliniques variées qui ont amené les auteurs à la décrire sous des noms différents : sqpticémie^ infection putride^ infectionpurulentem
C. Cette division, juste au double point de vue ana-* tomique et clinique^ est-ellc fondée, si on ne tient compte que de la pathogénie ?
Ici nous ne savons qu'une chose, c*est que les germes retrouvés <lans les cas d'infection des blessés, capables de produire Tinfection, se présentent avec |des formes variées, et semblent doués de propriétés vitales différentes.
Deux formes ont été isolées et décrites ; tune produit le pus ^ F autre la septicémie. Mais ne peut-on concevoir la purulenrso sans le vibrion pyogénique, la septicémie sans le vibrion septique ; ou, en d'autres termes, la purulence est-elle un phénomène toujours identique à luiniême; la septicémie est-elle une ?Nous ne pouvons que faire des hypothèses sur ces points. Mais nous en savons assez pour justifier r application de la méthode antiseptique si nous avons le droit de considérer comme étant incontestable que sans germes venus du dehors il ne peut y avoir d^infec^ tion purulente^putride ou septique.
Aussi devons nous montrer que les objections faites à cette doctrine no peuvent l'ébranler.
On peut classer ces objections sous trois chefs.
Les miorobei Tiennent de rbrganisme malade >tnon de reztérienr;9i sont fonnés par les tissus modifiés d'une certaine manière ; en v mot, ils procèdent par voie d'organisation croissante de la grannlitien élémentaire qui entre dans la composition de tonte ceDsk organisée.
G*est la doctrine soutenue parBéchamp. Elle estlon- (puement exposée dans le livre que ce savant vient de publier (1). Lemicrozyma est dans le corps vivant le germe de toute métamorphose microbienne ; il évolue en bactérie, en vibrion, etc., et il est leproduit de ce vice d'évolution eng^endré par la maladie qui, elle^ naît spontanément dans l'organisme et par Torganisme.
On ne saurait nierque cette théorie ne soit une transformation de celle soutenue autrefois par Chauffard, et dont elle porte nettement l'empreinte, « C'est lui (le blessé) qui fait le pus, et quand la suractivité pyog^ nique du blessé est déviée de son évolution normale, il arrive que la partie saine de l'organisme est entratnée dans ce tourbillon et plus rien de sain ne résiste. De même qu'à un moment donné le cancéreux devient tout cancer, de même le blessé pyogénique peut devenir tout pus. La pyohémie est créée (2). w
Cent fois les conclusions de Béchamp ont été combattues. Cent fois à travers des faits bien observés on a montré où était l'ereur, le vice d'interprétation. Mais
(1) Béchamp. Des microzymas. Paris, 1883.
^2) Chauffard. Acad. de méd., 1869.
que dire d'une théorie qui admet à priori que Tovule non fécondé renferme lui-même les microzymas*f^ermes de toutes les formes de sebyzomycètes connus ? La bactérie, le vibrion, le baoillus, les microbes filamenteux, ne sont plus des végétaux, ce sont des f*roduit8 de transformation de la cellule animale.
Hâtons-nous ce dire que jamais un organisiib sain
ou UNE PARTIE d'uN ORGANISME SAIN n'a PRODUIT UN MI- CROBE.
L'urine, le sang, la chair, mis à Tabri des g^ermesne subissent point d'altération , ne contiennent jamais d'êtres vivants susceptibles de reproduction dans des milieux appropriés.
Cette théorie du microzyma, que personnellement nous considérons comme fausse, en nous basant sur les innombrables débats contradictoires qui l'ont renversée toujours et sous toutes ses formes, en est encore à fournir un argument reposant sur le moindre fait rigoureux d'expérimentation. La conclusion de Flourens, que nous avons déjà citée, lui est parfaitement appli-^ cable.
