IODE
Davaine (2) reg^arde l'iode comme le plus puissant des
(1) On trouvera plus loin la description exacte des procédés mis en pratique à la Matei'nité de Paris. — Voyez encore sur ce sujet Olivier, Annales de gynécologie, 1882.
(2) Davaine. Recherches relatives à Taction des substances aniiseptiques sur le virus de la septicémie (Gaz. niéd., 1874, p. 44. Note lue à la Société de biologie, iO janvier 1874).
■î intiseptiques. D'après les recherches de Miquel, il est
jn des plus importants. Déjà Boinet, en 1840, avait 'montré les bons résultats que pouvait donner l'iode appliqué localement, et Velpeau en faisait un agent important d'assainissetnent des plaies.
On pourrait peut-être recourir à la formule donnée par Réveil:
Eau 1000 gr.
Teinture d*iode. 6gr.
Cet auteur (1) a cité des cas de rétention du placenta dans lesquels les injections faites avec cette solution ont suffi pour détruire immédiatement l'odeur infecte qui existait auparavant.
Dans ces derniers temps, l'iode n'a pas été employé en obstétrique, du moins à notre connaissance : nous manquons de documents pour apprécier sa valeur exacte en thérapeutique, et pour dire si les injections vaginales ou utérines pratiquées avec des solutions iodées n'exposent pas les femmes à tous les dangers de riodisme. Nous n'insisterons donc pas sur ce corps.
De l'iode dérivent deux corps doués de propriétés intisepliques fort inégales. L'un, fiodure de potassium^ 3st très faible, et n'est pas employé en obstétrique ; l'autre, [.'lODOFORMB, est très en faveur depuis quelque temps, ^ous devons donc lui accorder une mention spéciale.
(1) Réveil. Arch. deméd., 1863.
DB l'iODOFOKMB.
Son emploi a été surtout préconisé en accouchems par Mann (1), qui l'applique sous la forme de ponip sur les plaies qui pendant l'accouchement peuventsà? produites au niveau de la vulve ou de la muqueuse Yif nale. Il est bon d'avoir préalablement pratiqué de lavages avec une solution phéniquée à 2 0/0. \m\ 24 cas où il a eu recours à cette méthode^ il n*a pasob-l serve le moindre accident, ce qu'il attribue à la puissance antiseptique de riodoforme. Il a surtout obteoi de bons résultats dans les cas où, avec ces plcdes, il y avait de l'œdème des faraudes lèvres : ces accidenb ont disparu rapidement (2).
L'iudoforme a été ég^alement employé dans le but de désinfecter l'utérus. C'est ainsi que Rehfeldl (3), dans un cas d'end ométri te putride, à la suite de Taccouchement, ne pouvant faire des irrig^ations permanentes de l'utérus, porta 5 g*r« d'iodoforme dans la cavité utérine après avoir fait une soigneuse injection phéniquée à 2 Yo* Les locbies reprirent de suite leur caractère normal ; le pouls et la température tombèrent; la g*uérison s'ensuivit.
Il est très difficile de porter un jug'ement déGnitif sur
(1) Mann. lodoform im Wocbenbett, Cent. f. Gyn., 1882, p. loi,
(2) Consulter 8urce point Schucking. Uber lodoform nachbehadluDg und permanente Irrigation. Cent. f. Qyn., 1882, p. 193.
— Kônig. Das lodoform als antisepUsches Verbandmittel. Centralblat fur chirurgie, 1881, n* 48.
(3) Rehfeldt. Zur Desinfektion des puerperalcn Ulcrus mittels lodoform. Berliner Klin Wochenscb» 1882, n« 9.
la valeur de riodororme en obstétrique. Nous savons seulement que, d'une manière générale, il agît avec une très grande lenteur (1). Il ne peut servir pour la désin» feclion des mains, des éponges, des instruments. 11 paraît surtout être indiqué dans le cas de plaies de la vulve ou de la paroi vaginale, plaies ayant mauvais aspect, mais assez peu étendues pour qu'il ne soit pas nécessaire (f avoir recours d de grandes quantités cTiodoforme. Il rendra surtout des services quand il s'agira de petites fistulettes ',, riodoforme dans ces cas, en activant la vitalité des tissus, hâtera la réparation.
Comme antiseptique, Tiodoforme s'emploie sous la forme de poudre, appliquée directement sur la plaie ou bien enrobée dans une mince couche de ouate. L'iodoforme s'incorpore avec la plus grande facilité à la vaseline. On peut ainsi l'employer sous une forme très comjnode.
