‹ Des méthodes dans les sciences de raisonnement (volume 2)Chapitre 22 sur 63 · CHAPITRE VIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIH

Les actes des hommes ne pouvaient donc être déterminés par un principe régulier et fatal comme l'attraction : il fallait que chaque individu eût une connaissance suffisante (lu bien ou de la volonté de Dieu; et c'est ce qui lui a été donné par une révélation, qui ne manque à aucun homme. La connaissance ainsi acquise du bien et du mal est ce qu'on appelle la conscience .

La science du bien et du mal se nomme la morale. Elle dirige le sentiment qui pourrait quelquefois s'égarer.

La connaissance du bien, indispensable pour le faire, n'était pas suffisante, il fallait le faire aimer et faire haïr le mal : ce sentiment a été profondément imprimé dans Lous les hommes, et les plus dépravés ne peuvent parvenir à l'éteindre complètement en eux.

Dieu a donc voulu que l'homme éprouvât de la satisfaction à faire le bien, et c'est en cela principalement que consiste ce qu'on appelle sa bonté ; car il pouvait se faire obéir par la souffrance aussi bien que par le plaisir. Quant au mal, si l'on est souvent entraîné à le faire par un intérêt quelconque, le souvenir en est douloureux, et le coupable est puni parle remords.

24. L'homme, amené, tant par l'intelligence que par le sentiment, à la croyance à un Créateur, dont sa conscience lui indique la volonté générale, ne peut croire que ce Créateur ait voulu l'induire en des erreurs et des illusions perpétuelles. Ce sentiment est profondément gravé dans le cœur de tous les hommes 5 et, bien qu'ils se trompent quelquefois, ils ne doutent pas qu'un sentiment ou une croyance que tous les hommes ont partagée en tout temps ne soit la vérité : « C'est pour cela, dit Descartes, que je crois à la vérité des théorèmes de Géométrie, admis par tout le monde. C'est pour cela que nous croyons à l'existence des corps extérieurs, malgré les égarements fortuits des sens.

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