Los microbes n'ont àncnne action ; ils sont nn épipbénomône de la maladie. Tont est dans la qualité dn terrain qniles reçoit; dans rétat de santé on de maladie. Sain, rorganisme résiste. Malade, il se laisse onvahir par les microbes qui sont partent, dans Tair, Fean, les aliments, les voies digestiveset respiratoires ; mais leur présence est nn effet, non nne cause.
a On s*effraye beaucoup trop du vibrion, du germe du vibrion, particulièrement en ce qui a trait aux acci-
stt. '■
dents septiques réalisables dans l'économie* Au lieode se réduire à une chasse au vibrion, la thérapeutique doit viser d'abord à mettre ou à remettre rorgaoisiw et chacune de ses parties dans de bonnes conditiousde vitalité et de résistance. C*est le trauoiatisme, c'est la plaie, c'est la lésion enQn qu'il faut traiter avant tout, parce que c'est dans Torg^ane nialade que se préparent
I ^ au moins en g*rande partie les produits septiques dont
l'action devient si souvent funeste. » (Colin).
Ce raisonnement n*est que spécieux. Sans doute trouver un organisme dans le sang d'un individu pyohémi*
^ I: que ne sig^nifie pas g^rand'chose. Mais prendre une
goutte de ce sang, l'introduire dans un liquide inerte,
'^ du bouillon par exemple, préalablement rendu stérile
i'I et pur de tout germe vivant, g*râce à une méthode dont
•;| la rigueur a résisté à la critique la plus acharnée; re-
prendre un vingtième de goutte dans ce premier liquide, dans lequel on aura reconnu manifestement la multiplication de l'organisme contenu dans le sang, l'ensemencer dans un nouveau vase à culture ; répéter cela, dix, vingt fois, à volonté, en ayant parfois la liberté de varier le liquide stérilisé qui sert de milieu nutritif à l'organisme, et trouver dans le vingtième vase un liquide aussi virulent, aussi actif que l'était la première g'outte de sang, et reproduire la pyohémie par l'inoculation de quelques gouttes à un animal ; cela n'est-il pas autrement démonstratif qu'une simple hypothèse 7 Certes nous ne nions pas que les conditions de vitalité et de résistance de l'organisme ne soient des plus importantes. L'inégalité d'action du même germe inoculé à des animaux différents nous le donne à penser. Les travaux récents sur le traumatisme infectieux et les
lin'
■li
méthodes d'atténuation le prouvent mais qu*est cela sans le germe? Vous dites que le microbe est engendré, ou que son apparition est le résultat de Tinfection... Vous ne le prouvez point.
Nous disons, nous, que le microbe produit rinfection là où il trouve les éléments propres à son développement, que c'est bien le germe qui agit et non autre chose. Nous le prouvons, et nous vous rappelons cette comparaison éloquente de Pasteur: « Par douze cultures, chacune de dix centimètres cubes seulement, la g^outte originelle est diluée autant que si elle Tavait'été dans un volume liquide égal au volume de la terre. »
Il dit ailleurs, à propos du charbon : « il fallait, par des cultures cent fois répétées de la bactéridie, puriGer celle-ci à tel point qu'il devint impossible de supposer qu'elle eût conservé quoi que ce soit de la gi)utte de sang microscopique qui avait servi de point de départ aux cultures... Sil'on suppose que la goutte de semence pour chaque culture est délayée dans cent fois son vo« lume, ce qui est infiniment au-dessous de la vérité, la goutte de sang prélevée à l'origine se trouve à la fin diluéedans un nombre de gouttes représenté par le nombre 100, élevé à la centième puissance, c'est-à-dire par l'unité suivie de deux cents zéros.
11 n'est pas possible d'admettre que la goutte liquide delà centième culture contienne encore trace du prétendu agent virulent soluble qu'on suppose exister dans la goutte de sang originelle.
Les microbes n'agissent pas directemment sur les tissus on snr le siai; ils n'agissent qne par rintermédiaire des produits septiqiies sdallii qn*ils labriqnent ans dépens de ces mêmes tissus.
Il s'agît ici d'une objection spéciale à raction de la putréfaction.
Cette objection repose sur les expériences de Panum (1). Cet auteur, expérimentant avec des liquidés obtenus par la macération et la putréraclion de lam« beaux musculaires, a vu que le liquide filtré, soumis à une ébullition prolongée ou à l'action d'alcool absolu, était toxique, par conséquent, qu'il était impossible d'accuser des organismes vivants, mais bien plutôt la présence d'un poison soluble dans l'eau, poison isolé parZuelzer (2) et qui, introduit dans Téconomie, donnerait lieu à une intoxication, complètement assimilable au point de vue clinique et de son mécanisme à Tempoisonnement par les alcaloïdes •
Ces expériences ont reçu un nouvel appui dans les découvertes de Selmi(3) et de Gauthier (4), sur les ptomalnes.