On a fait une gaze iodoformée (2), dont voici le mode <le préparation. On fait dissoudre dans 1,200 gr. d'aïcx>ol à 98®, 60 gr. de colophane ; on y ajoute 50 gr. de glycérine; on trempe dans cette solution 6 mètres de ^aze. Lorsque le tissu retiré de c^tte solution n'est qu'à :»Doitié séché, on le saupoudre avec de l'iodoforme.
L'iodoforme présente un certain nombre d'inconvéinients. Il est très coûteux ; il présente une odeur très clésagréable ; maison peut se mettre à l'abri de cet in* oonvénient en y ajoutant de la fève Tonka. Le camphre, ajouté à la vaseline iodoformée, la rend inodore;
(t) Voyez à ce sujet MikuHcz. Zur lodoformbehandlung. GeDtralbiaU fur Chirurgie, 1882, ii« 1.
(2) Voyez Wœlfler. Centralblalt fur Chirurgie, 1881, n* 48.
Tbydrale de chioraU l'essence de rose, ressence de menthe agissent dans le même sens. Tous ces inconvénients ne seraient que de peu d'importance, et il y aurait lieu d'expérimenter d'une façon suivie cet agent antiseptique s'il ne constituait pas un moyen des plus dangereux. Kocher (1) ne rapporte pas moins de 24 cas d'empoisonnement par riodoForme. Bronstein (2), sur 60 cas traités par Tiodcforme, a observé 5 fois de l'intoxication.
Nous n'avons p£is à décrire ici les symptômes que l'on observe. Ils ont été étudiés d'une façon spéciale par Falkson (3), et les diurétiques, la digitale, qui sont les contre-poisons à employer, n'ont pas toujours été suffisants pour empêcher une terminaison fatale. Ces accidents, qui ont été observés entre les mains des plus prudents (4), doivent nous rendre défiants à Tégard de Tenthousiasme que montrent en Allemagne les chirurgiens pour riodoforme ; ils nous font penser que l'em-' ploi de cet antiseptique, dont nous ne contestons pas la valeur comme Bayer (5)^ ne se généralisera guère dans
(1) Kocher. Cenlralblalt fur Chirurgie, n«14, 1882.
— Voyez encore sur ce point Schede, lodoform Vergiflung. Centr. fur Chir., 1882, n® 3.
— Hoffmann. Centr. fiir Chir., n® 7.
— Kussner. Deusch med. Wochenschrift, 1882, n° 17.
— Zeller.Versucheùberdie Résorption deslodoforms. Centr. fiir Gyn., 1882, p. 891.
(2) J. Bronstein. Ein Fall von Harnverhailung unter Ëinfluss von lodoform. Saint-Pélersburger med. Vachenschrift, 1882.
(3) Falkson. Gefahren, Vorzuge und S.haltenseiten der lodoformwundbehandlung. V, Langenbeck's, Archiv., Bd XXVIII, 46 Hft. I.
(4) Voyez Mosetig Moorhors. lodoform Verband. Klinische Vorlragc, n<»211.
(5) Bayer. Cent f. Gyn., 1882, p. 153,
la pratique obstétricale française en dehors des cas que nous avons précisés.
CHLORB.
Le chlore est un puissant antiseptique, et pendant longptemps il a été presque seul employé. L'eau chlorée à saturation a été longptemps en usagée comme désinfectant des mains, des instruments, etc. Au point de vue pratique, cet antiseptique a été abandonné à cause de son instabilité, de son odeur fétide, et de son .emploi souvent difQcile. Mais il existe un certain nombre de dérivés du chlore, jouissant de propriétés antiseptiques x'éelles, et que nous devons tout au moins signaler.
Chlorurb db sodiu\i. — L'eau salée j ouit de propriétés <c^ntiseptiques réelles, bien que très faibles. Elle n'a pas, ue nous sachions, été expérimentée en obstétrique.
Chlorurb db cha^ux. — Le chlorure de chaux est un Knicrobicide des plus puissants. Le codex désig*ne sous 1« nom de chlorure de chaux liquide une solution ayant Isi formule suivante :
Chlorure de chaux sec • . 45 gr.
Eau 4500 gr.
Cet antiseptique, d*un prix fort peu élevé, est encore fréquemment employé aujourd'hui pour le lavage des chambres de malades et la désinfection des objets mobiliers qu'elles contiennent. Il nous présente un certain intérêt au point de vue obstétrical, car c'est à lui que
s'était adressé Semmelweiss quand, partisan convainca de la contagpiosilé de la fièvre puerpérale, il essayait de lutter contre la propagation de la maladie. On trouvera tous les détails de sa pratique non seulement dans son traité, mais encore dans la série de brochures qu'il a publiées pour défendre ses idées (1).