‹ Des méthodes dans les sciences de raisonnement (volume 2)Chapitre 10 sur 63 · CHAPITRE III. II · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. II

qu'on peut se créer cette volonté antérieure, et ainsi de suite indéfiniment.

Malheureusement tout ce qui est étrange et obscur séduit le vulgaire, et bien des questions logiquement absurdes ou au-dessus de l'intelligence humaine ont troublé des esprits faibles cherchant la vérité de bonne foi, s'obstinant à la découverte de l'impossible, et ne trouvant pour terme de leurs orgueilleuses rêveries que le désespoir ou la folie. Heureux les simples d'esprit qui ne cherchent pas à se figurer un être doué d'intelligence, dont les actions n'auraient aucun motif apprécié par lui, et qui se donnerait à luimême la volonté d'agir sans raison !

9. Désir. — Sans arriver à l'état de volonté, l'homme peut se sentir porté vers une certaine chose, et penser qu'elle lui procurerait du plaisir. S'il ne dépend pas de lui de l'obtenir, il ne passe pas à son égard à l'état de volonté, mais simplement de désir. Si la réalisation de son désir ne lui paraît pas impossible, il éprouve ce qu'on appelle espérance.

40. Instinct. — Il est aussi des actes produits par l'homme sans que son intelligence et sa volonté y soient pour rien, comme par exemple les mouvements des lèvres de l'enfant qui vient de naître, au moyen desquels il tire sa nourriture du sein de sa mère, et qu'il produit avant même qu'ils lui soient utiles. Tous les actes extérieurs qui, comme celui que nous venons de citer, concourent à la conservation de l'homme, et qu'il fait sans volonté, de quelque genre qu'ils soient, sont appelés instinctifs, et la faculté d'en produire de tels se nomme instinct.

Dans cette définition, il n'est question que d'actes extérieurs à l'homme j ainsi tout ce qui se passe dans l'intérieur de son corps, tous les actes produits par ses divers organes

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