La décomposition des matières organiques produirait donc des substances toxiques, hors et avant la pré-
(1) Panum. Arch. f. path. anat. und phys., 1. 1, p. 348.
(2) Zuelzer. BerL Klin. Woch. 1874.
(3) Selmi. Virchow's Archiv., t. LXXIX, p. 563.
(4) Gauthier. Ac. méd, 1882-1883.
sence des vibrions septiques, aussi bien qu'après la destruction de ces mômes vibrions.
II est incontestable que dans la putréfaction il se produit des alcaloïdes, sepsine, etc., par un mécanisme analogue à celui qui amène la production de Tacide acétique dans la fermentation alcoolique, mais son poids est extrêmement faible ^ et d'autre part, d'après les nouveaux travaux de Berg*mann (3) et de Panum, la sepsine, comme toutes les ptomalnes, ne se produirait que par le fait de la vie des microbes. Peut-être même faut-il chercher dans la variété de ces microbes la cause des variétés observées dans ces alcaloïdes.
Nous n'entrerons donc pas ici dans une discussion afin de savoir si la septicémie vraie est le résultat de l'action de ces poisons, et s'il faut réserver le nom d'infection purulente aux phénomènes pathologiques produits par les microbes. Nous ne retiendrons que ce fait: si les recherches chimiques sont vraies, on ne peut admettre le poison sep tique sans F intervention des microbes^ et la doctrine pastorienne reste inatlaquée.
Somme toute, on peut dire pour terminer ce quiatraità la question de l'infection des plaies, que selon l'avis des auteurs les plus autorisés, la théorie pastorienne est vraie en soi, et que les conclusions générales résultant de l'expérimentation restent inébranlables.
Les microbes sont les agents nécessaires de la pyohémieet de la septicémie, et en leur absence on n'a jamais déterminé artiflciellement Tune ou l'autre de ces mala-
(1) Bergmann. Allgemeine Cbinirgie Ton Haeter, p. 543.
dies. Quant aux formes mixtes (septico-^pyohémies), et aux variétés moins nettement dessinées ; quant k la question de savoir sUl n'y a qu'un microbe du pus, si lt9 microbe seplique peut en même temps que la septicémie déterminer la pyohémie, s'il est nécessaire de deax organismes, si l'un est une forme atténuée de TaulR» si la putréfaction peut engendrer des germes de virulence variable, l'avenir nous réserve apparemment des solutions précises, mais il serait prématuré de trancher le différend. Appliquons maintenant ces notions à l'élude de rinfecliondesacœuchéesy et vérifions, s*il est possible, le plus ou moins de concordance de résultats cliniques et expérimentaux.
INFECTION PUERPÉRALB.
Persuadés que les voies génitales étaient l'unique porte d'entrée du poison septique, les expérimentateurs se préoccupaient tout d'abord de l'élude des lochies altérées, espérant pouvoir ainsi déterminer la cause de l'infection des femmes en couches. Dès 1857 M. Tarnier avait démontré le caractère contagieux de la fièvre puerpérale en inoculant à des animaux du pus recueilli sur une femme morte de septicémie. Mais son expérience resta presque isolée jusqu'à ce que la découverte des germes eut rappelé l'alten lion sur ce sujet et permis de donner plus de précision à ces recherches. Tandis qu'en 1870, Mayrhofer (1) démontrait l'existence de micro^orgaoismes dans les écoulements
(1) Mayrhofer. Cité par Wiuckel.
B putrides des accouchées; qu'en 1872, Beckling^baiw E sen (1), Waldeyer (2), les retrouvaient dans les liquides internes des malades mortes pendant les suites de cou* [ ches, d'Espine(3)t Quinquaud (4) inoculaient à des animaux les lochies fétides de femmes malades et dé* terminaient chez eux des empoisonnements sepliques ; Orth (5), en 1 873, retrouve dans le pus des femmes mortes de péritonite un micrococcus qu'il s'attache à donner comme spéci6que de l'infection puerpérale. Par quelques expériences, il démontre la virulence des li* quides recueillis à Tautopsie très peu de temps après la mort.
