‹ Des méthodes dans les sciences de raisonnement (volume 2)Chapitre 9 sur 63 · ÏO VOLONTÉ, INTENTION, BUT. LIBERTÉ, DÉSIR, INSTINCT · texte numérisé non relu

ÏO VOLONTÉ, INTENTION, BUT. LIBERTÉ, DÉSIR, INSTINCT

Ces diverses opérations se passent dans l'esprit de rhomme, ses appréciations dépendent de sa sagacité, de ses goûts, de ce qu'il est enfin; il a délibéré en tenant compte de tout, de ses sensations comme de ses sentiments, et il a agi conformément à sa délibération : et c'est cela que nous exprimerons en disant qu'en exécutant sa volonté il a agi librement. Ainsi nous entendons par liberté la propriété qu'a l'homme d'agir par des motifs appréciés par lui d'après la nature qui lui a été donnée, mais sans qu'aucune intervention étrangère influence les actes qui résulteront de cette nature, abandonnée à elle-même.

Cette notion si simple a été obscurcie par les subtilités des sophistes. Ils ont dit que l'homme n'était pas libre, parce que sa volonté était une conséquence forcée de l'action des objets extérieurs sur lui, et que, lors même qu'il délibère sur ces impressions, sa volonté est toujours déterminée par un motif qu'il n'a pas créé, ne fùt-il même qu'une fantaisie ou un caprice.

Est-ce donc à dire qu'ils ne reconnaissent de liberté que dans une volonté sans motifs, qui livrerait les actions des hommes au plus burlesque hasard? Nous serions bien heureux alors que le Créateur ne nous ait pas fait un don si funeste. Et si ce n'est pas là leur pensée, qu'ils disent ce qu'ils entendent par liberté 5 je crois pouvoir affirmer alors que, si leur définition n'accorde pas la liberté à l'homme, elle ne l'accordera pas à Dieu même.

Quelques défenseurs du libre arbitre ont répondu que l'homme n'avait pas besoin de motifs en dehors de lui pour avoir une volonté quelconque, et qu'il pouvait se la donner lui-même. Ils ne réfléchissaient pas que, pour se donner une volonté, il faudrait déjà l'avoir-, mais cela ne ferait d'ailleurs que reculer la difficulté, puisqu'il aurait fallu dire comment était venue la volonté de se créer la volonté en question ; et l'on tomberait dans la niaiserie en disant

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