Ajoutons les recherches de Klebs (6), Tiegel (7), Hiller (8), Heiberg(9), de Haussmann (10), de Spillmann (11\ Kherer(12), Rokitanski (13), Hugh Miller (14), elc., et nous aurons le bilan des découvertes acquises jusqu'en
Il est possible de les résumer en une courte formule générale.
Les lochies des femmes affectées de (lèvre et des sym*
(1) Recklinghausen. Cité par Winclcel, Thérapeutique des suites de couches, 1873.
(2) Waldeyer. Id.
(3)D*E8piQe. Th. Paris, 1872.
(4) Quinquaud. Tb. Paris, 1872.
(5) Orth. Arch. f. path. anat., 1873.
(6; Kiebs. Arch. f. exp. path., t. I, p. 35, t. III, p. 319, t. IV, p. 241.
(7) Tiegel. Correspond. Bl. f. Schw. Aerzte, 1871.
(8) Hiller. Arch. f. Klin. Chirurgie, t. XVIU
(9) Heiberg. Virch. Arch., t. CVI. — Berliner Klin. Woch. 1877.
(10) Haussmann. Centrallblatt, 1874.
(11) Spillmann. Soc. mëd. de Nancy, 1874.
(12) Kherer. — Qiessen, 1878.
(13) Rokitanski. Stricker*s Jahrbuchem, 1874.
(14) Hugh Miller. EdJmb. Mcd. joum., 1878.
ptômes ordinaires de rinfection septico-pyohémiqaeâ deà degrés divers contieDnent des org^anismes vivants.
Les liquides recueillis à Taulopsie révèlent Tenyahissement des parties profondes de i'écoDomie par des micro -organismes. Leur forme est celle de micrococco! ou de bactéries cylindriques. L'injection expérimenté des liquides et des lochies reproduit fréquemment Fiifectioo.
Nous pouvons préciser Tétat de la aeieuce àcelk époque en disant que la présence de micro organisme dans les lochies fétides ne prouvait pas g*rand'chosfi, puisque déjà un certain nombre d'auteurs avaient remarqué, fait qui depuis a étévéri6éun trèsg*rand nombre de fois, que même dans le casoili les femmes élaieiH bien portantes, les lochies fétides ou non pouvaient contenir des vibrions. C'est là du reste un pnénomèDe banaU puisque M. Gosselin, a montré que, malgré le pansement ouaté, on pouvait au niveau des plaies, démontrer la présence de proto- organismes sans qu-il en puisse résulter le moindre danger pour les malades.
La seule expérience qui puisse paraître concluante est celle qui consistait à inoculer à des animaux de ces lochies chargées de vibrions et à voir des accidents infectieux se produire. Mais on inoculait ainsi tous les éléments contenus daiis ce liquide sans qu'il fût possible de préciser la part d'influence qui revenait à chacun d'eux.
En 1879 et en 1880, Pasteur (1) vint sanclionner, par la rig^ueur de sa méthode, ces recherches à peine ébauchées. Il isola le cofpus delicti.
(1) Pasteur. Bulletin Ac. méd., 1819.
f Dans les lochies putrides, il constata la présence des
58 organismes, m icrococcus, vibrions et bactéries apportés
i\ par Tair, au contact des plaies génitales. Dans le sang
j; des malades, il découvrit, dans un certain nombre de
f cas, un microbe en chapelet. Dans le pus que renfermait
g le péritoine des femmes mortes d'infection puerpérale,
I dans les lymphatiques, dans les veines il retrouva son
microbe en chapelet, tantôt seul, tantôt associé à des
bactéries ou au microbe pyohémique. Ces recherches
faites sur des liquides recueillis a l'autopsie, moins con«
cluantes que la recherche des micrococcus contenus
dans le sang pendant la vie, n'en sont pas moins fort
intéressantes. Du reste, Tépreuve de la culture permit
d'isoler les chapelets du sang à l'état de pureté.
Bien que l'organisme en chapelet découvert par Pasteur dans le sang et le pus, celui auquel il avait une tendance à accorder le principal rôle et dont il s'est attaché à préciser la forme, se rencontre souvent, très souvent même; il n'est pas le seul. D'ailleurs la clinique ne s'accorderait pas avec les faits d'expérimentation s'il en était autrement.
Tel était l'état delà question quand parut, en 1880, la thèse inaugurale de notre excellent ami le D' Doléris, qui, après avoir contribué au travail de M. Pasteur, fit faire un grand pas à la question par ses re-r cherches originales. Gomme il fallait s'y attendre, l'auteur s'est assuré, eu multipliant ces recherches sur des types d'infection nombreux et différents, que les microbes susceptibles de pénétrer dans les voies génitales des femmes accouchées sont de forme, de quantité et de qualité variables. Gomme Pasteur, il a isolé l'orga^ nicme en chapelet trouvé dans le sang et les lymphati-
ques. Il a isolé ég^alement le aiicrococcus pyogéQii|K,| et, dans un cas, il a rencontré, une heure après lamil une forme de bacîllus septique dans le sang d'une iu-| lade, qui succomba à une infection rapide*
Essayant de grouper les variétés de microbes dVl près leur aspect extérieur, en les rapportant aux type cliniques les mieux déOnis : forme su ppurative (Ijfr phangique), forme pyohémiqne(phlébitique), formese^ tique rapide, il en a déterminé trois espèces : IMen» crococcus en points (diplococcus, mooococcus, groupes, chaînettes) ; ^ le microbe en longs chapelets de graios (celui de Pasteur); S"" le bacille septique en fils etei longs bâtonnets. Â la première espèce, il rapporte la pyohémie lente; à la seconde, les suppurations rapiiks dans les séreuses ; à la troisième, la septicémie saoî suppuration ou avec très peu de pus, mais à marche toujours prompte et à terminaison fatale.
Dans cet essai, Doléris a choisi pour sa division les formes cliniques vraiment typiques, celles qui dessinent des catégories distinctes ; mais il en est de mixtes, de plus complexes qui apparaissent, dès que Jes organismes se rencontrent associés. Gomme en clinique, d'ail* leurs, où les formes se compliquent, se confondent, la lumière n'est pas absolument faite sur le rôle de chaque variétés de microbes dans la genèse de Tinfeclion.
Avec Klebs et Koch (1), cependant, il établit une différence assez tranchée entre Tinfection dWig^îne bacillaire et celle qui est due au micrococcus et ^\xx formes d'organismes qni en dérivent.
(1) Koch. Leipzig, 1878. Recherches sur i'étiologio des mal. infect, traumatiqucs.
L*expérimentation sur les animaux a donné souvent, mais non constamment, des résultats positifs. Hiller a obtenu fréquemment des résultats négatifs, mais il est le seul, et il faut, en pareille matière, tenir compte des conditions où se placent les expérimentateurs. Ortht Waldeyer, d*Espine, Quinquaud, Pasteur, Koch, KlebSt Doléris, etc., ont réussi à produire le plus souvent l'infection, avec la reproduction exacte de ses lésions et de ses symptômes. On ne saurait demander davantage, et force nous est de nous appuyer sur des faits positivement établis.
Nous retrouverons, du reste, ici tous les problèmes que nous avons bignalés quand nous avons étudié le rôle des germes dans Tinfection des blessés.
La question des différences de forme des org*anismes n'est pas encore tranchée, et moins encore celle de leur influence sur ia genèse des septicémies. Ëst-il permis de spécialiser l'action d*après la forme ? La forme dépend-elle uniquement de la nature même du microbe ou du milieu dans lequel il se cultive.^ la suppura? tien n'est-elle qu'une forme atténuée de la septicémie, et la pyohémie ne nous représente-t-elle que la réalisation de la pénétration avec séjour prolongé du microbe dans le sang? Doléris, pas plus que ses prédécesseurs, n'a pu résoudre ces questions. S'il fallait en croire Samuel (1), le sang ne serait jamais qu'un lieu de séjour temporaire pour les agents infectieux ; l'intestin, les glandes, le rein surtout seraient leur porte de sortie ordinaire. C'est là, du reste, une idée en harmonie avec ce qui se produit cliniquemeut.
(1) Samuel. Arch. f. Kxp. Palli., 1. 1, p. 343.
Bar. 3
Il semble qu'à chaque frisson doive correspondre aoe nouvelle iromig^ration de microbes. Elle explique aussi que Ton ne trouve pas toujours des micro-org^anismes dans la gpoutte de sang obtenue par une simple piqûre à la peau. D'autre part, les recherches de Bouchard (1), celle plus récentes de Gapitan (2), comme celles plos anciennes de Klebs, ne permettent point de douter que les microbes s'éliminent^ en effet, par le rein. Le saog ne serait donc définitivement atteint, la pyohémie établie, qu'à condition qu'il existât un foyer d'approvisionnement d'où les microbes immigreraient perpétuellement vers le milieu sang'uiu. Dans ces conditions un examen attentif et répété du sang^ permet toujours de les reconnaître.
Mais laissons de côté toutes ces questions en litige et n'acceptons comme démontrées que les proposiUoDS qui reposent sur des expériences incontestées et incontestables.
Après l'accouchement, Tutérus peut contenir des tissus morts (débris placentaires), des liquides charge de matières or^niques, caillots.
Ces substances sont susceptibles de se putréfier.
Or, il ne peut y avoir putréfaction (au seul sens scienfîQque de ce mot que nous puissions accepter aujourd'hui) sans l'ai^tion de microbes venus des milieux am« biants.
Ces microbes sont de forme et de qualité très diffé* rentes. - -
(1) Bouchard. Revue de méd., 1881
(2) Capitan. Th. Thèse Paris, 1883.
— SS- II en est d'inoffensifs, il en est d*excessivement viru* lents.
Quand la putréfaction se fait ainsi, les lochies prennent le caractère fétide absolument comme il s'exhale une odeur fétide des matières animales qui, à l'air libre^ subissent cette fermentation spéciale qui a reçu le nom de putréfaction.
Les lochies, dans le cas que nous étudions, non seulement sont fétides, mais encore contiennent des microbes absolument comme un liquide ayant servi à laver un morceau de muscle se putréfiant contiendrait des microbes.
Parmi les micro-organismes contenus ainsi dans les lochies, il en est qui, cultivés, isolés, peuvent être inoculés, et.sont alors capables de reproduire sur les animaux réactifs des accidents infectieux.
Voilà un premier point établi. Dans ce cas, la fétidité des lochies est le premier signe qui attire notre atten^ tion. Les micro- organismes virulents en contact avec le plaie utérine vont pouvoir pénétrer dans l'organisme et là produire des accidents multiples (phénomènes généraux, abcès métastatiques, etc.).
Mais pour que tout cet enchaînement de phénomènes puisse se produire il faut, répétons-le, qu'il y ait tout d'abord action des microbes venus de l'extérieur sur les tissus morts contenus dans l'utérus.
Cette seule conclusion nous suffit.
Disons enfin que» dans un certain nombre de cas, l'infection puerpérale se rapproche encore plus de l'infection des blessés, car il semble qu'il y ait eu action directe sur la plaie de microbes venus de l'extérieur. Dans ces cas, la fétidité des lochies peut manquer, les sym-
ptômes généraux sont les premiers sig^nes de finfection.
Ne prolongeons donc pas celte discussioD.LaissaDlde côté toutes les questions de doctrine, les finesses d'expérimentation, n'examinant pas s'il y a oui ou non an microbe puerpéral (Chauveau, Lyon médical^ 1883, ■ y nous pouvons dire : multiple ou unique dans son essenct, bien que d'une morphologie tariablcy le microbe est nimsa ire pour que F infection se produise chez la femme en cmckes.
Il y a analogie étroite, sinon identité, entre l'infection des plaies des blessés et l'infection des plajes des accouchées, entre la ou les septicémies chirurgicales et/tf ou les septicémies obstétricales. Sur cette notion formelle nous établirons la définition rationnelle de la contaeion de lepidémicité et de l'encombrement. Elle nous fournira les données fondamentales de Tantisepsie obstétricale proprement dite.
Au début de ce chapitre, nous avons reconnu que l'accouchée était exposée au coniage extérieur par d'au* très voies que la plaie; que le poumon, Tintestin, la peau même pouvaient être la porte d'entrée des principes morbigènes... Ge sont là des hypothèses sans démonstration rigoureuse en ce qui concerne la plupart des maladies dites miasmatiques, les fièvres appelées plus ou moins justement fièvres sepliques; mais l'opinion générale étant très disposée à se rallier ici a la théorie parasitaire, nous ne voulons pas nous élever contre une idée fort en harmonie d'ailleurs avec l'observation et le raisonnement. — Nous ne doutons certes
aucunement des septicémies d'origpine intestinale et nous croyons volontiers que dans le milieu nosocomiaf^ ce mécanisme d'infection doit être plus fréquent qu'on ne le pense généralement. Nous tendons à admettre cette explication sans preuves absolues, car il a été impossible jusqu'ici de suivre, dans les cas dont nous parlons, étape par étape, la pénétration et la marche du poison dans l'organisme.
Une discussion sur ce fait est encore inabordable et il n'entre pas dans notre plan d*en pénétrer les détails. Sur un terrain aussi peu solide nous risquerions de nous égarer.
Mais en acceptant cette infection interne comme réelle, nous pouvons mieux apprécier la nature et la pathogénie de certaines septicémies apparues chez les femmes nouvellement accouchées, malgré une antisepsie locale sévère. Les changements qui surviennent en pareille circonstance au niveau de la plaie, quels sont-ils? Les modifications des lochies, quelles sont-elles? La chose est encore à déterminer. Mais on peut accepter que la putréfaction accompagnée de fétidité au niveau de la plaie utérine n'est nullement indispensable dans ce cas pour comprendre les lésions susceptibles de se produire. En effet, la péritonite, la métrite, la lymphangite, la phlébite, la pleurésie ou les arthrites peuvent apparaître comme ils apparaissent dans les maladies infectieuses générales, scarlatine, fièvre typhoïde, pneumonie seplique, etc. On comprend que les régions génito-pelviennes soient les premières affectées puisque elles offrent moins de résistance et que les violences récemment subies les désignent de suite à l'action du poison intérieur. Cette doctrine médicale appuyée par
les idées d'un g^nd nombre de chirurgiens et d'expérimentateurs (VerneuiU fiillroth, Chauveau, Bouchvi etc.), nous fournira matière à un deuxième g^nred'ifr tisepsie dont l'objectif sera non plus ia plaie ^ mais ks voies digestives et respiratoires^ tair et les infesta.
On le voity nous n'admettons que rhétéro-infectioD nous n'acceptons dans aucun cas rauto-infection; car on ne peut considérer comme telle Tinfeelion interm que nous venons de décrire. Dans cette dernière, b cause des accidents doit être cherchée au dehors, dans les ingesta, et peut-être dans Tair.
Gr&ce à la théorie pastorienne, nous pouvons comprendre d*une manière nette et précise ce qu'il faut entendre par infection puerpérale. Nous n'avons plus besoin de faire appel à la doctrine de la fièvre puerpérale, et toutes les discussions qui ont eu lieu sur œ sujet ne paraissent plus avoir qu'un intérêt historique devant les faits que nous venons de rapporter^ et qui nous permettent de préciser le mode de propagpation des accidents infectieux. L'infection puerpérale est contafl^ieuse, et le contage est un élément fig^uré^ saisissable, ayant pour supports, soit les différents corps solides qui peuvent élre mis en contact avec les plaies de la femme accouchée, soit peut-être aussi l'air et les aliments.
Nous montrerons plus loin comment les recherches de Davaine nous permettent aujourd'hui de préciser avec netteté ce qu'il faut entendre par épidémie, et que nous n'aurons plus besoin d'en chercher la cause avec StoU et les épidémiolog^istes du xvui* siècle dans les conditions variables de température, d'humidité ou de pression. Elles nous permettront aussi d'expliquer d'une manière scientifique les funestes effets de rencombrement,